Un Noël toujours plus beau que celui de l’année dernière

J’ai envie de parler de deux choses dans cet article: comment nous avons vécu nos fêtes de Noël jusque là, et comment je vois cette fête pour nos enfants différents.

Noël 2007: Vlad a 1 an et 2 mois, et il commence à peine à faire des pas. Il nous fait des gros sourires, à nous, et à n’importe qui lui passe devant. Il reste tranquille devant la machine à laver qui tourne, dort beaucoup et ne s’intéresse absolument pas aux jouets, il préfère tourner les roues des petites voitures et pousse plus loin ce qui n’a pas de roue.

Le soir de Noël, on rend visite à des amis pour chanter des chants de Noël (tradition roumaine). Et ce soir là, un gros doute commence à s’installer dans ma tête en voyant le comportement de leur fille qui a deux mois de moins que mon fils, et qui se développe comme c’est écrit dans les livres. Je crois bien que c’est la première fois que je pars d’une visite chez des amis en larmes… et ce ne sera sans doute pas la dernière.

Noël 2008: la petite sœur de Vlad est arrivée. Il a un peu plus de 2 ans, et je me vois encore raconter à tout le monde que Vlad est un grand bébé qui a une marche très hésitante encore, tombe tout le temps, se cogne, dit maman, papa,  mamie et papi, apa et lapte (eau et lait en roumain), ne joue toujours pas avec les jouets, et n’apprécie que le papier cadeaux sous le sapin.

Il est très très attachant, et je suis déjà la folle de la famille qui invente des problèmes. Je ne dors plus les nuit, je reste en bas avec ma fille qui ne faisait pas ses nuits, et je fouille sur internet tous les soirs, je pleure énormément et je pose des diagnostics sans cesse (dyspraxie, dysphasie, etc.). Il/on était déjà suivis au CAMSP.

Noël 2009: Vlad est déjà pris en charge en libéral en orthophonie (le CAMSP pensait que ce n’était pas nécessaire), on le stimule énormément; je suis toujours la seule à penser que ce qui nous pèse dessus est très grave. J’ouvre un blog  pour parler de ma souffrance, je suis en congé parental et personne autour de moi ne me prend au sérieux (je le couve trop, je ne veux pas le laisser grandir, j’invente des problèmes car je m’ennuie, je ne sais pas l’éduquer, etc.).

Vlad commence à s’ouvrir, il est toujours très maladroit, ne va pas vers les enfants de son âge, mais s’intéresse déjà aux cadeaux de Noël. On commence à s’isoler. Son papa prend un peu conscience de sa différence, mais lutte de toutes ses forces pour nier l’évidence.

Noël 2010: les choses ont changé cette année-là, nous venions de recevoir le diagnostic d’anomalie génétique. Le mot autisme fait son entrée dans notre maison. Et ce n’était pas un professionnel du CAMSP qui m’en a parlé pour la première fois, je l’ai trouvé moi, toute seule, comme une grande.

Pourtant le Noël a été beau: Vlad était en moyenne section, avec une maîtresse géniale. À la maison, on continue le travail fait à l’école. Vlad commence à vouloir jouer avec les copains de classe, mais, hélas, c’est trop tard, les copains se sont habitués à un enfant qui ne sait pas parler ni jouer, et ne l’écoutent pas. Les cadeaux de Noël 2010 sont attendus avec impatience.

Noël 2011: nous voilà. Le calendrier-locomotive de l’avent a été au top! Vlad a écrit une lettre au Père Noël pour lui et sa sœur. Il a une petite prise en charge ABA-VB et va à l’école à plein temps. On a réussi à trouver une place chez la meilleure orthophoniste du coin, spécialisée en TED.

Il va très bien, parle de mieux en mieux, et commence à écrire en attaché. On sait maintenant qu’il est autiste atypique, la maladie génétique va l’accompagner toute sa vie. Et on la sent tous les jours. Elle a un joli nom: 15Q 13.3, et il en est atteint légèrement pour le moment.

Il n’a pas un seul copain, et j’ai presque perdu l’énergie de faire la manche. Il joue beaucoup avec sa sœur et nous en sommes ravis.

Nous commençons à retrouver des amis et ça fait du bien. Ceux (peu nombreux) qui étaient restés à nos côtés le sont toujours. Je me forme à l’ABA car je veux comprendre, et en ayant la certitude qu’en quelques années elle sera reconnue et des structures vont apparaitre partout en France.

