Apprentissage de la propreté: Petits conseils entre parents avertis

L’apprentissage de la propreté suppose une certaine logistique. Les accidents – de tous ordres – sont nombreux, et si vous ne voulez pas entamer votre belle énergie et votre motivation, ces quelques conseils pratiques vont sûrement vous aider.

Avant d’entamer le programme, faites un stock de culottes et de pantalons (pour les garçons), j’irais même jusqu’à vous conseiller de faire un stock de chaussettes, voire de chaussures. C’est incroyable finalement ce que la vessie d’un enfant peut contenir comme pipi, et comme l’idée est d’abandonner les couches même quand on est en extérieur. Je crois que vous l’aurez compris vous-même: votre enfant sera trempé un certain nombre de fois, et quand je dis trempé, c’est trempé (voire plus si affinités).

Prévoyez un bac ou l’enfant déposera lui- même ses vêtements souillés. Nous évitons de demander à Stan de les mettre dans l’eau du lavabo, car ce serait trop renforçant pour lui de souiller ses vêtements, et de s’autostimuler joyeusement en les lavant. Nous voudrions éviter de mettre en place une chaîne « je me souille, ce qui me permet de patouiller dans l’eau et de jouer avec le jet du robinet plusieurs fois par jour ».

Mettez dans la maison, à plusieurs endroits stratégiques, des changes complets: culotte, pantalon, chaussettes, pour éviter de devoir courir dans tous les sens quand il y a un accident.

Lorsqu’un accident survient, il faut rester totalement neutre, ne pas monter d’émotion, ni négative (genre « flûte, je vais encore avoir trois machines à faire »), ni compatissante (genre « pauvre chou, ce n’est pas grave, maman va réparer »). On reste de marbre. On demande à l’enfant de toucher son vêtement pour qu’il constate la sensation de mouillé, on en profite pour travailler le chaînage déshabillage/habillage et pour lui montrer comment se débarbouiller après un incident.

Lorsqu’un incident survient, on garde en tête que la propreté signifie que l’on devient grand. Or les grands ne sont pas changés sur une table à langer, ou couchés sur une serviette: les grands s’essuient eux-même, debout dans les toilettes, ou se mettent à quatre pattes par exemple, pour que maman les aide à s’essuyer. Je vous l’accorde, c’est moins pratique, mais ça donne du sens à ce que l’on est en train de faire: « tu es assez grand maintenant pour agir comme un petit garçon/une petite fille, tu n’es plus un bébé, donc nous te montrons les gestes qu’accomplissent les petits garçons/petites filles, nous ne traitons plus comme un bébé« .

Nous nous sommes longtemps posé la question du pot ou des toilettes pour Stan, nous avons finalement opté pour le passage direct aux toilettes sur réhausseur, dans la hantise que le pot ne devienne un outil sine qua non, et que nous ne devions ensuite passer par un programme de transition pot/toilettes. Je pense que le plus important est le confort, particulièrement pour les enfants qui ont aussi des problèmes d’hypersensibilité. Rester assis sur des toilettes ne doit pas devenir un problème sensoriel de plus. J’ai d’ailleurs lu que certaines mamans avaient équipé les sièges de toilettes de tissus tout doux, d’une couleur appréciée par leurs enfants.

Enfin, ayez toujours une serpillère sous la main (n’est-ce-pas, Nathalie?).

Et vous, quelles sont vos astuces? Partagez-les dans les commentaires.

Doit-on dire à quelqu’un qu’on pense que son enfant est autiste?

Je ne parle évidemment pas des professionnels de la santé, qui ont le devoir d’exposer leurs doutes aux parents dont ils voient les enfants.

Mais imaginez: vous êtes un grand-parent, un cousin, une tante?
Un ami proche?
Ou encore la maîtresse? La nounou?

Selon vous, ces personnes doivent-elles parler de leurs doutes? Et si oui, comment faire pour que leurs doutes soient le mieux acceptés possible?

Je vois souvent passer des messages de personnes se demandant si elles doivent dire quelque chose quand elles ont un doute sur un enfant. Elles ont peur de ne pas être à leur place, ou de se faire mal recevoir par les parents de l’enfant en question.

