À la découverte de l’autisme de Tom

Tom est né fin 2006. L’accouchement fut éprouvant et j’étais très fière de mon bébé, que je trouvais (comme tout parent) le plus merveilleux du monde.

À la découverte de l'autisme de Tom

C’est 22 mois plus tard que j’ai prononcé le mot autiste pour la première fois. Je me revois dans le bureau de la directrice du milieu d’accueil que Tom fréquentait depuis l’âge de 10 mois. Elle me conseillait d’aller voir un psychothérapeute car Tom ne se comportait pas comme les autres enfants. J’étais abasourdie car, jusque là, le personnel avait seulement attiré mon attention sur des problèmes qui m’avaient et leurs avaient semblés mineurs: problèmes de discipline, d’audition, rythme de sieste…

« Il y a trois points qui m’interpellent » me dit la directrice:

  • Il ne regarde personne dans les yeux
  • Il ne joue pas avec les autres enfants mais à côté d’eux
  • Il n’utilise pas toujours les jouets de façon appropriée

Je lui ai tout de suite rétorqué: « mais Tom n’est pas autiste ». Quand j’y repense, je trouve ça incroyable. J’aurais pu citer une quantité d’autres handicaps ou maladies: dépression, état d’anxiété… mais non, c’est bien le mot autiste que j’ai prononcé ce jour-là. Ce à quoi elle m’a répondu qu’elle ne pensait pas non plus à l’autisme, mais qu’elle m’incitait quand même à rencontrer ce psychothérapeute qui arriverait peut-être à le « débloquer ».

J’avais d’autant plus de mal à la croire que Tom m’avait toujours regardé dans les yeux. Le changement de comportement à la crèche était intervenu lorsque sa puéricultrice préférée avait été transférée à l’étage des tout-petits et qu’il s’était vu attribuer une autre puéricultrice référente beaucoup plus autoritaire. Je pense qu’il en a beaucoup souffert.

J’ai donc été rendre visite à ce psychothérapeute qui n’a malheureusement pu nous donner aucune solution et qui nous a conseillé d’aller voir un autre intervenant. Ne supportant pas de voir Tom malheureux à la crèche, je l’en ai retiré tout de suite pour le confier à ses grands-parents qui l’ont toujours considéré comme leur petit dieu.

Pour couronner le tout, le médecin qui suivait Tom depuis sa naissance était parti du jour au lendemain à l’étranger  sans laisser d’adresse. Je décidais donc de reprendre contact avec le pédiatre qui s’était occupé de Tom à la maternité, et qui a émit  tout de suite des craintes  le concernant.

Il faut dire aussi que pendant tout le temps qu’a duré la consultation, Tom n’a pas cessé de tourner sur lui-même. J’étais très angoissée et je ne faisais sans doute que renforcer ce que j’allais découvrir être des stéréotypies. Il tournoyait parfois à la maison mais jamais de manière aussi intense et longue. En général, nous l’arrêtions au bout de quelques secondes car nous avions peur qu’en s’étourdissant, il ne tombe et finisse par se blesser.

À la découverte de l'autisme de TomLa machine se mit donc en marche et le pédiatre me renvoya vers deux autres intervenants: une neuropédiatre et une pédopsychiatre avec qui je m’empressai de prendre rendez-vous. La neuropédiatre nous conseilla d’effectuer une série d’examens: prise de sang, d’urine, IRM, EEG… Tous les résultats étaient  normaux. Malheureusement, entre la pédopsychiatre et Tom, le courant ne passait pas du tout et nous avons dû interrompre ces rendez-vous pour les remplacer par des séances de psychomotricité avec une psychomotricienne fantastique.

Bien que nous ayons été entourés de personnes formidables, compréhensives et aidantes, mon mari et moi nous sommes pris une des plus grandes gifles de notre vie. De celles qui ne vous mettent pas K.O. mais qui vous laissent insidieusement  dans le brouillard pendant des mois.

Au départ, j’avais du mal à accepter cette situation et je me rassurais en me disant: il y a 10 % de « malchance » que Tom soit autiste et 90% qu’il ne le soit pas.

