Christian M. est professeur des écoles. Il a exercé en CLIS dans un département dépourvu de CLIS-TED, ainsi que dans différents établissements et structures spécialisées, et nous parlera de son expérience de la scolarisation des enfants autistes et de la prise en charge du handicap au sens large par l’école. Christian tient aussi un site dédié à son fils Mathieu, décédé d’un cancer en 2009 à l’âge de cinq ans: Petit Pouyou: Mathieu, la grande bataille pour la vie contre le néphroblastome.
À la suite de différents articles, de questions que certains parents se posent, je vais essayer d’éclairer un peu ce vaste sujet que sont les CLIS, les « CLasses d’Inclusion Scolaire » (anciennement CLasses d’Intégration Scolaire).
Qu’est-ce qu’une CLIS?

Historique
Les CLIS ont été créées en 1991 par la circulaire n° 91-304 du 18 novembre 1991 transformant les classes de perfectionnement, qui accueillaient les « débiles mentaux », en CLIS, qui pour les CLIS-1 devaient accueillir les élèves atteints de « déficience mentale sévère » (donc mesurée). Leur fonctionnement a depuis été modifié par la circulaire n° 2002-113 du 30 avril 2002 et puis par la circulaire n° 2006-051 du 27 mars 2006 faisant notamment suite à la loi n° 2005-102 du 11 février 2005 sur le handicap loi dont nous avons parlé dans un précédent article.
Il faudra en fait attendre la circulaire n°2009-087 du 17 juillet 2009, soit plus de 4 ans après la loi de février 2005 pour que les circulaires fixant le fonctionnement des CLIS soient mis en conformité avec la loi. L’évolution de ces textes (internes à l’Education Nationale) est très intéressant et symptomatique tant par les délais pour les faire évoluer, que dans l’évolution de la terminologie utilisée (les mots choisis).

Les textes règlementaires
Concernant la prise en charge spécifique des TEDs dont l’autisme, la circulaire interministérielle n°95-12 du 27 avril 1995 réalisée par Simone Veil, avait évoqué notamment un « enseignement incorporé à la structure ou travail en partenariat avec des classes d’intégration scolaire (CLIS) », en clair donc que les enfants autistes pouvaient bien être scolarisés en CLIS dès 1995. Cette circulaire a récemment été abrogée (annulée) par la récente circulaire de simplification administrative n° 2009-185 du 7 décembre 2009.
Rappelons que la circulaire de l’Education Nationale du 17 juillet 2009 toujours en vigueur, indique que les CLIS-1 sont destinées à accueillir les élèves:
« dont la situation de handicap procède de troubles des fonctions cognitives ou mentales. En font partie les troubles envahissants du développement ainsi que les troubles spécifiques du langage et de la parole. »
Elles sont donc destinées à accueillir, entre autres, les enfants ayant des troubles de nature autistique.
En outre, la circulaire interministérielle n°2005-124 du 14 avril 2005, elle aussi toujours en vigueur, rappelle l’ensemble des efforts qui doivent être réalisés par les différents acteurs de l’Etat au niveau local et régional notamment. En particulier deux points importants concernant l’autisme:
« favoriser l’établissement de relations de coopération et de partenariat entre les établissements scolaires, médico-sociaux et sanitaires afin de faciliter la réalisation de parcours souples tenant compte des besoins évolutifs des jeunes »
« déterminer, en lien étroit avec ces services assurant l’accompagnement, les besoins de création de dispositifs collectifs (CLIS, UPI) organisés pour répondre de façon adaptée aux besoins particuliers qui peuvent être ceux de jeunes présentant des TED, sans cependant faire de ces dispositifs le lieu exclusif de scolarisation pour l’ensemble de la population concernée »
En clair, la création de CLIS ou de classes réservées exclusivement aux TED n’est pas (ou plus) prévu afin d’éviter, dans l’esprit du gouvernement, toute forme d’exclusion – de ghetto que cela induirait automatiquement, mais bien la mise en place de partenariats réels entre notamment les SESSAD/IME avec les CLIS et écoles accueillant des élèves autistes.

Qui, comment et pourquoi un élève arrive-t-il en CLIS?
