J’ai longuement essayé de réfléchir à ce qu’est un renforçateur, en étant concret, avec un langage accessible. Alors je vous donne ma définition:
Un renforçateur, c’est:
- quelque chose que l’on donne à l’enfant, ou que l’on fait pour l’enfant, ou que l’enfant fait avec nous,
- qui lui fait plaisir, dont il a très envie,
- qui va être la conséquence à un comportement que l’on souhaite voir l’enfant adopter,
afin que petit à petit il modifie son fonctionnement problématique (ce peut être un problème de comportement, mais ce peut aussi être apprendre à parler, se laver, faire pipi dans les toilettes, etc.).
Un renforçateur, c’est la réponse à: « comment puis-je faire en sorte que mon enfant fasse ci ou ça? ».
Le renforçateur est la réponse au problème crucial que l’on rencontre avec un enfant autiste, et plus généralement TED: faire en sorte qu’ils ne choisissent plus de ne pas faire ce qu’on leur demande (parce que c’est plus sympa de s’auto-stimuler sur les lignes du plancher, ou de se balancer).
L’idée est de faire en sorte que l’enfant trouve dans son environnement ce qui comble ses désirs, afin que ces désirs deviennent sa motivation pour faire des choses, apprendre à apprendre, avoir des interactions, etc. Là où un neurotypique apprend naturellement à apprendre et trouve facilement des sources de motivations pour le faire, un enfant autiste doit s’appuyer sur un environnement dans lequel le renforcement est plus structuré, visible, hierarchisé et systématisé pour enclencher la machine de la motivation.
Un enfant autiste, c’est un peu comme un moteur grippé: on remet de l’huile, ça tousse un peu au début, puis ça repart. Bien sûr, il faudra remettre de l’huile régulièrement et faire des vidanges, mais la voiture roulera – à son rythme - et on n’aura pas besoin de la pousser.
Dans la section Conseils Pratiques, vous trouverez bientôt des exemples de grilles de renforçateurs pour vous permettre de réfléchir, structurer et hiérarchiser ce qui comble vos enfants de plaisir.

Tout d’abord bravo pour votre site,qui pose et répond aux questions du quotidien. Je suis moi-même professionnel et formé entre autre à TEACCH depuis 20 ans, en lisant cette page je suis un peu choqué par la façon dont sont évoqués les stéréotypies et les automutilations, comme quelquechose de plus sympa!!!. S’éclater la tête contre un mur ou se mordre au sang parce qu’on n’a pas de moyens autres pour communiquer sa douleur( par exemple) me parait d’une facilité douteuse!. Le moteur n’est pas grippé, il fonctionne différemment, avec des différences qu’il faut parfois accepter car elle sont le signe de l’identité de cet enfant et de sa façon de voir le monde actuellement. En tant que professionnel et avant tout qu’humain j’assiste chaque jour aux difficultés de vie de certains enfants à leur petites victoires et à leurs difficultés de généraliser. Notre but n’est pas qu’ils choisissent systématiquement ce que l’on veut pour eux mais en suivant la façon d’éduquer du type Teacch ,qu’ils accèdent à la plus grande autonomie avec leurs propres moyens. Nous utilisons les structurations, et les renforçateurs en sachant que très vite c’est la réussite qui devient motivante.
Je suis très curieux de l’approche ABA et je pense que pour des apprentissages très particuliers, des outils et procédures peuvent être utiles.Par contre penser que les enfant s »engage dans l’automutilation par choix de facilité est un peu juste et néglige toute la connaissance sur l’autisme. Les comportements auto mutilateurs doivent surtout interroger les professionnels sur le sens qu’ils ont et sur la communication qui pourrait les éviter. Il est vrai également que les réalités institutionnelles ,deux personnes pour six ou sept enfants gravement autistes ne permettent pas un suivit aussi intensif que celui prônait par ABA et je pense c’est aussi bien pour eux. Merci encore pour votre site!!!
Bonjour Jean-Marie, je ne vois pas où Béatrice a dit que les auto-mutilations sont quelque chose de sympa.
