À quoi sert l’orthophonie pour un enfant non verbal?
La prise en charge orthophonique précoce pour les enfants autistes est indispensable. Moi-même au départ je n’avais pas très bien compris pourquoi: je pensais que l’orthophonie servait surtout à corriger des défauts de prononciation – et je sais que je ne suis pas la seule à m’être demandé à quoi servait des séances d’orthophonie pour un enfant autiste qui ne parle pas.

Rééduquer la communication
Le déficit des interactions sociales et de la communication verbale de l’enfant autiste peuvent empêcher de se développer le langage. Dans le cas de l’autisme, l’orthophonie ne sert pas à rééduquer un langage (qui est généralement non-existant), mais à rééduquer la communication.
Petit à petit, l’orthophoniste se base sur les intérêts de l’enfant autiste pour l’amener à diversifier ses moyens de communication.
Source: La prise en charge orthophonique précoce de l’autisme
Inventorier les difficultés à s’alimenter
Oui, vous avez bien lu. L’orthophoniste est celui qui va remarquer s’il y a des difficultés à mastiquer, à déglutir, et se rendra compte si l’enfant autiste a une hyposensibilité ou une hypersensibilité au goût.
Il existe diverses rééducations pour aider l’enfant à mieux s’alimenter, dans le cadre d’un projet de soins avec la famille et une équipe pluridisciplinaire.
Source: Autisme, comportement alimentaire et orthophonie

Il ne faut pas sous-estimer l’importance de l’orthophonie dans la prise en charge pour la rééducation de l’enfant autiste non verbal. Grâce à notre orthophoniste, Matthieu a commencé à parler à l’extérieur de la maison, il a appris à montrer du doigt, on a pu comprendre ce qu’il fallait faire pour qu’il boive au verre sans s’étouffer, etc.
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Je sais à quel point c’est important. Mais je ne savais pas pour l’alimentaire, c’est fou! Vivement que Maëlys puisse en voir un!
Juste un petit mot pour dire qu’il y a encore beaucoup d’autres domaines où une orthophoniste peut intervenir pour un enfant autiste…
Malheureusement il en existe très peu réellement formée à une approche neurologique des troubles autistiques et beaucoup se retranchent derrière des aspects psychologiques…
Tout à fait Hannah, et j’en suis bien consciente! Je n’ai présenté que les domaines pour lesquels j’ai pu être là physiquement pour les séances de mon fils. Comme je ne suis pas orthophoniste, je préfère laisser la main à quelqu’un de compétent pour expliquer le reste! ;)
D’ailleurs, notre orthophoniste a accepté d’expliquer son travail avec Matthieu dans de futurs articles. Je suis sûr qu’il expliquera tout ça bien mieux que moi! ;)
Une orthophoniste bien formée sert aussi à corriger la dysphonie (dyspraxie liée à l’autisme) qui fait que l’enfant autiste entend parfaitement les mots mais les déforme dans sa tête. On appelle ça aussi la surdité mentale et elle ralentit beaucoup l’acquisition du langage oral. La rééducation est très longue et nécessite de coupler support écrit et langage oral (donc l’enfant doit savoir lire un minimum).
Je ne connais pas d’orthophoniste formée pour ce genre de difficulté (autisme + dysphonie) malheureusement, mais depuis que l’orthophoniste de mon fils travaille ce problème, sous mes directives, mon fils autiste et dysphonique fait des progrès remarquables. Jusque il y a quelques mois, il n’arrivait à s’exprimer correctement que par écrit, maintenant il parvient à se faire comprendre oralement sans écrire. Mais le chemin est encore long !
Bravo pour votre blog, super !
Abla.
Merci Abla de vos précisions! C’est là que le doute m’assaille: mon fils semble avoir la volonté de parler mais ne prononce correctement que certains mots, et il a un genre de « jargon » à lui qu’il applique aux chansons qu’il connait, où parfois quand il fait l’effort de s’adresser à nous. J’en parlerai à notre orthophoniste.
