Modifier un comportement, c’est un métier, nous voulons que les professionnels de l’ABA soient formés à l’université!

On va faire simple: en mettant bout à bout les seules listes d’attente d’une association française de prise en charge ABA, on arrive à un besoin exprimé de 600 psychologues, titulaires de maîtrise, pour superviser et mettre en place les prises en charge de nos enfants, et 3000 éducateurs ABA pour pratiquer les interventions.

C’est un calcul rapide qui s’opère à partir des listes d’attente interminables d’une association de prise en charge ABA, mais je n’ose imaginer le chiffre que l’on atteint si l’on met bout à bout toutes les demandes de prise en charge, quelle que soit l’association.

Ce que je sais, et que je voudrais bien montrer aux Présidents d’Université, c’est le désespoir qui accompagne les familles derrière ces chiffres…

Face à ce constat terrible, chaque année, l’Université Française diplôme de 10 à 20 Bac+5 spécialisés en ABA (dont la moitié seulement se consacre ensuite à l’autisme), aucun Bac+3 spécialisé ABA, et une trentaine de DU ABA.

Dans le même temps, des bataillons de psys sont formés aux approches psychanalytiques, dont celles du DU de Paris 7, sans parler des autres corps professionnels qui interviennent auprès de nos enfants (cf le scandale des formations en psychomotricité totalement trustées par les pro-packing, pateaugeoires et autres psychâneries).

Nous recommandons, tous autant que nous sommes, aux parents confrontés à l’autisme d’éviter comme la peste les prises en charges d’obédience psychanaytiques, et d’opter pour des traitements éducatifs et comportementaux. Une partie de ces familles – environ 3500 cette année - souhaiterait un traitement ABA pour leur enfant.

Pour des raisons dogmatiques, la psychiatrie française s’oppose avec acharnement au développement de ce traitement en France. Conséquence directe: notre pays souffre d’un manque criant de structures répondant aux normes de l’ABA, et plus encore de personnel ayant la formation et la qualification universitaires qu’elles exigent.

Si vous ne voulez pas que, demain, les seules formations ABA disponibles en France soient des ateliers de 3 jours,

Si vous voulez que dans le futur le traitement ABA de l’autisme puisse pousser les portes des IME, avec de vrais professionnels compétents et validés,

Si vous ne voulez pas de traitements ABA supervisés depuis l’étranger, par site internet ou Skype interposé,

Si vous voulez que nous parvenions à convaince les MDPH, une par une, de financer ces traitements pour les familles qui les souhaitent parce que, faits par des pros, ils sont efficaces,

nous invitons à l’exprimer ici en vous joignant à la pétition qu’organise Autisme Infantile.

Forts de votre soutien, nous pourrons mettre les universités – aujourd’hui libres de faire ce qu’elles veulent, le pire (le DU Paris 7 ou le scandale du master comportementaliste d’Amiens), comme le meilleur (les licences pro de Paris 5, la licence toulousaine qui, s’ils ne sont pas ABA, donnent aux familles quelques intervenants armés pour la remédiation cognitive ou l’éducation structurée, les master et DU de Lille 3) – devant leurs responsabilités et, parfois, leur archaisme dogmatique.

Lettre ouverte à Monsieur le Sénateur Paul Blanc à propos de l’emploi des AVS

Depuis 2003, les Auxiliaires de Vie Scolaire interviennent auprès des enfants handicapés.

Sans formation, au rythme des contrats précaires qui se renouvellent au mieux tous les 3 ans, au pire tous les six mois, pour des durées hebdomadaires si courtes que la rémunération mensuelle ne permet pas de survivre, ces personnes clé dans l’éducation et l’intégration de nos enfants dans la société sont maintenues dans la précarité d’un emploi sans revenu décent, sans formation reconnue, et sans avenir.

Nos enfants et le système éducatif français méritent mieux que ça.