Comme le rappelle cette circulaire du 17 juillet 2009, la loi de février 2005 donne la priorité à:
« une scolarisation en milieu dit « ordinaire », le recours aux établissements ou services médico-sociaux étant considéré de façon complémentaire ou, le cas échéant, subsidiaire, et en confiant […] à la CDAPH, au sein des […] MDPH, la responsabilité de définir le parcours de formation de l’élève dans le cadre de son projet de vie. »
Plusieurs choses donc: priorité à une scolarisation en milieu « ordinaire », l’école. Milieu ordinaire n’implique pas obligatoirement une classe ordinaire:
« Dans un certain nombre de cas, l’élève handicapé qui fréquente une école ne peut pas tirer pleinement profit d’une scolarisation complète en classe ordinaire parce que les conditions d’organisation et de fonctionnement de ces classes sont objectivement incompatibles avec les contraintes qui résultent de sa situation de handicap ou avec les aménagements dont il a besoin. Il peut également avoir besoin de façon récurrente, voire continue, pour réaliser les apprentissages prévus dans son […] PPS, d’adaptations pédagogiques spécifiques liées à sa situation de handicap, qui lui permettent de construire peu à peu les compétences visées. »
Dans certains cas: soit le fonctionnement d’une classe ordinaire n’est pas compatible avec les besoins des élèves qui ont des besoins spécifiques, soit pour atteindre les apprentissages prévus dans le PPS, l’élève a besoin d’adaptations spécifiques pour y arriver.
On comprend maintenant bien le rôle crucial du PPS et de son contenu. Son contenu doit comprendre non pas un parcours souhaité, mais bien des objectifs d’apprentissages (qui peuvent sembler très ambitieux au moment où on les écrit).
Dans ce cadre, la circulaire rappelle que c’est la CDAPH qui propose:
« à cet élève une orientation vers une CLIS, dispositif collectif de scolarisation installé dans une école élémentaire ou maternelle. Cette orientation est prononcée pour faciliter la mise en œuvre du PPS »
Donc, une CLIS est une classe destinée à des adaptations spécifiques au sein d’une école ordinaire .
La circulaire ajoute que cette classe n’est pas un « sas », donc pas un lieu d’attente pour une éventuelle orientation ailleurs!
Ce qui rappelle que les décisions notifiées par la CDAPH sont opposables (en droit, donc au tribunal administratif si nécessaire) aux réponses (écrites) de l’Education Nationale (par exemple: refus, manque de place, avis différent etc).
La circulaire ensuite mentionne que:
« L’admission de l’élève est prononcée par le directeur de l’école »
Le directeur de l’école, où se trouve la CLIS, doit vérifier la compatibilité de l’accueil de votre enfant avec le projet de CLIS (transmis une fois par an à la MDPH), et donc avec le projet individuel des élèves déjà présents (sécurité et cohérence), et ne doit pas dépasser l’effectif maximal autorisé: 12 élèves au plus, moins si l’Inspecteur d’Académie a prononcé une restriction au regard du projet de CLIS, et ceci en fonction des élèves déjà accueillis.
En cas d’incompatibilité (rare) ou d’absence de place (plus fréquent), ce directeur doit le notifier par écrit vous permettant de faire valoir les droits de votre enfant pour une inscription dans une autre CLIS, ou nécessitant l’ouverture d’une autre CLIS par exemple.
Pour conclure: un élève est orienté en CLIS par la CDAPH (MDPH) au regard de son PPS s’il a des besoins d’adaptation très spécifiques ou que sa situation est objectivement incompatible avec une scolarisation à temps complet dans une classe ordinaire (relationnel, sorties pour soins, aménagement du temps de classe etc).
La CDAPH ne prononce pas ce genre de décision ex-nihilo, à partir de rien en se levant le matin, mais elle répond à une demande qui lui est généralement transmise à la suite de la Réunion d’une équipe de Suivi de Scolarisation (RSS), dont le compte-rendu fait le constat de la situation d’apprentissage de l’enfant (bilan) et des objectifs (écrits dans son PPS que la CDAPH connait déjà).
Les parents, aidés par l’enseignant référent, doivent veiller à ce que ce fonctionnement ne soit pas inversé (faire la demande et fixer les objectifs par exemple), ce qui se ferait probablement au détriment de l’élève en fixant des objectifs trop faibles ou trop élevés par exemple.

Son fonctionnement: la vie d’une CLIS
La CLIS est, en pratique, avant tout, un lieu de vie, souvent appelé « une petite famille », car les élèves qui y sont inscrits y passent généralement les 5 années de la scolarité en école élémentaire, voire 6 en cas de maintien (qui est rarement exceptionnel en CLIS). Et ils les passent tous ensemble.
La circulaire de 2009, rappelle que c’est « une classe à part entière de l’école dans laquelle elle est implantée », donc elle accueille des élèves à part entière. Son « projet d’organisation et de fonctionnement [...] implique tous les enseignants de l’école dans la mesure où chacun d’entre eux peut être amené à scolariser partiellement dans sa propre classe un ou des élèves de la CLIS ».
