Parfois, un des intervenants de Matthieu me le rend en fin de séance en me disant que ce chenapan n’a pas voulu faire les exercices demandés. Cependant, dans ces cas-là, ils me disent aussi parfois qu’il y a eu des moments intenses d’échange pendant ces séances, et qu’ils ont préféré ne pas trop insister sur le travail pour se concentrer sur la communication.

Un peu de détente après le travail: Matthieu et Faustine jouent avec un ruban de GRS
Faut-il privilégier la communication ou le travail?
Selon moi, les deux sont importants. L’enfant autiste doit travailler et communiquer avec ses parents, alors que les intervenants sont surtout censés le faire travailler. Mais au final, j’ai remarqué que tout le monde prend un peu tous les chapeaux, et c’est une réussite grâce à la communication entre l’équipe pluridisciplinaire et nous.
Matthieu communique mal. C’est son point faible: jusqu’à il n’y a pas si longtemps, il ne parlait pas du tout et criait tout le temps, il ne regardait pas dans les yeux, il ne pointait pas du doigt… Bref, pour les échanges, c’était plutôt limité. Depuis deux ans et demi qu’il est pris en charge, il avance énormément dans la communication. Il a peu de retard psychomoteur, car il a bien rattrapé certains problèmes (notamment l’équilibre). Il faut maintenant travailler en particulier sur la compliance et la communication, qui sont ses deux points faibles.
Je suis très reconnaissante aux intervenants de Matthieu qui savent profiter de chaque occasion pour communiquer avec lui, même si ça n’est pas toujours évident. Entre tout, je reste persuadée qu’on arrivera à aider Matthieu, et qu’il pourra progresser dans la parole et l’échange.
Comment ça fonctionne entre votre équipe et vous? Y-a-t-il des lignes bien franches entre les différents exercices à faire avec votre enfant, ou est-ce que tout le monde participe à l’effort global?
« Parfois, un des intervenants de Matthieu me le rend en fin de séance en me disant que ce chenapan n’a pas voulu faire les exercices demandés. Cependant, dans ces cas-là, ils me disent aussi parfois qu’il y a eu des moments intenses d’échange pendant ces séances, et qu’ils ont préféré ne pas trop insister sur le travail pour se concentrer sur la communication ».
- Même chose pour Teo que ce soit en séance d’orthophonie, de psychomote, ou d’ergo.
Que ce soit à l’école avec son AVS ou avec les intervenants en libéral, nous travaillons tous en collaboration avec le même programme.
Nous on travaille beaucoup sur la compliance, alors , il n’a pas intérêt à ne pas bosser en séance mon coquinou
)))
En m^me temps, on sait se réjouir e tentatives ‘échappement adaptées , quand Stan invente des excuses pour ne pas faire le travail demandé (genre , j’ai mal au ventre, j’ai un bouton de moustique, au lieu e hurelr et e tout envoyer balader) ou quand, pour échapper à un exercice, il va se lancer dans un truc encore plus compliqué, dont on ne savait m^me pas qu’il savait le faire (genre se mettre à colorier ou à écouper, pour échapper à un programme de tracés).
bonsoir les filles pouvez vous m expliquer ce qu est la compliance et comment la travaillez vous merci
Lundi dernier, Sylvie, l’orthophoniste de Matteo, m’a invitée à venir assister à la séance : ça faisait longtemps que ça ne m’était pas arrivé, et puis avec cette réunion de l’équipe de suivi à l’école qui se rapproche…
Eh bien Matteo s’est opposé presque tout le temps ! Il pleurait de rage, tapait Sylvie dès qu’il se sentait en difficulté pour faire un exercice, criait… Je ne l’avais jamais vu réagir comme ça.
La séance est tout de même allée à son terme, et Matteo a dû finir les exercices proposés.
J’aurais pu penser que c’était un peu violent comme méthode, mais Sylvie m’a expliqué que Matteo était dans un jeu de pouvoirs : il commence à bien maîtriser pas mal d’exercices, aussi a-t-il compris qu’il est en son pouvoir de décider de ne pas les faire, de ne pas nous faire plaisir, en quelque sorte !
Ce qui me paraissait une régression due à ma simple présence, n’était en fait qu’une évolution plutôt classique et finalement positive.
Bon, il n’a pas eu sa récompense (jouer à se faire peur avec un masque de loup au fond de la pièce), mais il ne l’a pas réclamée non plus : il savait très bien que son comportement n’avait pas été approuvé !
J’ai hâte de savoir comment se sera passée la prochaine séance…
La compliance c’est la capacité à accepter d’obéir à une consigne, à une demande de manière « adaptée ».
Travailler sur la compliance , c’est travailler sur la capacité des enfants à ne pas tout envoyer ballader sur la table parce qu’ils n’ont pas envie de faire le dessin que la maitresse demande, à ne pas jeter à terre, le verre parce qu’ils ne veulent pas boire le lait à l’interieur, à ne pas faire une crise à chaque fois qu’ils n’ont pas le contrôle de la situation, à ne pas chercher à échapper à la situation qu’ils ne contrôlent pas.
Le travail se fait dans trois direction: à la fois la proposition, la démonstration de comportements adaptés (un « non , je n’ai me pas le lait » plutôt qu’un verre cassé par terre par exemple), le renforcement du comportement adapté (tu acceptes de t’asseoir sur les toilettes, je vais donsc te lire cette histoire que tu aimes en attendant que le pipi arrive ), et la reprise du contrôle par les parents : j’ai décidé que tu ferais cette tache, tu sera renforcé pour çà , mais ce n’est pas toi qui décides quand elle se termine,tu devras finir ce puzzle par exemple, et si tu cherches à échapper à la situation (en partant, en agressant, en criant…) je m’en moque , tu la finiras et je te renforcerai pour çà.Et petit à petit(on commence par de minuscules demandes, et on veille à ne pas se laisser piéger), l’enfant apprend à discriner quel est le comportement adapté pour contrôler sa frustration, pour exprimer son désaccord, à discrimer où sont les limites , ce que l’on attend de lu, à comprendre que lorsqu’il obéit il est renforcé pour cela.
C’est un travail de longue haleine, et épuisant à faire à la maison, pour qu’ensuite l’enfant puisse pleinement profiter de ses prises en charge et de ses temps scolaires, et que l’intearction soit plus aisée avec les autres intervenants , l’instit etc.
C’est bêtement l’éducation aux limites que l’on fait naturellement avec un NT, mais qui est plus compliquée avec un autiste car il n’est guère sensible aux punitions, n’a guère de motivation à bien faire et est très sensible à la frustration. Et les limites, c’est essentiel pour tutorer le développement d’un enfant et lui apporter de la sécurité intérieure, et la confiance en lui et dans les adultes qui va lui permettre d’enclencher la conquête de son autonomie.
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je ne connaissais pas le terme « compliance ». merci pour l’explication car c’est exactement sur ça que je travaille en ce moment avec un loulou mais je ne savais pas que cela se nommait comme cela!!Merci!