PECS, Phase IV: Demande

La Phase III, comme nous l’avons vu précédemment, permet d’apprendre à l’enfant à distinguer différentes images pour pouvoir faire des choix. Maintenant, il s’agit de lui apprendre à faire une demande à l’aide d’une phrase.

La Phase IV permet à l’enfant d’apprendre à faire une phrase structurée pour formuler sa demande. Cette phrase est sous la forme « Je veux » + image de l’objet. Cette phase se découpe en 4 étapes.

La Bande Phrase

Le PC (Partenaire de Communication) amène un nouveau moyen de communication grâce à la bande phrase. Cette bande phrase est constitué d’une bande plastique de couleur vive (pour mieux la différencier de son classeur) sur laquelle on peut accrocher des images. Elle est placée sur le côté du classeur afin de rester visible.

L’objectif est que l’enfant, au lieu de faire des demandes à l’aide d’une seule image, donc d’un seul mot, puisse formuler sa demande sous la forme d’une phrase. La bande phrase est découpée comme une phrase: une image représente « Je veux » et une autre image représente l’objet désiré. L’enfant tendra donc une phrase complète pour faire sa demande.

Comme pour les phases précédentes, le PC travaille avec un objet préféré de l’enfant pour l’inciter à faire une demande. L’image « Je veux » est déjà placée sur la bande phrase, et l’image de l’objet préféré est placée sur la couverture du classeur.

À cette étape, le PC attend trois compétences de la part de l’enfant:

  • Placer l’image de l’objet sur la bande phrase
  • Décrocher la bande phrase du classeur
  • Donner la bande phrase au PC

Le PC peut guider physiquement l’enfant pour faire les étapes, mais il faut laisser le temps à l’enfant de faire la démarche par lui-même. On valorise l’enfant dans chacune des réussites à ces trois compétences.

Il ne faut pas oublier de verbaliser à l’enfant la phrase complète lorsqu’il la tend.

« Je veux »

Cette deuxième étape est identique à la première sauf que l’image « Je veux » doit être placée sur la bande phrase par l’enfant.

Le PC peut guider physiquement l’enfant pour placer « Je veux », mais il laisse l’enfant mettre l’image de l’objet seul (car acquis lors de la précédente étape). Il faut continuer à verbaliser la demande.

Lire

Cette troisième étape est plus abstraite. Le but est que l’enfant pointe les images au fur et à mesure que le PC les lit.

Lorsque l’enfant donne la bande phrase au PC, celui-ci va la lire en guidant physiquement l’enfant pour pointer les images en même temps qu’il les dit oralement.

Le PC doit faire la guidance au départ, puis l’estomper progressivement en attendant que l’enfant prenne l’initiative.

Le PC place la bande phrase face à l’enfant dans le sens de la lecture et il récompense toujours l’enfant, même s’il ne prend pas l’initiative.

Parler

Cette quatrième et dernière étape a pour but de développer le langage oral. Après avoir fait lire la bande phrase à l’étape précédente, le PC, dans cette étape, attend quelques secondes que l’enfant prenne l’initiative de parler pour faire sa demande.

La bande phrase est toujours présentée à l’enfant face à lui pour l’inciter et soutenir sa demande verbale.

Le PC récompense toujours l’enfant en lui donnant l’objet demandé (puisque la demande a déjà eu lieu par l’échange de la bande phrase). S’il y a une demande verbale, le PC récompense l’enfant par un renforçateur social (on le félicite, on le valorise, on exprime sa joie).

Attention, il ne faut surtout pas retenir l’objet demandé sous prétexte que l’enfant n’a pas parlé. Cette étape a seulement pour but d’inciter l’enfant à le faire.

Si l’enfant ne dit rien, le PC réagit comme pour l’étape précédente en lisant à voix haute la bande phrase avec l’enfant qui pointe en même temps.

La phase IV est terminée lorsque l’enfant répond correctement (8 fois sur 10) à la troisième étape. Après cette phase, il faut continuer à enrichir le vocabulaire de l’enfant et, en parallèle, passer à la Phase V.