On entre tout de suite dans le vif du sujet: les élèves de la CLIS sont amenés à être scolarisé dans d’autres classes pour des durées et des modalités (des conditions) qui leur sont spécifiques (très différentes d’un élève à l’autre – ne les comparez donc pas). Les autres enseignants doivent être moteurs dans ces accueils même si c’est parfois très complexe.
L’enseignant de la CLIS a donc un travail important notamment:
- d’adaptation individuelle des apprentissages qui sont fait au sein de la CLIS,
- d’organisation de scolarisation dans d’autres classes,
- d’organisation aussi en fonction des aménagements de la scolarité (temps de classe, sorties pour soins, orthophonie, etc).
Il peut donc être amené à faire des choix (s’il constate qu’un des points précédents ne peut être réalisé) en fonction de ces contraintes, qui sont multipliées par le nombre d’élèves et par leurs besoins.
Pour l’aider dans certaines tâches du quotidien, la circulaire prévoit que le projet de CLIS qu’il a réalisé « peut prévoir l’affectation par l’inspecteur d’académie [...], d’une personne exerçant les fonctions d’auxiliaire de vie scolaire collectif (AVS-CO) ».
Dans les textes, il n’y a pas d’incompatibilité avec l’éventuelle présence d’une AVS-I. Cependant, la MDPH, qui gère les AVS-I et les AVS-CO, évaluera en fonction des besoins des enfants d’une éventuelle redondance des missions et de la nécessité objective de la présence des deux personnes pour cet élève, en plus de l’enseignant de la CLIS. En général, les AVS-I intervenant en CLIS le font sur des durées progressivement réduites (pour rendre autonome l’enfant) ou pour répondre à des problématiques très spécifiques (soins, troubles moteurs combinés etc).

Les TED en CLIS
La circulaire interministérielle n°2005-124 du 8-3-2005 qui a remplacé circulaire Veil n° 95-12 du 27 avril 1995, sur la prise en charge des enfants autistes notamment, rappelle notamment que:
« Les travaux récents ont confirmé tout l’intérêt d’une scolarisation en école maternelle [...]. À l’issue de l’école maternelle, la scolarité en milieu ordinaire peut s’effectuer en intégration individuelle, le cas échéant en assurant un accompagnement par un auxiliaire de vie scolaire, ou dans le cadre d’un dispositif collectif, CLlasse d’Intégration Scolaire (CLIS) dans le premier degré, Unité Pédagogique d’Intégration (UPI) dans le second degré. Elle peut aussi et si nécessaire inclure selon des modalités variées la fréquentation à temps partagé d’un établissement médico-social ou sanitaire. »
« Les démarches de scolarisation en milieu ordinaire de jeunes présentant des TED doivent donc s’accompagner de démarches partenariales solides associant, dans un cadre académique et départemental, tous les partenaires institutionnels concernés. (…) »
L’autisme requiert des accompagnements spécifiques qui n’ont pas nécessairement de lien avec les autres formes de handicap cognitifs. L’enfant autiste, indépendamment des ses capacités cognitives a de grandes difficultés à appréhender un environnement changeant. Une classe ordinaire peut représenter pour lui un ensemble de stimuli générateur d’angoisses, et son inclusion dans cette classe doit être maîtrisée, adaptée, avec toujours une possibilité de retour en environnement stable (dans sa CLIS).
L’inclusion en classe ordinaire ne peut pas avoir pour simple objectif un besoin de « socialisation ». Elle doit viser des objectifs pédagogiques clairs déterminés par l’enseignant de la CLIS de façon cohérente avec le PPS. Il convient généralement d’informer la famille lors de la mise en place des inclusions (communiquer, anticiper, organiser sont des facteurs stabilisants).
Cependant, des accompagnements avec des méthodes duelles de type ABA auprès de chaque enfant exigeraient un temps et une organisation qui ne sont pas possible au niveau d’une CLIS:
« En outre, il convient de souligner que, si des méthodes spécifiques sont parfois préconisées pour aider les enfants autistes à réaliser des apprentissages, d’une part, ces méthodes, privilégiant des interactions duelles, ne sauraient être imposées à un enseignant même s’il peut utilement s’en inspirer dans certaines situations, d’autre part, la démarche pédagogique d’un enseignant ne saurait se réduire à l’application exclusive d’une méthode difficilement compatible en outre avec une pratique pédagogique dans un contexte collectif. »
Cela n’empêche pas d’y être formé ou de s’en inspirer dans la pratique de classe. Pour cela, l’Etat et les collectivités doivent notamment former spécifiquement leur personnel.