Permettez-nous Monsieur le Sénateur de dresser ici le portrait type de l’accompagnement scolaire idéal d’un enfant autiste:

  • L’AVS aurait une motivation claire et personnelle pour l’emploi proposé, une vocation visible dans son CV, confirmée par une formation initiale, qui – sans être pléthorique – pourrait simplement refléter un parcours scolaire, et professionnel en lien avec l’enfance, et l’enfance en situation de handicap mental: CAP/BEP petite enfance, BAFA avec spécialisation théorique liée au handicap ou à la différence, jeunes éducateurs, quelques années d’expérience acquise en centre de vacance, de loisir, en milieu associatif.
  • Les associations reconnues pour leur expertise du handicap autistique pourraient, partout en France, signer une convention avec chaque académie – non pour se substituer au rôle de l’Etat qui doit continuer à rémunérer le personnel éducatif, comme il le fait, en garantissant l’égalité du droit à l’école pour tous, mais en formant, supervisant, accompagnant les AVS mises à disposition et recrutées par l’éducation nationale, et les équipes pédagogiques.
  • Dans un monde idéal, tous les parents d’enfants autistes scolarisés, quelle que soit leur académie, pourraient échanger avec l’AVS de leur enfant, faire le lien entre la prise en charge hors les murs de l’école et les apprentissages académiques et les acquis sociaux effectués en classe ou en récréation (de trop nombreuses académies interdisent en effet, encore ces relations…)

Finalement, rien de bien révolutionnaire, monsieur le Sénateur, vous en conviendrez:

  • Un recrutement sérieux, sur la base d’une formation initiale adéquate et d’une première expérience réussie et non sur la base de critères sociaux de contrats de réinsertion,
  • Un contrat pérenne, garantissant un salaire décent, une formation permanente, à durée indéterminée afin de garantir un suivi à long terme de l’enfant par la même personne (au moins sur un cycle scolaire),
  • Un accès égal des associations au milieu scolaire, partout sur le territoire français – afin de contribuer, grâce à leur expertise, à la formation complète des personnels pédagogiques et des AVS.

Ces trois aspects sont ceux que les engagements du gouvernement en 2009 nous avaient laissé espérer, faisant suite aux promesses électorales de M. Sarkozy. Trois aspects que le gouvernement a évacués, sans tambour ni trompette, au nez et à la barbe des syndicats professionnels et des associations de parents.

Nous sommes plus de 4000 parents sur Autisme Infantile (http://autismeinfantile.com/) à pouvoir déposer un bulletin de vote en 2012 dans les urnes. Nos parents, nos amis, nos familles, en feront tout autant. Et nous ferons du bruit.

Vous pouvez, vous aussi, envoyer ce courrier à l’adresse mail ci-dessous:
senateur.paul.blanc@wanadoo.fr

Tous unis pour dire non à la formation packing organisée par le Syndicat National d’Union des Psychomotriciens!

Cette fois-ci, c’est le pompon! Juste au moment où un collectif des 18 plus grands spécialistes mondiaux de l’autisme écrit un manifeste commun contre le packing dans le journal de la pédopsychiatrie américain, le SNPU propose allègrement une formation à cette pratique barbare.

Les psychomotriciens sont un rouage essentiel de la prise en charge de nos enfants, alors ce ne serait pas plus mal qu’ils soient formés correctement à les aider, et pas à les enrouler dans des linges refroidis à 10°C!

Tous unis pour dire non à la formation packing organisée par le Syndicat National d'Union des Psychomotriciens!

Voici la position d’Autisme Infantile qui a été transmise à Monsieur Yannick Thomas, Président du SNUP:

Nous sommes parents ou thérapeutes d’un enfant autiste, et à ce titre c’est avec consternation que nous découvrons récemment le contenu de la formation que votre syndicat professionnel s’apprête à dispenser les 11-15 Avril et 26-28 Octobre prochain, intitulée « Le packing et les thérapies d’enveloppement, Approche dynamique, pratique et théorique ». (http://www.snup.fr/download/S26_2011.pdf)

Le contenu de cette formation destinée à former des personnels à cette pratique, qui est utilisée en France dans un cadre plus large d’approche psychanalytique de l’autisme depuis des décennies avec des résultats calamiteux, représente un recul pour les familles, en droit d’attendre mieux de votre syndicat professionnel, dont les membres ont un rôle crucial dans la prise en charge de l’autisme.

