Les rituels et les stéréotypies sont très présents chez les autistes. S’il est possible d’essayer d’expliquer à un autiste adulte pourquoi il vaut mieux ne pas trop suivre de rituels, chez l’enfant autiste c’est beaucoup plus compliqué, mais pas moins important.

Pendant longtemps, Matthieu a fait du flapping à chaque fois qu’il était content (c’est à dire, environ toutes les deux minutes – on a un enfant très heureux, et c’est tant mieux, mais il fallait faire quelque chose). À force de lui demander de ne pas le faire, en lui tenant les mains gentilment pour l’en empêcher, il a fini par presque abandonner ce rituel. Cela lui arrive encore parfois, mais c’est rare, et un simple rappel suffit pour qu’il fasse attention à ne pas le faire de nouveau.
Il a fallu du temps là aussi, mais il a presque cessé d’ouvrir/fermer portes et placards, et d’allumer/éteindre les lumières. Du moins, à la maison, où je veille comme si j’avais du lait sur le feu. À la halte-garderie, où les assistantes maternelles sont moins « facho » que moi, il lui arrive de faire cela plusieurs fois, même si elles le lui interdisent. Malgré mon autorisation d’être fermes et de le gronder, restreindre s’il le faut, je remarque qu’il y passe de nombreuses minutes à chaque fois qu’il y va. Du coup, forcément, tant qu’elles ne seront pas plus fermes là-bas, il continuera ces stéréotypies.

Ces temps-ci, Matthieu réclame à aller faire pipi dès que nous entrons dans un nouveau lieu. Alors que je me réjouissais au départ qu’il puisse demander à aller aux toilettes à l’extérieur de la maison, j’ai vite remarqué que ça devenait un rituel. Alors la semaine dernière, après concertation avec mon équipe thérapeutique, nous avons décidé de ne plus céder lorsqu’il demandait, en particulier s’il avait uriné avant de venir. Non pas pour briser son autonomie future, mais pour lui faire comprendre que les toilettes ne sont pas un passage obligé quand on rentre dans un nouveau lieu.

Aaahhh les rituels… C’est vrai que j’arrive assez facilement à sortir Maëlys de là pour le moment, mais c’est sans arrêt…
Et c’est vrai que bien souvent quand une stéréotypie disparait, une autre prend sa place… On a l’impression que c’est sans fin.
Mais on va y arriver!
Je pense qu’il faut se focaliser sur les stéréotypies « gênantes » comme le flapping, les lumières et les portes, les objets qui tournent, etc. Pour les autres, du moment où ça se fait dans l’intimité, ou de manière ponctuelle et pas gênante pour la vie sociale, on peut ne pas trop s’en préoccuper à mon avis.
Les rituels de Matteo
Le flapping bien sûr, qui apparaît quand il ressent une émotion forte : joie, mais aussi peur (un coup de klaxon dans la rue…). Je ne sais pas si cela porte aussi un nom, mais il se gratte la tête avec les deux mains lorsqu’il est confronté à une difficulté, quand il est anxieux…
Jusqu’ici, et avant de vous lire, nous pensions que cela faisait partie de Matteo, nous n’avions jamais pensé à intervenir. Nous avons simplement combattu d’autres rituels vraiment gênants : le son continuel qu’il produisait à longueur de journée en faisant rouler compulsivement une petite voiture, ce que nous appelons « son chant ». Aujourd’hui, grâce à la psychothérapie et à la psychomotricité, il « chante » beaucoup moins souvent, et est capable d’organiser un vrai jeu avec ses petites voitures. Il accepte de les lâcher, de les faire rouler jusqu’à nous… Mais reste incapable de s’empêcher de les aligner méticuleusement.
Nous remarquons que même au CMP, on ne nous donne aucune directive par rapport à ses stéréotypies.
Alors nous allons chercher nous-mêmes l’information, comme beaucoup d’autres parents d’enfants TED.
Je l’aide à réduire ses rituels au maximum car j’ai l’espoir qu’il vive une vie plus ou moins normale, et qu’il soit en tout les cas autonome plus tard. Je me dis qu’en flappant toutes les cinq minutes, il ne pourra jamais vraiment s’intégrer nulle part, donc c’est quelque chose qui doit soit disparaitre, soit se passer dans l’intimité.
Regrouper les connaissances, partager le savoir, s’entraider, c’est justement le but de ce site. Je ne prétends pas tout savoir, avoir la vérité absolue sur comment aider les enfants autistes, mais je me dis qu’avec la participation de tout le monde, chacun pourra trouver une méthode qui lui convient, en prenant un peu des conseils des autres membres de la communauté selon la personnalité de son enfant, ce qu’il ressent, etc.