Dans le cadre du quotidien, il est aussi important de noter que la circulaire insiste sur le fait qu’il est préconisé de permettre à tous les personnels (éducatifs) de pouvoir souffler à un moment donné, afin d’éviter les situations extrêmes:
« encourager les mécanismes offrant aux personnels, en particulier aux éducateurs, après un temps donné, la possibilité de changer de poste de travail afin d’éviter les phénomènes d’épuisement. »
Sachez qu’à l’heure actuelle, sauf cas très particuliers, ces mécanismes, n’existent pas encore au niveau du personnel (enseignant ou AVS) intervenant en CLIS et accueillant des enfants autistes.
En plus du temps passé en CLIS, il est absolument nécessaire de prendre en compte tout le temps que l’élève pourrait être amené à passer à l’école, et principalement la restauration (temps dit « péri-scolaire ») . La présence du personnel intervenant à la cantine est donc plus qu’importante dans les équipes de suivi. Les enseignants de l’école doivent particulièrement réfléchir au temps de récréation, aux sorties scolaires lors de l’accueil d’élèves autistes.

Mythes et réalités et un peu (beaucoup) de parti pris
D’une façon générale, vous serez peut être confrontés à l’une ou plusieurs des situations suivantes:
- une présentation très négative (dépréciative) des CLIS ou de leurs enseignants par vos interlocuteurs habituels, dont les CRA ou autres,
- d’autres parents d’élèves ou leurs enfants tenant des propos négatifs, agressifs, ou pire, concernant votre enfant ou les élèves de la CLIS en général,
- un discours ambigu venant des représentants de l’Education Nationale et de ses interlocuteurs médico-sociaux.
À propos des deux premières situations, pour ce qui est des avis des uns et des autres, encore une fois il est malvenu de donner des conseils. On peut toutefois envisager des étapes pragmatiques (basées sur les faits):
- rencontrer l’enseignant en charge de la CLIS (bien avant l’inscription), le directeur de l’école en question,
- essayer de prendre contact avec des parents dont les enfants y sont scolarisés (parfois difficile car l’école ne peut pas vous donner leurs coordonnées, et souvent les enfants sont accompagnés directement chez eux en taxi). Bien penser dans ce genre d’échanges qu’il doit vous permettre de constater qu’il y a une vraie atmosphère propice aux apprentissages (que les enfants se sentent bien dans leur classe). Le ressenti est souvent mieux exprimé par les enfants que par leur famille à ce sujet.
- poser des questions aux auteurs des commentaires dépréciatifs sur ce qui motive de façon factuelle ce type de commentaires (lorsqu’il s’agit de professionnels).
- concernant « l’extérieur », une démarche de communication et d’information est toujours bienvenue. Elle peut être pensée avec le concours de l’école et des parents d’élèves élus (représentants). Il vaut mieux que ce genre d’informations soit faites par des tiers reconnus (des professionnels) que par les familles concernées, de façon a ne pas faire intervenir l’aspect émotionnel ou personnel dans ces échanges. N’ayez pas pour objectif de transformer de façon magique la société, vous vous exposeriez à de cruelles déconvenues.
Concernant l’Education Nationale et ses partenaires médico-sociaux, ce sujet est un peu épineux. Il est difficile de l’aborder sans être polémique, cependant je vais tenter de faire un rapide tour des éléments que vous connaissez et qui interviennent dans ces fameuses incohérences éventuelles:
- Il n’y a pas si longtemps, les médecins mettaient en cause les familles (et surtout les mères) concernant les TED, dès lors si les spécialistes de l’autisme ont eu du mal à obtenir un consensus, on peut difficilement demander à des non-spécialistes de s’organiser, se mettre d’accord autour de ces troubles envahissants quand les spécialistes ne sont pas d’accord.
- Les premières circulaires concernant les CLIS et les TED ont plus de 15 ans et on peut constater qu’une partie du personnel (psychologues scolaires, enseignants en classes ordinaires) dont la formation n’a pas – ou mal – été réactualisée, n’est pas à jour en la matière.
Un exemple typique est la volonté de caractériser un TED (parfois par un psychologue scolaire) en faisant passer des tests d’évaluation psychométriques de type WISC (les fameux tests de quotient intellectuel) ou autre, tout cela dans le but de déterminer en fonction du résultat la légitimité de l’orientation d’un élève en CLIS. Les tests psychométriques ont leur intérêt, mais ne sont plus requis depuis 2002 pour une orientation en CLIS.
