J’ai envie de parler de deux choses dans cet article: comment nous avons vécu nos fêtes de Noël jusque là, et comment je vois cette fête pour nos enfants différents.
Noël 2007: Vlad a 1 an et 2 mois, et il commence à peine à faire des pas. Il nous fait des gros sourires, à nous, et à n’importe qui lui passe devant. Il reste tranquille devant la machine à laver qui tourne, dort beaucoup et ne s’intéresse absolument pas aux jouets, il préfère tourner les roues des petites voitures et pousse plus loin ce qui n’a pas de roue.
Le soir de Noël, on rend visite à des amis pour chanter des chants de Noël (tradition roumaine). Et ce soir là, un gros doute commence à s’installer dans ma tête en voyant le comportement de leur fille qui a deux mois de moins que mon fils, et qui se développe comme c’est écrit dans les livres. Je crois bien que c’est la première fois que je pars d’une visite chez des amis en larmes… et ce ne sera sans doute pas la dernière.
Noël 2008: la petite sœur de Vlad est arrivée. Il a un peu plus de 2 ans, et je me vois encore raconter à tout le monde que Vlad est un grand bébé qui a une marche très hésitante encore, tombe tout le temps, se cogne, dit maman, papa, mamie et papi, apa et lapte (eau et lait en roumain), ne joue toujours pas avec les jouets, et n’apprécie que le papier cadeaux sous le sapin.
Il est très très attachant, et je suis déjà la folle de la famille qui invente des problèmes. Je ne dors plus les nuit, je reste en bas avec ma fille qui ne faisait pas ses nuits, et je fouille sur internet tous les soirs, je pleure énormément et je pose des diagnostics sans cesse (dyspraxie, dysphasie, etc.). Il/on était déjà suivis au CAMSP.
Noël 2009: Vlad est déjà pris en charge en libéral en orthophonie (le CAMSP pensait que ce n’était pas nécessaire), on le stimule énormément; je suis toujours la seule à penser que ce qui nous pèse dessus est très grave. J’ouvre un blog pour parler de ma souffrance, je suis en congé parental et personne autour de moi ne me prend au sérieux (je le couve trop, je ne veux pas le laisser grandir, j’invente des problèmes car je m’ennuie, je ne sais pas l’éduquer, etc.).
Vlad commence à s’ouvrir, il est toujours très maladroit, ne va pas vers les enfants de son âge, mais s’intéresse déjà aux cadeaux de Noël. On commence à s’isoler. Son papa prend un peu conscience de sa différence, mais lutte de toutes ses forces pour nier l’évidence.
Noël 2010: les choses ont changé cette année-là, nous venions de recevoir le diagnostic d’anomalie génétique. Le mot autisme fait son entrée dans notre maison. Et ce n’était pas un professionnel du CAMSP qui m’en a parlé pour la première fois, je l’ai trouvé moi, toute seule, comme une grande.
Pourtant le Noël a été beau: Vlad était en moyenne section, avec une maîtresse géniale. À la maison, on continue le travail fait à l’école. Vlad commence à vouloir jouer avec les copains de classe, mais, hélas, c’est trop tard, les copains se sont habitués à un enfant qui ne sait pas parler ni jouer, et ne l’écoutent pas. Les cadeaux de Noël 2010 sont attendus avec impatience.
Noël 2011: nous voilà. Le calendrier-locomotive de l’avent a été au top! Vlad a écrit une lettre au Père Noël pour lui et sa sœur. Il a une petite prise en charge ABA-VB et va à l’école à plein temps. On a réussi à trouver une place chez la meilleure orthophoniste du coin, spécialisée en TED.
Il va très bien, parle de mieux en mieux, et commence à écrire en attaché. On sait maintenant qu’il est autiste atypique, la maladie génétique va l’accompagner toute sa vie. Et on la sent tous les jours. Elle a un joli nom: 15Q 13.3, et il en est atteint légèrement pour le moment.
Il n’a pas un seul copain, et j’ai presque perdu l’énergie de faire la manche. Il joue beaucoup avec sa sœur et nous en sommes ravis.
Nous commençons à retrouver des amis et ça fait du bien. Ceux (peu nombreux) qui étaient restés à nos côtés le sont toujours. Je me forme à l’ABA car je veux comprendre, et en ayant la certitude qu’en quelques années elle sera reconnue et des structures vont apparaitre partout en France.
C’est le premier Noël du Mur aussi. Et j’ai envie de crier: MERCI SOPHIE! Grâce à toi, les familles se sentent enfin écoutées! (Oui, c’est off topic, mais je ne peux pas m’abstenir!)
Récemment, une connaissance me demandait quels jeux éducatifs prendre à Noël pour faire travailler sa fille. Et je veux vous dire que même les enfants différents ont le droit de se faire plaisir à Noël. Laissez de côté pour un jour le travail, et pensez à leur faire plaisir tout simplement. Sous le sapin, des cadeaux comme tout le monde. Joyeux Noël !
J’espère n’avoir choqué personne avec mon titre inspiré d’Intouchable. Je n’ai pas pu résister. Désolée.


Si, tout comme moi, à un moment, vous vous êtes sentis perdus face à tous ces termes qu’on nous balance sans qu’on sache ce que c’est, voici un florilège de tout ces mots pour vous faire une idée! Et ne vous inquiétez pas, on est là pour vous aider…