Vous faites ainsi la promotion de la pratique du « packing » qui consiste à envelopper des enfants ou adultes autistes (même des petits de 5 ans) dans des linges glacés à 10°C au prétexte de leur « constituer une seconde peau ». Vous trouverez ci-après la position du Pr Bernadette Rogé, qui enseigne la psychologie à l’Université de Toulouse 2: http://www.autisme.ch/portail/index.php?option=com_content&view=article&id=307&Itemid=100035

Nous vous copions  ci-dessous le manifeste qui réunit les sommités mondiales de l’autisme :

  • Simon Baron-Cohen, Ph.D.University of Cambridge, Cambridge, UK
  • Thomas Bourgeron, Ph.D.University Denis Diderot Paris 7, Institute Pasteur, Paris, France
  • Ernesto Caffo, M.D.University of Modena Reggio Emilia, Modena, Italy
  • Eric Fombonne, M.D. McGill University, Health Center, Montreal, Canada
  • Joaquin Fuentes, M.D.Policlínica Gipuzkoa GAUTENA, San Sebastian, Spain
  • Patricia Howlin, Ph.D.
  • Michael Rutter, M.D., F.R.C.P.Institute of Psychiatry, King’s College London, London, UK
  • Ami Klin, Ph.D. Fred Volkmar, M.D. Yale Child Study Center, New Haven, CT
  • Catherine Lord, Ph.D., University of Michigan, Ann Arbor, MI
  • Nancy Minshew, M.D., University of Pittsburgh, Pittsburgh, PA
  • Franco Nardocci, M.D., Regional Program for Autism (PRIA), Region Emilia-Romagna, Italy
  • Giacomo Rizzolatti, Ph.D., University of Parma, Parma, Italy
  • Sebastiano Russo, M.D., Regional Program for Autism, Sicily, Italy
  • Renato Scifo, M.D., Acireale Hospital ASD Centre, Catania, Italy
  • Rutger Jan van der Gaag, M.D.University Medical Center, St. Radboud, The Netherlands

Ce manifeste, paru ce mois-ci, dans la très prestigieuse revue scientifique Journal of the American Academy of Child & Adolescent Psychiatry, et intitulé « Against Le Packing: A Consensus Statement » est tout à fait clair et net, il ne laisse pas de place au doute, et nous ne pouvons imaginer que des soignants puissent, après l’avoir lu, en toute bonne conscience, l’exercer. Ces 18 experts qualifient le packing de pratique maltraitante, non scientifiquement validée, non éthique, portant atteinte aux droits fondamentaux des personnes autistes, notamment le droit de recevoir des soins adaptés .

Nous vous en conseillons la lecture ici:
http://www.afg-web.fr/IMG/pdf/Against_Le_Packing_2011.pdf

En faisant ce type de formation, les praticiens français s’isolent encore davantage, et s’enfoncent dans leur dramatique aveuglement, au détriment de l’aide qu’il devraient cependant se faire un devoir de prodiguer à nos enfants autistes.

Vous souhaitant bonne lecture.

Je sais que nous pouvons compter sur la solidarité de notre communauté. Je vous demande donc de copier-coller cette lettre et de la mailer, à votre tour, ici:

http://www.snup.fr/spip.php?auteur&id_auteur=2

et ici:

infosnup@orange.fr
ythomas.snup@orange.fr

NOUS NE LAISSERONS PAS NOS ENFANTS ETRE EMPAQUETÉS SANS RIEN DIRE!

Savoir les gestes de premier secours

Savoir les gestes de premier secours

Méthode de Heimlich

Quand on a un enfant, il est toujours important de connaître la plupart des gestes de premier secours. Aujourd’hui, je ne vais pas vous parler d’autisme mais de ces méthodes pour aider son enfant quand il ne va pas bien, parce que c’est important.