C’est le premier Noël du Mur aussi. Et j’ai envie de crier: MERCI SOPHIE! Grâce à toi, les familles se sentent enfin écoutées! (Oui, c’est off topic, mais je ne peux pas m’abstenir!)

Récemment, une connaissance me demandait quels jeux éducatifs prendre à Noël pour faire travailler sa fille. Et je veux vous dire que même les enfants différents ont le droit de se faire plaisir à Noël. Laissez de côté pour un jour le travail, et pensez à leur faire plaisir tout simplement. Sous le sapin, des cadeaux comme tout le monde. Joyeux Noël !

Pas d’ABA, pas de chocolat?

J’espère n’avoir choqué personne avec mon titre inspiré d’Intouchable. Je n’ai pas pu résister. Désolée.

Bon, vous aurez tous compris, si vous m’avez lue ici quelques fois, que je suis une fervente praticienne de l’ABA. J’aime son inspiration toujours positive, toujours dans la recherche de la motivation et dans la célébration des progrès. J’aime observer les comportements, et c’est devenu pour moi un jeu d’y répondre au mieux. C’est un traitement qui correspond parfaitement à ma personnalité de control freak, qui a besoin d’objectif précis, que je comprends, de procédures, et de résultats tangibles et mesurables.

Je parle beaucoup de moi. Je sais. C’est volontaire. Le choix d’une prise en charge, c’est un choix familial, de couple, de parents, de papa et de maman, avec leurs personnalités, et leur style éducatif. Placez-moi dans un contexte de prise en charge psykk, et je craque au bout de quelques semaines. Je ne supporte pas de ne pas être active.

Vous l’aurez compris aussi, mon fiston est le Speedy Gonzales de l’ABA. C’est – et c’est une chance – une prise en charge de son autisme qui lui convient parfaitement. Main de fer dans gant de velours, renfos enthousiastes, jeux, échanges, possibilité de choper un Smarties par-ci et un oeuf Kinder par là, entre deux parties de chasse au papillon (un renfo très très secret dont on ne vous racontera pas la recette).

L’essentiel de ses difficultés tenait, en fait, à des barrières  – absence de compliance, hétéro-agressivité, absence de regard, relations sociales mal ajustées, stéréotypies, difficultés habituelles d’autonomie (propreté, alimentation, et actes communs de la vie courante), difficulté de discrimination – que l’ABA résout assez généralement, particulièrement lorsqu’il n’y a pas de maladie neurologique surajoutée, ou de déficience mentale associée qui viennent tout complexifier.

Le choix de l’ABA, c’est donc aussi un choix porté par l’autisme personnel de mon enfant. Son autisme à lui qu’il a, comme chaque autiste a le sien.

Mais il aurait pu avoir besoin de bien davantage de structuration, et on aurait alors choisi TEACCH. J’aurais pu être une maman plus relax et flower power, et j’aurais alors détesté la rigueur du comportementalisme. J’aurais pu avoir un enfant beaucoup plus envahi dans son handicap, et nous aurions alors peut-être choisi ce qui nous aurait paru une approche plus soft, même si l’efficacité scientifique n’avait pas été au rendez-vous. Et, très sincèrement, j’aurais sans doute cédé aux sirènes du régime SGSC, me connaissant, moi la femme du mec qui pousse des cris de bête si une nourriture non bio franchit la porte de notre cuisine (qui n’a pas de porte d’ailleurs, parlons donc plutôt du seuil).

Ce que je veux dire, c’est qu’il ne faut pas croire qu’il n’y a pas de voie possible en dehors de l’ABA. Je dirais même que, si vous n’avez pas la certitude d’avoir la supervision et l’intervention d’excellents professionnels certifiés, et si vous ne vous sentez pas l’âme ou l’envie de le faire, il ne vaut mieux pas vous lancer. Il vaut mieux une autre approche, qui vous convienne, à vous et votre enfant, votre famille, la fratrie qui entoure votre petit, qu’un ABA de bric et de broc, mal digéré, qui ne convient ni à votre famille ni à votre bout de chou.

Faisons bref: si vous choisissez Floortime, TEACCH, le modèle de Denver, par exemple, c’est bien aussi. Si, en plus, vous pouvez maintenir votre enfant à l’école, avec un bon accompagnement, c’est super chouette.