La dysphasie

Lors de mon appel pour trouver des spécialistes des dys, j’ai eu l’occasion de faire la connaissance de Sandrine Chatain, qui m’a gentilment expliqué quelques subtilités à propos de la dysphasie. Je vous copie son explication ci-dessous.

La dysphasie est un trouble grave de la communication orale. Elle peut toucher l’expression (dysphasie expressive) ou la réception (dysphasie réceptive), ou bien même les deux, on dit alors qu’elle est mixte.

La première année de vie, l’enfant dysphasique est silencieux, il a très peu d’activités d’échanges. À 18 mois, il ne dit pas de mots comme papa et maman. À 2 ans, aucune phrase significative. À 3 ans, seuls ses proches le comprennent, son langage est peu intelligible ou hors contexte.

Lorsqu’il grandit, divers troubles sont vécus: production indistincte, manque de vocabulaire, il ne pose pas de questions et il a du mal à exprimer des demandes spécifiques. Il comprend la signification d’un discours mais il n’arrivera pas à comprendre le sens profond.

Le bilan de l’orthophoniste nous éclairera sur les troubles et la probabilité d’une dysphasie, mais différents examens devront être effectués parallèlement: un examen médical qui reprendra l’anamnèse, le développement psychomoteur, le antécédents familiaux, etc., mais également un examen neurologique, EEG, IRM, un examen psychiatrique qui étudiera le comportement et le développement psychologique de l’enfant, un examen psychométrique, un examen psychomoteur pour rechercher une hyperactivé ou une dyspraxie associée, et un examen audiométrique qui, lui, écartera les soucis qui pourraient être liés à l’audition.

Les enfants dysphasiques, contrairement aux enfants autistes, sont dans la communication malgré l’absence de mots ou le manque de mots. Beaucoup d’entre eux n’ont pas de langage, bien au delà de 5 ans dans le cas de dysphasie sévère. Cependant, ils essaieront par tous les moyens de se faire comprendre: gestes, mimiques, pointage du doigt… c’est pour ceux-là qu’ils sera compliqué d’obtenir un diagnostic précoce, et surtout dans notre pays, car ces enfants peuvent développer des rituels: jeux répétitifs, écholalie, mais aussi troubles du comportement: des colères inexpliquées peuvent surgir, violence envers ses camarades… il s’isole, réagit de façon démesuré, a une faible estime de soi.

Ces troubles associés sont souvent dûs au fait de la grande souffrance de ne pouvoir s’exprimer ou de ne pas tout comprendre. Ils disparaissent lorsque l’enfant commence à pouvoir s’exprimer à peu près correctement.

Certains petits dysphasiques marchent sur la pointe des pieds, par exemple, ou regardent, pendant des heures, comme mon fils à 3 ans, un jeu de pêche à ligne tourner sans essayer d’attraper les petits poissons, mais simplement pour regarder tourner l’engin sur lui-même, sans pour autant que cela ne s’apparente à un Trouble Envahissant du Développement.

Je souhaite bon courage aux parents qui sont dans le doute et je les invite à mettre en place, quoi qu’il en soit, une rééducation intelligente en orthophonie, psychomotricité, et pourquoi pas une aide psychologique avec un bon psychologue qui aidera cet enfant à vaincre ses angoisses. Les médecins référents des grands centres de dépistage nous mettent souvent des bâtons dans les roues, alors que pour nous parents, orthophonistes, psychologues, c’est clair que l’enfant communique et est dans l’interaction… Il faut aussi, évidemment, se battre pour qu’à l’école on adapte les apprentissages de cet enfant normalement intelligent mais fonctionnant différemment.

Il est possible qu’un enfant dysphasique soit diagnostiqué autiste à tort, et vice versa. Apparemment, tout dépend du niveau de communication, de la volonté d’échanger qui effectivement est rare et difficile à obtenir chez nos enfants avec un Trouble Envahissant du Développement.