Les premiers secours, ce sont les techniques à apporter aux personnes qui ont un problème qui met en danger leur santé à court terme. Voici quelques gestes simples qui sont facilement applicables dans les situations dont je vais vous parler.

Quand Matthieu a avalé de travers un morceau de saucisson l’autre jour, j’étais bien contente de connaître la méthode de Heimlich et de pouvoir l’aider rapidement.

Apprennez vous-aussi ces quelques techniques, afin de pouvoir aider les personnes autour de vous en cas d’accident.

En cas d’étouffement

Ceci concerne les adultes et enfants de plus d’un an (explications trouvées sur le site de la Croix Rouge):

Les claques dans le dos

  • Tenez-vous sur le côté et un peu en arrière de la victime.
  • Penchez-la vers l’avant en soutenant sa poitrine d’une main, ce qui permettra à l’objet obstruant les voies aériennes de ne pas s’enfoncer davantage dans la trachée.
  • Administrez un maximum de 5 claques entre les omoplates. Chaque claque a pour but de provoquer un mouvement de toux permettant de déloger l’objet.
  • Après chaque claque, observez si le corps étranger a été rejeté ou non. Dans l’affirmative, la victime reprend sa respiration et tousse, et il est inutile de lui donner d’autres claques dans le dos.

Les compressions abdominales

  • Tenez-vous derrière la victime et placez vos bras autour de la partie supérieure de son abdomen.
  • Penchez la victime vers l’avant.
  • Placez un de vos poings fermés entre le nombril et l’extrémité inférieure du sternum.
  • Maintenez votre poing en place à l’aide de votre autre main. Enfoncez fortement votre poing vers vous et vers le haut. Recommencez ce geste 5 fois au maximum.

Si les claques dans le dos et les compressions abdominales ne suffisent pas, alternez 5 claques dans le dos et 5 compressions abdominales. Si la victime perd connaissance, posez-la délicatement au sol et alertez immédiatement les secours, puis entreprenez une réanimation cardio-pulmonaire en commençant par effectuer 30 compressions thoraciques. Poursuivez la réanimation jusqu’à ce que les secours arrivent ou que la victime reprenne une respiration normale.

En cas de saignements

Il faut appliquer une pression sur la plaie, de préférence les mains protégées par un gant ou un linge, pour éviter de rentrer en contact avec le sang de la victime. Si la victime est consciente et capable, demandez-lui d’appliquer la pression elle-même. Demandez à quelqu’un d’appeller les secours, ou faites-le vous-même si vous êtes seul. Poursuivez la compression sur la plaie jusqu’à l’arrivée des secours.

En cas d’inconscience

Si la victime ne réagit pas, dégagez les voies aériennes (vérifiez que sa langue n’obstrue pas le fond de sa gorge en basculant la tête de la victime en arrière et en soulevant son menton) et vérifiez si elle respire. Desserrez, si vous le pouvez, cols, cravates et ceintures, tout ce qui peut gêner pour respirer.

Mettez la victime en position latérale de sécurité:

  • Si la victime porte des lunettes, ôtez-les lui.
  • Assurez-vous que ses jambes sont allongées côte à côte. Si ce n’est pas le cas, rapprochez-les délicatement l’une de l’autre de manière à les placer dans l’axe du corps.
  • Disposez le bras de la victime le plus proche de vous à angle droit de son corps. Pliez ensuite son coude tout en gardant la paume de sa main tournée vers le haut.
  • Placez-vous à genoux ou en trépied à côté de la victime.
  • Saisissez l’autre bras de la victime d’une main, placez le dos de sa main contre son oreille, de votre côté.
  • Maintenez la main de la victime pressée contre son oreille, paume contre paume.
  • Attrapez la jambe la plus éloignée de vous avec l’autre main, juste derrière le genou, et relevez-la tout en gardant le pied au sol.
  • Placez-vous assez loin de la victime, au niveau de son thorax, pour pouvoir la tourner sur le côté vers vous, sans avoir à reculer.
  • Faites rouler la victime en tirant sur sa jambe jusqu’à ce que le genou touche le sol.
  • Dégagez doucement votre main de sous la tête de la victime en maintenant son coude de votre autre main afin de ne pas entraîner sa main et d’éviter ainsi toute mobilisation de sa tête.
  • Ajustez la jambe située au-dessus de sorte que la hanche et le genou soient à angle droit.
  • Ouvrez la bouche de la victime d’une main, avec le pouce et l’index, sans mobiliser la tête, afin de permettre l’écoulement des liquides vers l’extérieur.
  • Demandez à quelqu’un d’appeler les secours ou bien allez chercher de l’aide si vous êtes seul.
  • Vérifiez régulièrement que la respiration est normale.