Au fur et à mesure des mois, des lectures (livres, articles sur Pubmed – une base de données médicales -, forums…), des visionnages d’émissions de télévision sur l’autisme, des rencontres avec les intervenants, j’ai réalisé bien avant que les médecins ne me l’annoncent officiellement qu’il y avait plutôt 90% de chance pour que mon fils soit autiste et 10% qu’il ne le soit pas.

Pendant ce laps de temps, l’autisme prend vite une place très (trop!) importante dans votre vie car vous ne pensez plus qu’à ça jour et nuit. Au fil des mois, le fait de s’interroger devient vite un calvaire et finalement, lorsque le diagnostic tombe, c’est un soulagement de ne plus avoir à se poser toutes ces questions. Le diagnostic, nous l’avons eu alors que Tom était âgé de 32 mois en septembre par la chef de service du Centre de Ressources Autisme de notre région.

Ce fameux diagnostic que nous craignions tant au début et que nous attendions tant à la fin. Je le trouvais important également pour appuyer notre demande d’admission au Centre de jour et de stimulation précoce que nous lui avions choisi.

Comme nous nous doutions de la tournure que prendraient les évènements, nous avions entrepris les démarches dès avril 2009 pour être certain de ne pas être sur liste d’attente et d’avoir une place rapidement. Ce fut le cas et Tom y est très heureux. Le personnel y est incroyablement humain et compétent. En outre, grâce à eux, Tom a déjà réalisé de nombreux progrès.

Pour moi, découvrir l’autisme de Tom fut comme accoucher une seconde fois. Ca se passe généralement dans la douleur mais, une fois l’épreuve passée et le diagnostic digéré, on est très fier de son enfant qu’on trouve (comme tout parent) le plus merveilleux du monde.

Étude sur les enfants autistes et la violence

Céline BruntzCéline Bruntz, psychologue spécialisée en autisme, répond à vos questions sur la psychologie et l’autisme. Écrivez-lui à celine@autismeinfantile.com pour lui poser des questions plus spécifiques.

Je suis étudiante infirmière en 3ème année, et j’ai choisi de réaliser mon travail de fin d’études (TFE) sur les enfants autistes, et précisément  sur la violence.
En stage, j’ai été, sans jugement, confrontée à des soignants qui ne savaient pas comment prendre en charge ces enfants autistes violents. Ils semblaient dépassés.
Dans une première partie de mon TFE, je développe la pathologie, dans une seconde j’aborde la violence des enfants autistes, et je bloque car j’ai finalement peu d’informations et je n’ai pas trouvé de livres qui  portent sur la violence. Et enfin dans ma troisième partie  j’évoque la prise en charge, je parle de l’impact de la violence sur les soignants, des moyens utilisés pour y faire face… Pouvez vous m’aider?

Je trouve que votre sujet de mémoire est très intéressant. En ce qui concerne le thème de la violence chez l’enfant autiste et des moyens pour y faire face, je vous conseille le livre L’enfant autiste, coordonné par Lisa Ouss-Ryngaert, qui est un guide édité par le Centre Ressources Autisme Île de France. Dans ce livre, il y a un bon chapitre sur la violence et l’agressivité qui explique le sens de ces comportements et les différentes réponses adaptées que les soignants peuvent apporter dans ce cas. Bon courage.

Inquiétude dans la famille proche

Céline BruntzCéline Bruntz, psychologue spécialisée en autisme, répond à vos questions sur la psychologie et l’autisme. Écrivez-lui à celine@autismeinfantile.com pour lui poser des questions plus spécifiques.

Ma petite nièce, qui aura 3 ans dans quelques jours, présente des « troubles » un peu troublants, c’est le cas de le dire!

Elle vient d’entrer à la maternelle mais ne parle pas. Elle a environ six ou sept mots dans son vocabulaire. Elle s’exprime plutôt par cris et tape beaucoup. Nous attribuons cette « violence » (car les coups sont répétés, omniprésents et s’adressent à tout le monde) au fait justement qu’elle ne s’exprime pas oralement. Elle ne fait pas ses nuits. Elle ne joue pas vraiment à un jeu plus de cinq minutes d’affilée. Nous n’arrivons pas à avoir un vrai contact avec elle.