Vous pouvez retrouver plus d’informations sur la dysphasie sur le groupe Facebook Association Avenir Dysphasie Charente-Maritime, où vous serez très bien accueillis, ou sur le site Association Avenir Dysphasie France.

Si vous connaissez les autres dys, n’hésitez pas à me contacter par e-mail (nathalie@autismeinfantile.com) pour qu’on en parle plus en détails lors d’un article sur le site.

PECS, Phase I: Comment communiquer

Le PECS est, comme nous l’avons vu précédemment, une méthode de communication pour personne atteinte de TED.

Avant même de commencer à travailler sur la communication, il faudra évaluer le niveau de communication de l’enfant à l’aide d’un bilan psychologique complet. Le but de ce bilan est de savoir ce que l’enfant comprend et ce qu’il peut déjà exprimer.

Quoiqu’il en soit, on commence toujours par la première phase du PECS pour avancer progressivement dans les phases.

Cette première phase se passe à une table en face à face dans une pièce calme et sans stimuli extérieurs. L’enfant dispose d’une image représentant par exemple un gâteau. Le Partenaire de Communication (PC) se trouve face à lui avec un gâteau. Dans un premier temps, la main du PC est tendue et ouverte, déjà prête à recevoir l’image, et le gâteau est visible mais hors de portée de l’enfant. Le but est d’inciter l’enfant à communiquer en échangeant une image contre un objet désiré.

PECS, Phase I: Comment Communiquer

L’échange est d’abord réalisé avec une guidance physique complète par une autre personne que l’on nomme l’Incitateur Physique (IP). Il aide l’enfant en lui faisant saisir l’image, en lui permettant d’atteindre la main du PC, et en faisant relâcher l’image dans la main du PC. Cette guidance est diminuée progressivement au même titre que les indices visuels de l’objet désiré et la main tendue. On peut varier les objets désirés (un gâteau, un bonbon, un Coca, un jouet apprécié, etc.), mais on ne donne qu’une image pour un objet à cette phase. Le but est de communiquer, pas de faire un choix.

Il faut également faire attention à ne donner que des petits bouts de gâteau ou une petite gorgée de Coca, afin de pouvoir faire durer l’apprentissage, et, surtout, de ne pas donner de trop grosses quantités de nourriture à un enfant. Dans le cas d’un jouet, il faut aussi pouvoir le récupérer pour continuer à travailler avec.

L’enfant réussit à communiquer lorsqu’il prend l’image et la tend au PC. Le PC dit alors « Tu veux le gâteau », lui donne un morceau de gâteau, puis remet l’image près de l’enfant. Cette phase est acquise quand l’enfant réussit 8 fois sur 10 présentations à faire une demande correcte. On peut alors passer à la deuxième phase.

Le bras cassé (3): Épilogue

Le lundi 30 août 2010, Adam a été déplâtré et débroché. La semaine précédente, il avait fallu aller voir le chirurgien, puis l’anesthésiste en consultation. Nouveaux rendez vous médicaux, nouvelles attentes, qu’Adam a globalement bien gérés.

Aucune difficulté pour repartir au bloc, seul avec le brancardier, vers 10 heures. Il faut dire qu’on lui avait expliqué ce qui allait se passer et qu’il était fort de son expérience antérieure. Il est remonté dans sa chambre à 12 heures 30, réveillé, avec un superbe bandage à l’avant bras et s’est alimenté assez rapidement.

Le bras cassé (3): Épilogue

Enfin enlevé, ce plâtre qui lui tenait compagnie depuis 2 mois! Il ne reste plus qu’à attendre la cicatrisation (il a des points de suture résorbables), et que la petite infection liée à une broche qui avait percé la peau guérisse. C’est en bonne voie.