En cas d’arrêt cardiaque

La victime ne réagit pas? Il faut pratiquer des compressions thoraciques et des insufflations (bouche-à-bouche).

Les compressions thoraciques

  • Placez la victime sur un plan dur, le plus souvent à terre.
  • Agenouillez-vous à côté de la victime.
  • Placez le talon d’une de vos mains au milieu de sa poitrine nue.
  • Placez le talon de l’autre main sur votre première main.
  • Solidarisez vos deux mains. N’appuyez ni sur les côtes, ni sur la partie inférieure du sternum.
  • Positionnez-vous de façon que vos épaules soient à l’aplomb de la poitrine de la victime. Bras tendus, comprimez verticalement le sternum en l’enfonçant de 4 à 5 cm.
  • Après chaque pression, laissez la poitrine de la victime reprendre sa position initiale afin de permettre au sang de revenir vers le cœur. Maintenez vos mains en position sur le sternum.
  • La durée de la compression doit être égale à celle du relâchement de la pression de la poitrine.
  • Effectuez 30 compressions thoraciques à une fréquence de 100 par minute, soit environ 2 compressions par seconde.
  • Pratiquez ensuite 2 insufflations par la technique du bouche-à-bouche.

Les insufflations

  • Basculez de nouveau la tête de la victime vers l’arrière et soulevez son menton.
  • Placez une main sur son front et pincez ses narines entre le pouce et l’index.
  • De l’autre main, maintenez son menton de telle sorte que sa bouche s’ouvre.
  • Inspirez normalement, penchez-vous vers la victime et couvrez entièrement sa bouche par la vôtre.
  • Insufflez lentement et régulièrement de l’air dans la bouche de la victime tout en vérifiant que sa poitrine se soulève. Chaque insufflation dure environ 1 seconde.
  • Tout en maintenant la tête de la victime basculée en arrière et son menton relevé, redressez-vous légèrement pour vérifier que sa poitrine s’abaisse à l’expiration.
  • Inspirez de nouveau normalement et pratiquez une seconde insufflation.
  • Repositionnez correctement vos mains et pratiquez 30 nouvelles compressions thoraciques.

Pendant ce temps, il faut que quelqu’un appelle les secours. Continuez les compressions thoraciques et les insufflations jusqu’à leur arrivée.

Il est possible de faire des formations de base aux premiers secours, qui comprennent une sensibilisation, une formation initiale puis une formation officielle. Vous pouvez vous renseigner auprès de la Croix Rouge pour des formations aux premiers secours pour les particuliers.

L’obscurantisme et les traitements barbares vont-ils gagner?

Un article sur Le Monde à propos de la France et l’autisme, écrit par Monica Zilbovicius, et relayé par Béatrice un peu partout sur Facebook, m’a beaucoup dérangé. Monica, psychiatre et scientifique, a participé à la construction d’un socle de connaissance sur l’autisme qui doit servir de base et devait contenir les notions modernes de l’autisme.

De nombreux experts ont débattu longtemps pour produire un document très précis, expliquant la définition de l’autisme et les stratégies diagnostiques à observer pour les prises en charge des personnes autistes, qui doit être diffusé aux professionnels de la santé français afin de les former et les informer.