De plus, il faut rappeler que le diagnostic d’un TED est médical, fait si possible par un CRA. Une fois ce diagnostic posé, le médecin responsable rempli un dossier médical qui est notamment joint au PPS et transmis à la MDPH. C’est la CDAPH qui statue sur une orientation en CLIS.
- Le parcours de formation des enseignants intervenant en CLIS et des équipe de ces écoles est très intéressant. Malheureusement aucune enquête statistique, aucun suivi de mise en œuvre ou d’efficacité n’ont été publiés à ce sujet.
Dès lors, difficile de dire de façon objective quelle portion d’enseignants a été formée, à quel rythme, ni avec quels résultats. Suffit-il de subir une formation, dont la qualité n’est jamais évaluée, pour devenir subitement compétent dans un domaine aussi vaste que l’enseignement spécialisé?
La subtile évolution des conditions requises pour être enseignant en CLIS est un symptôme intéressant à propos de la formation. En 1991, il était nécessaire d’avoir été qualifié dans la spécialité (CAPSAIS devenu CAPASH ), la circulaire de juillet 2009 ne parle plus d’un enseignant spécialisé titulaire du CAPASH D mais uniquement d’un enseignant formé. Qu’en déduire?
- Enfin, l’une des problématiques de l’enseignement dans une CLIS, c’est la charge de travail et l’intensité de ce type de classes, notamment lorsque l’effectif atteint son maximum (12 élèves) et que parfois, en outre, la classe est dans une situation difficile (ZEP, écoles de grande taille, locaux inadaptés, etc).
Un exemple? Les réunions de suivi de scolarisation: à raison de 3 réunions par an et par élève, pour 12 élèves ça fait donc 36 réunions, soit une par semaine en moyenne.
Ces réunions ne s’improvisent pas, se préparent, et donnent lieu à des décisions – donc à du travail consécutif (c’est bien normal).
La nécessité de pouvoir faire des pauses (pour prendre du recul, enseigner dans un autre secteur) si le besoin s’en fait sentir n’étant pas encore à l’ordre du jour, rend parfois la situation complexe. L’Education Nationale permet effectivement à ses enseignants de changer de poste, mais uniquement à la fin de l’année scolaire et de façon définitive, on ne peut donc plus parler de pause temporaire.
- La présence d’un AVS-CO, que l’on trouve dans la plupart des CLIS-1, est souvent vitale pour son bon fonctionnement. En ce domaine, sans entrer dans un discours de type syndical, on peut quand même constater les conditions de recrutement, la nature du contrat de travail et la rémunération allouée à ce type de mission.
Employer des personnes en situation difficile (chômage de longue durée), sur des contrats aidés non renouvelables à temps partiel, sans formation spécialisée, et souvent sans qualification, peut conduire les parents à s’interroger sur les intentions des départements et de l’Education Nationale à propos de l’accompagnement du handicap à l’école.
Au passage, il n’y aucune relation hiérarchique ou autre entre l’enseignant de la CLIS (ou le directeur de l’école par exemple) et l’AVS-CO. L’enseignant est responsable de la classe mais pas de l’AVS, et se retrouve souvent en position de devoir « former » l’AVS sur le tas.
Une fois fini ces constats parfois peu positifs, on peut aussi observer l’amélioration et les efforts faits, le nombre de places qui augmente (tout en restant insuffisant d’après les observateurs et les missions gouvernementales successifs), la mise en place de formations etc.
Il faut considérer aussi les efforts faits par les différentes équipes, efforts qui sont d’autant plus visibles, en général, dans les CLIS et les écoles dont les équipes sont stables, permettant de nouer et de renforcer des synergies notamment avec les SESSAD/IME mais aussi avec l’ensemble des partenaires locaux.

L’orientation après la CLIS
À la fin de la CLIS, comme à la fin de la scolarisation en maternelle, ou parfois en cours de scolarisation en CLIS, il devient opportun ou obligatoire (lorsque l’âge légal est atteint notamment) d’envisager la suite de la scolarité d’un élève autiste.
Encore une fois, plusieurs possibilités que nous reverrons en détail existent, certaines exceptionnelles, d’autres très locales:
- l’inclusion (l’intégration) « définitive » dans l’enseignement ordinaire au sein de classes « ordinaires », que ce soit à l’école ou au collège,
- les établissements médico-sociaux IME (ou ex IM-PROs),
- l’UPI au sein du collège,
- la SEGPA au sein du collège,
- la scolarisation à domicile (ou à distance)…
Quel est le parcours de scolarisation de votre enfant? Est-il passé en CLIS, ou a-t-il fait un parcours dans une classe ordinaire? Avez-vous envisagé la scolarisation à domicile? Partagez dans les commentaires.