Pendant les deux premières années de la vie de Matthieu, je suis passée par des états de fatigues incroyables. Les premiers mois, mon mari et moi nous sommes relayés pour s’occuper de lui: il prenait la soirée jusque vers minuit, et je prenais ensuite le relai, pour que chacun puisse dormir – mais au final, je dormais peu puisque mon fils le glouton voulait aller au sein au minimum une fois par heure.
Et puis, mon mari devant retourner au travail, ça a été à moi de gérer les cris, les pleurs, le jour comme la nuit. J’étais un véritable zombi. Matthieu voulait être tout le temps dans les bras, voulait tout le temps être bercé et que je lui chante des chansons – dès que je m’arrêtais pour m’asseoir, ou que j’espérais qu’il dormait et que je tentais de retourner le poser dans son lit, c’était reparti de plus belle.
Matthieu dormait l’équivalent de deux ou trois heures dans toute la journée. Généralement, cinq ou dix minutes après l’allaitement, et ensuite il se remettait à crier. La nuit, quand il a été en âge de jouer seul, on l’entendait jouer sans arrêt dans son lit à barreau.
Un peu avant la naissance de son frère, Matthieu a compris que j’avais besoin de repos et a commencé à faire quelques siestes avec moi (ou plutôt sur moi), ou tout du moins me laisser me reposer pendant qu’il jouait à côté.
Je comprends maintenant ce que je ne comprenais pas à l’époque: je ne peux pas être une battante à chaque heure de chaque jour de toute ma vie. J’ai le droit, et même parfois le devoir, d’être un peu égoïste et de vouloir un peu de temps pour moi, parce que ce n’est pas en étant fatiguée, dépressive ou de mauvaise humeur que je peux bien m’occuper de ma famille.
Trouver du temps
Pas facile, surtout quand on n’a pas de famille proche à qui confier son enfant quelques temps. Alors il faut parfois ruser. Voici quelques astuces que j’utilise à la maison.
- Exiger du papa une soirée de temps en temps, pendant laquelle il gèrera les enfants. Généralement, ça passe mieux si on part après l’heure du coucher des petits, comme ça il n’a à gérer que l’éventuel lever pour changement de couche.
- Profiter de l’intérêt de l’enfant pour une activité pour faire autre chose. Que ça soit une vidéo, du dessin, de la lecture, ou une construction de Legos, installez-vous pas loin pour que votre enfant vous voie, et faites quelque chose qui vous intéresse.
- Insister pour avoir du temps à soi quand vient le soir. Moi, j’ai un marché avec les enfants. S’ils sont sages, ils peuvent rester avec nous jusqu’à 20 heures le soir. Sinon, à partir de 19 heures, toute perturbation un peu trop forte peut déclencher un départ au lit. Ils ont le droit de jouer dans leur chambre, mais calmement. Pendant ce temps-là, je peux me reposer ou faire une activité pour laquelle je veux me concentrer.

Que faire quand on a du temps?
Les activités ne manquent pas quand on peut – enfin! – avoir un peu de temps à soi. Voici quelques idées en vrac, n’hésitez pas à partager d’autres activités dans les commentaires.
- Avoir une vie sociale. Aller faire un tour avec les copains et les copines, boire un verre, se détendre et parler un peu d’autre chose que couches et autisme.
- S’occuper de soi. Utiliser les quelques heures grapillées pour aller chez le coiffeur, faire un tour dans les magasins pour acheter des vêtements afin d’avoir autre chose qu’un vieux jogging tout rapiécé. Se sentir bien dans son corps peut aider à se sentir bien dans sa tête.
- Faire du sport. La pratique d’un sport peut permettre de se libérer du stress quotidien. Peu importe que vous soyez adepte du jogging, de la salle de sport ou bien de la Wii + Wii Fit!
- Mener à bien un projet. Chaque personne a des projets, parce que c’est ce qui nous permet d’aller de l’avant. L’espoir de les mener à bien permet de voir au-delà de la vie fatiguante de parent d’enfant autiste. Que ce soit un projet professionnel ou personnel, trouvez-vous un but vers lequel tendre.
- Se détendre. Parce que pour pouvoir tenir le coup le lendemain, il faut se recharger, faire aussi des choses que l’on aime: lire, regarder un film, prendre un long bain… N’importe quoi, pourvu que ça vous relaxe.
Prendre du temps pour soi est bénéfique
Quand on est reposé, on a plus de patience, plus envie de partager, et moins de difficultés à supporter les petits tracas du quotidien. Quand on a eu l’occasion de faire des choses qui nous plaisent, on sort de la routine épuisante de tous les jours, et on a plus de choses à dire. Une personne a des intérêts, des idées, qui font qu’elle intéresse les autres; quand on ne fait jamais rien d’autre, on n’intéresse plus personne, on se retrouve comme privé de sa personnalité. Le besoin de se ressourcer est légitime, ainsi que celui de s’épanouir.


C’est une ressource parfaite le papa,..Vous avez bien de la chance.
Courage Nathalie,courage à toutes les mamans.Bonne journée.
Est-ce qu’il existe en France un systeme qui offre du baby-sitting de « repit » pour avoir quelques heures pour souffler de temps a autres ? Aux Etats-Unis on peut avoir droit a ca via Medicaid (il me semble), je trouve que c’est une brillante idee !
Ce n’est pas egoiste de se faire passer avant son enfant. Quand je suis fatiguee je n’arrive meme pas a faire les therapies de ma fille… et c’est ELLE qui en souffre, pas moi…
Le temps que je prends pour moi, je le prends d’abord le soir : qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige, à 20h, les enfants sont au lit, et je fais ce que JE veux.
