Inclure un enfant autiste au sein de sa classe pour une activité donnée, d’accord… mais quelle attitude adopter alors à son égard, et surtout comment réagir et décoder les comportements mystérieux auxquels l’enseignant va se trouver immanquablement confronté?
Afin d’éclairer la lanterne de mes collègues quelque peu affolés (notre école primaire est dotée depuis la rentrée de septembre d’une CLIS – TED accueillant 6 enfants autistes, placés sous la responsabilité d’une jeune enseignante non formée comme c’est, hélas, souvent le cas!), je me suis permis d’établir une liste la plus concrète possible de comportements, ceci en vue de rassurer et ainsi de favoriser les premières communications.
En effet, l’affectivité et les réflexes naturels auxquels nous avons tous recours sont étrangers à l’autisme. Ne pas pouvoir décrire ce que l’on ressent est terrible. Pour un autiste, son propre comportement comme celui des autres lui sont souvent déconcertants. Voici donc ce petit lexique du langage autistique:
Les rituels. Ce sont des formules magiques lancées contre les agresseurs, une sorte de fétichisme qui donne l’assurance que les choses peuvent rester les mêmes et avoir leur place au sein d’un environnement complexe et mouvant. Dans le même registre, on constate qu’un autiste est incapable d’interrompre une tâche commencée.
Faire des collections. Cela signifie pour lui établir la preuve de son appartenance à un grand ensemble avec l’espoir de pouvoir un jour s’intégrer au monde.
Ranger, aligner. C’est créer de l’ordre pour avoir une représentation symbolique d’un monde plus compréhensible.
Dessiner des cercles ou des lignes. Ça sert afin de se protéger contre l’invasion extérieure.
Cligner des yeux compulsivement, éteindre et rallumer la lumière très vite. C’est utile pour ralentir les choses et les rendre plus fractionnées, donc moins effrayantes. L’interrupteur appartient au monde, mais il est rassurant car il ne change pas de place et fait toujours ce qu’on lui demande.
Le refus de porter un bonnet et la rage qui peut en découler révèle une hypersensibilité aux stimulations extérieures ainsi qu’au contact.
La peur des poupées qui rappellent trop à l’enfant qu’il ne peut être touché et consolé par d’autres.
La chute répétée d’objets qui indique qu’il est conscient qu’une fuite vers la liberté est possible.
Sauter, ce qui procure la sensation euphorisante du rythme. L’enfant montre ainsi qu’il lui manque quelque chose et qu’il souhaite l’obtenir.
Fredonner inlassablement le même air pour se protéger des bruits.
Se balancer d’un pied sur l’autre comme pour prendre son élan et franchir le trou noir qui le sépare du monde.
Secouer les mains, se frapper la tête ou le menton, donner des coups sur les objets afin de diminuer l’anxiété et se rassurer.
Regarder à travers un objet parce que tout doit être indirect pour tromper l’esprit, pour qu’il se détende et puisse vraiment voir et surtout, comprendre.
Le rire exprime souvent la peur ou le relâchement de l’anxiété. La sensation de plaisir s’exprime rarement par un moyen aussi direct que le rire.
Applaudir indique davantage le plaisir mais il peut également signaler la fin d’un état de rêverie (… le spectacle de la vie).
Tournoyer est un comportement d’auto-stimulation. Il procure à l’enfant une sensation de puissance, car il contrôle ainsi les choses (« Je tournais en rond, la pièce tournait avec moi… j’arrivais à faire tourner une pièce entière! » Temple Grandin). En entortillant les cordes d’une balançoire pour ensuite se laisser tournoyer à toute vitesse, on regarde tourner le ciel et la terre. Tous les enfants adorent cela, mais pour les autistes c’est une véritable obsession.
Déchirer du papier symbolise la peur de la séparation d’avec les autres. En prenant les devants et en détruisant par avance le rapprochement, on risque moins de souffrir d’abandon au moment du départ.
Briser du verre afin de faire voler en éclat le mur qui le sépare des autres.
S’éblouir dans la lumière pour s’hypnotiser soi-même et se calmer.
Se blesser ou faire sciemment des choses incongrues pour provoquer une réaction brutale chez les autres, vérifiant ainsi qu’ils sont bien réels.
Se souiller délibérément afin de se libérer d’un auto-contrôle excessif et oppressant tout en exerçant un certain pouvoir maléfique sur les attentes des autres.
Passer ses doigts dans les cheveux, effleurer les bras d’une personne sont des contacts physiques rassurants. Les cheveux et les membres paraissent comme détachés du corps, ils sont donc moins personnels, moins intimes que le visage et ne constituent par conséquent pas une menace.
L’utilisation d’expressions lourdes, compliquées, redondantes ou l’emploi d’un langage obscur lorsqu’il parle est une sorte de cryptophasie (code que les jumeaux utilisent parfois entre eux). Là encore, il s’agit d’une forme de protection contre l’extérieur.
L’autisme est un état qui, au début, est un évitement puis une perte prudentielle de la relation avec l’entourage. Mais, comme la fonction symbolique ne cesse d’être en action chez l’être humain, le langage continue de s’élaborer sans échange complice avec autrui, d’où la perte du code du langage commun à ceux qui entourent le sujet. Le sujet est absorbé par son état qui l’angoisse et le terrorise, le fait rire mais parfois non, et il invente des gestes conjuratoires vis à vis de ses idées angoissantes, qui l’apaisent.
- L’échec scolaire, Françoise Dolto

Vous donnez là une définition uniquement psychanalysant des différentes stéréotypies et autostimulations, et si vous le permettez, j’aimerais rappeler que la recherche concernant l’autisme a passablement avancé depuis une quarantiane d’année, et que la définition qu’en propose Françoise Dolto, n’est plus valable du tout pour le reste du monde .
, à l’appui d’imagerie cérébrale qu’il s’agit de l’expression d’un fonctionnement particulier du cerveau qui fait communiquer entre elles , sans intermédiaire de la zone du langage (comme chez un neurotypique), les zones de perseption auditive et visuelle brutes (ces m^me zones du cerveau dont le cortex est épaissi chaez les autistes, et où le matière grise est plus abondante chez l’autiste que chez le neurotypique).
