Le jour où…

J’ai toujours su que mon fils était différent. Lorsqu’il avait 9 mois, je me posais déjà des questions. J’ai souvent pensé à de l’autisme mais je me rassurais sans doute en notant qu’il regardait dans les yeux et qu’il aimait le contact; c’était, à l’époque, les deux caractéristiques que je connaissais de l’autisme. Peu de gens croyaient au bien fondé des mes inquiétudes: j’étais plutôt une mère angoissée et impatiente…

Le jour où...

Les mois passaient et les interrogations planaient de plus en plus. Aucun son ne sortait de sa bouche à part les rires et les pleurs, et Nicolas ne semblait pas comprendre ce qu’on lui demandait. Avec le soutien de mon mari, j’ai commencé les démarches pour trouver de l’aide.

En premier lieu le CAMSP: après quelques séances, le psychologue me répond qu’il ne peut rien faire. Nicolas est trop jeune, et il sous-entend que cela doit être de ma faute: j’anticipe ses besoins, donc mon enfant ne fait aucun effort. Il me suggère donc d’attendre. « Si votre enfant a vraiment faim, il vous le dira! » Dubitative mais désespérée, j’ai appliqué la méthode le soir même. Mon fils hurlait devant son assiette. J’ai éclaté en sanglot et je ne l’ai plus jamais fait.

J’ai décidé de chercher dans les libéraux. Là encore, j’ai rencontré un pédopsychiatre qui vouvoyait mon petit garçon et semblait ne pas supporter les mouvements incessants de Nicolas. C’était tellement grotesque que je me retenais de rire. En parallèle, j’ai cherché aussi une orthophoniste. Verdict: trop jeune, on ne peut rien faire puisqu’il ne parle pas encore, etc.

Enfin, au hasard des discussions, on me donne le nom d’un pédopsychiatre dont on parlait en ville. Le rendez-vous est pris. Le jour où je le rencontre, je sais que j’ai enfin trouvé l’écoute et le soutien que je recherchais.

Le stylo TAG pour travailler la compréhension

Les autistes ont beaucoup de difficultés à communiquer, à pointer du doigt, et à comprendre les histoires car ils ne comprennent pas toujours les causes et les conséquences, ce que pensent les autres, ou les éléments qui lient entre eux les morceaux d’une histoire.

Le stylo Tag pour travailler la compréhension

Je vous ai déjà parlé il y a quelques temps de l’amour de Matthieu pour le livre d’Elmer, qu’il écoute avec son stylo TAG. C’est à l’occasion d’un Noël que Papiko et Mamiko lui ont offert le stylo TAG et quelques livres, sur mon conseil. Nous sommes toujours à la recherche d’activités qui puissent lui plaire et l’aider à s’améliorer.

Stylo TAG

Stylos

Livres

Je trouve ce jouet fantastique, et je le recommande à tous ceux qui ont un enfant autiste qui a des difficultés de compréhension. Il est facile d’utilisation, et entraîne aussi votre enfant à pointer, même si ce n’est pas avec son doigt c’est déjà un premier pas.

Les livres ont plusieurs modes: le stylo raconte l’histoire, dit les mots qu’il pointe, et il y a plusieurs jeux par livre, un par page, qui demandent de répondre par vrai ou faux à des questions, ou bien en devant pointer la bonne réponse sur l’image. Il y a un grand choix de livres pour tous les goûts, filles et garçons.

L’utilisation de ce jouet m’a permis de voir que Matthieu comprend bien les histoires, et qu’il arrive à répondre aux questions qui sont posées par le livre – bien plus que si c’est moi qui lui demande, d’ailleurs! Un bon achat, en somme.

Comment l’aider à comprendre quand on ne s’adresse pas à lui?

La communauté répond

J’ai beaucoup de mal à faire comprendre à Matthieu que parfois je ne m’adresse pas à lui – en particulier quand je hausse la voix. Si son frère fait une bêtise et que je le gronde, ou si on élève la voix au téléphone face à un démarcheur un peu trop insistant, il se met à crier comme si c’était lui qui était mis en cause.

Je prends du temps à chaque fois pour lui expliquer que je ne le grondais pas, ce qui s’est passé, pourquoi j’ai crié, et que lorsque je ne le regarde pas et que je ne dis pas son prénom ça veut dire que ce n’est pas à lui que je m’adresse. Mais pour l’instant, rien n’y fait, il se croit grondé à chaque fois.

En même temps, il n’aime pas les cris: si son frère pleure, par exemple, il devient nerveux et cherche à faire cesser la source des cris. Je ne sais pas si c’est lié.

Il n’y a pas que lorsque je gronde qu’il ne comprend pas que je ne m’adresse pas à lui: si je demande à son frère de ranger quelque chose, par exemple, il va penser que je lui demande de ranger à lui.

Est-ce que vous avez (ou avez eu) le même problème avec votre enfant autiste? Est-ce que vous avez trouvé une solution? Échangeons nos expériences, nos idées, et essayons de trouver un moyen de réussir pour notre santé mentale et le bien de nos enfants.