Sa pédiatre s’est inquiétée, il y a maintenant un an, de ce qu’elle ne parlait pas du tout. Ses parents sont donc allés consulter. Elle a subi une batterie de tests (EEG, radios). Elle est suivie par un pédopsychiatre qui ne donne pas vraiment de diagnostic (ce que je comprends tout à fait).

Elle avait également des problèmes moteurs, elle tombait tout le temps et elle porte désormais des lunettes car elle a un oeil convergeant. Bref, sans entrer dans une sorte de psychose ou d’angoisse, je trouve, à titre personnel, que cette enfant pose questions.

Bien entendu, il faut certainement attendre de voir quels seront ses progrès, à l’école notamment. Mais je me demandais si l’on pouvait faire autre chose pour elle afin de ne pas passer à côté d’un réel problème? Ses parents ne semblent pas inquiets, je pense (et c’est bien normal) qu’ils se réfugient derrière une phrase qu’ils emploient souvent: « on pense qu’elle a besoin de plus de temps que les autres ! ».

Bien entendu, il est bien difficile de répondre à des requêtes telles que la mienne sans avoir vu l’enfant mais si je peux, avec tact, orienter mon frère vers une consultation plus spécialisée…

J’oubliais de mentionner une anecdote qui me laisse un peu perplexe. Hier, à l’école, sa maîtresse a fait faire un jeu à deux et ma nièce s’est retrouvée toute seule. Eh bien, lorsque sa nounou l’a récupérée, ma nièce était livide, tremblait et a même vomi en rentrant chez sa nounou. Elle n’a pas supporté cette « éviction ». Cette réaction me paraît très très excessive par rapport à l’incident. Je pense à de l’hypersensibilité.

Je comprends à la lecture de votre question votre inquiétude par rapport aux troubles du comportement de votre nièce. En effet, l’agressivité envers les autres peut être liée à un problème de communication et de langage. On observe que l’agressivité diminue quand on a mis en place un moyen pour aider l’enfant à communiquer.

Ce qui est déjà bien c’est qu’elle soit suivie par un pédopsychiatre. Je comprends également tout à fait votre crainte par rapport à l’absence de diagnostic. Comme vous le soulignez à juste titre, je ne peux pas porter de diagnostic car je n’ai pas vu cette enfant en consultation. Par contre, ce genre de situation mérite d’aller plus loin pour ne pas « passer à côté d’un diagnostic », comme vous le dites. On connaît maintenant l’importance d’établir le diagnostic de manière précoce afin de mettre en place rapidement des aides si nécessaire.

Comme vous le dites aussi, il est important d’agir avec tact pour ne pas engendrer encore plus de souffrance chez les parents, mais il ne faut pas non plus s’empêcher non plus de dire les choses car ça peut aussi débloquer des situations. En général, j’oriente les parents et les familles dans ce cas vers le Centre Ressource Autisme (CRA) de leur région où une équipe pourra établir un diagnostic fiable.Vous trouverez tous les renseignements et coordonnées sur le site du Centre de Ressources Autisme Île de France (CRAIF).

Empruntez des livres sur l’autisme au CRA

Lorsqu’on est parent d’un enfant autiste, on a souvent envie d’acheter plein de bouquins qui parlent du handicap de son enfant. Je le sais bien, j’ai moi-même un gros tas de livres qui s’empilent près de mon ordinateur. Mais contrairement à moi, qui m’en sers pratiquement quotidiennement pour vérifier mes sources avant d’écrire sur ce site, les vôtres prennent peut-être la poussière, puisqu’une fois lus – et les informations comprises -, vous n’en avez peut-être plus l’utilité et ne les relirez peut-être jamais.

De plus, le budget peut être très serré quand on a un enfant autiste. Parfois, l’un des parents doit cesser de travailler, ou bien il faut manger beaucoup de pâtes pour éviter d’être dans le rouge à la banque à la fin du mois. Aussi, les livres sur l’autisme peuvent aussi être considérés un « luxe ».

