Des bisous! Des bisous!

Ce dont je vais vous parler ne marchera peut-être pas avec vos enfants, puisque les autismes sont tous différents, ainsi que nos enfants, mais voici comment j’ai procédé avec Matthieu pour avoir de plus en plus d’échanges affectueux: maintenant, il me fait des bisous, des câlins, me dit « je t’aime », etc.

Au départ, rien n’était joué: Matthieu n’aimait pas franchement les câlins ou les bisous, et ne parlait pas. Quand il était tout petit, il voulait toujours les bras, mais jamais pour faire un câlin – il voulait toujours que je le porte à bout de bras, en hauteur, ou que je l’amène toucher les interrupteurs, ou encore que je lui fasse faire des acrobaties.

Quoi qu’il en soit, j’avais du mal à accepter de ne pas être proche physiquement, même si c’était clair dans ma tête, que je comprenais pourquoi, et que je savais me raisonner.

Alors, petit à petit, quand j’ai vu que les câlins venaient de plus en plus spontanément chez Matthieu, je me suis dit qu’il n’y avait pas de raison pour que les bisous aussi soient hors limites. J’ai commencé à lui en faire moi, en le prévenant: « je vais te faire un bisou sur la joue », et sans jamais aller trop vite. C’est toute une technique avec Matthieu: il les accepte mieux s’ils ne sont pas « mouillés ».

On a commencé par un bisou le soir au moment d’aller au lit, et puis de plus en plus j’ai rajouté des bisous dans nos jeux, pour que le geste soit associé à quelque chose de plaisant.

Et puis un jour, j’ai pris sa tête entre mes deux mains, et je l’ai gentilment guidé vers ma joue. Je lui ai dit que j’aimais beaucoup les bisous, et que ça me faisait très plaisir. Du coup, quand il m’embrasse, Matthieu m’imite et dit « oh, c’est bon zizous! » (« oh que c’est bon les bisous! »). J’ai commencé à les réclamer en échange d’une activité plaisante (j’ai triché: je les ai échangés contre un tirage de chasse d’eau après le pipi aux toilettes, qu’il adore faire). Maintenant, sur simple demande il vient poser ses lèvres (ou sa joue) sur ma joue.

Dire « je t’aime » a été plus long, mais à force de le lui répétér, il a commencé à le dire aussi. Il avait associé ces mots à une activité plaisante, encore, puisque je les lui disais quand il faisait quelque chose de bien, ou quand il venait me voir.

J’ai fait une bêtise, en répétant « je t’aime aussi » à chaque fois qu’il me le disait, ce qui a fait que Matthieu m’a dit pendant longtemps « je t’aime issi », croyant que je lui enseignais la « vraie phrase »! Il a fallu que j’apprenne à me corriger, en répétant inlassablement « je t’aime » ou « moi aussi je t’aime » pour qu’il comprenne la différence. Il a fini par revenir à la bonn phrase assez récemment, et ça me fait toujours très plaisir.

Petit « inconvénient » amusant: Matthieu « aime » tout le monde, et n’a pas peur de se précipiter sur des inconnus dans la rue, qui doivent avoir une tête qui lui revient, et leur crier « je t’aime! »… ce qui provoque souvent des sourires étonnés. Sur ce coup-là, je trouve que les gens assurent…

8 thoughts on “Des bisous! Des bisous!

  1. tu sais cela fait toujours plaisir un enfant qui vient spontanément à toi… enfin moi cela me fait plaisir quand un gamin dans le métro par exemple vient te taper la causette ou des grands sourires !

    je préfère ca à un adulte, dans le même lieu, j’avoue….

  2. Bonjour, je suis très profondément déçue. J’ai fait partie d’un programme ABA, et je me suis de suite sentie bien avec l’enfant, quelque chose se passait. Ala fin des mes 2 heures, sa mère est revenue, ilétait dans ses bras et m’a fait un bisou. Etonnement visible de la mère. Je suis revenue la semaine.Ilfaut beaucoup s’activer quand on est dans le trip ABA, je mesuis malheureusement mise à son rythme, et nous nous sommes plutôt regardés, « discutés » et la première fois, j’avais fait un jeu qui avait fini par l’amuser, je répétai toujours une phrase avec des variantes au début, qui le faisait rire. A la deuxième rencontre, il a fait un jeu verbal du même ordre.
    La maman m’a virée dès la 2e fois, parce que l’enfant n’était pas bien après mes séances, même la première où il m’avait fait ce bisou et avait l’air plutôt content. Je comprends les doutes de la mère.
    Je me suis rendue compte que cette méthode ABA ne me convenait pas, dans la mesure où elle prend tout le monde comme bénévole, et qu’elle ne donne pas à comprendre, que c’est dans une réelle diversité de l’approche, que l’enfant autiste avance, aussi

  3. Michelle: ???
    La méthode ABA ne se fait pas par des bénévoles… Il faut être diplômé et supervisé pour pouvoir prétendre faire de l’ABA. Vous ne parlez pas plutôt de la méthode AEVE dite « des 3i »?

