J’ai une petite histoire à vous raconter, qui va peut-être être un peu dure à lire. Je préfère vous prévenir, afin que ceux qui pensaient que les choses sont toujours roses ne soient pas surpris par ce qui va suivre.
Nous habitons dans un quartier pourri. Les rues sont sales et peu sûres, et le voisinage laisse beaucoup à désirer. Nous avons eu beaucoup de soucis dans notre immeuble, entre les incendies par négligeance, les fous qui balancent des gaz lacrimogènes dans les couloirs sur un coup de tête, ou qui hurlent dans le couloir parce qu’ils ont trop bu. En bas de nos fenêtres, surtout quand il fait beau l’été, il y a toujours des gens qui picolent tout l’après-midi. Franchement, ce n’est pas le meilleur endroit pour élever un enfant, encore moins un enfant autiste.
Parce que Matthieu, et dans une certaine mesure Julien, du fait de son caractère affirmé, crie souvent dans la journée (quand il est content ou quand il est contrarié, frustré), ces gens qui passent leur temps sous nos fenêtres en ont conclu que je martyrise mes enfants. Cela m’est récemment revenu aux oreilles.
Que faire quand ce que l’on fait avec ses enfants est critiqué, mal compris, retourné contre vous?
Affirmez-vous
Ce n’est pas obligatoire d’en arriver là dans la calomnie pour que ce soit pénible. Cela peut être un proche qui critique votre manière de faire avec votre enfant, quelqu’un qui vous regarde de travers parce que votre enfant ne tient pas en place au supermarché, ou quelqu’un qui pense savoir mieux que vous que votre enfant n’a rien, et qui vous dit c’est vous qui vous cherchez des problèmes.
Je vous le dis, clair et net: les seules personnes que j’autorise à avoir une opinion sur ce que je fais avec Matthieu sont son équipe thérapeutique. Ce que pensent les gens dans la rue, ou les voisins, ou la famille, ou les amis, ne m’empêcheront pas de continuer à faire ce que je fais avec mes enfants, parce que je suis convaincue que je fais de mon mieux pour leur bien.
Mamie peut bien penser que je suis dure d’insister pour qu’ils mangent assis à table avec tout le monde, les gens peuvent bien penser que je les martyrise parce que ça crie beaucoup à la maison: je ne m’arrêterai pas pour autant de faire respecter les règles que nous avons mis en place, et qui selon nous sont importantes pour bien élever nos enfants. On continuera à insister pour qu’ils mangent avec tout le monde à table, et on continuera à faire respecter les règles à la maison même si à chaque fois il y a des cris stridents à cause de la frustration engendrée. Le qu’en dira-t’on n’a pas sa place dans les décisions à prendre.
Entourez-vous de personnes qui vous comprennent
Je me suis empressée de raconter l’histoire à deux personnes de l’équipe thérapeutique de Matthieu. Ce genre d’accusations peut aller loin, et il vaut toujours mieux rester transparent pour ne pas se retrouver seul contre tous si ça se passe mal. Ils m’ont dit que ce que je fais pour mon fils est bon, m’ont encouragée à continuer ce que je fais, et m’ont dit qu’il me soutenaient.
Lorsque vous avez dans votre entourage une personne qui ne croit pas que votre enfant a un handicap, ou qui pense que ce que vous faites est mauvais, vous pouvez demander aux professionnels de la santé qui s’occupent de votre enfant de se prononcer et donner leur opinion sur ce que vous faites. En général, si vous avez bien choisi votre équipe, ils seront derrière vous pour vous aider à mettre les choses au clair.
Refusez de vous laisser critiquer
Lorsque quelqu’un de votre famille ou de vos amis critique ce que vous faites avec votre enfant, et que vous explications n’ont pas porté leurs fruits, ça ne sert à rien d’avoir la même dispute encore et encore: affirmez-vous! C’est vous le parent de l’enfant, c’est vous qui vivez avec lui chaque jour, c’est vous qui êtes responsable de son avenir, et c’est vous qui décidez de comment ça marche chez vous. Tant que cette personne n’a pas la même situation chez elle, elle n’a pas son mot à dire.
Lorsque quelqu’un vous lance un regard désagréable au supermarché, ou dans la rue, parce que votre enfant n’est pas sage comme une image, haussez les épaules. Cette personne n’a sans doute pas d’enfants, et encore moins d’enfants avec un handicap comme l’autisme.
La conclusion de l’histoire
Mon histoire n’est certes pas banale, même si quand je lis l’article de Cécile, Un cri de révolte, j’ai l’estomac qui se noue de tant de bassesses. Je vous souhaite que les critiques que vous receviez soient moins horribles que celles que nous avons entendues.
Pour finir de raconter l’histoire… Un jour où j’étais avec mes enfants et leur grand-mère, j’ai repéré en bas de chez moi la même bande d’hommes assis sur le banc en train de regarder les gens passer. Je suis donc descendue en laissant les petits à leur mamie, et je suis allée mettre la honte au gars qui avait dit que je martyrise mes enfants.
Je l’ai forcé devant tous ses copains à me faire des excuses, j’ai expliqué à tout le monde en détail ce qu’est la vie avec un enfant autiste, et au final tout le monde me soutient maintenant. Parfois, il faut juste s’affirmer et refuser de se laisser critiquer.




La colère n’est pas uniforme, la colère est faite de vagues successives avec quelques accalmies dans lesquelles on peut utiliser les renforçateurs pour encourager l’enfant à calmer la tempête qui gronde en lui.