New library (photo: heipei)

New library (photo: heipei)

Le Centre de Ressources Autisme (CRA) de votre région peuvent vous aider sur ce point. Certains CRA disposent d’une bibliothèque plutôt fournie, et contre un chèque de caution (qui n’est pas encaissé), ils peuvent vous prêter un ou plusieurs livres sur l’autisme pendant quelques semaines. Ils proposent même des vidéos (documentaires, films) qui peuvent être très intéressantes.

Lorsque quelqu’un d’autre que les parents a un doute…

Céline BruntzCéline Bruntz, psychologue spécialisée en autisme, répond à vos questions sur la psychologie et l’autisme. Écrivez-lui à celine@autismeinfantile.com pour lui poser des questions plus spécifiques.

Quand on n’est pas le père ou la mère d’un enfant qui présente des signes autistiques, que faire? Céline essaie d’orienter une grand-mère inquiète.

Je suis une grand-maman inquiète. J’observe mon petit-fils de deux ans et je remarque qu’il marche sur le bout des pieds. Il ne parle pas beaucoup comparativement à sa cousine de deux ans (ma petite fille). Quand il regarde passe-partout à la télé, il devient comme gelé. On ne peut plus entrer en communication avec lui et cela peut durer plus d’une heure.

Je ne veux pas en parler avec les parents, j’ai peur de les inquiéter pour rien. J’aimerais savoir ce qu’il faut faire pour avoir un diagnostic. Faut-il intervenir maintenant ou attendre?
— Yolande

Pour répondre à votre question concernant vos inquiétudes par rapport au comportement de votre petit-fils, je vous conseille d’en parler avec les parents et de vous adresser au Centre Ressource Autisme (CRA) de votre région où une équipe habilitée pourra établir un diagnostic.

L’hypersensibilité aux bruits et les troubles du sommeil sont-ils signe d’autisme?

Céline BruntzCéline Bruntz, psychologue spécialisée en autisme, répond à vos questions sur la psychologie et l’autisme. Écrivez-lui à celine@autismeinfantile.com pour lui poser des questions plus spécifiques.

Joane écrit à Céline pour lui demander si l’hypersensibilité aux bruits et les troubles de sa fille peuvent être signe d’autisme.

Je me permets de vous écrire afin d’avoir votre opinion sur le comportement de ma fille (2 ans ½). Elle a une peur bleue du bruit. Elle semble hypersensible à ceux-ci. Nous sommes allés à un anniversaire d’enfant dans une « récréathèque ». Il y avait arcade, musique, plein d’enfants criant… Ça a pris 20 minutes pour réussir à la sortir de sa torpeur. Elle était en petite boule par terre, les deux mains sur les oreilles. Elle craint les autos, tous les véhicules. Elle a une peur terrible du tonnerre. Enfin, tous les bruits forts, et même les sons moins forts comme l’eau qui coule dans les tuyaux .

Outre ce comportement, elle a des troubles du sommeil depuis qu’elle est née. Elle fait ses nuits depuis moins d’un mois. Les siestes en dehors de sa chambre sont quasi impossible. Bref, elle a toujours semblée insécure de ce côté, voire même trop hypersensible pour bien dormir « sur ses deux oreilles », comme on dit si bien.

Le langage se développe bien. Elle interagit bien avec nous. Ses jeux sont diversifiés. On la trouvait très méthodique plus jeune (du genre à redresser un jouet de travers ou à aligner par ordre certains jouets, etc.), mais ce comportement s’est atténué en vieillissant. Elle craint un peu les nouveaux visages, mais après 20 minutes elle se fond dans la foule. Elle va à la garderie. De ce côté, rien de particulier: elle s’adapte bien. Elle est la plus conciliante. À part le fait qu’elle n’y dort pas du tout, on ne me rapporte rien de particulier. Elle est du genre à rester à côté du groupe et à observer au lieu de jouer dans le groupe, mais mon fils était comme ça aussi. Plus timide. À part ça elle est très sociale, et aime aller vers les autres dans un contexte « rassurant », c’est-à-dire sans bruit, sans « sur-stimulation », sans « feux d’artifices » si on peut dire.

