Parfois, un des intervenants de Matthieu me le rend en fin de séance en me disant que ce chenapan n’a pas voulu faire les exercices demandés. Cependant, dans ces cas-là, ils me disent aussi parfois qu’il y a eu des moments intenses d’échange pendant ces séances, et qu’ils ont préféré ne pas trop insister sur le travail pour se concentrer sur la communication.

Faut-il privilégier la communication ou le travail?

Selon moi, les deux sont importants. L’enfant autiste doit travailler et communiquer avec ses parents, alors que les intervenants sont surtout censés le faire travailler. Mais au final, j’ai remarqué que tout le monde prend un peu tous les chapeaux, et c’est une réussite grâce à la communication entre l’équipe pluridisciplinaire et nous.

Matthieu communique mal. C’est son point faible: jusqu’à il n’y a pas si longtemps, il ne parlait pas du tout et criait tout le temps, il ne regardait pas dans les yeux, il ne pointait pas du doigt… Bref, pour les échanges, c’était plutôt limité. Depuis deux ans et demi qu’il est pris en charge, il avance énormément dans la communication. Il a peu de retard psychomoteur, car il a bien rattrapé certains problèmes (notamment l’équilibre). Il faut maintenant travailler en particulier sur la compliance et la communication, qui sont ses deux points faibles.

Je suis très reconnaissante aux intervenants de Matthieu qui savent profiter de chaque occasion pour communiquer avec lui, même si ça n’est pas toujours évident. Entre tout, je reste persuadée qu’on arrivera à aider Matthieu, et qu’il pourra progresser dans la parole et l’échange.

Comment ça fonctionne entre votre équipe et vous? Y-a-t-il des lignes bien franches entre les différents exercices à faire avec votre enfant, ou est-ce que tout le monde participe à l’effort global?