L’autisme est un handicap neurologique, ce n’est pas une perte prudentielle de la relation avec l’entourage….les stéréotypies ne sont pas des gestes conjuratoires mais le Professeur Motron pourrait sans doute vous expliquer très concrètement -mieux que moi en fait
D’autres scientifiques pourraient aussi vous démontrer , imagerie à l’appui , comment les troubles vestibulaires des autistes sont soulagés par des autostims de toupies par exemple (d’où des programmes complets de stimulations sensitives – balancements, tournoiements etc).
Bref je ne vais pas en faire une tartine , parce que je n’en suis pas capable, mais quand je lis:
« Déchirer du papier symbolise la peur de la séparation d’avec les autres. En prenant les devants et en détruisant par avance le rapprochement, on risque moins de souffrir d’abandon au moment du départ. », je pourrais aussi vous dire que ce comportement est dicté par ses conséquences absolument pas symboliques et que ce type de comportement disparait avec une prise en charge adaptée en étudiant ce qui se passe avant , pendant et après qu’il soit réalisé.
Mais on rentrerait ensuite dans un débat psychanalyse contre comportementalistes , et m^me si j’ai mon opinion à ce sujet comme vous pouvez l’imaginer, chacun « voit midi à sa porte » et fait ce qu’il juge bon pour son enfant.
J’avoue que j’ai aussi un peu tiqué pour certaines explications, qui par exemple ne s’appliquent pas du tout à Matthieu, qui n’a pas peur des poupées (ni des autres), et dont la chute d’objets est plutôt une auto-stimulation qu’une fuite vers la liberté. Mais peut-être s’appliquent-elles à Antoine? Peut-être que Fabrice peut éclairer sa pensée par rapport à ça. =)
Fredonner inlassablement le même air peut aussi, pour Matthieu, s’appliquer à se libérer du silence, qui apparemment est une monnaie qui n’a pas cours dans cette maison, sauf la nuit!
je suis d’accord que cette défénition est tout de même assez manicquéhène… un enfant = une forme d’autisme… il est très dur de faire une corélation entre le comportement de l’enfant et une signification générale… il faut savoir décoder pour chaque enfant, prendre le temps de le comprendre pour pouvoir rentrer dans un système de communication qui lui sera adapté, et qui vous sera adapté ausi d’ailleur….
il y a nombre courant de pensée à ce sujet, mais personne n’a réellement de réponse… cette liste, peut être effectivement un appui pour le jeune professeur mais en aucun cas une bible avec une vérité universelle… certes les comportement sont plus ou moins identique d’un enfant à l’autre mais chaque enfant le fait pour raison différente….
en tout cas bonne initiative pour cette enseignante, pour travailler en école, les enseignant sont bien mal formés sur ce sujet, mais ne veulent pas forcement faire l’effort de se former mais cela est un autre sujet…
Mon dieu, je ne pensais pas encore possible de lire des explications aussi « tirées par les cheveux ».
c’est grave d’écrire des choses pareilles et en plus de les partager avec l’enseignante qui va prendre en charge cette classe. Ca va vraiment pas l’aider avec ces enfants!!!! Je ne vois pas comment une explication psy d’un comportement d’un enfant autiste peut l’aider.
Comme les autres, les enfants autistes sont uniques et chacun aura ses réactions, ses stéréotypies, et elles lui sont personnelles.
Esteban adore les poupées, il commence a rentrer dans le jeu d’imitation: le coucher, le mettre sur le pot, lui donner le bib….. Esteban a besoin d’un contact physique et de câlins… Il es propre et ne supporte pas d’être sale ou mouillé…., etc etc etc… Ce sont ses comportements à lui et ne s’appliquent qu’à lui. Aucune généralisation n’est possible.
Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué?
La pluspart de stéréotypies que vous décrivez ce sont purement et simplement des autostimulations.
Cligner des yeux, c’est tellement beau les effets de lumière…
Jeter des objets, c’est tellement rigolo le bruit…
etc etc etc.
Les autistes ont une perception complètement différente de la notre : ils ne perçoivent pas les sons, les odeurs, les lumières comme nous. Des fois c’est effrayant pour eux, et des fois ils sont émerveillés. Ils peuvent s’y réfugier quand ils s’ennuient ou quand ils sont stressés, car forcement ne pas comprendre ce qui se passe autour stresserai quiconque, mais de là à aller chercher des explications métaphysiques, bof.
@Nath: Chez nous les stéréotypies vocales sont un moyen poli pour Stan de nous dire qu’il n’en a rien à secouer de ce qu’on lui raconte
))
Oui Inclure un enfant autiste, ted, interroge l’enseignement, le fait se remettre en question, le fait réfléchir….. aux parents, aux acteurs de la remédiation, de l’aiguiller, de lui donner des explications, des indices, où comment interagir avec l’enfant, le calmer, etc….. Je trouver l’initiative de l’auteur de l’article justifié, car il a été dans la démarche de vouloir donner des clés aux enseignants, certes je ne suis pas très en accord avec les définitions données, mais je salue l’initiative…….
Je me permets néanmoins de donner un autre point de vue
.
Les rituels permettent à l’enfant de se rassurer certes, les autres enfants ont également des rituels, se mettre en rang, aller en classe en silence, s’asseoir à sa place, sont des rituels, aider l’enfant à les comprendre et les faire siens par la suite, c’est l’éloigner de ses rituels propres, c’est l’aider à généraliser……. Interrompre une activité est difficile mais non impossible! C’est l’importance de l’anticipation, de la structuration visuelle, de la mise en place de scénarios sociaux.
Faire des collections, c’est avoir un intérêt pour quelque chose, à nous parents de se servir de ces intérêts pour faire entrer l’enfant dans les apprentissages, c’est LE vecteur pour amener l’enfant vers autre chose, s’intéresser à ce qui l’intéresse.
Aligner, ranger c’est aussi se rassurer, mais cela démontre aussi une problématique avec le jeu symbolique, il faut apprendre à jouer, montrer l’utilité des choses, rien n’est de l’ordre de la science infuse….. là aussi cette activité peut amener à beaucoup d’autres si on sait s’en servir, du tri etc……. c’est pas un mal en soi.
