Faustine a fait travailler Matthieu avec le puzzle des expressions, pour qu’il comprenne la position des éléments du visage, et lui montrer les émotions des petits personnages représentés.
Je remarque que Matthieu a eu besoin d’être bien aidé, avec un exemple et une guidance de la part de sa psychomotricienne, ce qui veut dire qu’il ne fait pas encore bien le rapport entre les pièces du puzzle et l’image qu’elles représentent.
C’est aussi pour ça qu’il est capable de faire des puzzles à encastrer de plus de trente pièces avec rapidité depuis ses un an, mais qu’il n’arrive toujours pas à faire un puzzle simple de quatre pièce qui représente quelque chose, en particulier si toutes les pièces s’encastrent les unes dans les autres. Il sembre s’attacher plus à la forme de la pièce qu’à ce qu’elle représente. C’est pour ça aussi qu’il a du mal à positionner les éléments du visage. Est-ce qu’il comprend qu’il faut former un visage, ou est-ce qu’il fait « au hasard »?
Vous pouvez vous procurer le puzzle des quatre expressions du visage, ou bien regarder les articles qui parlent du travail que l’on peut faire à ce propos à la maison, avec des jouets que vous avez peut-être déjà:
- Travailler la perception du visage
- Travailler la perception du visage: les recommandations des lecteurs
Je sais que pas mal d’entre vous travaillent, soit avec ce puzzle, soit avec d’autres jouets, la perception des émotions et la place des éléments du visage avec leurs enfants. Comment cela se passe-t-il?


Alors là Nathalie , grâce à toi, je viens de piger un truc énoooooorme.
Stan est comme Matthieu, en encastrement, pas de problème, c’est le roi du pétrole, par contre question puzzle c’est la loose intersidérale, m^me moi, nulle parmi les nulles en puzzle , j’y arrive mieux que lui , c’est dire…
Et c’est super intéressant ce que tu dis par rapport au fait que nos enfants se focalisent sur la forme en fait et pas du tout sur l’image qu’elles vont constituer. De toutes façons, maintenant que j’y pense, Stan aborde tout, tout tout en termes de formes , c’est pour cela que les lettres , les formes, les lignes, lui plaisent tant, l’image globale, la figuration, lui échappent totalement par contre.
Maintenant, comment trvailler sur çà ? As tu des idées ? Instinctivement j’avais commencé du chainage arrière sur les activités de puzzle: je fais jusqu’à l’avant dernière pièce – quand l’image est presque complète en fait – et Stan met la dernière . On en est à l’avant avant dernière -ouf , plus que 22
))
Cà avait l’air de plutôt marcher, je comprends pour quoi maintenant, je comprends aussi pourquoi il en a rien à cirer des colorino , ou descoloriages, si l’image gloabele ne l’intéresse pas , c’est normal. Cà m’ouvre plein de perspectives nouvelles cet article ! merki!
Après discussion avec Faustine, la psychomotricienne de Matthieu, voici ce que j’ai retenu: certains enfants autistes n’ont pas une visualisation globale des visages, ils reconnaissent surtout les détails. Je suppose que c’est pareil pour les images, ils se focalisent sur les détails et pas sur la globalité de la scène, et c’est pour ça qu’ils n’arrivent pas trop à faire des puzzles.
Faustine recommande de faire travailler l’enfant tout d’abord à reconnaître des visages qui l’entourent, avec des portraits (papa, maman, le frère, la soeur, le papy, la mamie, etc.) et lui demander de dire qui est sur la photo.
Faustine dit aussi qu’il n’y a pas de méthode miracle: il faut continuer à insister jusqu’à ce qu’il ait le déclic, puis, selon moi, insister encore pour qu’il globalise ses apprentissages (ce n’est pas parce qu’il arrive à faire un puzzle – parce qu’il l’a en fait appris par coeur – qu’il arrivera à en faire un autre).
Merci à Faustine d’avoir la patience de répondre à toutes mes questions, et de toujours répondre présente. Je vous souhaite à tous des intervenants comme ceux de Matthieu.
