Boîte à outils de l’enseignant ou AVS: Les liens et documentations utiles

La documentation éditée par le Ministère de l’Education Nationale: Scolariser les élèves autistes.
http://media.education.gouv.fr/file/ASH/57/5/guide_eleves_autistes_130575.pdf

Asperger Aide: Guide d’intervention pédagogique: le syndrome d’Asperger en milieu scolaire.

http://www.aspergeraide.com/content/category/11/20/38/

VALENT E.: Aider les élèves d’une classe a comprendre le copain autiste. Disponible en ligne.
http://www.aspergeraide.com/images/stories/aider_les_eleves.pdf

LAURENT Lydie: Quelques stratégies pédagogiques pour enseigner à un enfant atteint d’autisme
http://www.crisalis-asso.org/index.php ?option=com_content&view=article&id=148

Inspection académique de la Loire: Guide pratique pour l’auxiliaire de vie scolaire accompagnant un enfant présentant des troubles envahissant du développement (dont l’autisme)
http://www.autisme42.org/autisme_files/file/guide avs.pdf

MERCURIALI Gérard et Marielle: Apprendre à lire à un enfant porteur d’autisme par parents et enseignants dans le second degré, INS-HEA
http://autisme.inshea.fr/adaptation…
ou http://www.ac-reims.fr/ia10/IMG/pdf…

PAQUIN Colette, CHOUINARD Jean: Les TIC comme facilitateurs pour les élèves ayant une déficience intellectuelle (Aspect cognitif DIP, Aspect communicatif DIP et français pour DIM et D, Aspect affectif DIP, Aspect social DIP, Mathématiques DI Moyenne, primaire, Sciences humaines DI moyenne, primaire), 2007
http://www.recitadaptscol.qc.ca/spi…

PAQUIN Colette, CHOUINARD Jean: Troubles envahissants du développement, TIC, mathématiques: Transition entre le théorique et la manipulation des concepts , 2009
http://www.recitadaptscol.qc.ca/spip.php?article448

Scolariser un enfant autiste en milieu ordinaire, en video
http://www.curiosphere.tv/video-documentaire/0-toutes-les-videos/107093-reportage-enfants-autistes-scolarisation-en-milieu-ordinaire

La fiche pédagogique intégrascol
http://www.integrascol.fr/fichepedago.php?id=25

EVS, AVS, et pourquoi il faut faire respecter à la lettre les notifications MDPH

Je sais que je vais passer pour une pinailleuse, mais parfois ça vaut le coup de faire attention à l’application stricte des notifications MDPH.

La différence entre un personnel Employé de Vie Scolaire (EVS) et Auxiliaire de Vie Scolaire (AVS) n’est pas aussi minime qu’il y paraît:

  • Il y a une différence de profil: l’AVS possède au minimum un niveau baccalauréat, l’EVS est éligible aux contrats aidés de retour à l’emploi, en rupture de formation donc et non diplômé. Ce n’est peut-être pas très grave en maternelle, mais ça fait sans doute une différence en primaire.
  • Il y a une différence de statut: l’AVS a un contrat de droit public de 24 heures hebdomadaires, d’une durée de 6 ans avec l’Education Nationale, et sont recrutées par les inspections académiques. Les EVS ont des contrats de droit privé, de 20 heures hebdomadaires, de 6 mois renouvelables trois fois, recrutés à Pôle Emploi directement par les inspections de secteur ou les écoles. Là je suis sûre que vous voyez tout de suite la grosse grosse différence: un élève à temps plein scolaire d’accompagnement notifié se verra attribuer deux EVS, qui seront interchangeables au mieux tous les deux ans, au pire chaque 6 mois, là où il pourrait avoir une AVS qui pourrait l’accompagner pendant tout son primaire.
  • Il y a une différence de salaire: l’EVS gagne 200 euros de moins que le salaire de misère de l’AVS. Difficile d’être super motivé dans ces conditions…
  • Il y a une différence d’affectation: l’AVS est affectée à une enfant, l’EVS est affectée à une école… tâches administratives comprises.

Il faut donc que nous fassions respecter à la lettre les notifications MDPH. Même si, par lassitude, on a envie d’accepter l’EVS au lieu de l’AVS notifiée, il faut savoir que l’on peut tout de même faire une injonction administrative à l’IEN, et porter l’affaire devant les tribunaux. L’enfant est accompagné, et vous, vous ne laissez pas passer la supercherie.