Dessiner des cercles ou des lignes, quand on sait que beaucoup d’enfants teds ont des problèmes de motricité fine, on devrait en déduire qu’il ne cherche pas à s’enfermer, ils ont besoin d’aide, de guidance, de modèles à suivre….. Un enfant qui dessine un rond, c’est qu’il sait dessiner un rond point…… mais qu’il a peut-être du mal à faire plus……
Le clignotement des yeux, le regard fuyant ect….. souvent relatifs à des soucis d’ordre sensoriel tout simplement, d’expérience de la luminosité etc……. une sensibilité en mode hypo ou hyper….. ou peut-être effectivement qu’un interrupteur se maitrise lol……
Le bonnet, voir la texture de la matière, ou le fait de ne pas supporter d’avoir un truc sur la tête tout simpelment…… ça gratte !
Pour les cheveux d’autrui, c’est simplement découvrir une texture, une couleur……
On pourrait continuer ainsi…….. Mais bon………
À première vue, en tant qu’enseignante qui a appris avec des enfants « non-diagnostiqués », je vous dirais que la chose la plus importante à dire à cette enseignante c’est que la connaissance de l’autre, quelqu’il soit, demande du temps et une grande ouverture pour ne pas rationaliser ce qui ne peut être rationaliser : la relation avec l’enfant et ce que cette relation nous fait vivre. Souvent on cherche à se rassurer avec ce genre d’explicatiuon alors qu’il est plus rassurant, avec le temps, d’accepter de ne « pas savoir »… Enfin, c’est ce que j’ai appris avec le temps !
Apprendre le nom de l’enfant et de le prononcer avec beaucoup de respect.
Apprendre à questionner l’enfant et/ou laisser les réponses venir d’elles-mêmes.
Apprendre à proposer des choix à l’enfant et à savoir ce qu’il aime et ce qu’il n’aime pas.
Ne pas s’inquiéter de ne pas savoir tout et tout de suite…
Voilà les premières leçons de « confiance » que les enfants différents ( autistes et autres ) m’ont apprises.
Le premier adolescent asperger qui est entrée dans ma classe ( non diagnostiqué à l’époque tout le monde avait la même étiquette) m’a arrêtée avec une question alors que j’expliquais les règlements de l’école, à l’occasion de la rentrée scolaire. Il voulait savoir comment il se faisait qu’il y avait tant de prises de courrant dans notre local. Les élèves ont éclaté de rire car il était « hors sujet » et Kevin est devenu très mal à l’aise, surpris par ces rires qu’il ne comprenait pas.
Mais moi, je trouvais sa question fort pertinente et à ce moment précis, je me suis dit qu’il aurait-il été préférable que je commence par écouter leurs questions plutôt que de les accueillir avec les « règlements de l’école »… Ce petit garçon de douze ans m’a beaucoup fait réfléchir sur ma manière d’enseigner…
J’ai dit aux enfants que cette question était très pertinente et j’ai remercier Kevin pour cette question. Il y avait effectivement plusieurs prises de courrant et je ne savais pas moi-même pourquoi, étant nouvellement arrivée dans cette école, tout comme eux… Nous avons fait quelques hypothèses et avons décidé de faire enquête auprès des anciens. Les élèves m’ont rapporté la solution de ce « mystère » le lendemain. Kevin avait trouvé sa place au sein du groupe grâce à cette question !
(Désolée, le site de ma classe ne fonctionne que sur Internet Explorer pour le moment : peut-être un de mes élèves saura-t-il m’enseigner comment le réparer ? (…)
Je visite ce site de temps en temps et le trouve bien fait dans l’ensemble. Mais ce genre de propos me désole. Quelle valeur ont-ils ? Comment peut-on asséner de telles « vérités » sur l’autisme et ce que pensent les autistes ? Qu’en sait l’auteur ? On est la plupart du temps plus dans le domaine de la voyance et de la pensée magique. Par exemple:
« Briser du verre afin de faire voler en éclat le mur qui le sépare des autres » ??? Pourquoi pas « parce que le bruit du verre qui casse c’est rigolo » ou « pour regarder voler les fragments dans tous les sens, tels des éclats de lumière volés au soleil » ou que sais-je encore.
Je suggère à cet auteur de se plonger dans la lecture du récent rapport de la Haute autorité de santé sur l’état des connaissances sur l’autisme:
http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_935617/autisme-et-autres-troubles-envahissants-du-developpement
et à éviter les extrapolations hasardeuses.
Il y a quand même quelques vérités assez bien établies, comme la fonction rassurante des stéréotypies ou les hypersensibilités tactiles. Mais franchement dans tout cela il y a du tri à faire.
trouver des raisons psycho là ou il n’y en a pas
mon fils fait des conféttis minuscules avec tout ce qu’il trouve.papier,mousse..etc et je peux dire que ce n’est pas par peur de l’abandon puisqu’il ne fait ça que lorsqu’il s’ennui et souhaite attirer mon attention..bref quand je m’occupe d’autre chose et c’est systématique!!
quand il jette un verre c’est qu’il est soit en colère car il n’a pas obtenu ce qu’il voulait soit parce que il trouve ça marrant!!
autiste d’accord mais il faudrait peut-être penser des fois à leur accorder des » comportements » d’enfants et pas « psychiatriser » ( ne cherchez pas ce mot dans le dico il n’existe pas lol) le moindre de leur mouvement !!!
Si l’instit se base sur ce que dit cet article..;je pense qu’il faut se faire du souci…surtout si ce genre d’article se pérénise!!!!
ah Freud,Dolto et tous les autres!!ils ont fait du bon boulot certes mais il est peut-être temps de passer le relais à des théories ( appuyées par des faits réels) plus modernes diront-nous!!!
La France est malade ….malade de ses psychiatres…et de leur vision obtue!!!
allez les parents..au boulot..va faloir remuer tout ça !!
Houlala ! Je ne pensais vraiment pas succiter une telle polémique en publiant cet article mais je me suis, je le crois, mal exprimé quant à son utilisation.
Cette liste est en fait destinée à l’ensemble de notre équipe pédagogique, soit 8 enseignants dont 3 en fin de carrière qui se trouvaient totalement désemparés ( voire complétement réfractaires ) devant le fait de devoir procéder à des inclusions au sein de leur classe. J’ai donc senti que ces collègues avaient un grand besoin d’entendre des explications rationnelles, parce qu’il est clair que le monde mystérieux de l’autisme peut générer de terribles angoisses à qui se poserait beaucoup trop de questions.