Je suis ultra réservée, par contre:

  • sur les 3i, dont je ne comprends pas très bien ni les fondements théoriques, ni le but poursuivi,
  • sur tout ce qui finit en -thérapie mais qui est en fait un loisir formidable (musico-, équi-, delphino-, balneo-, etc.),
  • et sur tout ce qui peut influer sur la santé physique des enfants (chélation).

Enfin, pour conclure, c’est surtout toutes les prises en charges d’inspiration psykk (passage en revue des parents, de leur sexualité, leur vie leur œuvre sur 15 générations, contes, pataugeoires, packing et autres joyeusetés) que je prive de chocolat: psykk, pas de chocolat! Voilà!

Après un an de diagnostic…

Laetitia MousseuxIl y a un an, le 17 août 2010, nous apprenions le handicap de notre fils. Evan avait 3 ans et demi, et était suivi depuis un an dans un CAMSP sans que personne ne puisse nous dire ce qu’il avait. Pire: la pédopsychiatre du CAMPS nous avait dit à l’époque: « Je ne peux pas vous dire ce qu’à Evan, en tout cas je peux vous dire qu’il n’est pas autiste ». Ça, c’est du diagnostic!

Evan criait énormément, parlait un peu mais n’avait pas un vocabulaire très développé. Il était très en retard en motricité et avait beaucoup de mal à communiquer avec les autres enfants. Tout cela nous avait donc amené à prendre contact avec le CAMSP qui, après un an de suivi, nous a orienté vers un CMP en juillet 2010.

Après trois séances d’observation, il aura fallu tirer les vers du nez à la pédopsychiatre du CMP pour savoir enfin ce qu’avait notre enfant. L’annonce m’a fait l’effet d’un électrochoc. J’avais rayé l’autisme des possibilités de handicap de mon fils.

« Votre fils est atteint de TED ». À cela, j’ai hoché la tête – j’avais entendu parler de TED au CAMSP. Elle a rajouté: « pour moi, il s’agit plus particulièrement d’autisme atypique à degré modéré ».

Je n’ai retenu que le mot « autisme ». Je me suis effondrée, son papa aussi. Elle nous a laissé une minute pour nous reprendre, et a poursuivi en nous disant que parler de guérison serait nous mentir, que c’était « pour la vie », mais qu’Evan évoluerait certainement bien avec ce qu’elle appelait « une bonne prise en charge », à savoir deux matinées par semaine en hôpital de jour, par petits groupes de quatre ou cinq enfants, avec trente minutes d’orthophonie et trente minutes de psychomotricité en individuel par semaine.

Il m’aura fallu cinq jours pour digérer la nouvelle. Cinq jours où j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps. Nous sommes passés par de nombreuses périodes de doute sur le diagnostic, et après quelques mois, la certitude. Maintenant, nous allons de l’avant…

Après un an de diagnostic...

Depuis un an, Evan a plutôt bien évolué, c’est vrai. Au début, nous nous sommes fiés tête baissée à ce que nous disait la pédopsychiatre du CMP. Puis, après avoir vu quelques reportages, avoir lu de nombreux articles sur le site Autisme Infantile, et après s’être beaucoup renseigné ici et là (merci Internet), nous avons entendu parler de la méthode ABA.

Notre fils a commencé l’ABA début janvier 2011, à raison d’une heure par semaine seulement, puisque nous n’avons malheureusement pas les moyens de lui en payer plus.

Depuis, il crie moins, est plus autonome. Il est propre le jour, parle de mieux en mieux, même si les sujets de conversation sont très limités et sa compréhension pose beaucoup question. Y a-t-il une déficience? Là est toute la question…  Mais nous avons bon espoir pour qu’Evan soit un jour autonome. C’est un enfant joyeux, heureux de vivre, c’est l’essentiel à nos yeux…

La rentrée de cette année ne s’est pas bien passée. L’AVSi n’était pas présente (même pas mise au courant par l’Inspection Académique, bravo)… À compter de la semaine prochaine, Evan ira trois demi-journées à l’école en présence de son AVSi, l’école ne voulant pas l’accueillir en dehors de la présence de celle-ci.

Il continue la prise en charge en l’hôpital de jour deux matinées par semaine. Nous trouvons l’équipe très à l’écoute de nos attentes, ils l’ont d’ailleurs changé de groupe à sa rentrée en août car il imitait beaucoup de comportements inadaptés d’autres enfants du précédent groupe. Evan semble heureux d’aller à l’hôpital de jour. Je dois dire qu’il apprend des choses là-bas, je pense que c’est constructif, mais qu’une prise en charge comportementale à côté est indispensable, c’est pourquoi il continue l’ABA. Sa psychologue, très investie, participe aux équipes de suivi de scolarisation et nous soutient beaucoup.

