Vous le savez, j’ai toujours insisté pour que les enfants autistes puissent avoir leur place à l’école. Être autiste ne signifie pas ne pas savoir apprendre, ils ont les mêmes capacités que les autres enfants—c’est juste qu’il faut accepter de s’adapter à eux et de se donner du mal.

La preuve en est que Julien réussit très bien à l’école, apprend comme les autres tout en étant scolarisé moitié moins de temps, et passe en CM1 cette année, dans sa tranche d’âge.

Hélas, malgré toutes ces années de combat, je suis arrivée à la conclusion que scolariser Matthieu à l’école, même en CLIS, est devenu aussi futile que dommageable pour lui. Les enseignants ne sont pas assez formés, et ne font pas les efforts qu’il faudrait, s’accrochant désespérément à des efforts qui ne servent à rien. Et en particulier en CLIS, où les enseignants ont l’impression qu’ils savent mieux que les autres ce qu’il faut faire, alors qu’ils ne savent pas.

Matthieu est un petit garçon qui aime apprendre et qui aime travailler. Cela fait des années qu’il végète dans ces classes, où les seuls exercices qu’on lui propose sont répétitifs (quasiment les mêmes exercices à longueur d’année) et peu motivant (bien au-dessous de ce qu’il est capable de faire). De plus, afin de le pousser vers un IME—que je refuse vigoureusement—ils ont eu l’audace d’invoquer des débuts d’attouchements inappropriés envers les filles, comme si mon fils était un pervers. La question étant, que fait l’AVS qui doit l’accompagner à tout instant, pendant ce temps-là, il se roule les pouces? Pourquoi ne m’en parle-t-on que le jour de la sortie, lors d’une réunion qu’on m’a imposée la veille? Il me semble que si le comportement de mon fils était si terrible, on m’en aurait parlé bien avant. Mais il n’y a eu que deux mots dans le cahier de correspondance durant l’année, un pour me dire qu’il aime les baskets qui s’allument (what the fuck?), et l’autre pour me dire une banalité.

Il est temps de sortir Matthieu de ce repaire d’incompétents. Mais alors, que faire, puisque je refuse de le coller en IME?

La solution est simple: le scolariser à la maison. Grâce à Élise, dont j’ai toujours admiré le travail avec sa fille Clémence, je savais qu’il était possible de faire le choix de déscolariser son enfant, et de s’occuper soi-même de son instruction. J’ai lancé un appel aux copines sur Facebook, et j’ai obtenu plein de renseignements sur les différentes possibilités.

Il faut savoir que scolariser son enfant n’est pas une obligation. Ce qui est obligatoire, c’est de lui donner une instruction. Il y a donc plusieurs voies que l’on peut adopter:

  • soit la scolarisation au CNED ASH, qui s’occupe des programmes pour les enfants handicapés, avec des aménagements et des correcteurs qui sont sensés être formés,
  • soit l’instruction en famille, avec achat des programmes au CNED, mais sans participer au programme de correction,
  • soit l’instruction en famille, avec vos propres exercices.

Si vous partez pour l’option CNED ASH, votre enfant sera même considéré comme scolarisé—ce ne sera juste plus par l’Éducation Nationale, ce ne sera par le CNED. L’Éducation Nationale, qui n’aime pas trop voir les enfants partir au CNED, vous proposera de continuer à faire un point régulièrement (genre une fois par an) avec l’enseignant référant. À vous de voir si vous le souhaitez ou pas.

Il n’y a pas d’obligations de résultats pour les élèves handicapés—et encore heureux! Il y a par contre une obligation de montrer qu’on fait de son mieux pour instruire son enfant, et c’est pour cela qu’il est important de conserver des traces du travail effectué.

La plupart des gens ne comprendront pas que vous vouliez déscolariser votre enfant. Même les intervenants. Il faut juste vous rappeler que vous êtes dans votre droit, la loi Française dit que vous pouvez le faire, même si cela échaude les personnes autour de vous. Restez inflexibles, c’est vous qui décidez ce qui est le mieux pour votre enfant—pas eux.

Dans les prochaines semaines, j’aborderai un peu plus comment se passe l’instruction de Matthieu ici. J’ai prévu de reprendre tout depuis le CP pour voir quelles sont les lacunes, puis d’avancer rapidement vers d’autres programmes dès que possible.

Pas besoin de nous souhaiter bonne chance, je sais que ça va bien se passer! 🙂