Les MDPH cherchent maintenant à ruser en notifiant un accompagnement scolaire sans précision. Rusera bien qui rusera le dernier!

Comment se passe votre rentrée?

Septembre est là, les petits cartables et les petites trousses remplies de fournitures scolaires ont été achetés et tout est prêt pour absorber un maximum d’information chez nos chers petits.

La plupart des élèves normaux ont intégré l’école pour la première fois, ou bien retrouvé leurs anciens camarades.

Mais qu’en est-il des élèves autistes?

Parents

Faites-nous savoir si:

  • votre enfant a pu être intégré dans une école, que ce soit de l’enseignement spécialisé ou dans un milieu ordinaire,
  • l’AVS de votre enfant était au rendez-vous,
  • un Plan Personnalisé de Scolarisation est prévu (ou a déjà été tenu lors d’une réunion) pour aménager au mieux la scolarisation de votre enfant,
  • tout se passe bien avec l’équipe éducative de votre enfant,
  • etc.

Rappellez-vous de faire passer à l’enseignant et à l’AVS de votre enfant ces articles compilés par Béatrice dans sa boîte à outils, qui leur permettront de connaître les meilleurs moyens de faire classe à un enfant autiste:

Enseignants, AVS, équipe éducative

Avez-vous des questions à nous poser pour mieux comprendre comment aider votre élève, parvenir à passer une année la plus sereine possible, organiser votre classe pour une approche réussie avec un enfant autiste?

Nous sommes ici pour vous donner des pistes pour vous en sortir, car il est parfois difficile de comprendre comment fonctionnent nos enfants, mais avec de la bonne volonté, il est possible d’améliorer grandement la situation.

Bref, racontez-nous comment se passe cette rentrée 2011-2012 pour vous et votre enfant/votre élève.

Cher Monsieur Chatel

Vous êtes le Ministre en charge de ce qui devrait être, dans toute société à peu près solide et bien bâtie, la pierre angulaire de la politique gouvernementale. Ministre de l’Education Nationale, Ministre de nos écoles qui remplissent et forment les cerveaux de nos chères têtes blondes.

Vous avez bien noté, Monsieur Chatel que j’utilise la première personne du pluriel. Je parle de vos enfants qui sont élèves d’une école privée, de ceux de votre big boss qui fréquentent/ont/vont fréquenter l’Ecole Alsacienne, de mon fils aîné collégien dans une institution privée de province, mais aussi de mon petit dernier, élève de grande section dans l’Ecole de la République, et autiste de haut niveau.

Hier, vos enfants ont fait leur rentrée, les élèves de l’Ecole Alsacienne aussi. J’ai même appris que les enfants de votre collègue Valérie Pécresse avaient fait une rentrée très émouvante à Vélizy-Villacoublay. Mon fils aîné aussi a fait une fantastique rentrée.

Je vais vous parler de la rentrée de mon fils Stanislas, Monsieur le Ministre, et de celle de tous ses copains autistes.

Malgré deux mises en demeure administratives en six mois et une assignation devant le tribunal administratif, l’IEN 60 n’avait, lundi, toujours pas recruté d’AVS pour mon fils. Il n’y avait personne pour l’accompagner lundi matin lors de sa rentrée.

Au café du coin, j’ai rencontré une maman dont la petite fille, s’est vue attribuer 9  heures au lieu des 12 heures notifiées par la MDPH. Elle est en CE1, dans l’école primaire publique de notre ville.

J’ai lu une maman qui pleurait d’épuisement parce que son fils n’a pas trouvé d’AVS à sa rentrée en CP.

J’ai réconforté une copine qui a dû repartir, avec son fils sous le bras, puisque sans accompagnement, pas d’école.

Que faut-il faire, Monsieur le Ministre, pour que vos services s’appliquent à eux-mêmes les principes élémentaires de morale que vous voulez mettre au programme du primaire, i.e. le respect de la loi?

J’ai épuisé tous les recours. Il m’a fallu deux ans pour obtenir mon « dû », c’est-à-dire ce que la MDPH avait notifié après des mois de bataille en commission. J’ai claqué 960 euros de provision d’honoraires pour avoir un bon avocat en droit administratif, pour porter l’affaire devant les tribunaux.