J’ai évidemment bien conscience qu’il ne s’agit pas d’en rester là au niveau des interprétations des comportements observés ( qui ne sont d’ailleurs pas toutes valables pour Antoine non plus ) mais cette sorte de « manuel de 1er secours » ( et pardon pour ceux que ce terme pourrait à nouveau choquer ) s’est avéré très utile pour « décoincer » certains enseignants qui n’avaient aucune connaissance de cette pathologie complexe et commençaient déjà à tenir des discours défaitistes.
J’ajoute que l’enseignante chargée de la CLIS-TED a 3 années d’ancienneté dans le métier et n’a bénéficié de son côté que de quelques bribes d’une formation sur le terrain. Elle ne peut par conséquent pas endosser le costume de personne ressource sur laquelle on est en droit pouvoir compter lorsqu’on est un enseignant dit normal en vue d’une aide pratique à l’inclusion ( dans des classes de 25 ou 28 élèves ).
Voilà.
J’espère que ces petits éclaircissements auront quelque peu appaisé les esprits…
Excusez-moi, mais la première chose qui me soit venue à l’esprit en lisant votre article c’est « mais c’est quoi ces c*nneries? » Dans les stéréotypies propres à l’autisme, l’interprétation par l’observation ne suffit pas. Vous êtes neurotypique, comment voulez-vous vous projeter dans l’esprit d’une personne autiste?
J’ignore ce que peuvent penser les personnes concernées de telles interprétations. Si elles confirment, je dis bravo.
fabrice,
je vais prendre votre defense, lol, pourtant je fais des bons derriere mon pc.
Vous y avez mis votre interpretation, mais c’est loin d’une verité, c’est le shema que vous vous etes approprié, comme moi, je me l’approprie par rapport a mon enfant.
Le probleme, c’est que de l’autre coté ca va etre pris au pied de la lettre.
Moi, mon fils dechire les feuilles, car le crissement du papiet qui se dechire est jouissif a sa super sensorialité acoustique, vous voyez la difference avec votre interpretation?
tous nos enfants sont uniques
Bonjour Monsieur,
Avec tout le respect que je vous doit, je suis des enfants autistes en milieux scolaire. Et suis consternée par le manque de formation des enseignants et de la méconnaissance des Troubles Envahissants du Développement de ces derniers.
Vous venez de recevoir les témoignages de parents, d’accompagnants, de personnes qui vivent au jour le jour avec des autistes, et les connaissent bien. Visiblement mieux que vous…
La généralisation simpliste que vous faites de certains troubles (en aucun cas penser que vous êtes exhaustif…), est dangereuse, les explications sont déconcertantes et souvent fausses, les parents qui ont eu la gentillesse de rectifier ne serait-ce que la notion de « stéréotypie » par exemple montre à quel point vous n’êtes pas à même de donner des « conseils » à qui que ce soit et encore moins à des enseignants qui sont la plupart du temps, je vous l’accorde, dans le désarroi et l’incompréhension.
Merci pour les enfants, les parents, et les proches d’autistes de ne pas « donner » de conseils, de mettre des comportements dans des cases avec des explications aussi hasardeuses que fausses.
Vous avez sans doute trouvé ces « explications » dans un manuel d’étude psychanalytique des comportements autistiques…Cela ne sert à rien en milieu scolaire…
L’approche psychanalytique de l’autisme est aujourd’hui de plus en plus abandonnée, car les causes ne sont pas encore totalement connues et semblent provenir de nombreux facteurs dont certains génétiques.
Vous persistez et signez en disant que vous avez écrit cet article « uniquement pour aider une équipe pédagogique », je suis consternée. Cet article ne leur sert à rien au quotidien, voire pourrait éveiller de fausses interrogations…
Oui vous avez mis un certain nombre de personnes en colère car cela touche nos enfants et que la plupart sont diagnostiqués « autistes atypiques ».
Mais avez vous une idée de ce qu’est un enfant autiste atypique? Un autiste Asperger? Le syndrôme de Rett?
Alors, si vous avez un réel intérêt pour ce sujet, lisez, apprenez, côtoyez des autistes eet aimez-les. Ensuite nous vous écouterons.
Laurence
Laurence, Fabrice a un enfant autiste, je pense qu’il sait de quoi il parle. =)
Je pense qu’il faut continuer à discuter de manière cordiale comme nous l’avons fait hier ici et sur Facebook, en échangeant plutôt qu’en s’agressant.
Je comprends bien dans quel esprit Fabrice a écrit cet article, il est proche du ton qu’on retrouve dans leur livre: plutôt imagé et poétique. C’est vrai que cela peut être mal pris/mal compris.
En voulant bien faire pour aider ses collègues, Fabrice a fait une petite maladresse en donnant des interprétations qui ne peuvent être appliquées à l’ensemble des enfants autistes. Je pense qu’il serait utile pour ses collègues de recevoir une des formations gratuites du CRA (qui se déplace à l’école) pour qu’ils puissent comprendre un peu mieux le handicap.
Moi, je vous propose de faire votre liste ci-après, dans les commentaires. Si vous deviez dire quelque chose aux collègues un peu perdus de Fabrice, que leur expliqueriez-vous?
En espérant que le ton restera, comme il l’a toujours été par le passé, amical et poli, je vous souhaite à tous une bonne journée. =)
Amicalement,
Nathalie
Bonjour,
Je suis maman d’un petit garçon autiste et aussi enseignante. Je ne vais pas parler en tant que maman car ce type d’interprétation me fait hurler (et je veux garder mon énergie pour d’autres combats) mais en tant qu’enseignante.
La première fois que j’ai eu un petit garçon autiste dans ma classe (ma première année d’enseignement), j’étais perdue.
J’aurais eu besoin d’aide mais d’une aide pratique du type : comment calmer un enfant tout affolé, comment attirer son attention, comment le récompenser lorsqu’il travaillait bien… Ce genre d’informations, je l’ai appris un peu plus tard, vient le plus souvent de la part des parents, des divers thérapeutes.