Et tout d’un coup, après soumission du résultat au Ministère de la Santé, il a été modifié. Des abbérrations comme le packing y ont été introduites alors qu’elles avaient soigneusement été écartées par les experts. Ce document qui devait propulser la France au même rang que les autres pays en matière de traitement de l’autisme a été changé pour refléter les mêmes idioties qui font que la France est le trou du cul du monde en matière de la connaissance et de l’information sur l’autisme.

Moi, ce que je voudrais savoir, c’est:

  • pourquoi réunir des experts pendant toute une année pour faire un document éclairé, si c’est pour ne pas les écouter par la suite?
  • qui a modifié ces documents?
  • qui a permis leur modification?

Si vous avez plus d’informations à ce sujet, ou si vous avez une opinion à formuler, vous pouvez réagir dans les commentaires. En attendant, faites passer l’article autour de vous pour informer le plus de monde possible.

Auxiliaire de Vie Scolaire en CLIS Autisme: une tranche de vie professionnelle avec Laurence

Auxiliaire de Vie Scolaire en CLIS Autisme: une tranche de vie professionnelle avec LaurenceLaurence est l’une des amies de mon meilleur ami, Marc, le parrain de mon fils aîné.

À l’annonce du diagnostic de Stanislas, Marc nous a immédiatement mises en contact.

Marc pensait, avec raison, que Laurence pourrait m’apporter tout ce dont j’avais besoin pour désamorcer cette bombe: de l’optimisme, de l’énergie, une vision incroyablement positive du handicap de nos enfants et surtout de leurs possibilités de progression.

En plus de tout cela , Laurence m’a soutenue par sa grande gentillesse et ses encouragements constants. Je voudrais partager avec vous cet entretien, en espérant qu’il inspirera tous les AVS au contact de nos enfants.

Peux tu nous décrire ta « fonction » , ton rôle dans la prise en charge des enfants autistes?

J’étais Auxiliaire de Vie Scolaire collective dans une CLIS TED (CLasse d’Intégration Scolaire) de maternelle, j’ai ainsi pu travailler auprès d’enfants autistes  et répondre, en équipe, aux objectifs fixés – à savoir, faire progresser les élèves accueillis tant au niveau du comportement que des apprentissages scolaires.

Nous fonctionnions comme une classe maternelle ordinaire au niveau du quotidien (accueil, motricité, apprentissages, etc.) en s’adaptant aux élèves et en utilisant beaucoup la manipulation et l’accompagnement. Pour le travail, chaque adulte de la classe prenait tour à tour individuellement les enfants (en langage, mathématiques, lecture, arts plastiques, jeux mathématiques… tout ceci défini à l’avance selon un emploi du temps journalier et hebdomadaire) en tenant compte de là où ils en étaient.

Si tu apprenais aujourd’hui que l’un de tes enfants est autiste ou a un Trouble Envahissant du Développement, quelles sont les premières choses que tu ferais?

  • Je m’informerais pour trouver des spécialistes sur l’autisme pour la prise en charge: orthophoniste, ergothérapeute, psychomotricienne.
  • Je me documenterais pour adopter une éducation structurée (PECS, ABA) afin d’aider mon enfant à évoluer au niveau de la communication, de la socialisation et pour l’aider à grandir.
  • J’aurais le souci qu’il y ait une cohérence dans cette démarche au sein de tous les lieux qu’il fréquente.
  • J’élaborerais un classeur de communication.

Il est important de tous agir dans le même sens afin qu’il y ait du sens, justement!

Tu m’as souvent dit que les approches éducatives apportaient beucoup dans l’accompagnement de nos enfants en termes d’autonomie, de communication, de socialisation, et que cela changeait tout dans la vie de ces enfants. Peux-tu m’en dire plus?

Ce sont les approches adaptées permettant de répondre de manière appropriée aux besoins des enfants autistes. Il est important de mettre les enfants en situation de réussite.

