Apparement, beaucoup de parents sont relativement « paumés » devant tous ces termes et ces choix qui s’offrent à eux dans l’éventuelle « mise en budget » du handicap de leur enfant.

Entendons-nous bien: quand je parle de relative prise en charge financière de l’enfant, je parle comme la MDPH ou les allocations familiales… c’est-à-dire du temps de présence parentale auprès de votre enfant, qui serait éventuellement compensé financièrement par les AF ou le Conseil Général.

Donc, je reprends depuis le début pour que vous compreniez bien.

Personnellement, je fais partie de ces parents qui ont connu la création de la PCH depuis sa genèse. Je passe sur le fait que même les personnes de la MDPH n’y comprenaient rien, et que j’ai un peu servi de cobaye. En six mois, des tonnes de papiers à remplir, des projets de vie (on se demande bien quand l’enfant a huit ans ce que ça vient faire là).

Pour résumer, j’ai d’abord bénéficié de l’AEEH, Allocation d’Education de l’Enfant Handicapé, versée par la CAF, agrémentée du complément 6. C’est-à-dire que, mon enfant ayant été reconnu handicapé par la MDPH avec un taux d’invalidité certain (80% et plus pour les enfants autistes), et que j’avais une présence parentale quasi-permanente empêchant tout travail pour moi, j’ai du coup bénéficié du complément 6 (correspondant à un certain nombre d’heures du parent ayant dû cesser son activité professionnelle pour être auprès de son enfant). Pour la petite histoire, l’assistante sociale du CMP n’a jamais obtenu le complément 6 pour ses « clients » mais je vous expliquerai plus tard ma démarche personnelle. En tous cas, elle fut très surprise de me voir attribuer le complément 6!

L’AEEH et les compléments sont versés par la CAF.

Puis vint le jour où la loi de 2005 engendra l’implication du Conseil Général dans la prise en charge « financière » des handicapés. Création de la PCH: prestation de compensation du handicap. Sauf que c’est l’un ou l’autre, et que même si le taux d’incapacité reste l’indicateur de base, il n’en reste pas moins qu’il faut maintenant savoir s’adapter aux nouvelles normes du handicap.

Vous allez donc être confronté au grand dilemne du: « AEEH + complément » ou « AEEH + PCH ». Pour info, à partir du moment où votre enfant a une carte d’invalidité, quelque soit le taux, vous aurez le droit à l’AEEH versée par la CAF (environ 120 euros). Mais après, que choisir?

Il faut savoir que le complément de l’AEEH versé par la CAF ou la PCH versé par le Conseil Général ne dépendent en rien du taux d’incapacité de l’enfant, donc hop, ouf, on met de côté la carte d’invalidité. C’est déjà ça!

Dans tous les cas, ce qu’il faut savoir, c’est que l’on vous demandera le temps de VOTRE présence auprès de l’enfant, si vous pouvez travailler, si vous pouvez le confier. Par exemple, le temps de scolarisation interfèrera dans le complément de 1 à 6 versé par la CAF. Avez-vous cessé votre activité? Travaillez-vous à temps partiel? Combien d’heure travailllez-vous et combien de temps devez-vous consacrer à votre enfant qui vous enlève un temps de travail? Plus votre enfant sera scolarisé en heures, moindre sera votre complément. Les compléments vont de 1 à 6: d’environ 150 euros à 900 euros.

La PCH est calculée sur les mêmes bases: temps de présence des parents auprès de l’enfant, et surtout évaluation en heures des besoins dépendants d’une tierce personne pour l’enfant par un aidant familial! C’est le nouveau truc de la PCH: l’aidant familial 1, ou l’aidant familial 2, ou la tierce personne. C’est d’un compliqué rare, mais il suffit juste de bien remplir le dossier.

Dans le dossier PCH, il y a une grille sur les besoins d’aide de l’enfant: repas, toilettes, habillage. Tout ça est calculé en temps ramené en heures par jour, puis par semaine, puis par mois (en comptant un temps complet pour les semaines de vacances). Il y a un maximum d’heures attribuées, et si l’aidant familial 1 n’arrive pas au nombre maxi, l’aidant familiale 2 bénéficie du reste (par exemple, l’aidant familial 2 peut être le père qui devra peut-être prendre des jours de congés pour des rendez-vous, etc. Ces heures de non-présence au travail seront compensées par les heures de PCH). A savoir aussi que la tierce personne peut-être un psychologue, un intervenant extérieur pour les prises en charge.

Les plus de la PCH

La PCH peut être accompagnée d’aides spécifiques. Par exemple: sur présentation des factures, une aide spécifique pour les couches, pour les transports si c’est vous qui amenez votre enfant au service de soin, une participation sur la facture de l’école ou des repas si votre enfant est en école particulière.

Il y a aussi les aides exceptionnelles, toujours sur présentation d’un devis ou d’une facture. Par exemple, si vous vous équipez pour mettre en place le PECS.

Voilà, j’espère avoir été assez claire. Par contre, je crois savoir que les Conseils Généraux et MDPH n’ont pas tous le même fonctionnement et n’accordent pas forcément ce que je viens de citer.

Maintenant, je vais vous dire pourquoi l’assistante sociale n’a pas compris comment j’ai obtenu le complément 6… Dès que j’ai dû me mettre à remplir les dossiers pour Mathilde, j’ai toujours pris le temps de joindre un courrier manuscrit pour bien expliquer la situation familiale. C’est ma façon de penser que ma fille n’est pas seulement un dossier.