Alors partagez, donnez des informations, conseillez! On n’attend que ça!
Je vous félicite pour l’intérêt de vos pages, bien présentées, ce qui ne ga^te rien.
Je suis réservé sur la nécessité de réduire les rituels au maximum, telle que vous le défendez. Certes, il y en a qui sont socialement stigmatisants ou qui peuvent les mettre en danger.
Mais ils ont souvent une fonction calmante ou de ressourcement. Ils peuvent être un signe également ou un moyen de contrôler un débordement émotionnel.
Je pense qu’il faut que l’environnement apprenne à les tolérer autant que possible. Progressivement, ils peuvent apprendre à les faire à un moment où ils sont seuls.
Ma fille a un besoin de courir quand la tension monte, ou qu’elle veut vivre une histoire dans sa tête. Celà lui donne une démarche particulière, vite repérée. Elle a appris à varier son parcours pour ne pas être stigmatisée dans son quartier. Et on lui a dit de ne pas partir en flèche du restaurant d’entreprise.
Je suis d’accord que le mieux serait que la société apprenne à être tolérante, acceptante envers les stéréotypies de nos enfants. Mais ce n’est pas le cas, et les regards apeurés, dédaigneux, les grimaces de dégoût, ça me révolte un peu.
En attendant un monde, un peu utopique pour l’instant, où les handicapés seraient intégrés sans avoir honte de leurs comportements, je trouve nécessaire d’aider mon fils à surmonter ses stéréotypies en public. S’il a une chance à l’intégration, pourquoi la mettre en péril? Qui va engager une personne qui flappe tout le temps?
Cela dit, dans le cas d’un enfant qui, malgré tous les efforts, ne progresse pas ou pas suffisamment pour pouvoir vivre de manière autonome à l’avenir… pourquoi pas. Je ne suis pas contre la stéréotypies, mais pour le fait de passer inaperçu, je ne sais pas si je me fais bien comprendre.
Je pense qu’il peut être OK de le laisser faire ses stéréotypies dans l’intimité. Surtout si ça lui apporte quelque chose. Mais en public? Je ne suis pas trop pour. Ceci dit, je respecte votre opinion, qui est intéressante, et certainement applicable dans certains cas.
Amicalement,
Nathalie
On peut commencer par l’environnement familial …
Et aussi l’école : un enfant a commencé une galère incroyable, entraînant institution spécialisée puis déscolarisation, parce que son deuxième instit ne tolérait pas – contrairement au premier – qu’il se lève dans la classe et qu’il reste regarder par la fenêtre …
Évidemment qu’il faut progressivement les réserver à l’intimité. Mais nos enfants ont suffisamment d’étrangetés pour les faire remarquer : il vaut mieux limiter les pressions « normalisatrices ». En tout cas, comprendre qu’il s’agit de pressions et qu’il faut des soupapes.
Pour Matthieu, on a réussi petit à petit à canaliser son flapping en d’autres gestes. Comme il flappe lorsqu’il est content, on lui a montré qu’il pouvait applaudir, ou serrer le poing en hauteur en signe de victoire, ou faire un high five, etc. Il flappe de moins en moins, quasiment plus du tout, sauf pour des situations « nouvelles ». Et il ne semble pas pour autant sous pression.
On ne parle pas ici de battre son enfant comme plâtre s’il fait des choses différentes, évidemment! Mais en lui donnant des moyens qui semblent plus « normaux » pour faire soupape, il arrive peu à peu à mieux s’intégrer.
Pour la maman de Maëlys :
« Et c’est vrai que bien souvent quand une stéréotypie disparait, une autre prend sa place… On a l’impression que c’est sans fin.
Mais on va y arriver! »
Arriver à quoi ? à lui enlever toutes ses stéréotypies ? pourquoi ?
Comme vous l’avez dit, c’est « sans fin » et c’est normal car elle en a besoin, comme beaucoup de personnes autistes. L’important n’est pas de les supprimer comme le dit Jean, mais de les canaliser. car :
« ils ont souvent une fonction calmante ou de ressourcement. Ils peuvent être un signe également ou un moyen de contrôler un débordement émotionnel. »
Je suis entièrement d’accord avec Jean29, c’est ce qu’expliquent également les personnes TED.
Les personnes ted une fois adultes, gardent leurs stérétotypies et les gèrent SEULS, mais ils EN ONT BESOIN.
Je reste persuadée qu’il ne faut pas que ces stéréotypies soient trop envahissantes et trop visibles. C’est pourquoi je pense qu’il vaut mieux aider son enfant à les réduire et à trouver d’autres moyens de faire soupape.
quels autres moyens pour faire soupape ?
ceux que vous aurez décidé ? et pas ceux dont il aura forcément besoin.
