Que nous apprennent les neurosciences, la psychologie développementale et expérimentale sur le développement de l’enfant?

C’est en examinant ces différents apports que nous pourrons, dans un autre article, réfuter les propos baroques des psychanalystes sur les mères dites fusionnelles.

Mais, tout d’abord, il est nécessaire de présenter les bases sur lesquelles nous allons nous appuyer.

Bébé ne sort pas de son enveloppe amniotique comme cela, il a déjà une vie dans sa phase foetale.

Que savons- nous au sujet de Foetus?

Au 3ème mois, soit au bout de 12SA (Semaine d’Aménorrhées), Fœtus va peser environ 28g et mesurer environ 7,5cm. Il a des ongles aux doigts et aux orteils, des paupières encore fermées, des cordes vocales, des lèvres, un nez proéminent. Il a une grosse tête (environ le tiers de la longueur totale du corps) et le front large. On peut déjà savoir s’il s’agit d’un garçon ou d’une fille. Les organes vitaux, appareils digestif et respiratoire fonctionnent. Ses cotes et ses vertèbres se sont transformés en cartilage, et ses organes de reproduction internes contiennent des cellules primitives d’ovules ou de spermatozoïdes.

Les connexions neuronales se développent, ainsi Foetus commence à manifester une grande variété de réactions: il peut remuer les jambes, les mains et la tête. Sa bouche peut s’ouvrir, se fermer et avaler. Si l’on touche ses paumes, ses mains se referment à moitié, si on touche ses lèvres, il suce, et si on touche à la plante de ses pieds, ses orteils se déploient. Il réagit à la voix et aux battements de cœur de sa mère, de même qu’aux vibrations de son corps, et d’exprimer ainsi qu’il peut entendre et sentir.

L’entrée en fonction progressive des organes sensoriels suit l’ordre commun à tous les mammifères: le premier concerne le toucher, viennent ensuite l’olfaction-gustation, l’audition et enfin la vision.

Il est à noter que Foetus suçote, alors qu’il n’a aucune connaissance du mamelon du sein maternel l’allaitant, ni de la tétine du biberon. Question: qu’en est-il de la fameuse orale décrite par Freud?

L’audition prénatale

Les sons, pour parvenir à Foetus, doivent franchir les tissus maternels (peau, muscles, parois utérine), le liquide amniotique, et enfin les mucosités des oreilles. Ce que nous savons aujourd’hui nous permet de dire que Foetus peut entendre à partir du 6ème mois de grossesse, moment où les différentes composantes du système auditif ont un degré de maturation anatomique et fonctionnelle suffisant.

Qu’entend-il?

  • Les bruits internes qui forment un bruit de fond constant: les battements cardiaques de sa mère, ses bruits digestifs, respiratoires et vasculaires.
  • Les bruits externes: la voix humaine, la musique, les sons médiums et graves (en dessous de 4000 Hz.
  • Le bruit interne/externe de la voix de sa mère, son privilégié qui déclenche une orientation préférentielle.

Sa vision?

La précocité de la maturation organique et nerveuse de l’appareil visuel suggère une fonctionnalité précoce. Ce que l’on a pu noter:

  • L’environnement de Foetus n’est pas dans une obscurité permanente, la lumière traverse les tissus maternels, la lumière environnante de Foetus varie du noir complet à des couleurs rougeâtres plus ou moins claires.
  • Dès le 6ème mois, on voit Foetus ouvrir et fermer les yeux.
  • À l’exposition brusque à une lumière vive, Foetus réagit par une accélération cardiaque et une augmentation de l’activité motrice.

Donc le système visuel est bien fonctionnel à partir du 6ème mois, même s’il n’a que peu l’occasion de l’utiliser avant sa naissance.

Gustation et olfaction

À partir du 3ème mois, quand on injecte des substances sucrées dans le liquide amniotique, on constate que la fréquence des mouvements de déglutition de Foetus augmente. Il semblerait que Foetus soit prioritairement sensible au gout sucré, qui est – ne l’oublions pas – une des caractéristiques du lait maternel (lactose).

En ce qui concerne le système olfactif, le fait de baigner dans un milieu liquide n’est guère propice à la stimulation olfactive. Mais à l’heure actuelle, nous n’avons que des hypothèses.

Le système somesthésique

C’est le premier système fonctionnel qui s’actionne à partir de la fin de la 9ème semaine1.

Dans sa poche amniotique, le toucher de Foetus a de nombreuses occasions d’être stimulé, soit en raison de ses propres mouvements, soit en raison des mouvements de sa mère. Sa peau est sans cesse caressée par le liquide amniotique et la pression du muscle utérin devient de plus en plus forte à mesure qu’il grossit. Foetus, par la maturation de son système sensoriel, fait très tôt l’expérience de l’intérieur/extérieur délimité par sa peau.

La motricité prénatale

Les mouvements de l’embryon, puis de Foetus, sont précoces et constants: on observe d’abord des contractions musculaires réflexes anarchiques, puis, lorsque les jonctions neuromusculaires s’établissent, on observe des mouvements plus nets, de plus en plus diversifiés et qui sont ressentis par la mère vers le 4ème mois de grossesse.