La psychologue qui suit mon fils essaie désespérément d’obtenir la signature d’un accord pour supervision et observation/formation de l’équipe pédagogique de mon fils depuis le mois de février dernier. Sans succès.

Lors de notre dernière relance, en mai dernier, l’inspecteur en charge des enfants handicapés nous a demandé de le rappeler fin août car les vacances approchaient (oui, vous avez bien lu, à l’IEN 60, les vacances approchent en mai et durent trois mois!).

Que faut-il que je fasse Monsieur le Ministre? Mettre mon fils dans un placard pendant deux ans, et le ressortir quand le dispositif est prêt à l’accueillir? Venir vous harceler sous vos fenêtres, jusqu’à ce que vous fassiez ce qui est nécessaire à la bonne marche de vos services?

Nous sommes nombreux à nous poser ce genre de questions. Nous n’appellerons pas la cellule handicap de votre ministère – à coups de 7 centimes la minute, les discours deviennent trop chers. Nous aimerions juste, ici, Monsieur le Ministre, que les promesses électorales de M. Sarkozy soient tenues, que le maquillage statistique cesse, que l’on regarde la réalité de la scolarisation des enfants handicapés en face, et que l’on cesse d’épuiser l’énergie des familles en situation de handicap.

J’adorerais recevoir une réponse de votre part, M. le Ministre, et je vous souhaite une belle année scolaire.

Liste non-exhaustive

Si, tout comme moi, à un moment, vous vous êtes sentis perdus face à tous ces termes qu’on nous balance sans qu’on sache ce que c’est, voici un florilège de tout ces mots pour vous faire une idée! Et ne vous inquiétez pas, on est là pour vous aider…

Tout d’abord, il vous faut un diagnostic que vous pourrez avoir au CRA où l’on fera passer à votre enfant le DSM ou le CHAT parce qu’il y a suspicion de TED, tests accompagnés d’une IRM et d’un test ADN. Si le diagnostic de TED est retenu, vous pourrez faire une demande à la MDPH pour que votre enfant soit fiché comme handicapé et ainsi obtenir une CA avec un taux calculé en fonction du TI. Bien sûr, il faudra que votre DA soit complet: c’est-à-dire avec le CM, le PV… Votre DA passera alors en EP à la MDPH, mais vous aurez totale approbation par la CDAPH. Vous suivez, là?

Une fois obtenue la reconnaissance du handicap, vous pouvez faire une demande à la CAF pour l’AEEH qui sera éventuellement agrémentée du C1 ou C2, … C6. Ou alors, autre option, l’AEEH sera complétée par la PCH. À vous de choisir… si vous y comprenez quelquechose. Et si vous choisissez la PCH (le montant dépendant de la présence de l’AF1 voire l’AF2 ou tierce personne), elle pourra être agrémentée aussi d’AS ou AT. Vous suivez toujours, là?

Assez parlez de sous, parlons école, PEC, méthode, etc.!

Votre enfant peut intégrer une classe normale en école ordinaire: super, mais il lui faudra peut-être une AVS ou EVS, et toute sa scolarité sera suivie et envisagée lors du PPS. S’il ne va pas en classe normale, peut-être intègrera-t-il une CLIS et plus tard une ULIS (avec PPS aussi…), ou alors tout autre chose, un IME suivi d’un IMP – ou alors il ira en HDJ. Et peut-être aussi aura-t-il des PEC au SESSAD ou au CAMPS ou au CMP ou au CMPP. Je ne sais pas si vous suivez toujours… mais je n’ai pas fini, concentrez-vous!

Peut-être choisirez-vous que votre enfant suive une méthode d’éducation ou de rééducation particulière. Auquel cas, vous aurez le choix entre l’ABA, le TEACCH, le PECS, les 3i, ou même les quatre en même temps, et même d’autres.

Je suis sure que j’en oublie… à vous!

Bilan d’une année scolaire

Bilan d'une année scolaire

Ca y est, l’école est finie. Beaucoup d’émotion, de réussites, de progrès, mais aussi de moments difficiles. Cette année, grande première pour Maëlys, un essai en petite section et en milieu scolaire dit « normal » sans auxiliaire de vie scolaire.

Malheureusement, une constatation s’est vite imposée: Maëlys ne peut pas rester sans AVS pour l’année prochaine. La demande faite en début d’année vient d’être acceptée, Maëlys aura donc son AVS l’année prochaine – une belle victoire pour nous mais surtout pour elle!