  • Les enfants avaient des problèmes de langage en réception et en expression, il a donc été mis en place un support visuel en appui à la communication (objets, photos, pictogrammes). Le support visuel va permettre de donner du sens aux choses: les consignes, par exemple, peuvent être montrées. Les enfants apprennent également eux-mêmes à utiliser les pictogrammes pour faire des demandes. Il est important de créer ces demandes (manger, boire, aide-moi, etc.). Il s’agit du système de communication par échange d’images (PECS). Les enfants comprennent en général assez vite qu’ils n’obtiendront ce qu’ils veulent qu’après avoir donné la carte en question.
  • Il est nécessaire  de commencer par les centres d’intérêt des enfants, par exemple: les bulles, la nourriture, etc.
  • L’utilisation de la carte peut développer le mot oral. Le système pallie au manque d’initiative et de demandes spontanées, rappelle à l’enfant qu’il peut demander.
  • Un enseignement de tâches décomposées  et répétées (travail à la table) amène à une éducation structurée.
  • Beaucoup de manipulations, notamment pour les histoires et chansons, permettent à tous de participer, d’accèder au sens, de communiquer avec les autres et développer le langage.
  • Il est important de valoriser en utilisant des motivateurs externes ou renforçateurs.

La scolarisation de nos enfants est l’un des points cruciaux de leur évolution et de leur prise en charge. Quel est ton point de vue, ton expérience à ce sujet?

Pour moi, c’est primordial. Il est clair qu’en milieu ordinaire ce n’est pas toujours facile d’entrer en relation avec des enseignants qui ne connaissent pas le sujet. Certains sont réticents par manque de connaissances, et c’est normal, mais si vous arrivez à faire équipe (et c’est ce qu’il faut: donner les informations permettant de connaître et comprendre votre enfant, la façon d’agir pour que cela se passe au mieux, etc.), enfin, discuter, pouvoir se rencontrer pour comprendre et accompagner au mieux, les professionnels accompagnant les enfants dans les prises en charge extérieures doivent  eux aussi être sollicités pour cela.

La démarche est spécifique, il faut la partager afin que l’enfant soit dans une situation sécurisante, et que cela se déroule le mieux possible pour tout le monde.

Quel conseil donnerais-tu aujourd’hui à un éducateur débutant dans le milieu de la prise en charge d’enfants autistes? Comment te sentais -tu, toi, la première fois que tu es intervenue?

En ce qui me concerne, lorsque j’ai postulé, j’étais très motivée mais je n’avais aucune connaissance sur le sujet. J’ai tout de suite cherché des personnes ressources afin de recueillir des informations, et puis j’ai commencé aussi à consulter sur internet pour acquérir des connaissances.

De plus, j’ai travaillé avec une équipe de professionnels qui m’a énormément apporté (une enseignante ayant déjà travaillée avec des enfants autistes, une infirmière de secteur psychatrique travaillant au CMP et un éducateur spécialisé intervenant aussi dans le cadre du CMP). Nous étions une équipe, une vraie!

Face aux difficultés rencontrées nous échangions et réfléchissions à chaque fois que cela était nécessaire pour adapter au mieux notre pratique. Pas de jugement, donc les demandes d’aide, de conseils, se faisaient dès que le besoin s’en ressentait. De plus, nous avons pu bénéficier de formations spécifiques, et être encadrés dans notre travail par des spécialistes qui avaient un rôle primordial dans l’échange, avec un regard extérieur et donc enrichissant pour nous: une psychologue libérale et formatrice à EDI, les membres du SESSAD autisme, une orthophoniste en libéral qui suivait des enfants de la classe. Bref, des spécialistes très ouverts pour nous, qui étions prêts à recevoir les informations, les mettre en pratique pour pouvoir permettre à ces enfants d’évoluer. Nous n’hésitions pas à créer de nouveaux outils, utiliser de nouveaux pictos dès que le besoin s’en faisait ressentir.

Il est indispensable d’avoir l’esprit d’équipe – ce qui permet, dans le travail, de rester au plus proche de l’intérêt des enfants (partager ses observations, ses idées, écouter l’autre et surtout prendre en compte ce qu’il dit), d’être ouverte, de savoir se remettre en question, de s’adapter, d’être patient et à l’écoute, d’être disponible. Avoir l’esprit d’analyse  permet de réfléchir au mieux afin d’améliorer la prise en charge.