Contrairement aux systèmes sensoriels qui deviennent de plus en plus performants au cours de la gestation, la motricité semble se ralentir, probablement parce que la place pour bouger diminue aussi. Presque constants au tout début de la vie intra-utérine, les mouvements de Foetus se restreignent progressivement et s’organisent en comportements.

À sa naissance, Bébé sera dans une sorte d’incapacité motrice, alors que sa sensorialité sera opérationnelle pour appréhender l’environnement et le déchiffrer.

Comme cela a été signalé plus haut, dès le 6ème mois, la perception par le cerveau des stimulations sensorielles est possible.

Comment ces perceptions sont-elles traitées par le cerveau?

Un traitement de l’information peut être inféré des comportements de Foetus, témoignant d’un apprentissage élémentaire, quand on observe des réactions diminuant en intensité au fur et à mesure de la répétition à des stimulations répétées.

On sait aussi que l’influx nerveux circule lentement et que les réactions de Foetus sont, elles aussi, lentes. Cette lenteur influx/réactions pose la question de certaines méthodes visant à surexposer Foetus à des sur-stimulations de réactions aux touchers et voix parentaux… ces apprentissages prénataux ne pourraient-ils pas induire une régression chez l’enfant, alors que toutes ses acquisitions l’orientent définitivement vers une vie autonome?

Le passage à la vie extra-utérine

À partir du 6ème mois de la vie foetale, le corps s’enduit du vernix caseosa2 qui d’une part le protège des éléments salins du liquide amniotique, et d’autre part va lui faciliter le passage dans la filière pelvienne.

Ce passage va être le moment de la grande métamorphose de Foetus à Bébé, passage d’une vie aquatique à une vie aérienne.

Note

Ce passage à la vie extra-utérine, par méconnaissance des processus de métamorphoses, a été qualifié de traumatisme, et même toute une littérature autour du « traumatisme de la naissance » à partir du livre d’Otto Rank paru en 1924, s’est mise à proliférer. En fait, il ne s’agissait que d’adulto-morphismes (projections de sentiments et de pensées d’adultes sur le nouveau-né).

Aujourd’hui, les traumatismes de la naissance désignent uniquement des traumatismes crâniens liés à des passages difficiles entraînant des séquelles neurologiques. Plus personne, au fait des avancées scientifiques, n’aurait la sottise de parler du « traumatisme de la naissance » comme première expérience de la souffrance et de l’angoisse, car, comme nous allons le voir, les cris, les pleurs, les déformations crâniennes, font partie de la métamorphose, et n’ont strictement rien à voir avec un quelconque traumatisme de la naissance. Même, ces cris et pleurs sont le signe d’une bonne naissance.

Adaptation à la fonction respiratoire

Lors du passage dans la filière pelvienne, le thorax de Foetus est comprimé, ce qui permet l’expulsion du liquide amniotique contenu dans les voies respiratoires. Après le dégagement (c’est-à-dire l’expulsion du foetus), le thorax va créer une dépression qui permettra le déploiement de l’arbre respiratoire, et donc la respiration.

Le premier mouvement respiratoire survient dans les 20 secondes qui suivent la naissance, ce qui provoque le déplissement alvéolaire.

Le premier cri correspond à la première expiration, et sa survenue atteste:

  • De la distribution de l’air dans les poumons,
  • De la résorption du liquide alvéolaire (d’origine amniotique).
  • De la mise en route de la ventilation.

Adaptation à la fonction circulatoire

La circulation foetale est différente du nouveau-né. Elle se caractérise par:

  • Le canal d’Arantius qui permet le passage direct du sang oxygéné de la veine ombilicale à la veine cave inférieure en court-circuitant le foie en grande partie.
  • Le trou de Botal ou foramen3 ovale qui permet au sang provenant de la veine cave inférieure de passer directement de l’oreillette droite à l’oreillette gauche.
  • Un débit sanguin pulmonaire très faible.

Au moment de la naissance:

  • Il y a une compression / décompression du cœur qui augmente la pression sanguine,
  • Le sang ainsi afflue au poumon, et l’augmentation de la pression obture le trou de Botal,
  • Le débit sanguin augmentant, il y a inversion du courant sanguin dans le canal artériel qui se ferme à son tour.
  • La section du cordon ombilical entraîne à son tour l’obturation de la veine et des deux artères ombilicales avec pour conséquence la fermeture du canal d’Arantius.

L’ensemble de ces modifications aboutit à la formation de la circulation du nouveau-né, autrement dit la circulation humaine.

Adaptation à la température de l’environnement

Le nouveau-né passe d’un milieu protégé à température constante: 37°C (température intra-utérine), à un milieu à température de 23°C, qui est la moyenne d’une salle de naissance. D’autre part, baignant dans le liquide amniotique, il est donc mouillé et dispose d’un faible tissu sous-cutanés.