De grosses difficultés de compréhension des consignes simples, d’adaptation au groupe, aux autres enfants, aux cris, aux mouvements… tout ce que Maëlys « supporte » mal et qui l’ont bien souvent perturbée, et du coup qui a perturbé la classe, il faut le dire…

Quelques remarques des autres enfants, dures pour mon coeur de maman: « Elle, elle est méchante, elle crie ». Heureusement, pour le coup, Maëlys est trop dans son monde pour faire attention à ça… Mais un jour… Pfiou, dur dur.

Une maîtresse hors normes qui a tout fait pour que Maëlys progresse et accède au programme malgré ces grosses difficultés. On ne la remerciera jamais assez de tout ce qu’elle a entreprit pour Maëlys.

Une Maëlys qui a adoré l’école et qui, malgré tout ça, a énormément progressé! Cela lui a beaucoup apporté, et l’entrée en moyenne section pointe déjà le bout de son nez. Une rencontre avec sa nouvelle maîtresse, qui a l’air tout aussi motivée de prendre Maëlys (et son AVS) l’année prochaine.

Bon sang, quelle chance on a!

Bilan d'une année scolaire

Une évidence: de grandes lacunes d’un coté, et une petite fille très très en avance sur d’autres choses… Elle ne comprend pas certaines consignes simples, et à coté fait du programmme de grande section. Comment composer avec ça? La maîtresse a eu du mal à trouver un « équilibre », mais dans l’ensemble, c’est réussi!

Une petite fille qui grandit à sa manière, mais nous remplit de fierté, même si parfois, une angoisse monte, et la question se pose: Comment sera son avenir? Personne ne le sait…

Aide-toi, le ciel t’aidera

Aide-toi, le ciel t'aidera

Body Part (photo: Luna The Moon Girl)

Brice était en CLIS. Il y était de plus en plus malheureux, il n’apprenait pas à lire, il refusait de travailler. Il voulait revenir à l’école de sa commune.

Hélène, sa mère, développe un projet basé sur une aide (de « rattrapage ») à domicile, une augmentation de la scolarisation à l’école ordinaire. Conflit croissant avec les enseignants de la CLIS, les référents de toute sorte, le pédopsychiatre. Mais les enseignants de l’école de sa commune sont tout à fait disposés à accueillir Brice.

Un an après, rencontre du psychiatre à l’hypermarché.

Dr: « Bonjour, Mme H… »
Hélène:  » Bonjour, Docteur »
Dr: « Vous allez bien? »
Hélène: « Bien »
Dr: « Et… Brice, comment il va? »
Hélène: « Brice? … mais vous n’êtes plus son pédopsychiatre! »
Dr: …
Hélène: « Brice, il va bien, très bien. Mais vous m’aviez dit que je n’aurais pas l’ALD, l’AEEH, le complément d’AEEH, le 80%, l’AVS, l’école ordinaire. Et bien, j’ai tout obtenu. »

Récemment, Hélène défend sa demande de 24 heures d’AVS lors de la réunion de la CDAPH. Les décisions précédentes de la CDAPH étaient valables un an. La proposition de l’équipe pluridisciplinaire est d’accorder l’AVS pour 21 heures. Pourquoi donc Hélène s’acharne-t-elle à réclamer 24 heures et à argumenter pour cela auprès de la Commission?

Réponse d’Hélène: « 24 heures ou 21 heures, je serai satisfaite. Mais je suis venue surtout pour vous dire que je vous remercie de m’avoir fait confiance l’année dernière, de m’avoir fait confiance à moi et à ceux qui m’ont soutenue. Grâce à vous, aujourd’hui, Brice progresse. »

Moment d’émotion à la CDAPH. Chapeau, Hélène !

Je m’interroge quand même. Comment se fait-il que la nuée de professionnels qui suivent Brice depuis son plus jeune âge n’ait jamais incité Hélène à demander des aides? Elle vit seule, elle a un très faible revenu – d’où les énormes difficultés à financer les solutions qu’elle voulait mettre en œuvre pour passer de la CLIS à l’école.

Je m’interroge d’autant plus qu’Hélène m’avait montré le certificat médical détaillé rempli par le pédopsychiatre de Brice. Tout est clairement détaillé sur les handicaps de Brice.

