Bilan d’une année scolaire

Bilan d'une année scolaire

Ca y est, l’école est finie. Beaucoup d’émotion, de réussites, de progrès, mais aussi de moments difficiles. Cette année, grande première pour Maëlys, un essai en petite section et en milieu scolaire dit « normal » sans auxiliaire de vie scolaire.

Malheureusement, une constatation s’est vite imposée: Maëlys ne peut pas rester sans AVS pour l’année prochaine. La demande faite en début d’année vient d’être acceptée, Maëlys aura donc son AVS l’année prochaine – une belle victoire pour nous mais surtout pour elle!

De grosses difficultés de compréhension des consignes simples, d’adaptation au groupe, aux autres enfants, aux cris, aux mouvements… tout ce que Maëlys « supporte » mal et qui l’ont bien souvent perturbée, et du coup qui a perturbé la classe, il faut le dire…

Quelques remarques des autres enfants, dures pour mon coeur de maman: « Elle, elle est méchante, elle crie ». Heureusement, pour le coup, Maëlys est trop dans son monde pour faire attention à ça… Mais un jour… Pfiou, dur dur.

Une maîtresse hors normes qui a tout fait pour que Maëlys progresse et accède au programme malgré ces grosses difficultés. On ne la remerciera jamais assez de tout ce qu’elle a entreprit pour Maëlys.

Une Maëlys qui a adoré l’école et qui, malgré tout ça, a énormément progressé! Cela lui a beaucoup apporté, et l’entrée en moyenne section pointe déjà le bout de son nez. Une rencontre avec sa nouvelle maîtresse, qui a l’air tout aussi motivée de prendre Maëlys (et son AVS) l’année prochaine.

Bon sang, quelle chance on a!

Bilan d'une année scolaire

Une évidence: de grandes lacunes d’un coté, et une petite fille très très en avance sur d’autres choses… Elle ne comprend pas certaines consignes simples, et à coté fait du programmme de grande section. Comment composer avec ça? La maîtresse a eu du mal à trouver un « équilibre », mais dans l’ensemble, c’est réussi!

Une petite fille qui grandit à sa manière, mais nous remplit de fierté, même si parfois, une angoisse monte, et la question se pose: Comment sera son avenir? Personne ne le sait…

Nouveau projet: livre pour enfants personnalisé

Si vous êtes parmi les membres de notre communauté sur Facebook, vous avez dû voir qu’on a parlé hier d’une idée assez sympa qui m’est venue l’autre jour: faire un livre pour enfants qui parlerait d’autisme et qui serait personnalisé à votre enfant, pour le prêter à l’école afin que les maîtresses sensibilisent le reste de la classe, et puisse apprendre des choses sur votre enfant au passage.

Je trouve que les livres comme Lolo l’autisme, Epsilon, un enfant extraordinaire ou Le monde d’Eloi sont très bien faits, et très utiles pour aider les camarades de classe de nos enfants à apprendre ce qu’est la différence dans le respect et l’intégration. Cela peut aussi donner des clés à l’équipe éducative qui parfois ne sait pas trop quoi faire avec nos petits.

Seulement, dans chacun de ces livres, je me retrouve à penser « mais ça, ce n’est pas Matthieu », et à m’inquiéter que soient mis en place des dispositifs pour l’aider sur des sujets où il se débrouille bien tout seul.

Par exemple, ce qui m’intéresse:

  • le flapping
  • les routines
  • les pictogrammes (PECS)
  • la socialisation
  • le travail de groupe
  • etc.

Ce qui ne m’intéresse pas (pas encore, ou plus maintenant) pour Matthieu:

  • tout ce qui concerne le langage imagé
  • les obsessions (interrupteurs, portes)
  • la marche sur la pointe des pieds
  • etc.

Au départ, j’ai pensé faire un genre de classeur avec des fiches, toutes les fiches, et que les gens choisissent à l’intérieur ce qu’ils veulent faire passer aux enseignants, mais en même temps c’est un peu ce que vous pouvez déjà faire avec les pages de ce site: les imprimer ou les transférer par e-mail aux personnes concernées.

J’ai la chance d’avoir un mari programmeur qui va pouvoir m’aider à faire une interface où vous pourrez choisir les pages que vous voulez, les mettre dans le bon ordre, et envoyer le livre personnalisé pour impression vers Lulu via son API.