Pour lutter contre ces deux effets, une vasoconstriction périphérique intense va se mettre en place pour limiter les déperditions de chaleur.

Dans un deuxième temps, le nouveau-né produira lui-même sa propre chaleur. Ce mécanisme correspond à la thermogenèse, c’est-à-dire la capacité à produire de la chaleur continue et régulière (homéothermie). Celle-ci est obtenue à partir:

  • De la néo-glycogenèse qui correspond à la transformation des glycogènes (stockage des glucides) en glucose grâce au glucagon produit le pancréas.
  • Du lactose (lait).
  • De la lipolyse qui correspond à la transformation de certaines graisses en glucose grâce à l’adrénaline, hormone libérée par l’exposition au froid et dont le processus s’est mis en marche lors de la naissance.

Le développement sensoriel de bébé

Comme cela a été vu plus haut, dès sa naissance Bébé, tous ses sens fonctionnent, et c’est à leur développement rapide que nous allons assister.

Le sens tactile et la sensibilité à la douleur

La peau du nouveau-né est déjà sensible aux stimulations: le bébé pleure au contact d’une couche mouillée, ou se calme quand on le caresse. Son système nerveux étant en développement, cela protège bébé des douleurs de la percée des dents, qui sans cela seraient insupportables.

Le goût et l’odorat

Bébé repousse les aliments aux saveurs amères et sures (acides), préférant nettement les gouts sucrés. Ce goût s’est déjà manifesté lors de la vie foeœtale. Il s’agit probablement d’une prédisposition génétique orientant bébé vers le gout sucré du lait maternel que donne le lactose. Les papilles gustatives sont peu développées, les saveurs ne sont identifiées que de façon brute: sucré, salé, amer, aigre. C’est au fil du temps que, peu à peu, Bébé devenant enfant apprendra à différencier peu à peu des différentes nuances d’une saveur. Il est à noter que l’orientation vers le sucré sera prépondérante jusqu’à l’âge de six ans.

L’odorat, lui, semble être particulièrement développé, puisque Bébé est capable, au bout de six jours d’allaitement au sein, de reconnaitre l’odeur d’un coussin imbibé du lait de nourrice d’un autre coussin imbibé du lait maternel d’une autre femme. D’autres expériences ont montré que le nouveau-né reconnaissait plus particulièrement l’odeur du cou et du sein de sa mère ou de sa nourrice, que cette reconnaissance se ferait dès le premier allaitement.

Mais ce développement semble être particulièrement orienté pour la reconnaissance de l’odeur de la mère/nourrice et de parfums proches sucrés (vanille, banane, miel). Tout comme le goût, il semblerait que soyons en face d’une programmation génétique très ancienne et commune aux animaux mammifères.

La vue

Le nouveau-né voit bien en gros plan, il peut focaliser son regard à une distance entre 20 à 30 centimètres, soit la distance qui le sépare de ses yeux à sa mère durant l’allaitement. Le nouveau né peut même reconnaître le visage de sa mère quelques heures après sa naissance (Cf. travaux de Walton & Bower – 1992). Il lui faudra 2 à 3 semaines pour suivre un objet du regard. La vision stéréoscopique commence à trois mois pour arriver à sa maturité vers l’âge de 7 mois.

Le développement du langage

Le développement du langage commence avant la prononciation du premier mot. Avant cela, Bébé se fait comprendre par une variété de sons qu’on appelle « langage prélinguistique »4.

La reconnaissance des sons

Dès la vie foetale, il existe une reconnaissance des sons, Foetus distingue la voix de sa mère des autres voix (augmentation du rythme cardiaque). Le fait d’entendre parler avant la naissance prépare le futur bébé à repérer les phonèmes de base5 de sa langue.

À partir de 6 mois, les enfants ont appris à repérer et identifier les différents phonèmes de leur langue, et peuvent s’ajuster à de légères différences liés à des accents ou des prononciations.

Le langage prélinguistique

Les pleurs constituent le premier et unique mode de communication de Bébé. En faisant attention aux différences de ton, de modulation, et d’intensité, on découvre qu’il existe une variété de pleurs qui signalent la faim, la fatigue, la douleur, la colère…

À partir de 6 semaines, Bébé commence à rire et à gazouiller lorsqu’il est content: il crie, glousse, prononce des voyelles comme le « A ».

Vers les 3 mois, commence le tennis verbal: Bébé s’amuse à émettre des variétés de sons qui semblent reproduire ceux qu’il entend autour de lui. Il gazouille d’abord pour le simple plaisir de produire des sons, et ensuite, au stade des réactions circulaires secondaires, il va pouvoir gazouiller pour attirer l’attention ou soutenir son attention propre sur un son ou des sons.

Le babillage, c’est la répétition de chaines composées d’une consonne et d’une voyelle comme « ma-ma-ma », cela arrive vers le 6ème mois. Bébé imite au hasard des sons entendus, puis il imite ses propres sons. Vers le 9ème mois, il imite délibérément des sons entendus, sans les comprendre pour autant. Il commence à poser les bases des nombreuses équations que son cerveau va devoir résoudre pour accéder au langage.