De plus, il faut tous être en adéquation dans la démarche, être fermes, établir ou créer un environnement sécurisant et surtout structuré, travailler sur les emplois du temps individuels, avec des renforçateurs et les encourager énormément.

Par ailleurs, il faut avoir la volonté de se former pour évoluer.

Quel est le souvenir, l’expérience la plus marquante que tu voudrais partager avec nous?

Des souvenirs, j’en ai plein. Lequel choisir, je ne sais pas.

De bons moments… voir les enfants évoluer et s’épanouir et même aller au delà.

Des souvenirs… l’importance du travail d’équipe, le partenariat avec les parents et les professionnels divers. La confiance mutuelle, un tout qui motive, qui rend positif et qui donne envie de faire toujours plus. On s’accroche parce qu’on y croit, on a des preuves, des résultats. Des parents qui « revivent ». Des enfants qui grandissent.

Des enfants qui accédent à la communication verbale, qui progressent dans la relation à l’autre, jouent ensemble à cache-cache dans la cour, qui éclatent de rire. Des fêtes pour partager tous ensemble, des sorties avec des enfants ordinaires qui se passent bien, un partage. Soutenir le copain qui a cessé de crier, qui est différent aujourd’hui, ayant un comportement adapté à la vie de classe.

Merci encore Laurence pour cet entretien. Vous êtes AVS auprès d’enfants autistes? Partagez votre expérience avec nous!

AVS: Amour Volonté Soutien

Je vous livre aujourd’hui un texte à propos des Auxiliaires de Vie Scolaire (AVS), écrit par Véronique, la maman de Nicolas. Suivez ses prochains articles sur le blog d’Autisme Infantile, qu’elle a récemment rejoint pour témoigner de sa vie avec son fils autiste.

Forgotten Classroom (photo: ne*)

Forgotten Classroom (photo: ne*)

AVS: Amour Volonté Soutien

Je voudrais témoigner toute ma sympathie et féliciter toutes les AVS de France et de Navarre pour leur soutien sans qui nos enfants ne pourraient pas goûter aux « joies de la scolarité », et nous, mamans, à un petit moment de shopping…

AVS: Amour Volonté Soutien (ou Séduction comme vous voulez). Ce sont pour moi les qualités essentielles pour une auxiliaire de vie scolaire. Et c’est toujours ce qui s’est produit avec mon fils de 10 ans. Nous en avons connu trois; trois jeunes femmes avec beaucoup d’amour (c’est facile avec mon fils), de volonté (les conditions de travail n’étaient pas forcément au rendez-vous) et de séduction pour amadouer mon fiston qui, à l’époque, était une vraie tornade.

Parce que malgré leurs bienfaits pour nos bouts de choux, les AVS ne sont pas réellement reconnues. Leurs contrats sont précaires. Je déplore que leurs fonctions ne soient pas pérennisées. Ce n’est pas un mystère, nos enfants n’aiment pas le changement et je pense que c’est également le cas si l’on sort du champ autistique. Chaque année, ou presque, un nouveau visage, une perte de temps pour que la relation entre l’enfant et l’adulte s’établisse. Dans la CLIS de mon enfant, chaque année quelques enfants pleurent parce que leur AVS chérie doit partir; chaque année, l’institutrice perd du temps à recruter.

AVS: à vous sans qui l’intégration serait, il faut être honnête, quasi impossible… Merci.

Véronique

Les Auxiliaires de Vie Scolaire sont essentielles pour la bonne intégration de nos enfants autistes en milieu scolaire. Pour qu’elles soient reconnues, formées, encouragées, et qu’elles puissent suivre nos enfants tout au long de leur scolarité!

Racontez-nous dans les commentaires les beaux traits des AVS que vous avez connu, les bons souvenirs que vous en gardez, et les choses qui vous manquent depuis qu’elles ne suivent plus votre enfant.