Elle dit que certains de nos enfants, et c’est vrai, font certaines stéréotypies pour s’auto-stimuler, et que c’est quelque chose qu’ils apprécient, qui leur « fait du bien ». Par exemple, mon fils Matthieu a des stéréotypies verbales et un flapping qui n’apparaissent que lorsqu’il est content, et c’est un moyen qu’il a trouvé de se faire plaisir.
On ne parle pas des mutilations ici, mais des renforçateurs par rapport à un comportement qui pose « problème ». Pour régler les troubles du comportement grave, il faut selon moi déjà comprendre pourquoi ils surviennent, afin de pouvoir les régler. Je vous recommande le livre Les troubles du comportement associés à l’autisme et aux autres handicaps mentaux qui explique très bien la façon de procéder face aux troubles du comportement graves.
La méthode ABA et la méthode TEACCH, si j’ai bien compris, sont différentes sur l’approche. Vous me direz si je me trompe (je ne suis pas experte sur le sujet), mais ABA cherche à rendre l’enfant plus adapté à « l’environnement », et TEACCH cherche à rendre « l’environnement » plus adapté à l’enfant.
Comme pour tout, je pense qu’il est utile de prendre un peu à droite à gauche ce qui marche pour son propre enfant (et pour soi, aussi, un petit peu). Aussi, sur ce site, nous ne sommes pas franchement là pour discuter de qui a raison ou qui a tort. Chaque méthode a ses partisans, on ne va pas faire des petites guéguerres intestines, d’accord? =)
Chaque parent, en parcourant le site, va pouvoir trouver des idées, des solutions peut-être. S’ils sont comme moi, ils prendront ce qui marche, sans se préoccuper si ça suit bien à la lettre telle ou telle méthode.
Sinon, ça pourrait être bien d’avoir une section TEACCH sur le site, si quelqu’un qui s’y connait veut bien s’y coller!
Puisque vous avez 20 ans de TEACCH derrière vous, vous pourriez peut-être nous amener une vision plus claire de cette méthode? Si vous pensez que ça peut vous intéresser, contactez-moi sur mon email nathalie@autismeinfantile.com =)
Bonjour !
Je pense que vous m’avez mal comprise.
Je n’évoquais absolument pas les auto muilations dans mon article, je parlais d’autostimulations visuelles: par exemple rechercher l’effet tromboscopique en regardant défiler un grillage en marchant, ou en regardant des ligens de fuite , comme le fait mon fils.
ou de stéréotypies telles que l’usage sans affect et sans fonction de comportements et d’objets.
L’automutilation n’est pas une stéréotypie , c’est un comportement problématique bien bien différent.
Ceci dit , mon fils s’est mordu les poignets pour attirer mon attention. A force de ne plus l’obtenir par ce moyen et de découvrir qu’il l’obtenait différemment, il a cessé.
Mais vous avez raison, je ne suis pas une pro: je suis seulement une maman…
Je néglige toute la connaissance sur l’autisme, parce que voyez vous, parce que je le vis en pratique 24H sur 24 , et 7 jours sur 7.
Je reconnais malgré tout que l’ABA intensif n’est certainement possible avec tous les enfants, chaque personne est différente, et a besoin d’une prise en charge différente.
Mon loulou en profite beaucoup, s’y sent très à l’aise et progresse infinoment avec cette prise en charge.
Je partage donc mon expérience, et je pense comme Nathalien que loin des combats de pro et contre, vous pourriez partager la votre avec TEACHH qui aidera sans doute d’autres parents ou intervenants à intervenir auprès de leur enfant, différent du mien .
