Je vis au fin fond du « plat » plateau picard, dans un village « plat » d’irréductibles agriculteurs que j’appellerais benoitement « Betteraveland ».
Ma jolie et vieille maison est située loin du centre de Betteraveland, perdue seule au milieu des champs, avec deux au trois voisins fort sympathiques. Cela nous évite les cancans et autres réjouissances qui sont monnaie courante dans les petits villages.
Il y a quelques semaines, Betteraveland a été frappé par ces orages violents de fin d’été. Ce n’est pas la première fois, il n’y a jamais eu de problème, et ma maison est plutôt haute et bordée de bouches d’évacuations. La pluie a commencé à tomber vers vingt heures trente. Les enfants étaient en passe d’être couché, et nous n’avons pas plus prêté attention aux éléments déchainés à l’extérieur. Sauf qu’à 21 heures, les plombs ont sautés! Pas de panique, c’est une vieille maison , il y a de l’orage, ça arrive. Je jette un coup d’oeil dehors.
« Tiens, on ne voit plus la route. Oh, j’ai l’impression qu’on est inondé chéri… » Si les plombs ont sauté, c’est parce que notre cave contenant congélateur, réfrigérateur et machines à laver, est sous 80 centimètres d’eau… Oups!
Bon, l’inondation, ce n’est que du matériel, franchement, même plus peur, on a vu pire! Mais j’étais assez inquiète de la réaction de mon Loustic autiste, qui dormait tranquillement pendant que papa et maman pataugeaient dans la boue en attendant les pompiers.
Samuel a des habitudes dans notre cave-garage. Quand il sort ou rentre de la voiture, il fait le tour des interrupteurs, va taper dans la porte du garage, va cogner sur la cuve de fioul parce que ça fait du bruit, etc. Or, depuis 2 semaines, la voiture ne dort plus au garage, et tout a bougé. En plus, la terrasse sur laquelle il joue avec son petit frère est encombrée par les affaires que nous avons dû évacuer de la cave.
J’étais un peu inquiète de sa réaction, mais finalement tout s’est très bien passé. Il n’a pas remis les pieds dans le garage depuis l’inondation, la terrasse est beaucoup plus intéressante maintenant qu’on peut y faire une course d’obstacles, et la boue, c’est rigolo, on glisse dessus. Bref, il s’est parfaitement adapté à la situation.
Avez-vous déjà été confronté à une catastrophe naturelle, et comment ont réagit vos enfants?


Parfois, un enfant autiste peut se trouver des routines qui le rassurent ou le font rire parce qu’il sait quelle réaction il obtiendra lorsqu’il l’initie. Par exemple, Matthieu me demandait régulièrement d’aller faire pipi en arrivant dans la salle d’attente du cabinet d’orthophonie et de psychomotricité. Mais il n’avait pas forcément envie ni besoin de faire pipi, et finissait par me faire une ou deux gouttes seulement. Il réclamait ça parce que ça faisait partie de sa routine.