Il me revient cependant une phrase de l’étude de Brigitte Chamak : L’autisme dans un service de pédopsychiatrie – Les relations parents/professionnels (dans la revue « Ethnologie française »):

Des témoignages de parents (pas ceux du service étudié) ont cité le cas de psychiatres qui non seulement ne donnaient pas de diagnostic aux parents mais, quand ceux-ci allaient consulter dans des services d’évaluation qui le leur fournissaient, refusaient de remplir un formulaire de demande d’aide d’éducation spécialisée, au motif que « ces enfants ne devaient pas rapporter de l’argent aux parents ». Une sélection des aides par les assistantes sociales a également été signalée par certains professionnels. Ainsi, alors même qu’une loi prévoit des aides pour les parents qui ont un enfant présentant un handicap, certains professionnels de santé refusent de les leur proposer ou hésitent à le faire. Cette attitude semble marginale, mais elle a été rapportée plus d’une fois au cours des entretiens. Elle explique le besoin qu’éprouvent les parents de consulter différents professionnels, les aides nécessitant la caution d’un médecin.

Une attitude finalement pas si marginale, parce qu’elle est décrite également dans l’étude de Cécile Borelle, qui vient d’étudier les pratiques d’un Centre de ressources Autisme:

Ce moment où les « parents ouvrent les yeux », où ils adoptent en fait la définition de la situation de l’enfant produite par les professionnels de santé, est considéré comme un passage nécessaire pour fonder la coopération entre professionnels et parents. La pédopsychiatre coordonnatrice du centre d’évaluation, m’explique lors d’une discussion informelle, qu’elle s’oppose au principe automatique de compensation financière du handicap par la Maison Départementale de l’Autonomie (MDA) qui atténue l’impact psychologique de l’annonce du handicap faite aux parents.

Puis elle enchaîne sur le fait qu’elle n’est pas d’accord avec la compensation financière du handicap.
D’une part: le fait d’annoncer le handicap et la compensation administrative financière en même temps empêche de « faire le deuil d’un enfant sain »: « les deux moments devraient être découplés dans le temps pour que les parents puissent vraiment s’effondrer avant de se relever ». Car on ne peut travailler sur la prise en charge qu’après, « une fois que les parents sont tombés au fond du trou ».

D’autre part: la compensation ne devrait pas être automatique mais conditionnée par un projet de prise en charge qui engendre des frais » (journal de terrain janvier 2010)

Une pratique théorisée sans vergogne quand les professionnels se retrouvent « entre nous » – mais sans « eux », les parents.

Une pratique qui ne tient pas compte du fait que le droit à l’AEEH ou autres ne sera pas rétroactif, mais n’interviendra qu’à partir du mois qui suit la demande à la MDPH.

Une pratique liée au refus de « mettre une étiquette », à un prétendu accompagnement des parents consistant à les laisser dans l’incertitude (« attendre qu’ils soient prêts »)…

Toutes ces pratiques ne correspondent pas aux recommandations officielles sur le sujet. Mais nos psychiatres ont une telle bonne conscience de résister à la « nuit sécuritaire » que cela leur permet d’ignorer des orientations pourtant acquises par consensus depuis plusieurs années (juin 2005, recommandations de la Société française de Psychiatrie avalisées par la Haute Autorité de Santé), et non imposées autoritairement par l’Etat.

C’était un préambule pour mieux comprendre. Ce n’est pas toujours pas par manque de moyens, négligence ou scrupule que les professionnels ne vous ont pas orientés vers les aides prévues pour votre enfant. C’est aussi parfois délibérément, par idéologie. Certains appellent cela leur « déontologie ».

Un parent averti en vaut toute une palanquée.

Je vous propose de reprendre ces questions une par une.

Et d’abord: avant ou après le diagnostic ?