Je réitère : discutez-en avec des personnes TED adultes pour connaitre leurs besoins et après prenez une décision pour votre enfant.
Je réitère mon commentaire: dans l’intimité, il peut faire ce qu’il veut de manière « raisonnable » à condition qu’il puisse se contrôler par la suite. Franchement, vous pensez que notre société est capable d’accepter les handicapés, sans parler des autistes? Tout ceux qui ont un comportement différent se font dévisager, pointer du doigt, ridiculiser… Le laisse flapper à longueur de journée ne me semble pas être le bon moyen pour qu’il puisse vivre parmi les autres en grandissant.
Pour amener de l’eau à mon moulin, mon fils a parfaitement compris qu’il fallait éviter de flapper sans arrêt, et a appris des gestes pour compenser, qu’il effectue quand il est content. Après, effectivement, je ne parle pas pour les enfants des autres – vous êtes libre de faire ce que vous voulez, ce n’est absolument pas moi qui vous dirai quoi que ce soit.
Et pour finir, ce n’est pas une décision unilatérale de ma part, c’est le pédopsychiatre de Matthieu ainsi que la psychologue du CeRESA qui était venue diagnostiquer mon fils qui m’en ont parlé. Je pense qu’ils ont raison, et si Matthieu veut avoir une chance de vivre de manière autonome plus tard, je crois que ça passe aussi par là.
« Le laisse flapper à longueur de journée ne me semble pas être le bon moyen pour qu’il puisse vivre parmi les autres en grandissant. »
Je n’ai jamais dit qu’il fallait le laisser faire du flapping toute la journée !
Relisez bien. J’ai parlé de « cadre », où, quand et combien,. Mais par contre essayer de stopper des stéréotypies en fera apparaître d’autres comme la souligner la maman de Maëlys ; tout simplement par ce que cela leur est nécessaire pour se détendre, plusieurs personnes ted m’ont dit qu’il n’y a que lorsqu’ils pratiquaient leurs stéréotypies que leur esprit se reposait. (!)
Nous aussi nous avons besoin de moment de repos, en écoutant de la musique, en tricotant, en faisant une activité sportive, de la chaise longue au soleil lol, ou autre chose, nous n’en ferions pas toute la journée, mais pour autant je ne pense pas qu’on aimerait qu’on nous l’interdise ou qu’on nous remplace l’activité qui nous plait le mieux par une autre plus « acceptable ».
Vous voyez ce que je veux dire ?
le but n’est pas de polémiquer, mais j’ai longuement parlé avec différentes personnes autistes et ils disaient tous la même chose, et grâce à eux j’essaye de respecter les besoins de mon fils, évidemment en faisant avec notre société si peu tolérante.
Votre enfant peut garder le flapping pour la maison, pour un temps limité.
Vous avez l’air de qq’un d’assez ouvert et c’est la raison pour laquelle j’ose incister.
J’irai jusqu’à vous conseiller de suivre la formation « intégration sensorielle » d’une ergothérapeute Québécoise qui vient régulièrement en France.
Et oui, les stéréotypies touchent au sensoriel, domaine très important pour nos enfants.
Ah, bien, alors on est d’accord à priori, le cadre étant ce que je souhaite poser. Si j’ai mal compris ce que vous vouliez dire, je vous fais mes excuses! J’ai eu une journée qui a commencé tôt!
Pour le cadre: par exemple, Matthieu dit des choses qui n’ont pas de sens pour nous, des fois pendant plusieurs minutes sans s’arrêter. À un moment, il prononçait les lettres « I T » à chaque fois qu’il voyait l’horloge passer sur un 1 ou un 7. C’est clairement quelque chose qui ne pouvait pas continuer. Nous avons négocié avec lui qu’il le dise une fois, ou qu’il se le dise par la suite dans sa tête. Petit à petit, ça a diminué.
Je suis d’accord que si on essaie d’effacer une stéréotypie, une autre prend sa place. C’est aussi pour ça que je l’empêche pas de faire celles qui ne me semblent pas « graves » et allant à l’encontre de sa future intégration.
Je m’auto-cite dans un autre article:
« Après discussion avec ma psychomotricienne préférée, il semble que lorsqu’on chasse une stéréotypie, une autre prend sa place. Donc, comme celle-ci est plus “socialement acceptable” que, par exemple, le flapping, je me concentre à l’aider à réduire plutôt ses autres stéréotypies. »
— Signe de TED: Aligner les objets
Je « préfère » qu’il aligne les objets plutôt que de flapper. Ça me semble moins gênant socialement. De même, les portes, les lumières, c’est pas possible s’il veut pouvoir être intégré dans un groupe. À l’école, il ne va pas pouvoir passer son temps à ça. Donc, on travaille dessus, et à la maison il ne le fait déjà plus, de lui-même.