Alors pour ces enseignants réticents ou inquiets : pourquoi ne pas organiser une rencontre informelle entre les enseignants qui vont accueillir l’enfant, les parents, voire les thérapeutes… Ou inviter l’enseignant dans la clis TED ? afin de dédramatiser la situation…
Et pour finir à quoi cela va-t-il de donner une explication sur l’origine (ou pseudo originie) de la stéréotypie ? il me parait beaucoup beaucoup plus utile de savoir quoi faire en cas de stéréotypie ou de comportement inaproporié. Ce me fait penser aux scientifiques qui cherchent la cause de l’autisme (c’est bien même hormis les théories pskk me mettent hors de moi) mais moi, en tant que maman ou qu’enseignante, je préfère me concentrer sur l’amélioration et la gestion du quotidien, sur les apprentissages…
@ Mme Hamidi
Il me semble avoir été parfaitement polie et cordiale. Je ne suis pas d’accord avec ce monsieur, qu’il ait un enfant autiste ou pas.
Cordialement,
LC
Même si je ne suis pas d’accord DU TOUT avec ce qu’a écrit l’auteur, pensons « constructif »:
Il existe un guide gratuit édité par le CRA du Languedoc Roussillon, que je peux faire parvenir à qui est intéressé par MP. Ce guide est fait par une enseignante spé.
Il y a tout simplement le guide de l’Education National pour la scolarisation des enfants autistes qui me semble bcp plus judicieux de faire lire aux futurs enseignants que des interprétations faites par soi même. il y a de la bibliographie à la fin pour ce qui veulent aller plus loin. Pourquoi réinventer l’eau tiède?
http://media.education.gouv.fr/file/ASH/57/5/guide_eleves_autistes_130575.pdf
Il y a tout simplement le guide de l’Education National pour la scolarisation des enfants autistes qui me semble bcp plus judicieux de faire lire aux futurs enseignants que des interprétations faites par soi même. il y a de la bibliographie à la fin pour ce qui veulent aller plus loin. Pourquoi réinventer l’eau tiède?
http://media.education.gouv.fr/file/ASH/57/5/guide_eleves_autistes_130575.pdf
Bien…Je crois que c’est à nouveau à moi de répondre à ce second flot d’attaques…!
J’aurais pu ( dû je crois ) développer davantage hier soir en lisant les premiers commentaires mais après une bonne journée de classe et cette salve de critiques, j’avoue ne pas en avoir eu le courage.
Entre temps, j’ai réussi à rassembler mes idées et en plus, demain, c’est mercredi…! ( merci l’éducation nationale ! ) alors,… à l’ assaut pour une nouvelle tentative d’explication.
Répondre « je ne sais pas » à une question peut-être un constat d’impuissance ou d’humilité, mais aussi une façon d’échapper à un questionnement gênant, dans ce cas, l’absence de réponse ferme toutes les portes.
Ebaucher des idées de réponses, même discutables, est une manière de proposer des portes à ouvrir pour aller plus loin. Le jeu ( et les enjeux ) des questions-réponses d’un parent face à son enfant n’est pas le même que celui d’un enseignant face à son élève.
Les enseignants sont tous différents mais on peut tout de même dire qu’il y a 2 grandes catégories : les plus jeunes, formés dans les (feu) IUFM ou à la fac et les anciens dont je fais partie, formés…sur le terrain avec un soupçon de Dolto, un zeste de Freinet ou de Montessori parfois.
Leur point commun ? Leur ignorance face à un élève présentant des troubles envahissants du développement et du comportement…. et qui déstabilise le « groupe classe ».
Il y a malheureusement pénurie d’enseignants spécialisés. La plupart de ceux prenant en charge des CLIS sont des enseignants ordinaires, volontaires ou parachutés parfois contre leur gré.
Il ne faut pas confondre langue et langage qui renvoient à 2 concepts différents.
La langue, orale ou écrite, est un exemple de système symbolique. Il en existe d’autres : la langue signée des malentendants, le braille, le morse…. L’acquisition d’une langue est le résultat d’un apprentissage arbitraire et symbolique inventé par un groupe. C’est la mission de l’école, la spécialité des enseignants, ce à quoi ils sont formés.
Le langage est une aptitude qui consiste à créer et à utiliser des systèmes symboliques à des fins de communication. Pour nous, c’est un phénomène vital, intuitif et social ( sourire, poignée de mains pour dire bonjour… )
Le langage autistique n’a pas la dimension sociale et son propre comportement comme celui des autres est déconcertant.
Pour un autiste sévère, parler, écouter et voir ne peuvent souvent se faire en même temps. Ainsi, le gâteau qu’il voit sur la table ne peut-être le même que celui qui est dessiné dans son imagier et est différent de celui dont on lui parle en lui disant » Apporte-moi le gâteau. »
Imaginez un enseignant empétré dans tout celà et devant accomplir malgré tout sa mission d’apprentissage de la lecture et de l’écriture. Il se trouve face à un élève dont il ne comprend pas le comportement, il s’arrache les cheveux en constatant que son élève est capable de lire « la chaise bleue » au tableau, mais ne sait pas entourer le mot « chaise » dans son cahier lorsqu’il est écrit » la petite chaise ».
Le risque pour cet enseignant de penser que son élève est un perturbateur armé de toute la mauvaise volonté du monde, la tentation de renoncer à trouver des réponses peuvent exister.
Il me semble donc urgent d’apporter alors des éclairages concrets, qu’il ne faudra certes, ni figer ni généraliser, pour montrer qu’un élève autiste est capable, que quand il ne fait pas, ce n’est pas parce qu’il ne veut pas mais qu’il ne peut pas, pour des raisons bien spécifiques.
Il existe 3 sortes de comportements :
Certains qui peuvent déranger ou irriter car ils ne sont pas adaptés au contexte ( ex :crier pendant un match de foot n’est gênant ni surprenant pour personne alors que dans une classe, c’est tout à fait différent ) .
Ces comportements contextuels peuvent être inadaptés mais jamais ( rarement ) provocateurs ou manipulateurs. Parfois, il faut savoir modifier le contexte pour les faire cesser.
Les comportements d’auto-stimulation peuvent être très envahissants et il faut en décoder les 2 raisons possibles ( obtenir / éviter ).