Il est donc temps de faire le point de cette nouvelle expérience, qui a fait progresser Adam en matière de maturité:

  • Désormais, il accepte de mettre des chemisettes, ce qui était impossible avant. Il refusait, pour une raison inconnue, de porter ce type de vêtement.
  • Il prend des douches avec plaisir, ce qui était aussi impensable auparavant car l’idée même de rentrer dans la cabine de douche le faisait fuir au profit de la baignoire.
  • Il a considérablement accru son vocabulaire médical: l’anesthésie, le masque, la perfusion, les points de suture… La radio n’a plus de secret pour lui!
  • Surtout, Adam a appris à attendre, parfois longtemps, sans crier, ni faire de crise. Bien sûr, quand les rendez-vous tardaient, il commençait à s’agiter, mais dans l’ensemble les différentes attentes ont été gérables.
  • Il a également appris à se conformer à des directives contraignantes (ne pas prendre de bain, ne pas aller dans la piscine), sans jamais essayer de les contourner, et s’est donc montré très raisonnable.
  • Enfin, Adam a su montrer plusieurs fois qu’il était capable de communiquer spontanément avec le personnel soignant, que ce soit pour demander des pansements, pour commander son repas ou pour répondre à bon escient aux questions qui lui étaient posées.

Mon petit garçon a grandi…

Des progrès, du bonheur!

Des progrès, du bonheur!Le temps passe, mais ça y est, ce sont les vacances! Que ça fait du bien! Et dans tout ça il y a Maëlys qui:

  1. a eu 3 ans le 9 juin, mon bébé devient une petite fille…
  2. progresse encore et encore…
  3. entre à l’école dans un mois!

Voilà, nous sommes en vacances de prise en charge aussi, et je pense que, malgré tout, cela fait du bien aussi à ma fille. Elle a encore terriblement progressé ces derniers temps, pour notre plus grand bonheur. Elle commence à créer ses propres phrases malgré une écholalie très importante. Elle est quasiment propre le jour – encore des accidents de « caca » mais vraiment, même si on y a mis le temps, elle a bien compris dans l’ensemble. Restent la sieste et la nuit.

Maëlys fait aussi de moins en moins de crises et devient donc plus facile à vivre, c’est une enfant pleine de vie, et qui commence même à faire des bétises.

Dans un mois, c’est le grand jour! Elle rentre à l’école. Nous avons rencontré sa future maîtresse, une femme exceptionnelle. Je commence à croire que nous avons énormément de chance. Avec elle, Maëlys ne peut que s’intégrer, surtout que Maëlys lui a montré ses facilités (elle connait et reconnait tout l’alphabet, connait les couleurs, les formes, sait compter jusque 10, etc.), mais aussi ses grosses difficultés, et la maîtresse n’a pas prit peur, bien au contraire!

Les jours passent, et ne se ressemblent pas. Parfois j’ai l’impression que, finalement, les nuages au-dessus de notre fille vont peut être partir, et qu’elle pourra vivre « normalement », et ça, c’est ce que je souhaite le plus au monde…

Deux frères

Sylvain est né le 6 mai dernier. C’est un beau bébé qui pèse déjà près de 6 kilos! À 10 jours, il faisait de vrais « sourire-réponse », et a bredouillé son premier « aheu » à 15 jours. Son pédiatre le trouve très éveillé, et nous, ses parents, en sommes naturellement très fiers!

Pour moi, sa maman, la magie est peut-être encore plus vraie. Pourtant, quoi de plus naturel qu’un accouchement qui se termine bien, avec un bébé qui montre d’emblée ses compétences naturelles et se développe bien? Sylvain, dès sa naissance, a su trouver le sein et téter pendant 45 minutes.

Tous les jours, il évolue et nous montre son envie de communiquer avec nous: quand je me penche pour le prendre aux bras, tout son petit corps se tend vers moi, comme pour m’aider à mieux le saisir. Il babille aujourd’hui plusieurs fois par jour, enrichissant peu à peu la gamme de ses vocalises.

Deux frères

C’est ce que vit tout parent, et c’est mon deuxième enfant, alors pourquoi suis-je aussi émerveillée, et parfois troublée? Parce que tout cela, je ne l’ai pas vécu avec mon aîné.

