Autisme Infantile (2)Lorsque j’ai fait les démarches pour mettre Matthieu à la halte-garderie qui l’accueille encore aujourd’hui, le médecin rattaché à la section petite enfance du secteur s’est mise en rapport avec un psychologue du CRA (Centre Ressources Autisme). C’est grâce à lui que j’ai pu obtenir un rendez-vous avec l’équipe de diagnostic du CRA, d’ailleurs.

Ce psychologue a pour mission d’aider les parents – pas les enfants. Il les guide tout au long des démarches pour obtenir des aides de la part de la MDPH, les épaule pour l’obtention d’une AVS, les dirige vers les prochaines actions à effectuer.

Il propose aussi de se déplacer dans les structures pédagogiques qui accueuillent les enfants autistes. C’est ainsi qu’il a fait une formation aux employées de la halte-garderie, et va aller jusque dans le département d’à-côté pour former l’école où mon fils va se retrouver à la rentrée prochaine.

Qu’est-ce qu’il va leur apprendre?

Je ne sais pas si le mot « apprendre » est approprié dans ce contexte. Il va leur expliquer ce qu’est l’autisme, d’abord dans les grandes lignes, puis dans les petits détails.

Par exemple, il leur a déjà dit au téléphone que le mieux pour qu’un enfant autiste se sente à l’aise dans un nouveau lieu comme une salle de classe, c’est qu’il la visite auparavent sans la présence de tous les élèves. C’est ce genre de savoir qu’il va apporter, pour que les équipes éducatives sachent appréhender un peu mieux l’enfant autiste, et soient moins paniquées et désemparées lorsque quelque chose d’anormal se produit.

Est-ce que cela va suffire?

Non. Entendons-nous bien: ce qu’il va faire est super, d’une grande aide, et indispensable, parce qu’une formation venant d’une personne « professionnelle » est toujours plus entendue que si c’est la maman ou le papa qui donne les informations. C’est malheureux mais les parents ne sont pas toujours considérés comme des sources fiables.

Ce qu’il va falloir faire comprendre à l’équipe pédagogique, c’est que:

  • ce qu’il a dit est tout à fait vrai, on peut se reposer dessus à 100% si on veut comprendre l’autisme,
  • ça ne s’applique pas forcément au cas de votre enfant.

Le psychologue du CRA ne connaît pas Matthieu. Il ne l’a même jamais rencontré: ce n’est pas son travail. Lui est là pour faire comprendre l’autisme en général, pas les cas particuliers.

Pour en revenir à l’exemple donné plus haut: Matthieu a donc fait une intégration en fin d’après-midi pour la première fois qu’il mettait les pieds à l’école, car la maîtresse avait bien entendu ce que le psychologue du CRA lui avait dit: les enfants autistes préfèrent pouvoir explorer les lieux la première fois sans trop de spectateurs.

C’est le cas typique du bon conseil qui ne s’applique pas à mon fils, qui n’a pas de phobie de rencontrer des personnes nouvelles, pas de crainte d’être touché, pas de peur de se retrouver à un endroit qu’il ne connait pas.

Ceci dit, et parce qu’il faut savoir choisir ses batailles, j’ai accepté qu’on fasse la première rencontre ainsi, sans même argumenter. Déjà, parce que ça ne faisait pas de mal de faire de cette façon – au contraire, cela nous a permis, la maîtresse et moi, de pouvoir discuter tranquillement sans qu’elle ait en même temps une trentaine d’élèves à surveiller. Ensuite, parce que j’ai été contente de voir que les paroles du psychologue avaient été entendues, et que les efforts à faire pour intégrer Matthieu à l’école étaient en marche.

Que faut-il faire alors?

Avant tout, ne pas hésiter à demander à la personne du CRA qui vous représente de venir faire une formation à l’école où va aller votre enfant. Même s’il a déjà fait sa rentrée depuis quelques temps, d’ailleurs, ça ne peut pas faire de mal – au contraire!

Ensuite, il faut essayer de se mettre d’accord avec la maîtresse de l’école, lui expliquer honnêtement que la formation du CRA est indispensable, qu’elle va leur apporter beaucoup de réponses, mais qu’il faudra aussi qu’ils vous écoutent et ne prennent pas tout au pied de la lettre à propos de la formation.

Dans notre cas, tout s’est bien passé: la maîtresse a convenu que chaque enfant est différent, et que c’est pareil parmi les enfants autistes: ils sont eux aussi tous différents entre eux. Du coup, elle m’a dit qu’elle n’hésiterait pas à venir vers moi si elle avait des questions à poser concernant Matthieu.

Comme je sers de liaison entre les diverses équipes (thérapeutique et éducative), je suis la plus à même à répondre à tout car je suis « au courant de tout ». De plus, si je ne sais pas répondre, j’ai toujours à portée de coup de fil un spécialiste qui saura nous aiguiller pour obtenir les réponses requises. Mais comme j’ai une équipe thérapeutique géniale, ils pensent à me donner toutes les informations essentielles avant que je n’aie à les demander! De quoi devrais-je me plaindre?