Les comportements non négociables à faire cesser impérativement sont ceux qui empêchent quoiqu’il en soit la vie en communauté ( cracher, arracher les cheveux… ), en particulier en classe.
Cette fameuse ( et désormais célèbre ! ) liste présentée trop vite, maladroitement sans doute, n’était aucunement destinée aux parents et aux professionnels de la prise en charge de l’autisme, mais rédigée par un enseignant un peu éclairé sur la question pour d’autres enseignants totalement paniqués à l’idée de se retrouver nez à nez avec un enfant autiste dans leur classe.
Elle a eu le mérite de faire réfléchir certains de mes collègues et leur a permis de découvrir qu’il y a toujours une partie immergée dans un iceberg.
Ce ne sont pas des réponses magiques, simplement des portes à ouvrir.
Fabrice, vous écrivez : » L’absence de réponse ferme toutes les portes… »
Personnellement, je trouve au contraire qu’elle permet de s’ouvrir à la très belle aventure d’accepter un enfant tel qu’il est …sans a priori…et à communiquer avec les personnes qui vivent avec cet enfant depuis sa naissance afin de chercher avec eux, et avec l’enfant, ce qu’il convient ou non de faire pour améliorer la zone de confort de chacun.
Il y a psychanalyse et psychanalyse…mettre en mot le vécu d’un enfant qui ne sait pas le faire est toujours gagnant… que l’on soit parent, enseignant ou pédopsy…à la condition de savoir décoder le langage non verbal, non pas avec les explications que vous proposez mais plutôt en cherchant les zones de confort et d’inconfort de l’enfant dans son vécu immédiat.
Est-il heureux du travail qu’on lui propose de faire ?
Y a-t-il un bruit qui le dérange ? Une odeur ? Un mouvement ? Des personnes ?
A-t-il envie de se déplacer ? A-t-il besoin de mieux connaître son horaire ? A-t-il besoin d’entendre la voix de sa mère ? Une chanson ?
Chercher à rationaliser un vécu en faisant des liens basés sur des explications que seule une expertise de plusieurs années permet de faire grâce à une longue analyse vécu par l’analyste et un contexte d’analyse pour l’analysant ( ce qui n’est pas le cas du contexte de la classe) me semble être non seulement inapproprié mais dangeureux. On ne s’improvise pas psychanalyste quand on est enseignant.
Aussi, j’opterais pour une démarche plus humble et surtout beaucoup plus simple.
Par exemple échanger avec les parents pour connaître cet enfant avec qui ils vivent depuis sa naissance et expliquer aux enfants du groupe en quoi cet enfant est différent et ce qu’ils peuvent faire pour l’aider à se calmer ( exemple : lui laisser un peu plus d’espace, ne pas le regarder, attendre qu’il se calme, le laisser aligner ses crayons sur sa table, lui apprendre à faire des choix, etc…)
Eva
20/04/2010 • 14:46
Il y a tout simplement le guide de l’Education National pour la scolarisation des enfants autistes qui me semble bcp plus judicieux de faire lire aux futurs enseignants que des interprétations faites par soi même. il y a de la bibliographie à la fin pour ce qui veulent aller plus loin. Pourquoi réinventer l’eau tiède?
http://media.education.gouv.fr/file/ASH/57/5/guide_eleves_autistes_130575.pdf
…………………………………………………………………………..
J’ai lu en diagonal et à première vue, il me semble que voilà un très bon outil pour les enseignants !
Merci Eva ! Je le mettrai en lien sur le site de ma classe.
Allez ! Je vais m’accorder le mot de la fin concernant cette polémique bien involontaire… mot qui ne sera sans doute pas lu par grand monde puisque tout a, je crois, été dit haut et fort sur la question !
Tant pis ! Je vais donc passer pour le « gros nul de service » aux yeux des lecteurs de ce site, sniff !!! mais je compte bien me rattraper par un prochain article : ) . Promis !
Si celà peut en rassurer certains, je précise que la liste et l’interprétation des comportements autistiques que j’en avais faite n’était destinée qu’à mes 7 collègues, établie d’après certains comportements des 6 enfants autistes ( dont 3 sont non-verbaux ) intégrés dans notre établissement ; cet écrit n’avait donc aucune prétention pédagogique, je le voyais plutôt comme un plaidoyer sur le fait que ces enfants ne sont pas simplement des agitateurs publics dont on ne pourra jamais rien tirer mais que chaque comportement étrange et souvent perturbant pour le groupe recèle son explication.
Cette liste m’avait été plus ou moins dictée à la vue des réactions de rejet catégorique de certains collègues à l’annonce de la création de la CLIS-TED dans nos murs … du style » Je ne me vois pas inclure dans ma classe un gamin poussant des cris et balançant tout à travers la pièce » , « Mais tous les autres élèves vont vouloir en faire autant »…. ou pire ( même si c’était sans doute de l’humour car on plaisante beaucoup dans les cours de récré !!! ) » Au lieu de les intégrer, on devrait plutôt les désintégrer ».
Il faut dire que comme je ne me balade pas avec une étiquette » Père d’enfant autiste » collé sur le front en permanence, il m’a été donné d’entendre certains propos qui m’ont terriblement affecté.
Bref ! J’ai préféré combattre ces préjugés en tentant de persuader chacun d’essayer au moins une fois l’inclusion dans sa classe. Les explications fournies pour les comportements observés avaient pour seul but de faire comprendre à mes collègues que si l’enfant faisait ça ou ça , c’était peut-être pour telle ou telle raison et non pas pour fiche la classe en l’air.
A ce jour, nous ne sommes toujours que 4 au sein de l’école a avoir « osé » l’inclusion ( en EPS , musique et arts plastiques ) certains collègues opposant toujours un « non » catégorique.
Je pense pour ma part que ceci est bien plus grave encore qu’une l’interprétation subjective des stéréotypies liées à l’autisme.
Cordialement à tous.