Oui effectivement mon côté hyper vigilant( pourtant en vacances) m’a fait lire de la mutilation là ou vous parliez de stimulation veuillez m’en excuser. C’est une différence parfois d’intensité entre les deux comportements, effectivement les stéréotypies apparaissent dans les moment d’émotion et chez certains de nos enfants dans des moment d’angoisse, quand la situation n’a pas de sens pour eux, ils s’ en retournent à ce qu’ils connaissent le mieux et qui les rassure ,le corps, l’enveloppe qui contient.Je dois dire aussi que la majorité de nos enfants n’ont pas de communication verbale, et qu’en cas de douleur par exemple,,cela amène des comportements très difficiles auxquels il nous faut réagir. Cela n’excuse pas mon erreur de lecture,Je suis également partisan d’aller chercher dans les diverses techniques, ce qui pourrait aider tel ou tel enfant. Dans notre service nous travaillons beaucoup avec les psychomotriciens, car ma formation initiale ne tenait pas en compte l’importance du corps, mis très souvent à l’épreuve.Nous sommes formés au PECS nous proposons des PEP à tous les enfants . Béatrice vous n’êtes pas pro mais nos collaborations pro/parents sont des plus précieuses pour les enfants et les pros admirent souvent votre courage . Le travail avec TEACCH repose sur une évaluation des compétences de l’enfant , un travail ensuite ,c’est vrai dans des situations structurées qui vont amener à des comportements indépendants dans un contexte que l’on va diversifier par la suite.Je pourrais développer si cela peut aider quelqu’un. Ce que je retiens du peu que je connais d’ABA c’est la précocité des apprentissages et c’est difficile à tenir en institution (IME) car les enfants arrivent assez tard après, en général, quelques années à l’hôpital de jour. Passage difficilement vécu par certain parents qui vivent l’orientation en IME comme un échec.Merci pour vos conseils de lecture, J’apprécie beaucoup les écrits et les interventions d’Éric Willaye . Nous utilisons beaucoup avec les gens en formation ou les parents le DVD de Jacques Constant »Permis de bien se conduire en pays autiste »; Mille excuses encore , et a une prochaine collaboration si nécessaire.
Bonjour Jean,
Excuses bien sûr acceptées , et surtout mille merci d’avoir pris le temps de relire cet article .
L’ABA est en effet plus efficace
-lorsque l’enfant est pris en charge tôt – avant 5 ans – lorsque son cerveau est encore suffisamment « plastique »,
- lorsque la prise en charge est intensive (pour bien faire, il faut se lever ABA et se coucher ABA, ce ne sont pas seulment les travaux face à face à la table, masi toutes les petites occasions quotidiennes qui permettent d’observer, analyser, faire évoluer un environnement et un comportement puis de le généraliser)
- Lorsque tout l’environnement de l’enfant est concerné pour que le m^me comportement reçoive la m^me réponse
Ceci dit , je pense que le principe de l’analyse appliquée du comportement est valable m^me sur une personne plus âgée. Ce sera peut-être moins efficace pour moins depersonnes, masi toutes celles que çà peut aider en bénéficieront et c’est déjà çà de pris
Si vous avez envie de vous intéresserr plus avant à l’ABA, je vous recommande vivement le livre de Vinca Rivière (voir dans les liens ressources du site) ou celui de Ron Leaf , ou encore Intervention Behaviorale au^rès des jeunes autistes.
Moi Jean , je trouve que çà serait formidable si vous pouviez ,de temps en temps nous faire un petit article pour nous expliquer ce qu’est TEACHH, comment çà fonctionne, auprès de quel public ?
Comment structurer l’environnement d’un autiste ?
Expliquer pourquoi / comment TEACHH est une approche éducative qui permet de prendre en charge un autiste tout au long de sa vie .
Etc Etc.
Je suis absolument certaine que des parents en seraient for intéressés.
(En plus on manque d’auteurs masculins !)
Ne dit-on pas que c’est de l’échange que jaillit la lumière
))
Bonsoir j’ai,lors d’une première lecture, lu de la même manière que Jean-Marie.
Et les deux point qui m’ont fait grimacer étaient identiques :
-le mot que j’avais cru voir « mutilation »était « stimulation » déformation professionnelle d’une infirmière.
-Moteur grippé je ne pensais pas celà je pense pour ma part à une « série spéciale » pour reprendre le jargon de la mécanique.
J’aime beaucoup l’issue de cette page,j’aime les histoires qui se terminent bien.Une autre!Une autre:)
Bonne soirée.
Caroline.
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Très bon texte, merci
ça me facilite la tâche. Je viens même de te citer en réponse à un commentaire sur mon blog !
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