Matteo a eu une naissance difficile. Il a inhalé du liquide amniotique – les médecins ont dit qu’il avait voulu respirer trop tôt – et a dû passer plusieurs jours en réanimation néonatale.

Dès le début, il a été un petit bonhomme fragile, et pour cela, peut-être, un lien très fort s’est crée tout de suite entre nous. Comme son petit frère, c’était un bébé souriant et calme, je pouvais l’emmener partout. Mais à la différence de Sylvain, Matteo n’a jamais babillé. Il n’a jamais tendu ses petits bras vers moi pour que je le prenne… Il ne s’intéressait à aucun jouet, ne tenait pas assis sans aide à 9 mois, et n’a fait ses premier pas qu’à 26 mois.

À 3 ans, il pouvait passer des heures couché sur le sol de sa chambre, absorbé par le mouvement des roues de ses petites voitures, qu’il passait et repassait inlassablement devant ses yeux. Rien de ce qui semble aujourd’hui si naturel pour son frère ne l’a été pour lui.

Matteo est autiste. Il avait 4 ans quand j’ai rencontré mon mari. Ce dernier l’a accepté tout de suite et a décidé de remplacer son père, parti deux ans auparavant dès l’annonce de son handicap. Après notre mariage, avoir un enfant nous a semblé évident, nous nous posions apparemment beaucoup moins de questions que la plupart des gens! Car dès le début de ma grossesse, j’ai bien souvent dû me justifier, comme si, parce que mon aîné était autiste, avoir un autre enfant n’allait pas vraiment de soi…

« Mais tu n’a pas peur qu’il soit handicapé aussi? » revenait bien souvent, après les félicitations d’usage. J’ai même lu sur internet que d’autres mamans avaient renoncé à leur projet à cause de cette peur-là.

Avec mon mari, nous avons fait le choix de vivre ce que nous voulions vivre malgré le risque, un risque que nous ne parvenions d’ailleurs pas à prendre vraiment au sérieux. Un jour, je me suis même surprise à penser que si notre enfant devait effectivement être autiste lui aussi, au moins nous saurions comment faire!

Ce choix d’un second enfant, pour moi, ça devenait même une sorte de défi, presque une revanche sur la vie. J’ai bien sûr connu des moments de doutes, pendant ma grossesse. Cela vous semblera bizarre, mais le monde du handicap est si prenant, les compétences à développer en tant que parent d’un enfant handicapé sont si particulières, que je finissais par douter de mes capacités à élever un enfant « normal »!

Étrangement, je n’ai jamais douté que mon cadet serait neurotypique. Mes craintes principales tournaient toutes autour de Matteo: serais-je aussi disponible pour lui, dont l’autonomie reste très limitée pour un enfant de 5 ans? Ne risquerait-il pas de régresser à la naissance de son petit frère?

Longtemps, j’ai fait le même cauchemar: je tenais mon bébé dans les bras, et je voyais Matteo s’approcher d’un précipice ou bien traverser une autoroute sans pouvoir intervenir. Je me réveillais en larmes, et j’avais bien du mal à retrouver le sommeil. Une nuit cependant, j’ai rêvé que mon mari surgissait pour sauver Matteo au dernier moment… et le vilain cauchemard n’est plus jamais revenu! Cela m’a appris que je devais nous faire confiance.

Aujourd’hui, je sais que j’ai eu raison: Sylvain n’est pas autiste, c’est un beau bébé en pleine forme, qui pousse son grand-frère à évoluer dans le bon sens. Non seulement ce dernier n’a pas régressé, mais il n’a pas cessé de faire des progrès depuis le 6 mai dernier. Matteo avait toujours été un enfant plutôt chétif, toujours en dessous des courbes de taille et de poids. Vous me croirez si vous voulez, mais la semaine de la naissance de son frère, il a pris 2 kg, il s’est étoffé, d’un seul coup il s’est mis à ressembler plus à un petit garçon qu’à un grand bébé! Je le sens plus fort, et je suis moins inquiète pour lui.

