Archives (5)Pendant les deux premières années de la vie de Matthieu, je suis passée par des états de fatigues incroyables. Les premiers mois, mon mari et moi nous sommes relayés pour s’occuper de lui: il prenait la soirée jusque vers minuit, et je prenais ensuite le relai, pour que chacun puisse dormir—mais au final, je dormais peu puisque mon fils le glouton voulait aller au sein au minimum une fois par heure.

Et puis, mon mari devant retourner au travail, ça a été à moi de gérer les cris, les pleurs, le jour comme la nuit. J’étais un véritable zombi. Matthieu voulait être tout le temps dans les bras, voulait tout le temps être bercé et que je lui chante des chansons—dès que je m’arrêtais pour m’asseoir, ou que j’espérais qu’il dormait et que je tentais de retourner le poser dans son lit, c’était reparti de plus belle.

Matthieu dormait l’équivalent de deux ou trois heures dans toute la journée. Généralement, cinq ou dix minutes après l’allaitement, et ensuite il se remettait à crier. La nuit, quand il a été en âge de jouer seul, on l’entendait jouer sans arrêt dans son lit à barreau.

Un peu avant la naissance de son frère, Matthieu a compris que j’avais besoin de repos et a commencé à faire quelques siestes avec moi (ou plutôt sur moi), ou tout du moins me laisser me reposer pendant qu’il jouait à côté.

Je comprends maintenant ce que je ne comprenais pas à l’époque: je ne peux pas être une battante à chaque heure de chaque jour de toute ma vie. J’ai le droit, et même parfois le devoir, d’être un peu égoïste et de vouloir un peu de temps pour moi, parce que ce n’est pas en étant fatiguée, dépressive ou de mauvaise humeur que je peux bien m’occuper de ma famille.

Trouver du temps

Pas facile, surtout quand on n’a pas de famille proche à qui confier son enfant quelques temps. Alors il faut parfois ruser. Voici quelques astuces que j’utilise à la maison.

  • Exiger du papa une soirée de temps en temps, pendant laquelle il gèrera les enfants. Généralement, ça passe mieux si on part après l’heure du coucher des petits, comme ça il n’a à gérer que l’éventuel lever pour changement de couche.
  • Profiter de l’intérêt de l’enfant pour une activité pour faire autre chose. Que ça soit une vidéo, du dessin, de la lecture, ou une construction de Legos, installez-vous pas loin pour que votre enfant vous voie, et faites quelque chose qui vous intéresse.
  • Insister pour avoir du temps à soi quand vient le soir. Moi, j’ai un marché avec les enfants. S’ils sont sages, ils peuvent rester avec nous jusqu’à 20 heures le soir. Sinon, à partir de 19 heures, toute perturbation un peu trop forte peut déclencher un départ au lit. Ils ont le droit de jouer dans leur chambre, mais calmement. Pendant ce temps-là, je peux me reposer ou faire une activité pour laquelle je veux me concentrer.

Que faire quand on a du temps?

Les activités ne manquent pas quand on peut—enfin!—avoir un peu de temps à soi. Voici quelques idées en vrac, n’hésitez pas à partager d’autres activités dans les commentaires.

  • Avoir une vie sociale. Aller faire un tour avec les copains et les copines, boire un verre, se détendre et parler un peu d’autre chose que couches et autisme.
  • S’occuper de soi. Utiliser les quelques heures grapillées pour aller chez le coiffeur, faire un tour dans les magasins pour acheter des vêtements afin d’avoir autre chose qu’un vieux jogging tout rapiécé. Se sentir bien dans son corps peut aider à se sentir bien dans sa tête.
  • Faire du sport. La pratique d’un sport peut permettre de se libérer du stress quotidien. Peu importe que vous soyez adepte du jogging, de la salle de sport ou bien de la Wii + Wii Fit!
  • Mener à bien un projet. Chaque personne a des projets, parce que c’est ce qui nous permet d’aller de l’avant. L’espoir de les mener à bien permet de voir au-delà de la vie fatiguante de parent d’enfant autiste. Que ce soit un projet professionnel ou personnel, trouvez-vous un but vers lequel tendre.
  • Se détendre. Parce que pour pouvoir tenir le coup le lendemain, il faut se recharger, faire aussi des choses que l’on aime: lire, regarder un film, prendre un long bain… N’importe quoi, pourvu que ça vous relaxe.

Prendre du temps pour soi est bénéfique

Quand on est reposé, on a plus de patience, plus envie de partager, et moins de difficultés à supporter les petits tracas du quotidien. Quand on a eu l’occasion de faire des choses qui nous plaisent, on sort de la routine épuisante de tous les jours, et on a plus de choses à dire. Une personne a des intérêts, des idées, qui font qu’elle intéresse les autres; quand on ne fait jamais rien d’autre, on n’intéresse plus personne, on se retrouve comme privé de sa personnalité. Le besoin de se ressourcer est légitime, ainsi que celui de s’épanouir.