La pédopsychiatre du CMP, de son côté, commence à nous parler d’orientation en IME. Pour le moment, il en est hors de question. La psychologue ABA, elle, envisage plus une entrée en CLIS dans deux ans, après un éventuel redoublement de son année de grande section.

Après un an de diagnostic...

Le reste du temps, Evan est à la maison, car j’ai la possibilité d’être en congé parental à mi-temps depuis l’arrivée de son petit frère Aaron en novembre 2010. Il va aussi chez sa nounou lorsque je travaille. Elle a tout de suite acceptée sa différence, elle s’adapte à lui, et nous la remercions beaucoup pour ça – pour sa tolérance et son ouverture d’esprit, pour sa patience surtout, Evan étant très très actif, épuisant même…

Son petit frère, Aaron, me donne énormément de force pour mener Evan le plus loin possible. J’ai besoin d’un « semblant de vie normale », et, pour le moment, je retrouve ça par la présence de son petit frère. Il va bien, je prie pour qu’il ne soit pas atteint d’autisme lui aussi. Je crois que ça me détruirait. Il tire son grand frère vers le haut, et nous aussi. Je le remercie d’être là… Je les remercie tous les deux, car le handicap d’Evan, malgré tout, nous rend plus forts, plus soudés, plus ouverts… Paradoxalement, ce handicap nous apporte beaucoup.

Liste non-exhaustive

Si, tout comme moi, à un moment, vous vous êtes sentis perdus face à tous ces termes qu’on nous balance sans qu’on sache ce que c’est, voici un florilège de tout ces mots pour vous faire une idée! Et ne vous inquiétez pas, on est là pour vous aider…

Tout d’abord, il vous faut un diagnostic que vous pourrez avoir au CRA où l’on fera passer à votre enfant le DSM ou le CHAT parce qu’il y a suspicion de TED, tests accompagnés d’une IRM et d’un test ADN. Si le diagnostic de TED est retenu, vous pourrez faire une demande à la MDPH pour que votre enfant soit fiché comme handicapé et ainsi obtenir une CA avec un taux calculé en fonction du TI. Bien sûr, il faudra que votre DA soit complet: c’est-à-dire avec le CM, le PV… Votre DA passera alors en EP à la MDPH, mais vous aurez totale approbation par la CDAPH. Vous suivez, là?

Une fois obtenue la reconnaissance du handicap, vous pouvez faire une demande à la CAF pour l’AEEH qui sera éventuellement agrémentée du C1 ou C2, … C6. Ou alors, autre option, l’AEEH sera complétée par la PCH. À vous de choisir… si vous y comprenez quelquechose. Et si vous choisissez la PCH (le montant dépendant de la présence de l’AF1 voire l’AF2 ou tierce personne), elle pourra être agrémentée aussi d’AS ou AT. Vous suivez toujours, là?

Assez parlez de sous, parlons école, PEC, méthode, etc.!

Votre enfant peut intégrer une classe normale en école ordinaire: super, mais il lui faudra peut-être une AVS ou EVS, et toute sa scolarité sera suivie et envisagée lors du PPS. S’il ne va pas en classe normale, peut-être intègrera-t-il une CLIS et plus tard une ULIS (avec PPS aussi…), ou alors tout autre chose, un IME suivi d’un IMP – ou alors il ira en HDJ. Et peut-être aussi aura-t-il des PEC au SESSAD ou au CAMPS ou au CMP ou au CMPP. Je ne sais pas si vous suivez toujours… mais je n’ai pas fini, concentrez-vous!

Peut-être choisirez-vous que votre enfant suive une méthode d’éducation ou de rééducation particulière. Auquel cas, vous aurez le choix entre l’ABA, le TEACCH, le PECS, les 3i, ou même les quatre en même temps, et même d’autres.

Je suis sure que j’en oublie… à vous!

Ne soyez pas autiste (dixit un homme politique!)

Ca y est, encore un truc qui m’énerve! Je prends le dictionnaire:

Autisme: n.m. (allemand, du grec autos « soi-même » – auto) * psych. Détachement de la réalité extérieure accompagné de repliement sur soi-même. Voir: égocentrisme, introversion.