L’expression gestuelle

Entre 9 et 12 mois, Bébé apprend des gestes sociaux conventionnels6: agiter la main pour dire au revoir, hocher la tête pour dire oui, secouer la tête pour dire non, taper dans les mains pour manifester sa joie, etc.

Peu à peu les gestes s’élaborent: lever les bras ou les tendre pour se faire prendre, ou porter un verre vide à sa bouche pour exprimer sa soif.

Les gestes symboliques7, comme souffler pour dire que c’est chaud, apparaissent en même temps que les premiers mots et fonctionnent comme eux.

Ces gestes montrent qu’avant de pouvoir parler, Bébé sait que les objets, personnes, événements, ont des noms, et qu’ils peuvent être désignés. Ces gestes symboliques sont utilisés jusqu’à ce que bébé apprenne 25 mots, et vont s’estomper lorsque Bbébé s’est approprié les mots correspondant aux idées qu’il exprimait jusque là par des gestes.

L’utilisation des mots et des phrases

C’est quand des sons tels que « pa-pa » ou « ma-ma » servent à désigner/appeler soit papa, soit maman (ou « lolo », etc.) que l’on peut affirmer que l’enfant a prononcé son premier mot.

À ce premier stade, le vocabulaire de Bébé sera probablement limité à « papa », « maman », « lolo », et il est aussi probable qu’il ne puisse prononcer qu’une seule syllabe qui aura plusieurs significations selon le contexte. Par exemple le « veu » d’un enfant peut signifier « je veux ceci », « je veux sortir », « où est papa? », tout dépend du contexte, de l’intonation et surtout de la gestuelle qui accompagne le mot.

On appelle ce mot une holophrase8, car à lui seul il exprime une pensée complète, accompagnée d’une composante émotive. Tout au long du stade du mot unique, qui peut durer jusqu’à 18 mois, le vocabulaire s’enrichit. Les sons et les rythmes de voix évoluent, et même si une grande partie du discours de Bébé en reste au stade du babillage, celui-ci est plutôt expressif.

Le développement du vocabulaire

Entre 11 et 13 mois, l’enfant saisit la fonction symbolique de la désignation, il se rend compte qu’un mot désigne un objet, une personne, un évènement précis. Le langage réceptif (la capacité de comprendre la signification des mots) est plus étendu que le langage expressif (capacité de s’exprimer avec des mots).

L’augmentation du vocabulaire est au début graduel, puis vers 18 mois, on assiste à une explosion de mots.

La maturation du cerveau

Le babillage commence par la maturation de certaines parties du cerveau, celles de la zone motrice qui contrôle les mouvements du visage et du larynx. Les connexions entre les perceptions phonétiques et les zones motrices s’intensifient vers les 6 mois.

Les régions corticales associées au langage n’atteignent leur maturité vers les 5/6 ans, pour continuer leur renforcement jusqu’à l’âge adulte.

Le développement des fonctions linguistiques et expressives des structures cérébrales est un processus graduel lié aux interactions entre expérience verbale et développement cognitif.

Les interactions sociales

Le langage est un comportement social, par conséquent, les enfants qui grandissent sans interactions sociales n’auront pas un développement du langage « normal ».

Le vocabulaire de l’enfant s’accroit rapidement si l’adulte saisit les occasions pour lui apprendre de nouveaux mots.

Reprendre en écho les sons que produit bébé en les déclinant en mots est un facteur d’accès au langage.

Pour faciliter l’acquisition du langage, il est important de les gestualiser et d’y mettre chaque fois que cela est possible des charges émotionnelles, autrement dit la « théâtralisation » du langage est un accélérateur d’acquisition du langage.

Le langage bébé

Contrairement à des idéologies psychanalytiques, utiliser le langage « bébé » facilite l’apprentissage de la langue. C’est un langage simplifié d’un point de vue syntaxique, mais complexe dans la multiplicité de son « pouvoir dire »: richesse des intonations qui soulignent le son des voyelles, le rythme des consonnes, qui utilise des phrases plus courtes et les répétitions.

Ce langage aide l’enfant à saisir les caractéristiques des sons de sa langue maternelle; lors des échanges parents enfants, on a pu remarquer qu’à la phase du babillage, bébé reprenait des voyelles distinctives qui reflétaient les différences phonétiques du discours des parents.

L’apparition de la conscience de soi

Comme nous l’avons vu, Foetus a déjà une perception de lui-même comme différent de l’univers clos dans lequel il se développe, il va chercher les caresses de la mère ou de toute autre personne qui caresse le ventre de sa mère. Foetus manifeste également par ses réactions sensorielles qu’il a une connaissance implicite de son corps en tant qu’entité différenciée agissant sur son environnement.

Dès la naissance, Bébé n’est nullement dans une confusion initiale moi-monde, mais se perçoit dès sa naissance comme une unité différenciée, préparant la constitution d’un soi corporel.