Le week-end, mon mari et moi nous nous relayons pour avoir chacun un moment à soi : le samedi après-midi je fais deux heures de cheval, et le dimanche matin il a ses compétitions de ping-pong.
Nous n’hésitons pas non plus à faire appel à des baby-sitter, pour pouvoir sortir le soir par exemple. Mais il est vrai que nos enfants sont faciles à garder.
Enfin, de temps en temps, nos enfants sont pris en charge toute la journée du dimanche par l’association autisme 31 (par exemple, l’année dernière, ils ont eu une journée-luge dans les Pyrénées, et une journée-walibi au mois de juin. Cette année, ils devraient, en plus, avoir une journée-cinéma).
Il nous arrive aussi de mettre les enfants chez les grands-parents, au moins quelques jours dans l’année, voire une semaine entière, pour se mettre en vacances d’enfants.
Mon temps pour moi, je le prends comme Mathilde, le soir. Je lis avant de m’endormir et ça me change les idées. Aller chez le coiffeur relève un peu du casse tête mais j’y arrive quand même. Quant au shopping, c’est rarissime.
En fait, mes vrais moments à moi sont rares. Il s’agit essentiellement du mois d’août, quand les enfants sont en vacances pour trois semaines et que je me retrouve seule à Paris.
Du temps pour moi… j’en rêve !
Mais entre la famille qui se trouve au mieux à 350 km (la mienne est carrément à l’autre bout du pays), la difficulté de trouver une baby-sitter fiable – qui restera plus d’1 mois – et à tarif abordable, et les horaires élastiques de mon militaire de mari, ça relève du défi !!
Pour ce qui est des amis, on a opté très vite pour la solution de Nathalie à savoir : chacun à son tour, on reste à la maison avec Matteo pendant que l’autre passe une soirée avec ses potes. Encore faut-il avoir des amis à proximité : les nôtres sont en majorité dans le Sud ou dans le Poitou…
Finalement, les seuls vrais moments de couple qu’il nous reste, c’est une après-midi ou une soirée, en vacances chez ses parents ou les miens. Et si je calcule, ça fait voyons… allez, 5 soirées par an !
Mais tout cela n’est pas si grave : bientôt, avec le petit 2ème, les « moments pour moi » je ne saurai même plus ce que ça veut dire
Clarinette: déjà, tu vas pouvoir profiter du petit deuxième… Quand on n’a connu que l’autisme, il reste beaucoup de choses à vivre que tu vas pouvoir vivre bientôt. Et ensuite, quand les deux seront assez grands pour jouer ensemble, tu pourras retrouver du temps pour toi!
Courage!
Ah ça oui, du temps pour moi, j’en prend… Sinon ce n’est pas possible! J’ai la chance que Maëlys fasse encore une sieste, donc ce temps là est précieux pour moi. Et le soir quand elle est couchée, c’est aussi un moment rien qu’à moi.
SInon, ça m’arrive de la mettre chez la nounou quelques heures et faire ce que j’ai à faire.. Au début je culpabilisais mais j’ai vite compris que c’était indispensable pour moi, et donc pour ma fille…
C’est vraiment fondamental ce que tu dis Nathalie de prendre du temps pour soi et je comprends que c’est loin d’être simple au vu des différents témoignages que j’ai lu. Cependant, c’est un objectif à atteindre pour son propre bien être et de celui de sa famille. Je trouve que vous faites tous preuve de beaucoup de courage et qu’il est important d’avoir des moments à soi pour se ressourcer afin d’affronter de nouveau le quotidien.
Mon compagnon m’a quittée,jalousie du temps passé pour mes enfants ou combats pour mon fils TED?
Ce n’est pas une question de sentiments….Ca me bouffe ma vie!
Seule….Aucun soutient de la part de la famille,au contraire.
Après 10 ans de divorce le papa de mes enfants comprend à peine ce que signifie TED…..
J’arrète je ne suis pas marrante en ce moment.
Bonne soirée.
Bon un we sur deux!!!Quand même pour………………moi!Le reste attend:)
Courage Caroline… Je sais que ce n’est pas pareil, mais ici tu as des gens qui t’encouragent!
Caroline, je sais que je ne suis certainement pas la seule à pouvoir t’aider, mais j’ai vécu 3 ans seule avec mon fils, je peux comprendre un peu ce que tu traverses.
Si tu veux parler, je suis là, je te donnerai volontiers mon e-mail perso.
Bisous
Pareil que Caroline peu etre peu t’on louer un super papa ………………lol un peu d’humour
« Le glacier ressemble a la limite qu’il y a entre le conscient et l’inconscient »
J’adore commencer par des citations (j’ai l’air plus sage) j’adore…
La culture c’est comme de la confiture moins on en a, plus on l’étale…
Caroline tu es une grande dame beaucoup d’hommes aurais laissé tombé, ou serait dépressif a ta place ; je trouve que les femmes (y compris la mienne) ont un potentiel de patience et de courage qui dépasse de loin celui des hommes (ce n’est pas misogyne j’espère) je serais incapable d’endurer ce que mon épouse subit comme pression de la part des enfant et surtout de Yasser.
Quelques fois (une a deux fois par mois) je prend mes gosses, on passe toute la journée dehors, et parfois j’en prend un ou deux pour passer la nuit chez ma mère, ou parfois c’est elle qui va chez ces parents et je garde les enfants mais a part dormir ou faire des achats je ne pense pas qu’elle profite pleinement de ces court répit.
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