Ceci dit, je le rappelle, je ne suis pas orthophoniste (loin de là), donc il faut prendre ce que je dis avec un grain de sel et ne pas hésiter à me corriger quand je me trompe! =)
C’était pareil pour mon fils : il jargonnait beaucoup malgré ses efforts pour prononcer correctement les mots, même pour ses chansons préférées ! C’est en cherchant sur le net que j’ai découvert ce qu’était la dysphonie associée à l’autisme.
Bien que n’étant pas orthophoniste moi-même, j’avais inventé un petit jeu qui consistait à chanter des syllabes, puis des mots, à tour de rôle avec mon fils. Ca avait un peu amélioré sa prononciation à l’époque et ça m’avait permis d’accélérer son apprentissage de la lecture Aujourd’hui, à bientôt 15 ans, il arrive à s’exprimer correctement quand il parle lentement, mais il continue à s’aider de supports écrits pour les discours élaborés.
Nous ne sommes pas orthophonistes, ni psychologues, mais nous, les mamans, avons suffisamment d’amour et d’intuition pour trouver des idées et des techniques pour aider nos enfants ! J’espère que votre orthophoniste pourra aider rapidement votre fiston à mieux parler.
Abla.
Merci Abla, c’est génial de voir qu’on est pas seuls, et que vous vous en sortez plutôt bien! Ça me donne de l’espoir et du courage! Pour l’instant, nous sommes en « vacances », mais dès la rentrée j’en toucherai deux mots à mon orthophoniste, pour qu’il me dise comment l’aider à la maison.
Bonjour,
Décidément, aujourd’hui j’alimente beaucoup votre site :-)
Au CAMSP où Matteo était suivi jusqu’en juin dernier, on nous a toujours dit qu’il était trop tôt pour une prise en charge par un orthophoniste.
A vous lire, je confirme mes soupçons : ils n’étaient simplement pas compétents !
D’où ma question : où trouver un orthophoniste formé ou du moins informé ? Pour le moment, nous vivons en région parisienne, dans le Val de Marne…
Merci de votre aide,
Claire
Claire, je pense qu’il ne faut pas hésiter à aller voir, ou simplement téléphoner si jamais ça fait un peu loin, une personne du CRA de votre région! Là où nous vivons, un des psychologues du CRA nous suit et est toujours prêt à nous aider à faire des démarches, à nous orienter, à appuyer nos demandes, et il est même allé faire des formations sur l’autisme à la halte-garderie et à l’école où va aller Matthieu.
J’espère que vous voudrez bien encore « alimenter » ce site pendant longtemps! ;)
Amicalement,
Nathalie
Si j’avais écouté le CMPP d’Ivry sur Seine où a été suivi Adam durant près de deux ans, il n’aurait jamais fait d’orthophonie car on me répétait inlassablement qu’il fallait attendre qu’il ait le désir de parler. La belle affaire pour un enfant autiste qui n’a pas envie de communiquer !
Nous entamons sa troisième année de prise en charge orthophonique et je ne peux qu’en constater les bénéfices. Pourtant, Adam n’émettait aucun son ou presque quand il a commencé.
effectivement mesdames les mamans, vous avez généralement de bonnes intuitions alors suivez-les! En ce qui nous concerne (je me permet de parler aussi pour Benjamin, l’orthophoniste de Matthieu), nous n’étions pas franchement formés particulièrement pour l’autisme. Quand Matthieu nous a été adressé, nous avions peu d’outils à notre disposition. Oui mais voilà, dans nos professions, nous avons une obligation de moyens! alors on a lu, on est allé demandé conseils à droite et à gauche, on s’est formé (au CRA notamment) … Après, à chaque professionnel de santé, en son âme et conscience et si il se le sent, d’orienter sur plus compétent que soi (ça arrive et c’est pas une tare, on ne peut pas et on ne sait pas tout faire) ou de se donner les moyens d’aider au mieux ces enfants si particuliers et dont le trouble a une expression différente pour chacun.
Bonjour Faustine, et merci énormément pour vos commentaires sur le site! ;)
Je tiens à dire que vous faites tous les deux un travail formidable dont je vois les bénéfices quotidiennement pour Matthieu. Comme vous, je pense que l’important c’est la motivation; le reste s’apprend ou se découvre avec l’expérience. De plus, j’aime beaucoup votre état d’esprit d’ouverture et de communication, et surtout vos démarches d’adaptation à Matthieu tout en restant exigeants par rapport à ses acquisitions.