Pourquoi faut-il toujours trouver des mots à la mode? Vous l’avez peut-être remarqué et entendu, le nouveau mot à la mode des émissions politiques ou économiques c’est autisme et/ou autiste. Là où on penserait trouver des personnes relativement instruites et intelligentes (en tout cas c’est ce qu’ils disent), puisqu’elles sont sensées diriger notre pays ou analyser notre situation économique, on entend des personnes qui emploient un mot qu’elles ne connaissent pas.

À la limite, je vais gratter un peu et trouver un point commun entre la définition du dictionnaire et la politique. Les hommes politiques peuvent effectivement se « traiter » d’autistes entre eux, parce que ma vraie définition de l’autisme, telle que je la vis tous les jours avec Mathilde, leur est facilement applicable!

Repli sur soi

L’homme politique aime se mettre la tête dans le trou quand il a promis des structures pour les enfants handicapés et que rien ne se fait.

Stéréotypies

L’homme politique sert très souvent des mains, toujours en période d’élections, c’est récurrent et il ne peut pas s’en passer.

Écholalie

L’homme politique répète souvent ce que l’on vient de lui dire sans en comprendre le sens, mais il est content de le répéter. « Nous avons besoin de plus de structures pour nos enfants handicapés »… à imaginer sur le ton monocorde de nos enfants.

Comportements bizarres

L’homme politique se rend à l’Assemblée Nationale, là où il propose et vote des lois sur le handicap mais ne les fait pas respecter.

Fuite du regard

L’homme politique fuit le regard des parents en difficulté. Mais nous, on sait qu’il n’est pas autiste, et qu’il le fait exprès!

Auto-stimulation

L’homme politique aime s’écouter et est toujours content de ce qu’il vient de dire, donc il recommence, encore et encore… « Nous avons débloqué un budget, nous avons débloqué un budget, nous avons débloqué un budget… » C’est bien, on est content de le savoir!

Déficience intellectuelle

L’homme politique peut nous le prouver tous les jours. Voter une loi sur le statut des AVS? C’est bien, mais avant de parler de leur statut, il faudrait qu’elles soient là!

Psycho-infantilisme

L’homme politique aime siffler et huer ses petits camarades sur les bancs de l’Assemblée Nationale, alors qu’il est adulte et qu’il doit surement avoir autre chose à faire…

Alors, effectivement, vu le manque d’intérêt qu’ils portent à notre monde du handicap, je vais moi aussi me permettre de leur dire qu’ils sont autistes à leur façon, et leur conseiller quelques méthodes pour progresser:

  • TEACCH: Tu Es Aussi En Charge de Combattre le Handicap
  • PECS: Parents Enfants Cherchent Solutions
  • 3i: Intérêt, Investissement, Initiative
  • ABA: Autisme Bel Avenir

Et vous, qu’est-ce que vous voudriez dire aux hommes politiques? Partagez dans les commentaires de l’article.

Comment mesurer les comportements observés?

L’une des dimensions essentielles des méthodes comportementales est l’observation. Pas l’observation subjective d’un psychanalysant à base de « j’ai l’impression que », ou de « je me suis dit que », ou de « on dirait bien que », non.

Nous allons parler d’observation objective de comportements. De celle qui s’exprime en chiffres et en courbes, et qui permet de savoir concrètement quelle est l’occurrence d’un comportement, sa fréquence d’apparition, le moment où il s’exprime, le temps qu’il dure, etc.

Nous allons parler d’observation efficace et utilisable qui nous permettra de travailler efficacement à la diminution ou à l’intensification d’un comportement. Pour procéder de manière la plus objective possible, il faut observer et quantifier les comportements sur trois dimensions:

La répétition du comportement

Ou combien de fois, dans un laps de temps donné que vous fixez au préalable, un comportement va apparaître.

Par exemple, je peux observer combien de fois Stanislas fait des « bruits de bouche » au cours d’une période de 15 minutes de jeu. Je peux compter en mettant un bâton sur ma grille d’observation à chaque fois, puis je vais calculer un ratio (nombre de fois, divisé par le laps de temps), ratio que je vais pouvoir comparer d’une séance d’observation sur l’autre.

Ainsi , je vais pouvoir m’assurer, par exemple, que le programme de renforcement différentiel des moment de jeu sans bruit de bouche a bien permis de diminuer le comportement stéréotypé.

La durée du comportement

Je vais noter combien de temps dure un comportement observé. Par exemple: combien de temps Stanislas est capable de maintenir un regard sur demande.