Bien sûr, j’ai moins de temps à lui consacrer qu’avant la naissance de Sylvain, mais on dirait qu’il en profite pour acquérir de lui-même davantage d’autonomie. Il se montre très affectueux avec son petit frère, il est ravi de le retrouver tous les matins à son réveil, assiste au moment du bain avec passion. Lorsque le petit se met à pleurer, Matteo vient nous chercher et dit « Bébé pleuh! » (Bébé pleure). Je l’ai même entendu prononcer avec douceur, penché sur le transat du petit: « Oooh… mon bébé! », imitant le ton que je prends quand je viens sortir Sylvain de son lit.

Bien que Matteo n’ait jamais fait preuve de violence à l’égard de qui que ce soit, nous restons toujours vigilants. Mais quel plaisir de le voir couvrir « son » bébé de bisous toute la journée! Alors c’est vrai, avoir un bébé quand l’aîné est handicapé, c’est beaucoup de boulot… Mais quand je les vois tous les deux, je me dis que je ne regrette pas d’avoir fait confiance à la vie.

Et vous? Avez-vous eu d’autres enfants, après un aîné handicapé? Ou bien cette éventualité ne vous tente-t-elle pas du tout? Si vous vous êtes lancés, comment a réagi votre entourage à l’annonce de votre grossesse? Quelles relations vos enfants entretiennent-ils entre eux?

Gérer la violence envers autrui et soi-même (2): Éducation, apprentissages et communication

La violence envers autrui et soi-même

road rash is in fashion (photo: Nathan Lewis)

La semaine dernière, je vous ai demandé quels sont les thèmes que vous aimeriez que l’on aborde sur Autisme Infantile.

À la demande de Sonia, je vais aujourd’hui essayer de traiter le sujet des enfants qui se tapent, se mordent ou se griffent.

Je vous propose donc une série d’articles sur le thème Gérer la violence envers autrui et soi-même:

  1. La structuration de l’espace et du temps
  2. Éducation, apprentissages et communication
  3. Comprendre les divers facteurs (organiques, psychologiques, sensoriels)
  4. Travail sur les facteurs déclenchants

N’hésitez pas à partagez vos trucs et astuces, et à compléter ma réflexion dans les commentaires.

Dans le livre Les troubles du comportement associés à l’autisme et aux autres handicaps mentaux, écrit par Gloria Laxer et Paul Tréhin, que je vous recommande chaudement, il est écrit que la plupart des troubles du comportement peuvent être expliqués ainsi: un manque de compréhension de l’environnement, un manque de capacités de communication, des facteurs organiques, des facteurs psychologiques ou des facteurs indépendants spécifiques.

On peut réduire les troubles du comportement (cris, coups, violence envers autrui ou soi-même) en intervenant sur ces difficultés. En agissant ainsi le plus tôt possible, on peut peut-être leur éviter de devoir aller dans une structure d’accueil plus tard, et faciliter leur insertion dans la société.

Éducation, apprentissages et communication

Éduquer son enfant va permettre une meilleure compréhension de sa part en ce qui concerne son environnement, ce qui va jouer sur l’adaptabilité et la communication. C’est un cercle vertueux qui vaut le coup d’être mis en place, car même s’il peut être long à se réaliser, et si les étapes sont espacées, une meilleure compréhension va induire une meilleure communication, qui permettra à nouveau de faire de nouveaux apprentissages, qui mèneront à une encore meilleure communication, etc.

Il faut partir du plus petit apprentissage non connu de l’enfant autiste, de préférence en rapport avec quelque chose qui fait partie de sa vie ou de ses intérêts, pour une meilleure compréhension, et ensuite essayer de généraliser à d’autres situations, puis de construire par dessus par la suite. Les relations de cause à effet sont une des premières choses à travailler, car cela permet de réduire les angoisses dûes à une mauvaise structuration de l’espace et du temps.

