Autisme Infantile (3)Les rituels et les stéréotypies sont très présents chez les autistes. S’il est possible d’essayer d’expliquer à un autiste adulte pourquoi il vaut mieux ne pas trop suivre de rituels, chez l’enfant autiste c’est beaucoup plus compliqué, mais pas moins important.

Pendant longtemps, Matthieu a fait du flapping à chaque fois qu’il était content (c’est à dire, environ toutes les deux minutes – on a un enfant très heureux, et c’est tant mieux, mais il fallait faire quelque chose). À force de lui demander de ne pas le faire, en lui tenant les mains gentilment pour l’en empêcher, il a fini par presque abandonner ce rituel. Cela lui arrive encore parfois, mais c’est rare, et un simple rappel suffit pour qu’il fasse attention à ne pas le faire de nouveau.

Il a fallu du temps là aussi, mais il a presque cessé d’ouvrir/fermer portes et placards, et d’allumer/éteindre les lumières. Du moins, à la maison, où je veille comme si j’avais du lait sur le feu. À la halte-garderie, où les assistantes maternelles sont moins « facho » que moi, il lui arrive de faire cela plusieurs fois, même si elles le lui interdisent. Malgré mon autorisation d’être fermes et de le gronder, le restreindre avec les mains s’il le faut, je remarque qu’il y passe de nombreuses minutes à chaque fois qu’il y va. Du coup, forcément, tant qu’elles ne seront pas plus fermes là-bas, il continuera ses stéréotypies.

Ces temps-ci, Matthieu réclame à aller faire pipi dès que nous entrons dans un nouveau lieu. Alors que je me réjouissais au départ qu’il puisse demander à aller aux toilettes à l’extérieur de la maison, j’ai vite remarqué que ça devenait un rituel. Alors, la semaine dernière, après concertation avec mon équipe thérapeutique, nous avons décidé de ne plus céder lorsqu’il demande, en particulier s’il avait uriné avant de venir. Non pas pour briser son autonomie future, mais pour lui faire comprendre que les toilettes ne sont pas un passage obligé quand on rentre dans un nouveau lieu.