Le proto-soi

Par cette expression, les neuropsychologues désignent l’état initial de la conscience. Celui-ci commence dès lors que l’organisme, dès la vie foetale, se trouve changé, modifié par un élément de l’environnement par le biais de la vie sensorielle.

Dès la vie foetale, la vie sensorielle se développe, Foetus entend, voit, sent, goûte, sent, les divers stimuli sensoriels génèrent des sentiments primaires observables: plaisir, surprise, dégoût.

Fœtus éprouve-t-il de la tristesse, de la colère, de la peur… ? Probablement, car on a pu vérifier que Foetus réagit au stress, mais à des niveaux bien moindres que Bébé.

Dès que s’établit une interaction événement/organisme, se développe un sentiment de soi, certes élémentaire, mais un sentiment de soi quand même. C’est pourquoi on parle de proto-soi.

Foetus met en branle sa mémoire sensorielle et sa mémoire d’apprentissage: reconnaissance des sons ambiants, des saveurs primaires, des degrés de clair-obscur, des caresses agréables. Son cerveau commence à cartographier son organisme dans des structures élémentaires de type sensorielles et motrices: vision, audition, toucher, odorat, goût. Et il commence également à cartographier/différencier les flux sensoriels: lumière, voix, sons, saveurs du liquide amniotique, odeurs, touchers. Bref, Foetus pose les bases pour que Bébé soit préparé à rencontrer le monde.

Cette préparation est à la hauteur de Foetus et de son environnement: la lumière est pauvre de nuances (du noir à une clarté orangée), les voix et les sons sont filtrés par le liquide amniotique, le goût est restreint à salé et sucré, le toucher à de simples caresses, sauf accident. Mais cette préparation va donner les instruments de base à Bébé pour qu’il ne soit pas désemparé face aux flux sensoriels qu’il va rencontrer à la naissance.

Les premiers déchiffrages du monde

Bébé arrive au monde et doit faire face à une multitude de stimulations sensorielles toutes aussi nouvelles qu’intenses: bruits, lumières, formes, mouvements, etc.

Bébé, dès sa naissance, se remarque par son regard intense. Bébé manifeste intérêt et curiosité à ce qui l’entoure, il accueille avec sourire tout ce qui se passe autour de lui. Ainsi, Bébé apprend à repérer et identifier des formes, des contours, des couleurs, des sons, des mouvements, puis à les assembler, les comparer, les différencier. C’est ainsi que, très rapidement, il va savoir combiner le regard, le sourire, l’odeur, la texture de peau, les traits de sa mère, pour construire une personne, la différencier des autres.

L’absence de peur première l’ouvre à tout, et lui permet de cartographier ce monde extérieur, de pouvoir peu à peu le définir en distinguant les différents objets, mouvements, etc.

Sa mémoire sensorielle se développe pour cartographier les sons, les couleurs, les odeurs, les touchers, les saveurs, les formes, les mouvements. Les premières opérations cognitives se mettent en mouvement: repérer, identifier, comparer, différencier, combiner – autant d’opérations qui cartographient le monde, et autant de cartes qui vont se stocker dans sa mémoire d’apprentissage.

À partir de 3 mois, Bébé commence à posséder suffisamment d’interactions avec le monde environnant pour pouvoir peu à peu anticiper ce qui se passera (je suis mouillé, je pleure, maman va changer ma couche. Je secoue le hochet, il va produire un bruit qui m’amuse, je souris aux personnes, je vais avoir une caresse, etc.). Bébé commence peu à peu à se percevoir non seulement en tant qu’entité différente de l’extérieur, ce qu’il avait appris dans la vie foetale, mais aussi et surtout comme une entité qui est en interaction avec le monde, et qui est capable d’interactions sur le monde environnant.

Le fait de se sentir en interactions avec le monde fait apparaître ce que l’on appelle le « moi subjectif »9, d’autres auteurs parlent également de « connaissance écologique de soi », car il s’agit d’une conscience qui se comprend comme capable de se sentir comme agi par l’environnement et d’agent sur l’environnement.

L’expression de « se sentir » signifie que c’est par les sensations et leur traitement que Bébé développe sa conscience.

Il est à noter que le développement de la conscience en tant que « moi subjectif » ne se réalise pas seulement par les relations aux objets, mais aussi par les relations aux personnes: c’est en se situant par rapport à autrui, en prenant conscience du regard qu’autrui lui porte et du regard qu’il porte à autrui, que Bébé va se percevoir comme une personne parmi les autres.

Le moi objectif

Pour atteindre une pleine conscience de soi, Bébé doit comprendre qu’il est une entité dans le monde ayant des propriétés particulières (sexe, taille, poids, traits physiques, traits de caractères, nom, prénom, place dans la famille, etc.). Cette conscience de soi caractérise le deuxième aspect de l’identité, le « moi objectif » ou « moi catégoriel/différentiel » (référence au fait de se construire dans un processus de différenciation, catégorisation).

Comment déterminer à quel moment Bébé acquiert le début de la formation du « moi objectif »?