Les apprentissages peuvent être très utile pour aider l’enfant autiste à trouver des occupations (loisirs). En effet, l’ennui peut provoquer aussi des troubles du comportement, l’enfant autiste ayant du mal à occuper son temps libre tout seul.

Il faut aussi, dans la mesure du possible, lui apprendre à communiquer en lui en donnant les moyens, que ce soit avec des séances d’orthophonie, ou un système de pictogrammes. La communication évite les troubles du comportement dûs à la frustration de ne pas être compris.

On peut aussi apprendre aux enfants autistes que certaines choses ne sont pas prévisibles, et qu’elles peuvent survenir lorsqu’on ne s’y attend pas. Une fois l’idée que telle ou telle action/demande a une règle d’instantanéité (un peu comme les cartes Magic, pour ceux qui connaissent le principe) est intégrée, il est plus simple de préparer l’enfant en lui disant que cette demande qui lui pose problème de par son imprévisibilité sera faite de manière aléatoire à l’avenir. Il y est ainsi un peu préparé.

Que tentez-vous d’apprendre à votre enfant en ce moment, pour diminuer ses troubles du comportement? Quels sont les apprentissages qu’il a réussit, ou au contraire qu’il a du mal à intégrer? Comment se passe la communication chez vous? Partagez dans les commentaires.

La zoothérapie

La zoothérapie

Palouse Horse (photo: skedonk)

Béatrice nous avait parlé du bienfait de la zoothérapie avec son article Zoothérapie et autisme: plus original et accessible que les dauphins, Charlène Périolat et les Lamas des Plaines. De même, Catherine nous avait fait part des grands progrès faits par sa fille Maëlle depuis qu’elle a obtenu un chien d’assistance de la fondation Mira: Un chien d’assistance pour mon enfant autiste: Bonne fête Labelle!

J’ai envie de vous en reparler aujourd’hui, parce qu’il est question de trouver une activité de loisir qui puisse se faire en groupes limités pour aider Matthieu à mieux s’intégrer l’année prochaine à l’école, et l’équithérapie a été mentionnée, car là où nous allons déménager d’ici la fin de l’été il y a un lieu pas loin du tout qui propose aux enfants (même aux enfants handicapés) d’approcher et de monter des chevaux.

L’équipe thérapeutique de Matthieu pense que cela peut lui être bénéfique, car cela lui permettra d’apprendre plusieurs notions, comme de patienter, de faire chacun son tour, de faire doucement, etc. Il y a aussi tout le côté approche de l’animal qui peut lui permettre de communier un peu avec le cheval, de s’intéresser à un autre être vivant, de réduire son stress. Nous ne savons pas encore sur quelle activité de loisirs nous allons nous porter (il y a aussi une question de logistique et de coût qui n’est pas négligeable), mais c’est une possibilité parmi beaucoup d’autres.

Comme toujours, je mets en garde par rapport à la confusion que peut apporter le suffixe -thérapie dans zoothérapie. Ce n’est en aucun cas une possibilité alternative à une prise en charge adaptée, qui doit comprendre de l’orthophonie et de la psychomotricité, et si possible un suivi pédopsychiatrique avec un professionnel de la santé qui comprend bien l’autisme. Mais cela peut être, dans le cadre d’un divertissement, un moyen comme un autre de progresser, d’apprendre des comportements adaptés, de vivre en groupe, etc. Le choix de passer du temps avec des animaux est à faire selon les goûts de l’enfant: d’autres préfèreront la musique, le sport… l’important étant de donner à son enfant la possibilité de faire une activité de loisirs qui l’intéresse et qui le « tire vers le haut ».

L’intérêt de passer par les mains de thérapeutes, même si la zoothérapie ne « soigne » pas, est que ces personnes sont familières avec la plupart des handicaps, savent les précautions à prendre pour la sécurité de l’enfant, là où des personnes comme vous et moi ne verraient pas forcément de risques ou de dangers.

Avez-vous choisi la zoothérapie pour votre enfant? Avec quel animal? Que pouvez-vous nous en dire? Partagez dans les commentaires.