C’est pour ça qu’il n’est pas question que j’amène Matthieu voir d’autres spécialistes, tant que nous serons capables de venir vous voir sur Toulouse.
Amicalement,
Nathalie
Bonjour !
Je voulais saluer ici le formidable travail de l’orthophoniste de Matteo, et je crois que je ne remercierai jamais assez Cécile, la maman d’Adam, de me l’avoir recommandée.
Au CAMSP où Matteo a été suivi pendant 2 ans et demie, évoquer des séances d’orthophonie ne m’avait valu qu’une réserve amusée de la part de sa neuropédiatre… elle m’en parlait comme d’une suite d’exercices vocaux répétitifs, qu’il convenait de démarrer le plus tard possible « pour ne pas risquer de lasser l’enfant » (sic).
Aujourd’hui, je mesure toute l’incompétence que recouvrait cette remarque.
En effet, voyant qu’au CMP non plus, on n’était pas vraiment pressé de proposer à Matteo, 5 ans, des séances de rééducation orthophonique, alors que je lisais partout que cela restait une des prises en charge de base des enfants autistes, j’ai commencé à chercher en-dehors du circuit classique.
Et aujourd’hui, je peux vous dire que bien m’en a pris !
Très loin d’être des exercices vocaux assommants, il s’agit en fait de petits jeux structurants, qui favorisent par exemple la coordination regard-main, indispensable à l’apprentissage, plus tard, de la lecture… Imaginer qu’un jour mon fils saura lire, rien que ça c’est déjà un espoir immense !
Les séquences d’exercice, très courtes, sont systématiquement récompensées par le droit de jouer avec 2 petites voitures que Matteo adore : du coup, il se concentre et réussit le pari fou de terminer l’exercice (chose qui jusqu’ici m’avait presque toujours paru hors d’atteinte).
J’ai donc vu ce matin mon fils empiler des anneaux sur un cône en plastique, un à un, sans s’énerver ni quitter la table : l’orthophoniste le reprend à chaque fois qu’il a des gestes parasites (stéréotypies, flapping…). Son ton est ferme, mais toujours bienveillant. J’ai aussi vu Matteo faire un encastrement !! Jamais je n’aurais pu imaginer que mon fils soit capable de cet exploit, ayant vainement tenté moi-même de l’intéresser à ce style de jeu pendant des années… L’encastrement n’était pourtant pas simple, il s’agissait de glisser une sorte de clef plate dans la fente d’une boîte transparente : il faut donc mettre la clef dans le bon sens. Il y a peu, j’aurais sûrement encore vu mon fils abandonner sans vraiment avoir cherché à encastrer la clef… mais là, la récompense était au bout, et ça a tout changé ! Et dire que c’était si simple, comment n’y ai-je pas pensé plus tôt ?!
Un autre exercice consiste à encastrer des carrés de mousse dans les trous d’une sorte de bac à glaçons : ce jeu paraît presque trop simple, et pourtant, pour Matteo, c’est loin d’être évident ! Même s’il réussit plutôt bien l’exercice, il tente quand même encore, parfois, d’écraser un carré de mousse déjà encastré avec un autre, au lieu de trouver un trou libre pour ce dernier… J’ai appris ainsi que la vision de mon fils, comme chez beaucoup d’autistes, était très « centrée » : c’est-à-dire que si le jeu est trop large, il aura tendance à n’en fixer que le centre, oubliant tout le reste ! C’est quand même bon à savoir…
Ce jeu est le 1er exercice de mathématiques de base de mon enfant : il apprend le « 1 pour 1″, notion indispensable si on veut lui apprendre à compter, un jour (mon fils va savoir compter !!!).
L’apothéose est venue avec le jeu de Loto : des planches de grandes images, et des objets de dînette correspondants. Matteo doit poser l’objet sur l’image qui le représente : cela semble aussi tellement simple, mais il est effarant de voir combien d’efforts de concentration mon fils est obligé de fournir pour y arriver ! Quand il se trompe, l’orthophoniste n’est jamais négative : elle lui fait remarquer puis corriger son erreur en guidant sa petite main : l’échec n’est pas stigmatisé.