À ce jour, la technique de vérification la plus utilisée est celle du « miroir »10, conduite par Michael Lewis (1997) qui a repris et prolongé les travaux d’Henri Wallon11.

L’expérience du miroir

On va placer Bébé à différents âges (de 9 à 24 mois) devant un miroir et on observe son comportement.

Entre 9 et 12 mois, la plupart des enfants (98%) regardent leur image, font des grimaces ou essaient d’une manière ou d’une autre d’interagir avec le « bébé » dans le miroir.

Ensuite, faisant comme s’il lui essuyait le visage avec un linge, l’expérimentateur met une tâche rouge sur le nez du Bébé et le laisse se regarder dans le miroir de nouveau. Si l’enfant cherche à toucher la tâche sur son propre nez et non sur le miroir, alors on peut en conclure qu’il a établi la reconnaissance de soi et donc la conscience de soi.

On constate:

  • aucun des enfants âgés de 9 à 12 mois ne touche son nez.
  • 26% des enfants entre 15 et 18 mois le font.
  • 78% des enfants entre 21 et 24 mois le font.

On peut faciliter cette prise de conscience en donnant quelque chose à manger à l’enfant quand il se trouve devant le miroir: il prend alors conscience de la synchronisation des mouvements de la bouche qu’il peut voir et de ceux qu’il ressent en les effectuant.

Pour vérifier que l’enfant comprend le reflet, quelqu’un s’approche de lui par derrière, dans cette situation s’il se retourne aussitôt vers la personne réelle, alors il a bien compris que l’espace dans le miroir n’est qu’un reflet de l’espace réel.

Une autre technique courante, pour évaluer la conscience de soi, consiste à présenter à Bébé sa photographie, s’il dit son nom alors il a bien établi sa conscience de soi.

Ces diverses expériences convergent toutes au même constat: la conscience de soi est présente vers le 18ème mois.

La nomination de soi

L’utilisation des mots « je » et « moi » survient entre 18 et 24 mois, manifestation verbale de la conscience de soi. L’enfant apprend à parler de lui, à exprimer ce qu’il ressent.

À partir de là, Bébé commence à avoir une attitude propriétaire envers les jouets et autres objets précieux à ses yeux (« c’est à moi »). Ces manifestations de la poussée de la conscience de soi ont fait dire que l’âge de 2 ans est l’âge terrible!

Mais aussi, Bébé, vers les 18 mois, commence à élaborer son identité de genre et d’appartenance. Il va se désigner comme garçon ou fille, se désigner comme enfant différent des « grands ». Ces identités seront pleinement acquises vers les 5 / 6 ans.

La différenciation sexuelle

Jusqu’à 18 mois, Bébé se montre affectueux envers sa mère quand il est fatigué, ennuyé ou s’il est souillé. Il utilise généralement le terme de « bébé » pour les garçons et filles de 0 à 6 ans.

Entre 18 mois et 24 mois, Bébé va montrer beaucoup d’affection pour ses parents: « mon papa », « ma maman ». Il échange des baisers au coucher. Il nomme ses organes génitaux du nom qu’il donne à la miction « mon pipi ». Il distingue les filles/ femmes des garçons/hommes par leurs vêtements, leur coupe de cheveux, leur pilosité, leur texture de peau… Il fait la différence des filles et des femmes par la présence des seins, la largeur des hanches. Lorsqu’il en a l’occasion, il est intrigué par son nombril et ses parties génitales. Bébé commence aussi à différencier les adultes: papa, maman, papi, mamie, tonton, tata, madame, monsieur, mais appelle les enfants soit par leur prénom soit par leur diminutif « Marie », « Stan ». Et s’il a un petit frère ou une petite soeur, il va montrer de l’intérêt pour les objets utilisés pour lui / par lui: berceau, hochet, biberon, talc, couches, vêtements, savon, etc.

Entre 2 ans et 3 ans, Bébé est conscient de ses propres organes sexuels, il commence à poser des questions sur les seins de sa mère et des autres mères, il sait qu’il est un garçon/fille comme son père/mère différent du sexe opposé. Quand on le questionne sur son sexe, il nie être du sexe opposé, soit farouchement, soit avec un humour bien expressif. Bébé montre également une curiosité sur les différentes positions des garçons et des filles quand ils urinent.

À 3 ans, Bébé, qui allait d’un parent à l’autre, va commencer à préférer un parent, cette préférence peut même atteindre un point où l’autre parent n’existe plus. En principe, c’est le parent de son sexe, il va imiter ce nouveau favori en tout, sa nouvelle « idole » sert de référence pour chaque mot, chaque geste: ainsi, le petit garçon fera semblant de fumer, prendre les poses de son père, se mettre une cravate autour du cou, se coiffer de la casquette de papa… et bien sûr fera le jeune coq auprès de maman, prendre une place auprès de maman comme papa, bref il joue au « petit homme ». La petite fille va faire comme les « grandes »: se mettre du rouge à lèvre, se maquiller, essayer de se mettre les soutien-gorges de sa mère ou de sa grande soeur, chausser les escarpins à talons hauts de maman, faire « sa mignonne » devant papa ou d’autres adultes masculins familiers, etc.