Quels conseils auriez-vous à leur donner?

Conseils pour aider la propreté à s’installer

Je ne peux clairement pas me poser en experte de la propreté: sur deux enfants, aucun n’est encore propre, et je n’ai participé à rendre propre personne (même si j’ai convaincu ma nièce de passer du pot aux toilettes).

J’ai toutefois recueilli beaucoup d’idées et de conseils sur le net, et j’ai décidé d’en faire un résumé pour ceux d’entre vous qui vont y passer après moi. Sinon, vous pouvez suivre les bilans de l’opération pipi/caca pour voir comment je me débrouille au jour le jour avec un enfant autiste de 4 ans et un autre neurotypique de 2 ans.

potty training (photo: valentinapowers)

potty training (photo: valentinapowers)

Quand est-ce qu’un enfant est en âge de devenir propre?

On dit qu’un enfant est en âge de devenir propre quand il sait enfiler les marches d’un escalier sans s’arrêter à chaque fois. Il parait que c’est une manière de savoir si les sphyncters sont assez matures pour que l’enfant puisse se retenir.

Il parait qu’on peut rendre propre un enfant à partir de la naissance. Cela dit, mon avis personnel est que c’est les parents qui le rendent propre, mais il n’est pas propre. Un enfant, selon moi, peut être propre du moment où il arrive, soit à exprimer le besoin d’aller sur le pot, soit savoir s’y installer. Si c’est à la maman ou au papa à devoir penser à l’y poser régulièrement pendant un ou deux ans, je n’appelle pas ça être propre, j’appelle ça de l’esclavage!

C’est difficile de dire quand un enfant est prêt à devenir propre. Je pense que chaque enfant arrive à cette évolution en son temps, et selon ses motivations. Il faut qu’il comprenne l’utilité du pot ou des toilettes, et qu’il accepte de s’y plier. Certains peuvent avoir la maturité physique mais pas mentale. Il faut donc essayer régulièrement, jusqu’au jour où vous le sentirez prêt.

Conseils pratiques pour la maman

Voici quelques idées pour vous faciliter la tâche:

  1. Essayez de limiter les déplacements de l’enfant en l’attirant dans un endroit facile à nettoyer (vous n’aurez pas à changer les draps et faire nettoyer les canapés plein de caca).
  2. Ramener de quoi éliminer les saletés rapidement: papier toilette, lingettes, coton, gant, produits pour nettoyer les fesses, slips propres, alèses, poches plastique, etc.
  3. Laissez l’enfant cul nu au début, car s’il est comme le mien, il va confondre la couche et le slip au départ, et vous risquez de devoir le changer très souvent. Et puis, s’il souhaite aller sur le pot et qu’il faut lui enlever tous ses vêtements, il risque de ne pas arriver à se retenir assez longtemps.
  4. Essayez de commencer par le réducteur de toilettes pour avoir moins à nettoyer, parfois les enfants l’acceptent dès le début. Cela dit, s’il a tendance à oublier d’y aller, laissez un pot en vue. De plus, les enfants autistes ne font pas forcément le rapport entre le pot et les toilettes, tout risque d’être à recommencer s’il ne veut faire que sur le pot.

Il ne faut pas hésiter à faire tout ce qui peut vous faciliter la tâchen!. Ce n’est déjà pas amusant de ramasser les besoins de ses enfants sur le tapis, on va pas en plus se compliquer la vie! Trouvez un moment qui vous convienne, et tenez bon!

Relativisons!

Ce n’est pas gravissime si votre enfant est le dernier du quartier à acquérir la propreté. Dans le cas d’un enfant autiste, vous avez encore moins de raisons de stresser. Il faut prendre le temps pour que votre enfant comprenne la pratique des toilettes, qu’il se les approprie, qu’il acquière l’autonomie pour y aller, etc. Stop au stress!

Conseils pour aider la propreté à s’installer

Voici quelques conseils que j’ai lu, et que je vous livre « tel quel ». Ce ne sont pas forcément ce que je fais moi (cf les bilans), mais cela fonctionne pour d’autres personnes, alors si vous vous sentez de les essayer, ne vous gênez pas!