  4. Depuis l’année dernière il doit y avoir des milliers de milliards de bisous !!!
    Moi aussi j’adore les bisous, calins et les je t’ène maman :-)
    Par contre on a dû revenir sur terre assez vite car Max ne faisait pas bien la distinction entre les personnes auxquelles il peut faire des bisous et des calins et celles moins familières à qui il peut dire simplement bonjour. Les calins aux inconnus dans la rue et les bisous à hauteur de la ceinture (il mesure 1m15) : euh c’est juste pas possible :-) Mais moi je réclame toujours autant de bisous et de calins…

  5. Bizarrement, comme je ne savais pas qu’elle était autiste, Océane a eu droit à pleins de bisous et de câlins et de chatouilles…on a nos petits mots et les mots inventés pour désigner les chatouilles au pieds, par exemple, c’est elle qui a trouvé comment on appelle ça : les mignousses ! Je ne sais pas où elle a pêché ça…moi j’ai toujours trouvé des petits noms rigolos à lui donner « Minouchat, Poussin-Chat, lapin rose et jaune, Canarou, lapin, poussin…. » et autres. Et des bisous et des « je t’aime beaucoup beaucoup d’amour ! »…lorsqu’elle avait un an, environ, peut être même un peu avant…elle me répondait à cela « beaucoup beaucoup »…et lorsqu’elle a cessé de parler entre un an et 4 ans environ…j’ai pas compris ce qui s’était passé. Elle a repris à 4 ans, elle n’aimait pas spécialement les bisous des autres, mais les miens elle les acceptait…puis en grandissant, elle a dit « je n’aime pas les bisous »…et même moi j’avais du mal à l’approcher…j’ai fini par comprendre pourquoi (avec le diagnostic), mais c’était très dur…et lorsqu’elle veut un bisou ou un câlin, il faut que ça vienne d’elle…et lorsque je lui fais un bisou, elle me présente le sommet de sa tête…ou alors, si c’est sur la joue, il faut que ce soit elle qui le demande, car sinon, elle n’accepte pas qu’on la touche. C’est elle qui décide ! Sinon, les « je t’aime », elle l’a toujours entendu et des « je suis fière de toi ! » et des tas d’encouragements…et de lui avoir toujours dis que je la trouvais brillante (avec le sens que ça voulait dire)…et combien elle est intelligente, belle, généreuse, etc…toujours valoriser, moi ayant manqué de ça de mes parents…j’étais même pour eux tout l’inverse…du coup, pour moi ça été très important de la valoriser…même si dans certains moments de crise, certains mots malencontreux ont pu s’échapper de mes lèvres…j’ai rapidement exprimé mon regret et je lui ai dit que sous la colère on pouvait dire des choses qu’on ne pense pas vraiment…ou plus des choses qui nous exaspèrent. En tout cas, Océane n’a jamais manqué de tendresse (même si j’ai toujours été assez sévère dans l’éducation et ce qu’on doit dire pas dire, faire ou pas faire…)…des « je t’aime, tu es belle maman, tu es la plus gentille de toutes les mamans et tu fais les meilleurs gâteaux….etc »…j’en ai autant que des « t’es moche, t’es méchante, t’es un monstre, une sorcière (oui ça c’est vrai, mais une gentille sorcière !) » etc…

    Parfois j’ai même des morsures et elle me serre à en avoir la gerbe…c’est toujours excessif avec Océane…bon, finalement, le prénom est bien représentatif de sa personnalité…comme l’océan, ma fille est un vrai tourbillon, il faut se méfier des calmes….et l’agitation est souvent à son comble ! Comme quoi, méfiez vous des prénoms que vous donnez ! ;-) J’avoue que parfois je me demande si elle sait ce que veut dire aimer…je pense qu’elle m’aime parce que je m’occupe d’elle tous les jours et qu’il y a une forme de dépendance…mais finalement, qu’est ce qu’aimer ? On sacralise l’amour, mais sait on vraiment nous mêmes ce que c’est ? Finalement, n’ont-ils pas une vision plus réaliste de l’amour (nous l’avons un peu plus romantique je pense…) ? Je me pose souvent des questions et sa vision des relations et de l’amour m’a fait énormément me poser des questions sur moi même et sur ce que j’attendais des autres…

  6. C’est une psy ABA qui a appris au Stanou à me faire des calins avec les bras , et j’ai moi aussi légèrement conditionné le Je T’aime et les bisous , mais c’est si bon d’être une mère abusive de temps en temps :-) )) Et puis maintenant c’est parfaitement généralisé donc je n’ai plus honte :-)

  7. Merci c’est cool cet article !
    Moi j’suis hyper caline avec mon fils, même trop si bien que je me demande si c’est pour cette raison qu’il attrape les autres enfants et les serres très fort jusqu’à leur faire mal… enfin à travailler tout ça…
    maintenant mon Axel me fait des bisous et dit juste après « bi-ou » car souvent quand je lui fais un bisous je répète bisous après
    ça à l’air de fonctionner… j’suis contente !
    continuons !

  8. Ah, en fin d’aprèm, j’ai une voisine que je croise dans la rue, elle demande toujours à Océane si elle veut lui faire un bisou et puis elle répond qu’elle aime pas ça, la voisine n’insiste pas, on continue de discuter…là dessus arrive une autre de mes voisines…là, elle demande à Océane de lui en faire un…Océane lui en fait et l’autre, du coup, elle fait la gueule !!!! ahahaha ! comme quoi, elle a ses têtes, elle fait ce qu’elle veut !

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