Depuis un an et demi, mon fils de 3 ans est terrorisé par le grand pain d’épice de Shrek 2. Il fallait toujours avancer le film après cette séquence parce qu’il tremblait comme une feuille. Depuis qu’il a commencé à parler (en mai dernier), il a réussi à nous exprimer son angoisse face au grand pain d’épice. Ce personnage est effrayant pour lui à cause de sa grandeur, sa voix basse et son expression facial, pas content du tout!
J’ai utilisé cette obsession de mon fils comme outil. Je suis graphiste et je sais que le canal de communication EST et SERA toujours le visuel, alors je m’en sers. J’ai fait 20 captures d’écran de la séquence qui lui faisait peur, je les ai imprimées. Nous les avons mis dans le bon ordre dans un album photos (on a travaillé les chiffres).
Très motivé, mon fils a trouvé les mots pour parler de son obsession (je rappelle qu’il ne disait pas un mot il y 5 mois). Appuyé par les images de l’album, il m’a raconté la séquence au moins 25 fois plutôt qu’une (il ne peut pas encore prononcer les lettres L, R, N, mais il se débrouille). Il l’a racontée à son papi, sa mamie, son papa, la voisine et son orthophoniste (qui m’a félicitée pour cette initiative).
Ensuite nous avons commencé à dessiner le pain d’épice géant et le petit pain d’épice afin de travailler les expressions du visage qui, de tout évidence, causent problème à mon fils. Il n’arrivait pas à décoder ce pain d’épice géant, pas content. Après avoir travaillé le langage, les expressions du visage, la motricité fine (crayon, pinceau). Après des dizaines de dessins de pains d’épice contents et pas contents, l’obsession de mon fils s’estompe peu à peu, jusqu’à la prochaine… En attendant, il a bravé une peur qu’il a depuis qu’il est bébé, celle d’un pain d’épice géant pas content à cause des soldats du roi.
Pour avoir l’attention et la motivation d’un TED/autiste, je crois qu’il faut canaliser leurs intérêts et leurs obsessions. C’est un moteur pour les faire progresser. Chez mon fils, il y a plusieurs activités répétitives, M. PATATE en est une. Chaque jour, M. PATATE et MME PATATE entrent en scène. Il peut monter et démonter M. Patate en un temps record et cela peut durer des heures. Que croyez-vous que j’ai fait avec cela… Beaucoup de dessins de monsieur patate avec plusieurs expressions du visage. Je dessine ma patate expressive et colorée (content, pas content, triste) et mon fils dessine la sienne à côté de moi. Il a encore du mal à positionner les yeux, le nez, la bouche, les oreilles sur la feuille de papier, mais l’intérêt est toujours là, alors on ne lâche pas.
N.B. (Mon fils détestait dessiner il y a quelques mois. La première fois qu’il a accepté de dessiner c’est avec DIDOU (vidéo). Il avait presque 3 ans. En décortiquant le dessin, étape par étape, il y a pris goût.)
En espérant que mes petits trucs pourront aider quelques parents. Bon courage à tous!
Tout ça est vraiment super intéressant!! Maëlys est super douée en puzzle d’encastrement aussi, en 1 minute, elle refait un puzzle découvert à l’instant.
Comme quoi! En tout cas ce puzzle des expressions est tip top.
En voilà une brillante idée Marie-Claude!!! Vu le grand intéret de Matthieu pour le bossus de notre dame, je vais tenter de remettre la main sur le puzzle de ma petite soeur et on va tenter qu’il procède par rapport à l’image et non pas par rapport aux formes à encastrer. On verra bien, le tout est de se donner les moyens! au fait le puzzle je l’ai trouvé chez un marchand de jouet en bois (il ne fait que ça) pour celle qui aurait envie de l’avoir, il est bien car on peut aussi travailler pour les enfants qui savent déjà repérer les 4 émotions de basses les expressions abbérrantes … Travail très intéressant une fois que le cap de base est passé.
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