  • Laisser la porte ouverte quand vous allez aux toilettes. Mon mari et moi ne sommes pas très fans de cette méthode, mais pour des parents moins « constipés » que nous, cela peut être une méthode viable.
  • Faire l’apprentissage de la propreté en groupe. C’est ce que je fais avec mes fils; de voir que son petit frère arrive bien à aller sur le pot encourage Matthieu à faire de son mieux. La compétition entre frères peut être utile, parfois.
  • Éviter la nourriture qui constipe. C’est toujours plus facile de leur proposer de faire leurs besoins dans les toilettes s’ils n’ont pas de problèmes intestinaux.
  • Proposer des jeux pendant le temps où il reste sur le pot. Un enfant qui s’ennuie n’aura pas envie de rester sur le pot. J’ai passé de nombreuses heures avec Matthieu à jouer avec lui (il a même appris à dire ses premiers mots sur les toilettes). Julien est facile à contenter: une vidéo à la télévision le tient tranquille le temps qu’il faut.
  • Établir une routine. D’abord, se déshabiller, ensuite le pipi/caca, après on s’essuie, on remet le slip, on tire la chasse, on colle la gommette, on prend le bonbon. Ce n’est qu’un exemple. Si besoin est, aidez-le avec des repères visuels en collant aux toilettes des pictogrammes avec la série d’action à faire, et repassez-la avec lui à chaque fois jusqu’à ce que ça devienne automatique.
  • Utiliser des renforçateurs alimentaires. Quand l’enfant fait ses besoins dans le pot, proposer à boire et à manger. Non seulement c’est généralement une bonne récompense, mais en plus ça permet de faire marcher « la machine », et de les mettre sur les toilettes encore plus souvent. Practice makes perfect.
  • Insister pour qu’il aille sur le pot dans les vingt minutes après un repas. Apparemment, c’est le moment où le besoin de faire caca se fait sentir. Dès aujourd’hui, j’y colle Julien, qui a tendance à faire ses besoins, effectivement, dès que je le colle à la sieste.
  • En cas d’accident, demander à son enfant de participer au nettoyage. Ça va le responsabiliser, et en même temps il essayera d’éviter par la suite de salir, pour ne pas avoir à nettoyer, parce que ça lui « coûte ».
  • Installer un système de récompense. Pas besoin d’y passer une fortune: de simples gommettes à coller à chaque fois qu’il a réussi à aller aux toilettes, et ça suffira. Ou un tampon à apposer, vous voyez le style.
  • À chaque fois qu’il réussit, penser à le féliciter chaleureusement. N’hésitez pas à en faire tout un plat et à le raconter à tout le monde. Les enfants entendent quand on parle d’eux, et sont fiers quand on dit qu’ils ont bien fait. Appellez papy et mamie au téléphone chaque jour pour leur dire les progrès de votre enfant.
  • Mettez un timer à sonner régulièrement dans la journée. Au départ il sonnait toutes les dix minutes, maintenant il sonne moins souvent (genre toutes les demie-heures). Ça me rappelle de leur proposer les toilettes régulièrement, si je suis absorbée dans une autre tâche.

Il y a beaucoup d’autres techniques pour aider son enfant à devenir propre. Avez-vous d’autres conseils à donner? Qu’est-ce qui a bien marché pour vos enfants? Partagez vos idées et vos expériences dans les commentaires pour que tout le monde puisse en profiter.

Conseils pour les parents qui découvrent que leur enfant est autiste

Lorsqu’on apprend que son enfant est autiste, c’est un moment de grand chamboulements, on se perd un peu dans les milliards de choses nouvelles qu’il faut savoir, auxquelles il faut s’adapter, les démarches à faire, etc.

Voici quelques conseils, en cinq étapes, basées sur ma propre expérience pour repartir le plus vite possible du bon pied, et commencer la lutte pour l’intégration et la progression de l’enfant.

Despair (photo: fakelvis)

Despair (photo: fakelvis)

Étape 1: Faire poser un diagnostic au plus vite

Dès le dépistage fait, dès qu’on vous a confirmé que votre enfant est autiste, il faut très vite trouver un moyen de faire poser un diagnostic, pour pouvoir avoir droit à des aides, mettre en place une prise en charge, etc.