En résumé, peut-on parler d’autisme si les seuls comportements suspects seraient sa crainte du bruit et ses troubles du sommeil? Merci pour votre réponse

— Joane

Bonjour Joane,

Je vais vous répondre de manière générale car je me dois de vous préciser que pour établir le diagnostic de l’autisme, le professionnel doit rencontrer les parents et observer l’enfant pour établir un diagnostic.

Les élements de réponse que je peux vous apporter se basent sur les Recommandations sur le dépistage et le diagnostic de l’autisme et des troubles envahissants du développement définies par la Haute Autorité de Santé et la Fédération Française de Psychiatrie. Ce document est diffusé par les Centres Ressources Autisme (CRA).

Ce qu’il faut retenir, c’est qu’il existe des signes principaux d’alerte de l’autisme. Les signes majeurs qui ont une valeur d’alerte très importante chez l’enfant de moins de 3 ans, et qui doivent conduire à demander rapidement l’avis de spécialistes tels que les Centres Ressource Autisme, sont les suivants (adapté de Baird et Al. 2003):

  • Absence de babillage, de pointage ou d’autres gestes sociaux à 12 mois.
  • Absence de mots à 18 mois.
  • Absence d’association de mots ( non-écholaliques) à 24 mois.
  • Perte de langage ou de compétences sociales quelque soit l’âge.

Voilà ce que je peux vous en dire et j’espère que cette réponse vous permettra d’y voir plus clair.

Conseils pour les parents qui découvrent que leur enfant est autiste

Lorsqu’on apprend que son enfant est autiste, c’est un moment de grand chamboulements, on se perd un peu dans les milliards de choses nouvelles qu’il faut savoir, auxquelles il faut s’adapter, les démarches à faire, etc.

Voici quelques conseils, en cinq étapes, basées sur ma propre expérience pour repartir le plus vite possible du bon pied, et commencer la lutte pour l’intégration et la progression de l’enfant.

Despair (photo: fakelvis)

Despair (photo: fakelvis)

Étape 1: Faire poser un diagnostic au plus vite

Dès le dépistage fait, dès qu’on vous a confirmé que votre enfant est autiste, il faut très vite trouver un moyen de faire poser un diagnostic, pour pouvoir avoir droit à des aides, mettre en place une prise en charge, etc.

Les diagnostics sont souvent longs à obtenir. Plein de gens vont vous mettre des bâtons dans les roues, en vous disant que votre enfant est trop jeune, ou qu’il ne faut pas l’enfermer dans un diagnostic. Il est important de ne pas se laisser embobiner! Si on vous refuse un diagnostic à un endroit, aller taper à une autre porte, et ainsi de suite jusqu’à ce que vous ayez obtenu ce que vous cherchez.

Je vous recommande, à partir de mon expérience, de lancer une demande de diagnostic au CRA (Centre de Ressources Autisme) de votre coin, qui sont plutôt longues à obtenir (dans mon cas, un an environ, parfois six mois), et de commencer à chercher pendant ce temps-là un pédopsychiatre pour obtenir un diagnostic.

Pourquoi faire deux demandes?

Il est urgent d’obtenir le diagnostic au plus vite pour pouvoir obtenir plus facilement des avantages pour votre enfant: AEEH pour payer les séances de psychomotricité, AVS si votre enfant va à l’école, etc.

Le CRA est réputé pour ses diagnostics, donc il vaut mieux en passer par là pour avoir une confirmation de diagnostic, ça permet d’avoir des portes plus facilement ouvertes par la suite.

Étape 2: Lire un bon livre pour comprendre l’autisme

En attendant de trouver quelqu’un pour poser un diagnostic, on peut en parallèle lire un livre pour mieux comprendre ce qu’est l’autisme, et comment aider son enfant. Je vous parle de plusieurs bons livres dans la section ressources de ce site, mais je vous conseille en particulier la lecture de ces livres:

Chaque livre est très différent mais amène des réponses aux questions que se posent les parents d’enfant autiste. Explications scientifiques, témoignages et aides aux démarches, ils apportent tous des idées intéressantes à mettre en place au fur et à mesure à la maison.

