Healthy summer snack (photo: lindaaslund)

Healthy summer snack (photo: lindaaslund)

Nos enfants sont comme nous, et comme tous les autres enfants: ils ont leurs goûts, apprécient ou non tel aliment, et le font savoir.

La seule différence—de taille—c’est que nos enfants sont différents et que leur handicap, notamment la rigidité dans les routines qu’il engendre, doit nous amener à être vigilants sur la façon dont ils abordent les repas, et plus particulièrement le contenu de leur assiette.

Quand agir?

J’aurais tendance à dire que lorsqu’un comportement nous surprend par sa rigidité, ou son côté inhabituel, il faut s’alerter:

  • Votre enfant commence à trier et à faire des catégories: mettre les légumes à gauche, la viande à droite et ne manger que la viande, par exemple.
  • Votre enfant ne mange que ce qui est rouge, ou vert.
  • Votre enfant ne mange que ce qui est insipide (pâtes, purée de pomme de terre, etc.)
  • Votre enfant ne mange que de la nourriture liquide, ou hachée.
  • Votre enfant ne mange la nourriture que si elle est dans un certain contenant – biberon, assiette particulière.

Avant de se retrouver face à un enfant qui ne mange que des chips d’une certaine marque, goût barbecue, dans leur packaging cuvée 2003, il faut agir.

Agir petit à petit

On ne va pas passer directement des nouilles aux épinards dans une atmosphère de bras de fer. Essayez d’abord la coquillette, puis la spaghetti verte, puis le filament d’epinard. Renforcez le moindre petit effort d’adaptation par un petit peu des nouilles qu’il adore.

L’idée générale est de faire en sorte que l’enfant accepte de goûter un tout petit peu d’une chose nouvelle, en prenant de tout petits risques, pas d’avoir immédiatement un appétit d’ogre pour les légumes verts.

Agir au bon moment

On propose les choses nouvelles dans de bons moments, juste avant une activité bien renforçatrice qui lui donnera le désir de se surpasser, pas au milieu d’un repas en famille où tout le monde est vite à cran et où le bras de fer s’engage. On propose aussi une chose nouvelle quand l’enfant a faim, c’est toujours plus facile de manger quand on a de l’appétit.

Agir à tout petit pas

La nouveauté ne s’impose pas à la louche mais plutôt à la cuillère à moka, et l’on augmente petit à petit les quantités avant de donner le renforçateur.

Agir en désamorçant les perceptions négatives

L’enfant se sentira mieux en touchant, en léchant, en sentant, en posant sur la langue, le tout à grand renfort de renforcement.

Tenir bon

Enfin, comme dans tous les programmes, il ne faut rien lâcher, être constant, se tenir à sa décision de parent de vouloir amener nos enfants à diversifier leurs goûts alimentaires.

En tolérant la rigidité du comportement alimentaire de nos enfants et les problèmes d’opposition qui y sont liés lorsqu’ils résistent, nous ne les aidons pas. Au contraire nous les renforçons dans une attitude de crise.

Il ne faut donc s’attaquer à ce problème que lorsque l’on se sent prêt, armé pour résister à la ténacité et à l’opposition rigide de nos enfants. Il va falloir aller jusqu’au bout, ne pas céder, comme c’est d’ailleurs souvent le cas avec un enfant autiste. Mais on commence à s’habituer n’est-ce-pas ?