Les diagnostics sont souvent longs à obtenir. Plein de gens vont vous mettre des bâtons dans les roues, en vous disant que votre enfant est trop jeune, ou qu’il ne faut pas l’enfermer dans un diagnostic. Il est important de ne pas se laisser embobiner! Si on vous refuse un diagnostic à un endroit, aller taper à une autre porte, et ainsi de suite jusqu’à ce que vous ayez obtenu ce que vous cherchez.

Je vous recommande, à partir de mon expérience, de lancer une demande de diagnostic au CRA (Centre de Ressources Autisme) de votre coin, qui sont plutôt longues à obtenir (dans mon cas, un an environ, parfois six mois), et de commencer à chercher pendant ce temps-là un pédopsychiatre pour obtenir un diagnostic.

Pourquoi faire deux demandes?

Il est urgent d’obtenir le diagnostic au plus vite pour pouvoir obtenir plus facilement des avantages pour votre enfant: AEEH pour payer les séances de psychomotricité, AVS si votre enfant va à l’école, etc.

Le CRA est réputé pour ses diagnostics, donc il vaut mieux en passer par là pour avoir une confirmation de diagnostic, ça permet d’avoir des portes plus facilement ouvertes par la suite.

Étape 2: Lire un bon livre pour comprendre l’autisme

En attendant de trouver quelqu’un pour poser un diagnostic, on peut en parallèle lire un livre pour mieux comprendre ce qu’est l’autisme, et comment aider son enfant. Je vous parle de plusieurs bons livres dans la section ressources de ce site, mais je vous conseille en particulier la lecture de ces livres:

Chaque livre est très différent mais amène des réponses aux questions que se posent les parents d’enfant autiste. Explications scientifiques, témoignages et aides aux démarches, ils apportent tous des idées intéressantes à mettre en place au fur et à mesure à la maison.

Étape 3: Trouver un endroit où obtenir des renseignements rapidement

Un bon point: si vous êtes arrivés ici, c’est que vous avez déjà pu trouver un endroit pour trouver des informations. Je vous engage à surfer sur le site pour obtenir des réponses aux questions que vous vous posez. Le forum est un bon endroit pour discuter du cas de votre enfant – tout le monde y est amical et prêt à aider.

Si vous ne trouvez pas la réponse à vos questions sur le forum, vous pouvez aussi me contacter par e-mail à nathalie@autismeinfantile.com et j’essaierai de vous aider à trouver des réponses, ou je vous dirigerai vers des articles qui y correspondent.

Vous pouvez aussi vous adresser au CRA de votre coin, ou à une association, qui se chargeront de vous orienter rapidement, de vous renseigner, et de vous aider à mettre en place une prise en charge à la maison et une prise en charge thérapeutique.

Étape 4: Faire une liste des premières activités à mettre en place

Selon les problèmes de votre enfant, il faudra faire une prise en charge à la maison pour essayer de les régler et de lui faire faire des progrès. Par exemple, si votre enfant ne parle pas, il faudra essayer de mettre en place des pictogrammes pour l’aider à communiquer.

Faites une liste de ses difficultés et de ses points forts, et venez nous en parler ici, ça nous aidera à vous aider.

Étape 5: S’organiser avec l’équipe thérapeutique

Avec un peu de chance, lorsque vous serez arrivés à faire tout cela, le diagnostic aura été posé. Il est alors temps de trouver une équipe thérapeutique (orthophoniste, psychomotricien et pédopsychiatre) pour aider votre enfant. Vous avez plusieurs possibilités: soit consulter en libéral comme je le fais, soit trouver une place dans une association comme le CeRESA, le SESSAD, ou dans une IME, etc.

Il faut faire bien attention à ce que les intervenants auprès de votre enfant soient formés à l’autisme, si vous-même n’êtes pas en mesure d’imposer un programme. J’aime particulièrement les intervenants en libéral parce que je peux changer d’équipe si cela me semble important.

Les conseils de la communauté

Quels sont vos cinq conseils – vos cinq étapes – pour mettre en place le plus rapidement possible une structure et s’informer le plus rapidement possible sur l’autisme, afin de pouvoir aider un enfant autiste juste après son dépistage? Partagez vos opinions dans les commentaires.