Le moment d’apparition du comportement

On  peut s’intéresser au temps de latence entre le stimulus et l’apparition du comportement, ou au temps qui s’écoule entre deux comportements consécutifs qui appartiennent à la même classe.

Ainsi, je peux, par exemple, observer combien de temps il faut à Stan pour se mettre les nerfs en boule à partir du moment où le plateau à fromage commence à dégager son odeur caractéristique. Cela me permettra de travailler efficacement sur une désensibilisation à son hypersensibilité olfactive.

Je peux aussi m’intéresser à l’observation du temps qui s’écoule entre deux colères d’hypersensibilité.

En dehors de ces trois dimensions, vous pouvez aussi:

  • mesurer le nombre d’opportunités nécessaires pour que le comportement devienne celui que vous vous êtes fixé dans les critères d’évaluation de la procédure,
  • calculer et observer l’évolution du pourcentage de réponses comportementales correctes à une procédure mise en place.
    Par exemple, si Stan apprend à tracer des « s » en cursive, je vais observer le nombre de fois par session de 5 essais où Stan réussit à écrire cette lettre correctement(nombre d’essais réussis, divisé par le nombre total d’essais – normalement, 5 dans une session). Ainsi, je saurai quand je peux arrêter de lui apprendre à écrire cette lettre et passer à une autre.

Tous à vos grilles: observez, comptabilisez, calculez, ajustez et constatez les progrès!

Modifier un comportement, c’est un métier, nous voulons que les professionnels de l’ABA soient formés à l’université!

On va faire simple: en mettant bout à bout les seules listes d’attente d’une association française de prise en charge ABA, on arrive à un besoin exprimé de 600 psychologues, titulaires de maîtrise, pour superviser et mettre en place les prises en charge de nos enfants, et 3000 éducateurs ABA pour pratiquer les interventions.

C’est un calcul rapide qui s’opère à partir des listes d’attente interminables d’une association de prise en charge ABA, mais je n’ose imaginer le chiffre que l’on atteint si l’on met bout à bout toutes les demandes de prise en charge, quelle que soit l’association.

Ce que je sais, et que je voudrais bien montrer aux Présidents d’Université, c’est le désespoir qui accompagne les familles derrière ces chiffres…

Face à ce constat terrible, chaque année, l’Université Française diplôme de 10 à 20 Bac+5 spécialisés en ABA (dont la moitié seulement se consacre ensuite à l’autisme), aucun Bac+3 spécialisé ABA, et une trentaine de DU ABA.

Dans le même temps, des bataillons de psys sont formés aux approches psychanalytiques, dont celles du DU de Paris 7, sans parler des autres corps professionnels qui interviennent auprès de nos enfants (cf le scandale des formations en psychomotricité totalement trustées par les pro-packing, pateaugeoires et autres psychâneries).

Nous recommandons, tous autant que nous sommes, aux parents confrontés à l’autisme d’éviter comme la peste les prises en charges d’obédience psychanaytiques, et d’opter pour des traitements éducatifs et comportementaux. Une partie de ces familles – environ 3500 cette année - souhaiterait un traitement ABA pour leur enfant.

Pour des raisons dogmatiques, la psychiatrie française s’oppose avec acharnement au développement de ce traitement en France. Conséquence directe: notre pays souffre d’un manque criant de structures répondant aux normes de l’ABA, et plus encore de personnel ayant la formation et la qualification universitaires qu’elles exigent.

Si vous ne voulez pas que, demain, les seules formations ABA disponibles en France soient des ateliers de 3 jours,

Si vous voulez que dans le futur le traitement ABA de l’autisme puisse pousser les portes des IME, avec de vrais professionnels compétents et validés,

Si vous ne voulez pas de traitements ABA supervisés depuis l’étranger, par site internet ou Skype interposé,

Si vous voulez que nous parvenions à convaince les MDPH, une par une, de financer ces traitements pour les familles qui les souhaitent parce que, faits par des pros, ils sont efficaces,

nous invitons à l’exprimer ici en vous joignant à la pétition qu’organise Autisme Infantile.

Forts de votre soutien, nous pourrons mettre les universités – aujourd’hui libres de faire ce qu’elles veulent, le pire (le DU Paris 7 ou le scandale du master comportementaliste d’Amiens), comme le meilleur (les licences pro de Paris 5, la licence toulousaine qui, s’ils ne sont pas ABA, donnent aux familles quelques intervenants armés pour la remédiation cognitive ou l’éducation structurée, les master et DU de Lille 3) – devant leurs responsabilités et, parfois, leur archaisme dogmatique.

