Je tiens à préciser tout de suite que je ne suis pas du tout formée à la méthode ABA, et je m’excuse par avance si je dis une bêtise parce que j’ai mal compris. Je compte sur ceux qui s’y connaissent pour me corriger si nécessaire dans les commentaires, ou définir plus clairement certains points que je n’aurais pas bien expliqué. (Source: CCBS: Applied Behaviour Analysis (ABA) for Autism treatment and Early Behavioral Intervention)

Phase d’observation
La méthode ABA consiste tout d’abord à observer la personne (dans ce cas-ci nous parlerons d’un enfant) pour avoir une vue globale de ce qu’il fait, quand, pourquoi, comment, et à quel rythme.
Décomposition des actions
Lorsque les compétences manquantes à l’enfant sont définies (par exemple: s’habiller, se laver, etc.), les intervenants doivent décomposer chaque geste à son degré le plus basique, en faisant une démonstration et/ou en guidant l’enfant physiquement pour qu’il effectue le geste demandé. Une fois le geste réussi, l’enfant reçoit un renforcement positif pour qu’il ait envie de reproduire ce geste par la suite.
Mécanismes de l’apprentissage
Tout au long de la journée, des petits tests et opportunités d’apprendre seront proposés en même temps que les activités habituelles. Cette méthode insiste sur les mécanismes nécessaire à l’apprentissage:
- écouter,
- regarder,
- imiter.
Réutilisation des acquis dans de nouvelles situations
Petit à petit, les décompositions et aides (verbales, visuelles ou physiques) sont réduites au fur et à mesure que l’enfant progresse. Ainsi, l’enfant apprend peu à peu à être autonome et accomplir l’action seul. Ensuite, lorsque plusieurs étapes sont bien connues, elles peuvent être combinées et utilisées dans des situations différentes et plus complexes.
Gestion des problèmes
Les comportements problématiques ne sont pas tolérés, et lorsque l’enfant cherche à se soustraire à l’apprentissage on l’y ramène en l’encourageant à avoir un comportement approprié.
Enregistrement des séances
Généralement, les séances sont enregistrées et visionnées par la suite pour voir quels sont les parties du programmes qui n’offrent pas d’évolution suffisamment rapide, et qui sont alors changées pour obtenir de meilleurs résultats. Les intervenants sont aussi observés et on vérifie que les procédures sont bien appliquées. Ces enregistrements sont utilisés pour observer progrès et respect des procédures, et font partie intégrante de la méthode.
ABA rime aussi avec intervention précoce (recommandée avant 5 ans) et intensive (40h/sem, dans le modèle « idéal »).
Pour une petite introduction claire et simple, je propose « Right fom the Start » de S. Harris & M.J. Weiss. Une autre référence plus complète est « Behavioral Intervention For Young Children with Autism » de C. Maurice, G. Green & S. Luce.
A lire églament le livre de base du fondateur de cette méthode Le Dr Lovaas, ses recherches sur le sujet sont absolument pationnantes ! Son livre s’appelle « The ME book », mais n’existe malheureusement qu’en anglais.
A.B.A. est bien plus qu’une méthode telle que tu l’a décrite. Comme l’écrivait R. Saffran il y a dix ans, il y a sûrement des centaines de descriptions de ce qu’est l’A.B.A. mais ce qu’il en explique reste pour moi qui ai pratiqué ABA depuis onze ans bientôt, l’une des meilleures :
http://autisme.france.free.fr/docs/b4.htm
(disclaimer : je suis partiale, parce que c’est moi qui ai traduit cet article, mais personne n’est parfait).
Non mais tu fais bien de nous donner des liens Otir! Moi je suis débutante, je n’y connais rien ou presque, donc n’hésite pas à fournir d’autres documents quand tu en as, ça profitera à tout le monde! =)
Vous pouvez consulter le site ABA France et cliquer sur ABA, plusieurs éléments de la méthode sont déclinés avec des exemples.
Pour ma part, je pense que tous les parents d’enfants autistes qui le souhaitent devraient pouvoir rencontrer un professionnel ABA dans les hôpitaux de jour ou IME. Aujourd’hui, seuls les parents informés (association, connaissances…) peuvent espérer rencontrer des personnels formés.
Une seule université, celle de Lille propose des formations ABA.
Il faudrait que cette méthode soit reconnue (acceptée par les institutions médicales et éducatives) et que d’autres universités proposent des formations.
Bon courage à toutes et tous, des progrès sont possibles !
Bonjour Brousseau, Nous avons monté une petite section ABA sur le site (dans le mu à droite de l’écran autisme infantile et ABA).N’hésitez pas à y apporter votre contribution Je fais aussi partie de l’association Pas à Pas, et mon fils est pris en charge par l’équiê de vinca Rivière.
Je partage totalement votre point de vue !
Bonjour,
Je suis étudiante en orthophonie et je fais présentement un travail sur l’approche « Functional Communication Training » (FCT) qui s’adresse aux enfants qui ont des troubles de comportements. En lisant l’approche ABA, je me suis rendue compte que les 2 approches se ressemblaient beaucoup, même que j’ai de la difficulté à voir ce qui les diffèrent. Pouvez-vous m’éclairer à ce sujet. Est-ce que les approches s’équivalent? Si non, qu’est-ce qui est différent? Est-ce qu’il y en a une qui a influencé l’autre? Le FCT est-il connu et utilisé dans le contexte francophone?
