Hélicoptères, curling, aigles noirs et tondeuses à gazon

Que viennent faire les termes hélicoptère, curling, aigle noir et tondeuse à gazon sur un site qui parle d’autisme, me demanderez-vous? Ce sont des mots qu’on associe rarement avec le handicap ou même les enfants. Et pourtant!

Rescue is on the way!-Bell 412 (photo: Aaron Escobar ♦ (the spaniard)™)

Figurez-vous que ce sont des nouvelles expressions venues tout droit d’Amérique pour désigner les parents. Les helicopter moms désignent les mamans qui ne sont jamais loin de leur enfant, un peu comme si elles flottaient pas loin de leurs enfants au cas où ils aient besoin d’elles. Les termes curling parenthood et lawnmower mom désignent les parents qui essayent de réduire les obstacles qui se présentent devant leurs enfants. Enfin, le terme black hawk parents désigne les parents qui démontrer un comportement dérangeant, allant jusqu’à menacer les professeurs ou à faire les devoirs de leurs enfants.

Lorsque mon mari, il y a quelques jours, m’a dit que le personnel de l’école me prenait sans doute pour une helicopter mom, je me suis sentie d’abord furieuse puis dégoûtée. Je précise que ce n’est qu’une spéculation de sa part, et pas quelque chose qui m’aurait été dit par l’équipe éducative.

C’est sûr, d’un point de vue extérieur, j’ai sans doute l’air d’une helicopter mom, toujours à veiller à ce que mon fils ait le meilleur, qu’il soit dans des endroits sans danger pour lui, qu’il soit pris en charge correctement. Certes, je ne confie pas mon fils et son avenir à n’importe qui, et je prends le droit d’être au courant de tout ce qu’il y a à savoir pour son bien-être.

Mais c’est sans prendre en compte un détail important: son handicap.

Je ne suis pas une maman inquiète. Quand mon fils tombe ou se fait mal, je n’en fait pas tout un plat, car j’estime que c’est le lot de tous les enfants – on a tous eu des bobos, des bras ou des jambes cassées, on est tous tombés, et on n’en est pas morts. Par contre, il y a une grosse différence entre tomber dans la cour de récréation et aller se balader sur la route, en particulier quand l’enfant est encore jeune, et que son handicap fait qu’il ne comprend pas le danger.

Je suis une maman assez confiante. Je pense que l’équipe thérapeutique qui s’occupe de mon fils est très compétente et à l’écoute, et je suis heureuse d’avoir d’aussi bons rapports avec eux, qui me permettent de faire partie de la rééducation de mon fils. Je sais aussi que l’équipe éducative de Matthieu est compétente et pleine de gens de bonne volonté, je l’ai bien vu à la dernière réunion (dont je vous parlerai ultérieurement).

Seulement, avant de savoir si je peux laisser mon fils et être tranquille, il me faut évidemment me renseigner, voir les buts et manières de faire, et je tiens à avoir aussi les informations importantes au fur et à mesure. On ne peut pas me demander de laisser mon fils aveuglément pendant trois ans avant de me rendre compte que peut-être ça ne va pas.

Le fait de vouloir être « dans la boucle » m’a permis de faire les changements nécessaires, au début de la prise en charge de Matthieu, pour qu’il ait un nouvel orthophoniste, le précédent ne partageant pas mes idées sur le travail à faire avec mon fils.

Je n’ai pas besoin de couper le cordon ombilical, je ne suis pas une maman qui veut vivre la vie de ses enfants, je ne suis pas non plus une maman super inquiète et voulant tout contrôler. Par contre, je pense que j’ai le droit de savoir comment mon enfant handicapé est pris en charge, car de par son handicap, si le tout est mal mis en place, il ne progressera pas, perdra son temps, et risque même de prendre des mauvaises habitudes.

La clé de la bonne entente passe par l’information: comme avec les intervenants de Matthieu, qui discutent régulièrement avec moi des progrès, des choses à améliorer, sans prendre de gants parce que je sais déjà ce que c’est que les difficultés de vivre avec mon fils. Une fois la confiance instaurée, le tout s’est toujours passé à merveille. Et si on faisait comme ça partout?