Ces moments sont les débuts de complicités entre les filles et leurs mères, des fils et de leurs pères. Ce processus d’identification sexuelle est bien loin des conflits oedipiens rapportés par Freud, qui eux relèvent d’un développement pathologique!

Les premières manifestations émotionnelles

La capacité de Bébé à exprimer ses propres émotions progresse parallèlement à sa compréhension des émotions d’autrui.

Le principe du simple au complexe s’applique au développement des émotions. Les recherches actuelles convergent pour affirmer que le développement émotionnel procède selon une séquence ordonnée, dans laquelle les émotions complexes découlent de réactions émotionnelles plus simples.

Les 6 émotions de base/primaires, dites également universelles, sont:

  • Bonheur / joie,
  • Tristesse,
  • Peur,
  • Colère,
  • Surprise,
  • Dégoût.

À la naissance, Bébé manifeste déjà intérêt, douleur et dégoût par des expressions faciales différentes, et une expression exprimant la joie apparait rapidement.

Vers 2 ou 3 mois, on peut observer des expressions de colère et de tristesse.

Vers 6 mois apparaissent les expressions de peur. À peu près au même moment, Bébé se met davantage à sourire aux visages humains.

Vers 12 mois, Bébé rit lorsqu’il voit l’adulte agir de façon « drôle ». Le rire par anticipation fait son apparition dans les jeux qui comportent une série d’actions répétitives.

Vers 18 mois, Bébé commence à manifester des émotions secondaires liées à la conscience de soi: gêne, fierté, honte.

Vers 3 ans, l’enfant montre des signes de culpabilité lorsque l’adulte lui fait remarquer qu’il a enfreint une règle.

Les pleurs

Les pleurs sont la première forme d’expression de Bébé pour manifester de façon efficace qu’il a faim ou qu’il ressent de l’inconfort, des douleurs (troubles gastro-intestinaux), de l’ennui, de la fatigue ou tout simplement du défoulement, notamment en fin de journée. À chaque besoin correspond un type de pleurs différents que les parents, s’ils sont attentifs, décodent au bout de trois semaines.

Les pleurs sont une réaction saine à la tristesse ou au manque de quelque chose.

Une réponse adaptée aux différents types de pleurs contribuera au fil des mois à diminuer graduellement la fréquence des pleurs et leur intensité. Bébé, dont les pleurs sont soulagés, constatera que ses actions produisent un résultat, et par conséquent apprendra graduellement à avoir confiance dans son entourage et par la suite en lui-même. Cela se remarque par des gestes d’auto-apaisement: suçotement du pouce, d’une tétine, manipulation d’un jouet ou d’un doudou.

Le sourire et le rire

Le sourire social (réponse à une personne qui s’occupe de lui) survient vers les 3 semaines.

À partir d’1 mois, Bébé sourit plus fréquemment et ses sourires sont plus sociaux.

Vers 2 mois, alors que la reconnaissance visuelle s’affine, Bébé sourit davantage à la vue des visages familiers.

Autour de 4 mois, les premiers éclats de rire se manifestent. Enjoué, Bébé peut ainsi manifester son plaisir à être chatouillé.

Dès 6 mois, il peut aussi s’esclaffer en entendant son père émettre des sons bizarres ou en voyant sa mère jouer au jeu du « coucou » et apparaître en cachant son visage derrière un mouchoir.

Vers les 10 mois, Bébé peut même remettre le mouchoir sur le visage de sa mère, pour faire durer le plaisir.

Toutes ces réactions sont le reflet du développement cognitif de Bébé: en riant à la suite de situations inattendues, Bébé montre qu’il sait à quoi s’attendre et qu’il reconnait des situations particulières.

La peur de l’étranger et l’anxiété de séparation

Tous les enfants passent par des périodes de peurs. Les peurs sont normales, et elles aident à résoudre des problèmes de développement. Elles attirent aussi l’attention des parents sur certaines difficultés, leur permettant de soutenir l’enfant au moment où il en a besoin.

La peur des étrangers est quasi inexistante chez Bébé à moins de 5/6 mois, cette peur va se manifester plus particulièrement de 5/6 mois à 12 mois. Cette peur est le résultat d’une prise de conscience accrue des agissements des autres, et la propre capacité de Bébé à y faire face. Ainsi, Bébé doit garder sa mère dans son champ de vision pour ne pas se mettre à hurler dans le cabinet du médecin. Mais aussi, Bébé, à cet âge, a choisi une figure d’attachement privilégiée, il a parallèlement développé la pleine conscience de la nécessité d’être protégé pour pouvoir découvrir le monde environnant.

Bébé, ayant une première conscience de soi, notamment comme personne parmi d’autres personnes et des interactions possibles, observe et écoute les personnes environnantes, examine les objets qui l’entourent avec un intérêt accru afin de discriminer ceux qui peuvent être menaçants de ceux qui sont rassurants. Il devient plus conscient des endroits et des gens nouveaux avec les risques possibles.

