Parfois, un enfant autiste peut se trouver des routines qui le rassurent ou le font rire parce qu’il sait quelle réaction il obtiendra lorsqu’il l’initie. Par exemple, Matthieu me demandait régulièrement d’aller faire pipi en arrivant dans la salle d’attente du cabinet d’orthophonie et de psychomotricité. Mais il n’avait pas forcément envie ni besoin de faire pipi, et finissait par me faire une ou deux gouttes seulement. Il réclamait ça parce que ça faisait partie de sa routine.

Matthieu a aussi une routine du soir, où lorsque je vais le coucher il se relève pour me demander d’aller faire pipi, ou de lui changer la couche (qui est propre). J’ai, avec le temps, pu m’assurer que ce n’était pas une vraie envie de faire ses besoins, ou une gêne parce qu’il ne serait pas propre. Mais malgré mes refus et mes renvois au lit, il continue à faire sa routine. Pourquoi? Parce que ma réaction est attendue, évidente! Matthieu s’amuse beaucoup que je le renvoie au lit tous les soirs. Ça fait partie de la routine!

Comment s’en est-on apperçu? L’autre soir, quand il est ressorti de sa chambre pour que je l’amène faire pipi… j’étais moi-même aux toilettes! Du coup, ça lui a bien cassé sa routine, et il n’est plus ressorti par la suite. Sur le moment, je n’ai pas réalisé, et c’est mon mari qui me l’a fait remarquer: le changement de routine a cassé le cercle vicieux des sorties.

Ça me rappelle quand on revenait des séances de pédopsychiatrie, et que Matthieu faisait une grosse crise de colère si je ne le laissais pas courir seul les derniers mètres de notre rue. C’est parti du fait que notre rue est une impasse, et qu’il n’y a que peu de passage. Mon mari et moi, quand nous sortions Matthieu, le laissions généralement faire les derniers mètres du parcours tout seul, en courant juste derrière lui, depuis qu’il est tout petit. Seulement, maintenant, à 4 ans et demi, il court très vite et je ne peux pas suivre car je dois tenir la main de Julien son petit frère. Du coup, je ne veux pas le laisser aller seul, parfois, par exemple lorsque je vois que quelqu’un va utiliser sa voiture.

J’ai donc pris l’habitude de varier les rentrées à la maison. Parfois je le laisse aller, et parfois j’insiste pour qu’il laisse sa main dans la mienne—qu’il y ait du danger ou pas. En variant les façons de rentrer, je m’assure qu’il puisse être plus souple sur les changements futurs, et je casse les routines qui peuvent finir par devenir handicapantes ou dangereuses.

Votre enfant a-t-il des routines de ce genre? Est-ce que vous faites quelque chose pour les contourner, ou pour les briser?