Moi, de mon côté, je vais commencer à regrouper vos idées dans les commentaires de cet article, et créer les textes, chercher quelqu’un pour les illustrer, et enfin les mettre en forme.

Il n’y a pas de date de sortie pour ce projet… C’est peu probable qu’il soit prêt pour septembre, il y a trop peu de temps pour tout faire. Mais on va s’y mettre maintenant, pour que vous l’ayez dans vos mains rapidement.

Alors c’est parti, partagez vos besoins, envies, idées dans les commentaires de cet article, et dites-nous si ce projet vous intéresse pour votre enfant!

Boîte à outils de l’enseignant ou AVS: La communication parents-enseignants

Boîte à outils de l'enseignant ou AVS accueillant un enfant autiste dans sa classe

former classroom (photo: Julie Facine)

La communication avec les parents est essentielle, d’une part parce que les familles sont de plus en plus nombreuses à faire le choix d’une prise en charge éducative et comportementale à la maison et en libéral, dans laquelle l’école est un lieu de généralisation de certains apprentissages, et ensuite parce que, pour tout parent, laisser un enfant qui communique peu ses besoins, dans un environnement forcément moins chaleureux que le milieu familial, est un peu anxiogène.

Fixez donc des rencontres régulières avec les parents, autorisez l’AVS à communiquer avec eux, pour les progrès, le confort et la confiance de tous.

Nul besoin cependant d’échanger des romans. Une simple feuille de circulation telle que celle-ci est parfaite pour informer:

Aujourd’hui j’ai travaillé:

  1. Écriture:
  2. Maths:
  3. Lecture:

Mon comportement était:

L’AVS colorie ou entoure le bon bonhomme, avec un petit commentaire en cas de gros souci ou de grosse joie, et ça roule. Les parents peuvent compléter le même type de fiche à propos des devoirs et leçons.

De très nombreux enfants autistes ont des difficultés à accepter la frustration de l’échec – elle peut engendrer des comportements problèmatiques. Pour éviter de placer l’enfant dans cette situation, il est souhaitable que l’enseignant informe une fois par mois les familles des compétences qui vont être travaillées sur la séquence suivante. Ainsi, elles seront travaillées à la maison à l’avance, ce qui permettra d’aplanir les plus grosses embûches et de gagner un peu plus de compliance de la part de l’enfant.

Ces échanges vous permettront aussi de connaître quelles sont les compétences que les parents travaillent à la maison, et que vous pouvez inciter l’enfant à généraliser à l’école (acquisition de la propreté, boire au verre, stéréotypies à bloquer, etc.).

Fixez les règles du jeu avec les autres parents d’élève dès la rentrée. La présence d’un adulte supplémentaire dans la classe, ou de plusieurs adultes (psychologue ABA par exemple), n’est pas un luxe injustement consenti à un élève de la classe: c’est l’accompagnement indispensable d’un enfant handicapé, dont le handicap est – il faut le rappeler – protégé par le secret médical. Les parents de l’enfant handicapé peuvent accepter de communiquer autour de son handicap, ou pas.

N’oubliez jamais que les parents sont les meilleurs spécialistes de leur enfant et que, pour ce qui concerne l’autisme, ils sont de plus en plus souvent mieux formés et informés que les « professionnels » qui vous entourent (CAMPS, CMPP, psychologues scolaires, etc.). N’oubliez jamais que vous êtes peut-être parent vous-même, ou que vous le serez peut-être un jour, et qu’environ une naissance sur 110 est sur le spectre autistique. Soyez l’enseignant ou l’AVS que vous aimeriez rencontrer sur votre route si par malchance votre enfant était ce 1%…

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Boîte à outils de l’enseignant ou AVS: Prévoir l’imprévisible

Boîte à outils de l'enseignant ou AVS accueillant un enfant autiste dans sa classe

former classroom (photo: Julie Facine)

Une classe qui va accueillir un enfant autiste doit être un peu aménagée, pour le confort de tous et la progression de chacun, dans plusieurs domaines comportementaux, environnementaux, visuels, sensoriels, et bien sûr académiques. Une somme de petits détails, qui bout à bout vont faire la différence:

  • Préparez un pictogramme « changement de programme ». Cela peut  être représenté par un point d’interrogation rouge, par exemple (ou n’importe quel autre pictogramme que l’élève est habitué à utiliser à la maison).
  • N’oubliez pas qu’un élève autiste a une définition beaucoup plus fine du changement que la vôtre. La sonnerie d’intercours, même si elle revient souvent, reste longtemps « imprévue » pour l’enfant qui a une hypersensibilité auditive, et peut beaucoup le perturber – à peu près autant que l’alarme des pompiers du premier mercredi du mois. L’imprévu peut donc être de tout ordre.
  • Si l’imprévu est en fait prévu – évènement inhabituel qui va se produire au cours de la journée, comme une visite médicale, un changement de routine (par exemple une récréation dans le préau au lieu de la cour), le pictogramme « changement de programme » est placé au moment nécessaire dans l’emploi du temps journalier de l’enfant, et est clairement identifié par l’AVS lors de l’évocation du programme du jour le matin.
  • Si l’imprévu n’est pas du tout prévu, pas de panique. Restez dans une attitude et un ton calme. Exprimez la nature de l’imprévu de manière concise et précise, avec visualisation si nécessaire, et faites en sorte de limiter et de contrôler l’excitation dans le groupe classe. L’élève autiste est non seulement sensible au changement factuel positif ou négatif (une super activité, comme une déception), mais aussi à un changement imprévu d’ambiance, et peut le manifester par une agitation motrice, une recrudescence de stéréotypies, ou un besoin de parler.
  • Après une activité imprévue, renforcez l’élève en autorisant une activité très agréable de renforcement (10 minutes d’ordinateur avec le timer, par exemple, ou la possibilité de lire un livre, faire un puzzle, etc.), afin que l’imprévu soit associé à une sensation agréable – cela vous facilitera les futures situations imprévisibles.

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Boîte à outils de l’enseignant ou AVS: Gérer les temps de transition

Boîte à outils de l'enseignant ou AVS accueillant un enfant autiste dans sa classe

former classroom (photo: Julie Facine)

Une classe qui va accueillir un enfant autiste doit être un peu aménagée, pour le confort de tous et la progression de chacun, dans plusieurs domaines comportementaux, environnementaux, visuels, sensoriels, et bien sûr académiques. Une somme de petits détails, qui bout à bout vont faire la différence:

  • Demandez à l’AVS de parcourir l’emploi du temps quotidien de l’enfant chaque matin.
  • Utilisez le timer ou le compte à rebours visuel (une échelle de 5 à 0 qui descend graduellement avec l’écoulement du temps de transition).
  • Assurez-vous que la tâche suivante ou le lieu suivant est dans les « starting block », l’enfant doit pouvoir s’engager immédiatement dans l’activité. Pas de temps morts.
  • Donnez à l’enfant un objectif pour ses temps de transition (une économie de jetons, avec une plaquette qui se remplit au cours du temps de transition, avec renforcement à la fin de la plaquette, est un moyen très adapté)
  • Faites se succéder des activités coûteuses et des activités renforçantes.
  • Demandez à un pair d’aider à la transition s’il s’agit de changer de classe, en guidant, en donnant la main, par exemple, pour rendre l’enfant plus autonome vis-à-vis de l’AVS.

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Boîte à outils de l’enseignant ou AVS: Manger à la cantine

Boîte à outils de l'enseignant ou AVS accueillant un enfant autiste dans sa classe

former classroom (photo: Julie Facine)

Une classe qui va accueillir un enfant autiste doit être un peu aménagée, pour le confort de tous et la progression de chacun, dans plusieurs domaines comportementaux, environnementaux, visuels, sensoriels, et bien sûr académiques. Une somme de petits détails, qui bout à bout vont faire la différence:

  • Visualisez le menu et le temps de cantine dans l’emploi du temps quotidien
  • Si le déjeuner a lieu au self, préparez à l’avance les choix (en ne proposant qu’une alternative à chaque fois, pas dix possibilités)
  • Faites en sorte que l’enfant ait son pair « mentor » qui l’accompagne, déjeune avec lui, même si il a un adulte pour l’accompagner. Le déjeuner est un temps social fort, particulièrement en France.
  • Le temps de repas doit être intégré au contrat de comportement quotidien.
  • Prévoyez un renforcement spécifique au temps de déjeuner, qui récompense chaque comportement cible (rester assis, manger un peu de tout, rester calme, etc.), et chaque étape du chaînage (faire la queue, prendre son matériel, choisir ses mets, manger, débarrasser, rejoindre la cour).
  • Autorisez les mp3, bouchons d’oreille, si nécessaire – chacun connait le volume sonore des cantines.
  • Assignez une place au réfectoire, toujours la même, avec le même compagnon, loin des bruits de vaisselle, des cohues de passage, des odeurs de frites.
  • Prévoyez que l’enfant passe toujours au même service, celui qui est le moins fréquenté. Laissez l’enfant y aller en avance s’il le souhaite, pour ne pas être pris dans la cohue.
  • Si c’est possible, envisagez un endroit plus calme pour le déjeuner de cet enfant et d’un petit groupe de ses camarades (dans l’école de mon fils, dès les beaux jours, on mange dans la cour de récré, c’est rigolo et moins bruyant).
  • Respectez les difficultés alimentaires de l’enfant. Elles sont sensorielles. Ne forcez rien. Renforcez!

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Boîte à outils de l’enseignant ou AVS: Prendre le bus

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former classroom (photo: Julie Facine)

Une classe qui va accueillir un enfant autiste doit être un peu aménagée, pour le confort de tous et la progression de chacun, dans plusieurs domaines comportementaux, environnementaux, visuels, sensoriels, et bien sûr académiques. Une somme de petits détails, qui bout à bout vont faire la différence:

  • Présence de l’AVS ou d’un parent, bref, d’un adulte référent qui va accompagner l’enfant.
  • Visualisez le déplacement, le véhicule (un bus), sur l’emploi du temps.
  • Visualisez le but du déplacement, comment cela va se passer, ce qu’on va faire avant, pendant, après, et avec qui.
  • Donnez à l’enfant autiste une place assise, derrière le chauffeur, à côté d’un camarade apprécié.
  • Autorisez le lecteur mp3, les petites activités renforçantes (lecture…), les bouchons d’oreille, le petit biscuit préféré à grignoter.
  • Renforcez le bon comportement dans le bus.
  • Si le transport en bus est récurrent, l’enfant doit pouvoir s’asseoir toujours à la même place.

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Boîte à outils de l’enseignant ou AVS: Aménager le contrôle du comportement des élèves de la classe et de l’enfant autiste

Boîte à outils de l'enseignant ou AVS accueillant un enfant autiste dans sa classe

former classroom (photo: Julie Facine)

Une classe qui va accueillir un enfant autiste doit être un peu aménagée, pour le confort de tous et la progression de chacun, dans plusieurs domaines comportementaux, environnementaux, visuels, sensoriels, et bien sûr académiques. Une somme de petits détails, qui bout à bout vont faire la différence:

  • Renforcez! Abondamment, systématiquement, généreusement, à chaque instant, tous les bons comportements. À coups de bons points, de smileys, d’images, de stickers, de passeports à points, de bonbons – ce que vous voulez, mais récompensez!
  • Arrêtez de punir! Parce que ça ne sert à rien. Faites un time out (accompagné par l’AVS) si c’est absolument nécessaire (geste inapproprié, indiscipline) avec timer.
  • Apprenez aux enfants à contrôlez eux même leur comportement, faites des échelles d’humeur, des échelles d’obéissance, tout ce qui permet à l’enfant de visualiser son comportement et comment l’améliorer.
  • Prévenir vaut mieux que guérir. L’AVS peut présenter son emploi du temps quotidien à l’enfant chaque matin, utilisez les moyens de communication de l’enfant, rappelez à l’enfant quelle activité va arriver à l’aide d’un emploi du temps visuel, ou d’une liste d’activités.
  • Montrez comment bien se comporter, donnez un modèle, renforcez l’enfant qui vient se mettre en rang tout de suite, donnez-le en modèle aux autres, plutôt que de crier sur les enfants qui courent encore dans tous les sens au lieu de se mettre en rang… Renversez positivement votre focus.
  • N’attendez pas la fin de la journée pour récompenser. Un bon comportement= un bon point, directement.
  • Organisez un temps de célébration de ce que chacun a bien fait en classe chaque semaine.
  • Bannissez le « non, fais pas ci, fais pas ça », et favorisez le « super, tu feras encore mieux si tu fais ci ou ça ».

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