Beaucoup de réactions aux propos de Fabrice Meyer l’ont été dans le sens : on ne peut pas systématiser, chaque enfant étant différent. Malheureusement beaucoup de ces propos s’accompagnaient de la même systématique, mais vue d’un autre point de vue. Ainsi j’ai beaucoup lu : mais non, ce n’est pas votre interprétation, s’il fait ceci ou cela, c’est qu’il trouve ça rigolo tout simplement ! C’est tout aussi interprétatif et tout aussi généralisant ; on pourrait retourner à ces gens leurs propres arguments : et comment savez vous qu’ils trouvent ça rigolo, les enfants ? C’est votre interprétation aussi.
Je ne crois pas que Fabrice Meyer aie eu l’intention de plaquer toutes ces explications sur le comportement de tous les enfants : il voulait simplement montrer, je crois, qu’un comportement étrange peut trouver une explication. Et cette explication si on la plaque, qu’elle soit psychanalytique ou neurologique (j’en ai lu pas mal des explications dites neurologiques, dans les commentaires !), eh bien c’est un placage tout aussi nocif car c’est, dans les deux cas, nier qu’il puisse y avoir une explication que pourrait donner l’enfant lui-même, si on lui en donnait les moyens. De plus, je trouve que réduire un enfant à ses neurones c’est faire bien peu de cas des relations qu’il peut bâtir avec son entourage, parents, éducateurs et enseignants.
Ceci dit, tout le monde a l’air de penser l’autisme comme un fait incontournable… tous les comportements ici racontés, j’ai pu le rencontrer sur toutes les autres catégories d’humains. Ils sont peut-être en certains cas, ces cas délicats, exacerbés, certes. Mais ça n’autorise pas à catégoriser des enfants à part sous l’étiquette « autiste ». Les recherches neurologiques auxquelles se référent certains sont fort douteuses et fort contestées, pas seulement par des psychanalystes, mais aussi par d’autres neurologistes. Je parle pas trop en l’air : je les ai étudiées en détails et à la source. L’étiquette « autiste » n’est autre que celle qui est à la mode nos jours pour parler des enfants en difficultés et ces difficultés sont très diverses. Ça n’a rien de définitif. Faut-il que je rappelle que les études sur le gène de l’autisme ont montré qu’il y avait des enfant pourvu du fameux gène et qui ne sont pas autistes et d’autres qui n’ont pas le gène et qui ont pourtant été étiquetés ainsi ?
Perso, en face d’un enfant, comme en face de quiconque, j’essaie d’oublier tout savoir et de me laisser guider par ce que l’enfant (ou l’autre, quel qu’il soit) cherche à me dire, et qu’il ne parvient pas toujours à me dire ; ça peut être long, ça peut prendre du temps, justement parce que chaque enfant est différent et qu’il est important de lui donner sa chance d’exprimer autrement ce que, par ses comportements étranges, il tente de faire.
Au moins il aura un moyen de sortir de l’étiquette « autiste », si on lui a collée, ou de toute autre étiquette. Il aura une chance de devenir « lui-même » et non le « cas type » … voire atypique. Ma foi, c’est comme ça que j’ai fait marcher une petite fille de 9 ans qui n’avait jamais marché : tout le monde « savait » qu’elle ne pouvait pas marcher, les médecins l’avaient dit. Eh bien j’ai laissé tomber ce savoir, je lui ai tendu la main et elle l’a prise pour se lever et marcher.
Ce n’est qu’un exemple, il n’est ni miraculeux, ni forcément reproductible avec quiconque ne marche pas. C’est juste un exemple. Mais s’il suffit d’un exemple pour mettre la puce à l’oreille…
Bonsoir,
J’arrive un peu après la pluie après avoir rédigé quelques articles pour AI :+)
Je veux féliciter Fabrice car son article a au moins une véritable utilité : faire progresser les uns et les autres dans les échanges. Présenter, expliquer, informer sur l’autisme (et tous les autres troubles d’ailleurs) n’est pas si simple. Il ne suffit pas de « jeter une plaquette » à la figure du voisin pour s’affranchir de la chose. J’ai comme Fabrice vécu des moments complexes à me « battre » pour l’inclusion de mes élèves dans d’autres classes, à faire comprendre pourquoi je n’étais pas d’accord pour une récréation séparée etc etc. Sans oublier de devoir supporter des discours très très négatifs sur des élèves. Proposer, aider, faire bouger les choses au sein d’une équipe dans une école n’est pas chose aisée avec parfois un rassemblement d’égos croisés avec un manque de confiance (caché) et de connaissances (cachés). Mais ça c’est quelque chose qu’il faut avoir vécu pour en comprendre la véritable difficulté.
Grâce à ton article Fabrice j’ai découvert un document donné par Eva dont j’ai ignoré l’existence pendant des années. Mes interlocuteurs internes censés m’aider ne devaient pas le connaître non plus. Je suis aussi très intéressé par le guide dont parle Christel Teyssier (si tu lis mon message).
Quant à l’analyse vue par « Dolto »… certains « vieux croutons » d’instit ne jurent que par elle… Ce n’est peut etre pas si « idiot » d’ouvrir la porte par ce biais. Je n’y aurai pas pensé et finalement… ça me donne des idées pour d’éventuelles prochaines situations. Et je termine en disant que je ne partage absolument aucune vision psychanalytique d’un enfant autiste, d’ailleurs d’aucun enfant. En classe on est très loin des recherches scientifiques, on travaille avec du concret et des enfants bien vivants.
Merci à Fabrice, et à tous les parents, même un peu énervés, de leurs réponses qui permettent au néophyte que je prétends être, d’apprendre plein de choses sur des enfants mystérieux et précieux qui m’interrogent encore.
M. Abidon, j’adhère tout à fait à vos propos ! Je pourrais aussi citer plusieurs exemples pour illustrer …et je vous cite…. « qu’il peut y avoir une explication que peut donner l’enfant lui-même, si on lui en donne les moyens. Ça peut être long, ça peut prendre du temps, mais au moins il découvre qu’il peut sortir de l’étiquette « autiste »… » Merci de partager cette ouverture à l’Autre !
Merci messieurs d’avoir rééquilibré le débat par vos propos.
Bien sûr que nous avançons tous à tâton et évidemment que les explications proposées ne sont en aucun cas à généraliser mais, dans notre école, nous avons ceci dit tout de même réussi par exemple à régler un problème d’enfant qui se faisait régulièrement régurgiter en nous questionnant à partir de certaines explications proposées…
ces dites explications que je n’ai d’ailleurs pas du tout rêvées la nuit mais puisées à l’occasion d’un travail personnel rédigé il y a quelques années chez Donna Williams, autiste auteur du livre « Si on me touche, je n’existe plus » ( voir bibliographie proposée par le site ).