Voyage au bout de l’autisme: un entretien avec Vanessa Virag

Voyage au bout de l'autisme: un entretien avec Vanessa ViragVanessa Virag est la femme dynamisante Clarins de l’année, la fondatrice d’ABC Autisme et de son école ABA (supervisée par Diane Fraser et dont les intervenantes ont soit reçu le BCBA, soit sont en cours de certification), et, last but not least, la maman visiblement comblée de Shayan, jeune enfant autiste.

Avant de laisser la plume à Vanessa, je voudrais juste dire que la lecture de son ouvrage m’a troublée. Je connaissais Vanessa pour son engagement dans l’ABA-VB qui, évidemment, recueillait toute mon admiration, mais j’ignorais que par ailleurs Vanessa était aussi dans une démarche de traitement DAN (Defeat Autism Now) avec son fils.

Je rappelle que je suis Française, une ABA (quasi intégriste!) – de la vieille école Lovaas, en plus, il paraît – ce qui me place d’emblée contre cette approche faite de traitements vitaminiques, de régimes sans gluten et sans caséine, de chélation, et ce d’autant plus que la Haute Autorité de la Santé ne soutient pas ces approches dans son document de référence.

Mais Vanessa était aux États-Unis lorsque son fils a été diagnostiqué, elle a donc abordé le traitement de son fils dans une culture de l’autisme absolument différente de la nôtre, et avec des médecins américains d’une pratique différente des nôtres. J’ai donc cherché à comprendre sa position, même si je ne la partage pas en dehors des cas avérés d’enfants présentant des allergies alimentaires, et je vous propose de découvrir avec moi les quelques questions auxquelles Vanessa a gentiment accepté de répondre pour nous.

Pourquoi as-tu fait le choix d’accompagner la prise en charge ABA de ton fils d’un régime SGSC et d’apports vitaminiques?

Vanessa Virag: Shayan fait partie de ces enfants qui souffre d’autisme régressif. Étant tout à fait typique jusqu’à l’âge de 15 mois, mis à part certains problèmes digestifs, il a soudainement commencé à régresser, perdre la parole, le contact visuel, développer des stéréotypies, perdre le sommeil, jusqu’à totalement s’enfermer dans son monde. Un an après le début de ces symptômes, c’était devenu un petit animal sauvage qui avait perdu tout contact avec notre monde, qui s’automutilait, ne dormait plus que deux heures par nuit, et ne se nourrissait plus que de pâtes et de chocolat. Pendant cette année de décente aux enfers, alors que je n’avais aucune idée du futur diagnostic de mon fils, ma seule conviction c’est que cet enfant était dans de grande souffrances physique, enchaînant de terribles diarrhées, suivies de constipations horribles.

Quand je suis rentrée aux États-Unis et que ma pédiatre m’a annoncé l’autisme de Shayan, tout en ajoutant que les problèmes digestifs de mon fils ne l’étonnaient pas le moindre du monde, et que 70% des enfants autistes de sa patientèle souffraient de ce genre de problèmes (diarrhée, constipations, allergies ou intolérances alimentaires, etc.), pour moi cela a été comme une évidence qu’il fallait que je fasse des recherches dans cette direction-là.

Ensuite, je dirais que, quelque part, j’ai eu la chance de devoir attendre 3 mois pour mettre en place son programme ABA, ne trouvant pas d’intervenantes à New York, 3 mois pendant lesquels j’ai pu voir les bénéfices immédiats de ces traitements biomédicaux sur la santé et le comportement de mon fils. Les automutilations ont diminué, les problèmes digestifs et les troubles du sommeil ont diminué, le contact visuel est revenu.

Attention, que cela soit clair: je ne dis absolument pas que cette approche biomédicale est là pour remplacer une prise en charge ABA qui pour moi est essentielle, ni que c’est une recette miracle. Je dis juste que, pour certains enfants physiquement très malades, elle est tout aussi essentielle.

Mais je suis aujourd’hui persuadée que, si mon fils avait commencé son programme ABA immédiatement, sans que ces problèmes physiques soient traités, il n’en aurait pas recueilli tous les bénéfices, et je n’ose même pas imaginer dans quel état il serait aujourd’hui si ses problèmes n’avaient pas du tout été pris en compte.