Il faut respecter le besoin de Bébé d’avoir peur devant les personnes et situations nouvelles et en même temps l’aider à surmonter ses craintes et donc apprendre en même temps à affronter celles qui viendront par la suite. Les dénier, les minimiser, empêche Bébé d’acquérir la nécessaire confiance en lui-même.

Les émotions autoévaluatives

Les émotions secondaires, comme l’embarras et l’envie, apparaissent lorsque Bébé a bien développé la conscience de soi, soit entre 15 et 24 mois. Ces deux émotions manifestent que Bébé commence à poser les limites de ce qu’il peut avoir ou ne peut pas avoir, à dégager les premières esquisses du monde propre différent du monde des autres.

Vers l’âge de 3 ans, Bébé commence à pouvoir porter une évaluation sur ses comportement et pensées vis-à-vis d’autrui. S’il casse un jouet il va éprouver soit un sentiment de culpabilité, soit de honte. La culpabilité montre qu’il a conscience d’un comportement insatisfaisant, et qu’il va essayer de compenser, réparer. En revanche la honte est un regard de désapprobation sur lui-même, et alors il va cacher le jouet cassé.

L’empathie

L’empathie désigne la capacité à se mettre à la place de l’autre, et à ressentir ce qu’il ressent. Cette capacité apparait le long de la 2ème année. Bébé va, par exemple, comprendre la détresse émotionnelle d’un autre enfant, s’il lui prend son jouet et va de lui-même lui rendre son jouet.

La croissance du cerveau et le développement émotionnel

Vers 9/10 mois, les lobes frontaux (sièges de l’analyse, de l’intention et de l’attention, etc.) commencent à interagir avec le système limbique (siège des émotions). Cela permet une meilleure harmonisation entre sphère cognitive et sphère affective.


Et la psychanalyse là-dedans?

Où est cette phase symbiotique?

Bébé, dès sa naissance, est déjà dans un état de différenciation de soi et de l’extérieur, expérience qu’il a déjà menée dès sa vie foetale.

Où est la relation d’objet?

Bébé est fasciné par le regard de sa mère, puis de ses dispensateurs de soins, il est déjà dans une relation intersubjective!

Où est la phase orale?

Bébé, tout comme Foetus, suce son pouce, et il faut avoir beaucoup d’imagination pour y voir un plaisir masturbatoire. Il suçote son pouce, soit pour s’apaiser avant de dormir, soit lorsqu’il se concentre sur quelque chose.

Où est la coupure du cordon ombilical comme rupture d’avec la mère?

Dans sa vie foetale, Foetus n’avait aucun contact avec sa mère, si ce n’est auditif (le son de sa voix), protégé qu’il était de l’extérieur par l’enveloppe amniotique. La première rencontre avec la mère se fait justement après la rupture du cordon ombilical, où enfin sa mère pourra le prendre dans ses bras et lui adresser ses premiers regards, ses premières paroles, ses premières caresses. La rencontre est déjà dans la séparation.

Où est le soi-disant traumatisme de la naissance?

Les pleurs et cris sont le signe d’une bonne venue au monde, un processus lui permettant de déployer ses alvéoles pulmonaires, de faire circuler le sang par un accroissement de tension artérielle. Comme d’habitude, là où les autres ne voient que le miracle de la vie se manifester, les psychanalystes ont besoin de voir de la souffrance, de la pathologie.

  1. La somesthésie désigne la sensibilité aux diverses excitations subies par le corps. Elle comprend les sensations extéroperceptives (tact, pression, chaud, froid…) les sensations proprioceptives (musculaires et tendineuses), et les sensations douloureuses. []
  2. Substance graisseuse blanchâtre qui recouvre le foetus à partir du 6ème mois, qui le protège contre les infections, et qui est absorbée par la peau dans les deux ou trois jours suivant la naissance. []
  3. Orifice []
  4. Mode d’expression qui précède le langage véritable, il se compose de gazouillis, de pleurs, de babillage, d’imitations accidentelles puis délibérées de son que l’enfant ne comprend pas. []
  5. Son de base d’une langue: voyelle, diphtongue, consonne. []
  6. Gestes qui servent à communiquer, et qui sont utilisés par l’ensemble d’une communauté d’appartenance. []
  7. Gestes qui servent à représenter des objets ou des situations. []
  8. Mot qui exprime une pensée complète. []
  9. Le « Moi subjectif » ou « Moi existentiel » désigne la compréhension par laquelle Bébé comprend qu’il est un être qui peut interagir et agir sur son environnement. []
  10. Bien sûr, cela n’a rien à voir avec le « stade du miroir » formulé par le psychiatre / psychanalyste Jacques Lacan (1901-1981) en 1949, qui relève d’une interprétation philosophique détournant les observations d’Henri Wallon (« Le corps propre et son image extéroperceptive », publié dans « Les origines du caractère chez l’enfant » aux éditions Boisvin /1934 – réédité aux éditions PUF 2002). []
  11. Cf. « Les origines du caractère chez l’enfant ». []