Étape 3: Trouver un endroit où obtenir des renseignements rapidement

Un bon point: si vous êtes arrivés ici, c’est que vous avez déjà pu trouver un endroit pour trouver des informations. Je vous engage à surfer sur le site pour obtenir des réponses aux questions que vous vous posez. Le forum est un bon endroit pour discuter du cas de votre enfant – tout le monde y est amical et prêt à aider.

Si vous ne trouvez pas la réponse à vos questions sur le forum, vous pouvez aussi me contacter par e-mail à nathalie@autismeinfantile.com et j’essaierai de vous aider à trouver des réponses, ou je vous dirigerai vers des articles qui y correspondent.

Vous pouvez aussi vous adresser au CRA de votre coin, ou à une association, qui se chargeront de vous orienter rapidement, de vous renseigner, et de vous aider à mettre en place une prise en charge à la maison et une prise en charge thérapeutique.

Étape 4: Faire une liste des premières activités à mettre en place

Selon les problèmes de votre enfant, il faudra faire une prise en charge à la maison pour essayer de les régler et de lui faire faire des progrès. Par exemple, si votre enfant ne parle pas, il faudra essayer de mettre en place des pictogrammes pour l’aider à communiquer.

Faites une liste de ses difficultés et de ses points forts, et venez nous en parler ici, ça nous aidera à vous aider.

Étape 5: S’organiser avec l’équipe thérapeutique

Avec un peu de chance, lorsque vous serez arrivés à faire tout cela, le diagnostic aura été posé. Il est alors temps de trouver une équipe thérapeutique (orthophoniste, psychomotricien et pédopsychiatre) pour aider votre enfant. Vous avez plusieurs possibilités: soit consulter en libéral comme je le fais, soit trouver une place dans une association comme le CeRESA, le SESSAD, ou dans une IME, etc.

Il faut faire bien attention à ce que les intervenants auprès de votre enfant soient formés à l’autisme, si vous-même n’êtes pas en mesure d’imposer un programme. J’aime particulièrement les intervenants en libéral parce que je peux changer d’équipe si cela me semble important.

Les conseils de la communauté

Quels sont vos cinq conseils – vos cinq étapes – pour mettre en place le plus rapidement possible une structure et s’informer le plus rapidement possible sur l’autisme, afin de pouvoir aider un enfant autiste juste après son dépistage? Partagez vos opinions dans les commentaires.

Quels sont les points positifs et négatifs de la méthode ABA?

Céline BruntzCéline Bruntz, psychologue spécialisée en autisme, répond à vos questions sur la psychologie et l’autisme. Écrivez-lui à celine@autismeinfantile.com pour lui poser des questions plus spécifiques.

Je commencerai par les points positifs:

  • L’efficacité de la méthode ABA a été démontrée par des études scientifiques recensées par les Centres Ressources Autisme (CRA) qui prônent que cette méthode aide les enfants autistes à faire des progrès au niveau des apprentissages, de la communication et du langage.
  • Il a également été montré que ces progrès durent dans le temps.
  • Cette méthode est aussi intéressante car elle permet aux parents de stimuler leur enfant et d’établir une communication avec lui.
  • Si vous souhaitez aller plus loin, il existe des formations ABA destinées aux parents.

J’en viens aux points négatifs:

  • Cette méthode a ses limites car elle donne des résultats fluctuants en fonction du degré de déficience intellectuelle de l’enfant associé à l’autisme.
  • Cette méthode purement éducative peut amener à interpréter des comportements inadaptés de l’enfant comme volontaires tandis que c’est lié à l’autisme.
  • Il faut aussi être vigilant à ne pas être que dans un rapport d’apprentissage avec l’enfant, avec des renforçateurs comme c’est prévu dans cette méthode, mais être aussi dans un registre de jeu et d’ouverture relationnelle.
  • Il est vraiment important de tenir compte de la singularité de l’enfant en tant que sujet pour communiquer avec lui, et être à l’écoute de vos ressentis.