Je me suis aussi beaucoup interrogée sur le fait qu’un enfant totalement typique jusqu’à l’âge de 18 mois puisse, en quelques mois, sombrer dans l’autisme. Et je ne suis pas la seule à avoir vécu cela avec son enfant. Je suis intimement convaincue que les études qui pointent du doigt une déficience du système immunitaire, associés à diverses agressions alimentaires et/ou environnementales, ne sont pas si éloignées de ce qui pourraient se passer chez nos enfants et même expliquer l’énorme augmentation des cas d’autismes ces dernières années.

Tu as eu le fantastique courage de monter une école ABA afin que ton fils soit éduqué dans les conditions que tu souhaitais. Peux-tu nous parler des étapes clés de ce projet (qui rencontrer? comment s’y prendre?)?

Vanessa Virag: Quand je suis rentrée de New York il y a presque 4 ans, je me suis vraiment retrouvée dans une impasse. C’était l’hôpital de jour ou la maison, ce qui bien évidemment était inacceptable.

Très honnêtement, à l’époque, j’ai monté l’école sans demander l’autorisation de qui que ce soit. Pour moi, c’est l’État qui était coupable de ne pas prendre en charge ses enfants handicapés et de ne pas leur donner l’éducation dont ils ont besoin pour progresser. Je les défiais donc de venir me reprocher quoique soit.

Je ne conseille bien évidemment à personne de faire les choses de cette manière! Et je pense d’ailleurs que cela ne serait plus possible. Donc pour ceux qui auraient envie de se lancer dans cette grande et belle aventure, je vous conseillerai de vous rapprocher des ARS (Agences Régionales de Santé) qui sont en charge de ces projets depuis que les DASES ont été dissoutes.

En arrivant à Paris, j’avais entendu parler du Dr Diane Fraser, une BCAB vivant dans le sud et mettant en place des programmes ABA pour des familles en France. De ce que j’ai appris aux États-Unis,  je savais que, pour qu’une structure de ce genre marche, une bonne supervision est l’élément essentiel du bon fonctionnement de la structure et du progrès des enfants. Je l’ai donc contacté et lui ai proposé le projet de l’école, qu’elle a immédiatement accepté.

Nous avons commencé avec seulement deux enfants, mais, très rapidement après l’ouverture de la structure, le bouche à oreille s’est fait, et nous nous sommes retrouvés surchargés de demandes d’inscriptions. Je me suis donc tournée vers la mairie de Paris et la Région Ile-de-France afin de trouver des fonds et pouvoir accueillir d’autres enfants. J’ai eu la chance de rencontrer une femme formidable, Pénélope Komites, qui à l’époque était adjointe au maire, chargée des personnes handicapés. Elle m’a fait confiance et c’est grâce à elle que j’ai obtenu ma première subvention. Aujourd’hui nous accueillons 10 enfants.

De la même manière qu’une supervision irréprochable est essentielle, des intervenantes formées, c’est indispensable. C’est pour cela qu’il vaut mieux commencer petit, avec une équipe de qualité, et intégrer petit à petit de nouveaux enfants, une fois que les intervenantes sont formées. Diane Fraser a formé la plus part des intervenantes d’Ideal School. Une d’entre elle a obtenu son BCBA il y a un an, et trois autres sont en train de le passer.

Tu as eu l’occasion de comparer deux systèmes de soins: l’américain et le français. Quels enseignements en as-tu tiré?

Vanessa Virag: À mon retour en France, j’ai très sincèrement été choquée du retard que l’on a par rapport à l’autisme. Et je ne dis pas cela pour créer une polémique, mais simplement parce que c’est la réalité.

Aux États-Unis, même si tout est bien loin d’être parfait, j’ai trouvé une écoute auprès des médecins, et surtout des réponses pour mon petit garçon, que je ne trouvais pas en France. J’ai également constaté une bien plus grande ouverture d’esprit par rapport à la façon de traiter l’autisme.

C’est aussi pour cela que j’ai en envie d’écrire ce livre: pas pour convaincre qui que soit, mais simplement pour dire qu’il y a d’autres manières de voir les choses, et si cela peut aider ne serait ce qu’un seul enfant, j’en serai très satisfaite.

La réalité c’est qu’à ce jour, on ne sait toujours pas d’où vient l’autisme, quel en sont ses causes. Je ne vois donc pas pourquoi il ne serait pas logique d’explorer le plus grand nombres de pistes possibles, qu’elles soient génétiques, neurologiques, biomédicales, environnementales, ou tout cela à la fois!

Le livre de Vanessa Virag est disponible sur Amazon, bonne lecture!