Oui mais… lol
flapper ne produit pas la même sensation que d’aligner des objets…
Vous allez me trouver pénible, mais si le flapping génère un bien être puissant à votre enfant ?
pour moi les seules stéréotypies qui sont à éradiquer sont celles qui peuvent mettre la santé de l’enfant en danger.
Je vous quitte en espérant que vous penserez à cette formation en intégration sensorielle dont je vous ai parlé plus haut, il y a trois stages qui sont accompagnés du témoignage de personnes TED adultes ; pour l’avoir suivi, je peux vous assurer que l’on en ressort avec une vision tout à fait changée sur l’importance du sensoriel (vue, ouïe, odorat, touché, goût….)
Voilà j’espère que vous ne m’en voudrez pas trop de vous avoir « asticoté »; pour finir je voudrai aussi dire que le meilleur des professionnels ne sera jamais une personne TED et c’est la raison pour laquelle l’avis des personnes directement concernées est très importante.
Pour ce qui est de la formation, je vous avoue que je suis intriguée, malheureusement pour ça comme pour le reste je n’ai pas la possibilité d’y aller de par mes contraintes de temps, d’argent et de garde d’enfants. Cela dit, je vous ai bien entendue, ce qui est l’intérêt de la discussion sur ces sujets. Merci du temps passé ici et de nous avoir donné votre opinion Maryline!
puisque vous êtes intriguée, lol
- ils ne sont pas si onéreux 35 € le stage
- ils durent Trois après-midi de suite (5 h)
Je ne sais pas de quelle région vous êtes, ils ont lieu à Paris.
S’il y a une formation que je ne regrette pas c’est bien celle-là.
bye !
Je suis de Toulouse. =)
Franchement, trois après-midi de suite, ça me semble un peu difficile, étant donné qu’en juillet je suis sortie pour la première fois en plus de quatre ans « en amoureux » avec mon mari!
Quand les petits seront tous les deux à l’école… j’aurai plus de temps pour faire d’autres choses.
Quand je disais « on va y arriver », je ne parlais pas forcément de ses stéréotypies… C’était une généralité. Mais je suis heureuse d’avoir lu cette discussion, c’était vraiment intéressant.
sujet plus que très intéressant!! et effecivement très ilportant de voir cela dès la plus jeune enfance… dans tout mon parcourt, j’ai eu l’occasion d’accompagner une femme de plus de 40 ans, autiste. donc lors de son enfance, ce genre de chose n’était pas encore très connu;, ni très bien pris en charge. elle a été prise en charge dans l’association j’interviendrais dès ses 10 ans… mais les personnes avaient des connaissances à la hauteur de ce qui se savaient à l’époque. lors des séjours apssé avec elle, je me suis rendu compte de rituel très envahissant chez elle. le matin, il lui fallait plus d’une heure pour se préparer… pour chaque vêtement, elle devait faire tout un circuit, avec de pause par endroit et si quelqu’un rentrait dans la pièce à ce moment là, elle recommençait…. j’ai donc appelé sa mère qui m’a expliquer, que son rituel était présent depuis ses 5 ans, et que le temps passant, il devenait de plus en plus long. étant longtempes en hp, personne ne s’en préoccupé. avec toute l’équipe duséjour, nous avons réfléchis à une solution non pas pour lui enlever le rituel, mais au moins le diminuer. elle a plus de 40 ans, nous allions tout de même pas lui enlever une telle chose de son quotidien. donc j’ai observé son rituel intensement, une fois que je métrisais à mon tour le rituel, je faisait certaine chose à se place, ou changeait un v^tement de place, pour qu’il soit déjà en position de fin de rituel. il a fallu plus de 6 mois, pour qu’elle racoursis son rituel.
donc merci de ce sujet!! il est important de ne pas laisser prendre trop de place dans la vie de vos petit bout par ces rituel! ils sont important dans le fait de se rassurer, mais minimiser les!!!!!!!!
en ce qui me concerne j’ai réussi à lui faire césser les stéréotypies de balancement et flapping mais pour tt ce qui est ouvertures fermetures des portes lumiéres et objets qui tournent dur dur il en devient mêma agressif quand on cherche à le faire passer à autre chose (du genre ouvrir fermer un livre)je ne sais plus comment proccéder car c stéréotypies prennent vraiment une grande et importante ampleur!!!!!exemple lorsqu’on va dans un magasin si quelqu’un a le biais de toucher la porte il part en méchante crise !!!j’ai beau le rassurais essayer de lui expliquer rien y fait!!!!!
ceci dit c’est un sujet trés intéréssant merci!!!
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