Merci de bien vouloir me répondre…
Delphi Lambert Hinse
Bonjour Delphi,
de ce que j’en lis sur cet article: http://raisingchildren.net.au/articles/functional_communication_th.html
l’approche FCT est basée sur l’ABA. Je ne vois pas, à première vue, de différence majeure, à part peut-être que le FCT est plus basé sur la communication, n’importe laquelle, car ils disent que chaque comportement, même problématique, est une tentative de communication.
Est-ce que quelqu’un d’autre en sait plus?
ce qu’il faut comprendre, c’est que l’ABA n’est pas une methode, mais la version appliquée de l’analyse comportementale.
en faite le comportementalisme est un champ de la psychologie au meme titre que d’autres champs.
Dans ce champ, il y a la partie analyse qu’on pourrait qualifié de « recherche et devellopement » et il y a la partie « appliqué » qui est la mise en production a l’etre humain.
Donc apres, toutes les methodes, approches ou vous appelez ca comme vous le voulez relevant du champs de la psychologie comportementale auront forcement une base commune.
Apres on pourra y mettre des notions de temps, d’intensité differents, d’objectif differents, de moyens differents pour les atteindre, neanmoins, il y aura un tronc commun semblable
enfin, ce n’est juste que mon avis
J’adore ton lien Otir, c’est exactement ce que je pratique au niveau de la conversation avec mon fils mais ça m’encourage à le faire de manière encore plus poussée. Par contre, je trouve dommage que l’orthophoniste attende encore qu’il sorte la phrase de lui-même. Ca a été une grosse perte de temps pour lui. Heureusement que nous avons trouvé ABA, je ne sais pas où nous en serions aujourd’hui.
Pingback: Ailleurs (juillet 2009) | Nathalie Hamidi
Bonjour, j’aimerais me former à la méthode A.B.A, comment est-ce possible en France, en Algérie ? Existe-t-il des personnes qui sont pretes à le faire bénévolement ? Merci, bonne journée et bon courage.
Sans le savoir j’ai du faire un peu d’ABA « maison » avec ma fille…mais pas enregistrer et tout ça…c’est vrai que j’observe bcp ma fille, mais comme j’observe aussi bcp le monde qui m’entoure. C’est un exercice que je fais spontanément sans effort particulier. C’est vrai que je ne tolère pas certains débordements, mais par contre, je suis assez ouverte et la laisse avoir le droit de se balancer ou avoir des comportements qui la sécurisent, du moment où ils ne lui nuisent pas à proprement parler. Je ne la récompense pas systématiquement, par contre, je peux lui dire que ce qu’elle fait est bien, pas bien…
Je peux aussi la punir, la priver d’une chose qu’elle aime pour rattraper un comportement d’imitation qui m’est vraiment insoutenable…je suis en général une maman plutôt sévère mais flexible et juste. En revanche, je ne confonds pas tout, je ne suis pas sa psy, je suis sa mère, je me mets à MA place, et accepte de déléguer aux spécialiste leur fonction. S’ils ont imparfaits ou que je n’aime pas leur façon de faire, j’en parle avec eux. Mais je ne vais pas chercher à les former et encore moins à m’improviser psy avec ma fille. Déjà j’assume la double casquette de mère et père absent…c’est déjà bien assez. Une chose aussi, je ne cherche pas forcément à la stimuler contrairement à ce que j’ai pu lire sur la méthode ABA, car j’estime aussi que je peux lui ficher la paix, elle a déjà un emploi du temps contraignant et ne rien faire de particulier, la laisser jouer dans sa chambre, seule, c’est pour elle un plaisir. Du coup, la laisser même « ne rien faire », c’est une occupation, car pendant ce temps là, elle rêve…invente, créé…pour moi c’est une notion TRES importante. Je suis contre la notion de dressage, par contre, j’ai pris des trucs dans la méthode qui étaient pas mal (mais pas toujours applicables), par exemple, ne pas récompenser une attitude où elle cherche à se faire remarquer en montrant une expression choquée ou amusée…surtout si son attitude risque d’encourager des imitations négatives. Par contre, si elle sort un truc un peu trash mais drôle, je peux rire en lui expliquant que dans ce contexte j’ai ri parce que ça tombait bien et que c’était amusant, mais que dans une autre situation ça le serait moins…et d’éviter de trop répéter ce genre de propos. On adapte les situations…oui, je suis d’accord avec Olivier, y a forcément une base de psy comportementaliste…mais après, bon, chacun fait son truc à sa sauce et prêche pour sa paroisse…
@ Nathalie : Je pense que le principal c’est de le faire intuitivement, comme on le sent…avoir une méthode qui nous donne des points d’appui et y réfléchir pour voir si ça pourrait aider c’est bien, mais trop copier une méthode et la coller à un gamin je ne trouve pas ça sain. Je pense que si on sait observer et écouter son enfant, on peut déjà faire énormément de choses bénéfiques (bon, on fait aussi des erreurs, mais ça fait partie de la vie et elles sont tout aussi bénéfiques, quoi qu’on en dise !). Il n’y a pas de science absolue je pense, ni en matière autistique, ni dans aucun autre domaine…on tâtonne et on cherche et c’est comme ça qu’on trouve. Après, des aides peuvent être utiles, surtout si on se retrouve avec un gamin qui nous mène la vie dure…on a parfois besoin d’un petit coup de pouce, mais de là à les traiter comme comme des appareils ménagers d’une même marque et leur imposer une procédure d’utilisation unique…là, pour le coup je suis moins partante. Mais ça n’engage que moi !