  1. Le diagnostic n’est a priori nécessaire que pour la demande de reconnaissance d’ALD (Affection de Longue Durée) auprès de la caisse d’asurance maladie. En effet, la « psychose infantile » (sic!) fait partie de la liste des maladies ouvrant droit à cette reconnaissance.
  2. Le diagnostic est demandé dans le certificat médical pour toute demande auprès de la MDPH (AEEH, AVS, etc.). Mais l’essentiel d’après le mode d’emploi du certificat médical: « Il vous est donc demandé, en tant que médecin, d’apporter non seulement des éléments concernant le diagnostic de la ou des affections dont est atteint votre patient, mais également un éclairage sur les éléments dont vous avez connaissance et qui représentent des obstacles ou des facilitateurs dans sa vie quotidienne, familiale, sociale et le cas échéant scolaire ou professionnelle. » (Guide pour l’utilisation du Certificat médical à destination de la Maison départementale des personnes handicapées)
  3. Le diagnostic est demandé dans les certificats médicaux pour la demande d’Allocation Journalière de Présence Prentale. Mais l’essentiel est la description des soins et de la présence nécessaire des parents. (Demande d’allocation journalière de présence parentale)
  4. Les recommandations europénnes et françaises établissent que les prises en charge doivent commencer dès qu’il y a suspicion de TED – sans attendre la confirmation ou l’infirmation du diagnostic. Nous ne sommes pas dans un sytème d’assurance privée à l’américaine, où les contrats d’assurance établissent ce qui peut être soigné ou non.

N’attendez pas qu’émerge votre désir d’avoir une aide! On ne mendie pas un juste droit!



Boîte à outils de l’enseignant ou AVS: La communication parents-enseignants

Boîte à outils de l'enseignant ou AVS accueillant un enfant autiste dans sa classe

former classroom (photo: Julie Facine)

La communication avec les parents est essentielle, d’une part parce que les familles sont de plus en plus nombreuses à faire le choix d’une prise en charge éducative et comportementale à la maison et en libéral, dans laquelle l’école est un lieu de généralisation de certains apprentissages, et ensuite parce que, pour tout parent, laisser un enfant qui communique peu ses besoins, dans un environnement forcément moins chaleureux que le milieu familial, est un peu anxiogène.

Fixez donc des rencontres régulières avec les parents, autorisez l’AVS à communiquer avec eux, pour les progrès, le confort et la confiance de tous.

Nul besoin cependant d’échanger des romans. Une simple feuille de circulation telle que celle-ci est parfaite pour informer:

Aujourd’hui j’ai travaillé:

  1. Écriture:
  2. Maths:
  3. Lecture:

Mon comportement était:

L’AVS colorie ou entoure le bon bonhomme, avec un petit commentaire en cas de gros souci ou de grosse joie, et ça roule. Les parents peuvent compléter le même type de fiche à propos des devoirs et leçons.

De très nombreux enfants autistes ont des difficultés à accepter la frustration de l’échec – elle peut engendrer des comportements problèmatiques. Pour éviter de placer l’enfant dans cette situation, il est souhaitable que l’enseignant informe une fois par mois les familles des compétences qui vont être travaillées sur la séquence suivante. Ainsi, elles seront travaillées à la maison à l’avance, ce qui permettra d’aplanir les plus grosses embûches et de gagner un peu plus de compliance de la part de l’enfant.

Ces échanges vous permettront aussi de connaître quelles sont les compétences que les parents travaillent à la maison, et que vous pouvez inciter l’enfant à généraliser à l’école (acquisition de la propreté, boire au verre, stéréotypies à bloquer, etc.).

Fixez les règles du jeu avec les autres parents d’élève dès la rentrée. La présence d’un adulte supplémentaire dans la classe, ou de plusieurs adultes (psychologue ABA par exemple), n’est pas un luxe injustement consenti à un élève de la classe: c’est l’accompagnement indispensable d’un enfant handicapé, dont le handicap est – il faut le rappeler – protégé par le secret médical. Les parents de l’enfant handicapé peuvent accepter de communiquer autour de son handicap, ou pas.

N’oubliez jamais que les parents sont les meilleurs spécialistes de leur enfant et que, pour ce qui concerne l’autisme, ils sont de plus en plus souvent mieux formés et informés que les « professionnels » qui vous entourent (CAMPS, CMPP, psychologues scolaires, etc.). N’oubliez jamais que vous êtes peut-être parent vous-même, ou que vous le serez peut-être un jour, et qu’environ une naissance sur 110 est sur le spectre autistique. Soyez l’enseignant ou l’AVS que vous aimeriez rencontrer sur votre route si par malchance votre enfant était ce 1%…

Cet article fait partie de la boîte à outils de l’enseignant ou AVS accueillant un enfant autiste dans sa classe. Partagez vos idées et vos expériences dans les commentaires de l’article.