Déjà bluffée par ce que je venais de voir, j’ai ensuite pu admirer Matteo qui a réussi à reconnaître les voyelles de son prénom, en les replaçant dans le bon sens, s’il-vous-plaît !
Et je me suis dit que malgré tant d’années perdues, il restait sans doute un véritable espoir.
J’ai hâte de raconter cette séance à son équipe de suivi psycho-pédagogique, juste histoire de voir leur tête :-)
Et pour l’acquisition du langage, me direz-vous ? Et bien nous parlons avant tout de communication.
Sachant maintenant que Matteo sait reconnaître la représentation d’un objet par son image, nous allons mettre en place la technique du PECS. Matteo pourra enfin exprimer des choix, et donner l’image de la chose qu’il désire sans passer par des grognements ou vocalises incompréhensibles par toute autre personne que nous, ses parents ! Une ouverture sur le monde… qui peut démarrer dès 2 ans et demie pour les plus jeunes. Je n’ose imaginer où en serait mon fils si tout cela avait pu être entrepris à l’époque… peut-être parlerait-il, aujourd’hui !
Mais foin des regrets : nous allons de l’avant !!
Il n’est jamais trop tôt pour prendre en charge un enfant dont il est dit « qu’il ne parle pas ».
Les orthophonistes sont formés à la prise en charge précoce.
Si un professionnel vous rétorque « qu’on peut attendre », et que, vos intuitions vous disent le contraire, alors, changez de professionnel!!!
Les domaines de compétences de l’orthophoniste concernent:
le langage oral
le langage écrit
la neurologie
et donc
toutes les pathologies qui vont « léser » le domaine du langage
ainsi nous prenons en charge
- les troubles logico mathématiques
- les troubles de la déglutition (enfant/adulte)
- la dysarthrie
- la dysphonie
- les personnes atteintes de la maladie d’alzheimer…
Maintenant, un orthophoniste a aussi le droit de se sentir « pas à la hauteur » pour telle ou telle prise en charge et il vous orientera vers un-e confrère-soeur
je me permets de vous indiquer le lien vers le site de la FNO http://www.orthophonistes.fr
vous y trouverez en détail nos missions
et je me permets de copier votre message dans notre blog avec un lien chez nous.
MERCI
Bonjour,
Une petite précision : Abla parle de « dysphonie », je pense qu’elle a fait un lapsus!
En effet, la dysphonie est un trouble de la voix, par exemple dans le cadre d’un forçage vocal. Ceci peut être observable chez les enfants autistes en effet, mais je pense qu’elle voulait plutôt parler de dysphasie, dans le cadre d’une surdité verbale.
L’autisme est un des diagnostics différentiels de la dysphasie. En effet, la dysphasie est un trouble spécifique du langage oral, mais sans trouble de la communication.
On peut néanmoins prendre un enfant dysphasique pour un enfant autiste, car si l’enfant a un trouble massif de la compréhension orale (cette fameuse « surdité verbale »), il va développer des troubles du comportement évocateurs de l’autisme. Imaginez, un enfant qui ne comprend rien à rien!
Cependant Abla a raison de parler des troubles de la perception chez l’enfant autiste, car il n’y a pas que le problème de communication qui est un frein à l’évolution du langage oral. La parole peut donc être déformée à cause de la perception. Et cela peut jouer sur la voix également.
De cette perception différente de la nôtre peuvent également découler les stéréotypies verbales (l’enfant qui parle tout seul, marmonne, fait des aaa modulés…), ou une hypersensibilité auditive.
J’espère avoir été claire!
Merci Charlotte pour les précisions! C’est toujours bon d’avoir des explications et des clarifications pour nous qui ne sommes pas dans le métier! ^^
Bonjopur
Je suis très intéressée par vos remarques, étant orthophoniste.
Je me permets de vous préciser un élément de définition pour que les choses soient claires chez tout le monde, concernant le terme de dysphonie.La dysphonie est un trouble de la voix et ce dont vous parlez au sujet de votre fils est un problème que les anciens neurologues auraient appelé: surdité verbale. En fait l’enfant décode mal les sons qu’il entend et les associe en retour à d’autres sons. Donc sa réponse est déformée.