« Je pouvais accéder à la pensée symbolique mais les gens ne comprenaient pas mon symbolisme.
Tout ce que je faisais, comme tenir mes 2 doigts collés ensemble, avait un sens précis, visant généralement à m’assurer que je gardais bien le contrôle de ma personne et à empêcher que quiconque ne m’atteigne. »
En somme, rien de psychanalytique dans cette liste, tout simplement un témoignage en direct du monde intérieur de l’autisme.
Je vous rends l’antenne… Mesdames et messieurs, bonsoir !
@ Christian M: donnez moi votre adresse email. la mienne est chrisfredt@yahoo.fr
Je vous enverrai le guide (apparemment plus en ligne sur le site du CRA LR)
Abibon,
Qu’un comportement étrange ait une explication ou une cause, personne ne l’a remis en question ; qu’il ait une signification, en revanche, voilà qui me semble beaucoup plus douteux. Comment puis-je affirmer que mon fils trouve tel comportement rigolo, telle sensation agréable ou effrayante? Figurez-vous qu’il me l’a dit.
Vous considérez que privilégier une hypothèse neurologique fait « bien peu de cas des relations qu’il peut bâtir avec son entourage, parents, éducateurs et enseignants. » Et que bâtir lorsqu’on ne distingue pas spécialement la voix humaine, si changeante d’ailleurs, des autres sons ? Lorsqu’on ne reconnait pas maman quand elle change de boucles d’oreilles ?
Je constate avec intérêt que vous parlez de « catégories d’êtres humains », voilà une notion bien intéressante… Pour ma part, je préfère parler d’autisme, de spectre autistique et de phénotypes élargis. A chacun sa terminologie. Par ailleurs, qui sont donc ces neurologistes, pardon, ces neurologues contestant les hypothèses neurologiques de l’autisme ? Jamais rien lu de tel.
Ah ! La question génétique réapparaît immédiatement ! Comme si elle allait de soi dès qu’on parle de neurologie… voilà une idée bien simplette. Et puisqu’on est dans les « faut-il que je rappelle », faut-il que je rappelle que personne n’a jamais supposé l’existence d’un « gêne de l’autisme », sauf les mal informés et les mal intentionnés, et faut-il que je rappelle que de nouveaux gênes liés à l’autisme, dits « de vulnérabilité » sont régulièrement découverts depuis 2007 : SHANK3, NLGN3 et NLGN4 par exemple, par l’équipe de Bourgeron, jouant des rôles différents dans la formation des synapses, ou dans la régulation du sommeil.
Enfin, prétendre que des diagnostics de troubles envahissants du développements ne sont en réalités que des « problèmes », faire profession de compassion mystique sous couvert d’humanitaire, au nez à la barbe des parents, voilà qui est profondément odieux.
Pingback: Handi Actu : semaine 16 – avril 2010
J’arrive trop tard pour la polémique. Alors je ne rentrerai pas dans la critique des interprétations des comportements listés dans l’article.
Mais je me demande : qu’est-ce qui peut réellement donner envie à un enseignant de « tenter l’inclusion » ? C’est curieux mais je trouve que cette liste à la Prévert de comportement bizarres avec leurs interprétations (qu’on les trouve ou non contestables) donne plutôt envie de fuir. On n’y voit que des êtres bizarres avec peut-être des explications à leur comportement mais qui ont quand même tout l’air d’extra-terrestres pas très sympathiques à côtoyer. J’ai bien aimé à cet égard le : « Se souiller délibérément afin de se libérer d’un auto-contrôle excessif et oppressant tout en exerçant un certain pouvoir maléfique sur les attentes des autres. » … Dans le genre anxiogène, on pouvait difficilement faire mieux.
Je pense qu’on peut mieux faire comme exercice de communication à l’égard des prof :
- les inviter à venir dans la CLIS se rendre compte eux-mêmes du comportement des enfants et de leurs capacités
- organiser une réunion de présentation de chaque enfant aux profs avec les pro qui le suivent. Mon expérience est que le psy et l’ortho de mon fils ont beaucoup fait pour rassurer son instit’ avant la rentrée alors que l’instit’ n’avait encore jamais vu mon fils et était bourré de préjugés : le psy et l’ortho ont surtout et d’abord fait état de ses compétences et ils n’ont pas commencé la réunion en pointant ses bizarreries ou ses difficultés !
- montrer aux prof que leurs compétences pédagogiques les rendent parfaitement aptes à accueillir un enfant autiste (ça s’appelle du « renforcement positif » … ça marche même avec les prof !). Quelques exemples sur l’instit’ de mon fils : il est très « théâtral » et le psy ABA et l’enseignante ressources lui ont dit à quel point c’était utile pour mon fils (meilleur décryptage des émotions et plus grande facilité à entendre les consignes), il laisse une grande place à l’initiative (particulièrement sympa quand mon fils se met à chanter pas du tout à propos mais qu’il l’accompagne au djembé pour l’encourager à participer en classe), il adore la musique et y sensibilise beaucoup ses élèves (ça tombe bien, c’est la passion de mon fils)
J’aime beaucoup ton commentaire Maya, merci pour ces bonnes idées! =)
Pingback: Les articles les plus lus en juin 2010 • Autisme Infantile
Pingback: Récapitulatif AI, 1er trimestre 2011 | Autisme Infantile
Pingback: Les articles les plus lus au mois d'octobre 2010 | Autisme Infantile
Ce que je lis dans cet article est effarant !
Vous voulez « éclairer la lanterne de vos collègues » (rien moins que ça !) avec du « concret » qui n’est rien d’autre qu’un stéréotype archaïque.
Le cliché du « Petit Manuel pour comprendre l’Autiste en une leçon » : un pseudo-déchiffrement analytique – interprétatif au possible – du comportement autistique biaisé par la vision parfaitement rationnelle d’un adulte et la relation au monde que lui expérimente.
Pingback: Les articles les plus lus en avril 2010 | Autisme Infantile