Autisme Infantile (3)Comme je l’explique dans ces deux articles: Ne pas se laisser embobiner et Le cordon ombilical, les parents ne sont pas responsables de l’autisme de leur enfant. Il ne sera pas question de cette culpabilité-là dans cet article, tout bonnement parce qu’elle est infondée: vous n’avez pas provoqué l’autisme de votre enfant par votre attitude envers lui, point final!

Mais il est facile de culpabiliser pour énormément de raisons à côté de cela. Aujourd’hui, discutons un peu de la manière de gérer sa culpabilité quand on est papa ou maman d’un enfant autiste.

Je travaille trop, je n’ai pas de temps à consacrer à mon enfant

Je crois que c’est une inquiétude récurrente chez de nombreux parents, et pas forcément parents d’enfants autistes! De nos jours, pour assurer la subsistance de la famille, il est nécessaire de travailler. Parfois, un des deux parents peut rester à la maison, mais ce n’est franchement pas la norme, et il est habituel de voir les deux parents travailler toute la semaine.

Mais c’est aussi encore plus facile de culpabiliser, parce qu’on se dit que le temps passé loin de son enfant est du temps perdu pour lui: là où les autres enfants n’ont qu’à jouer, lui a besoin de nous pour évoluer et progresser.

Travailler est essentiel. C’est grâce à votre travail que votre famille peut payer ses factures et avoir un toit sur sa tête. Pour ne pas culpabiliser de trop travailler, je vous fais quelques propositions:

  • réservez des plages de temps avec votre enfant, où vous ne vous occuperez que de lui: pas besoin que ce soit des demi-journées entières! Une heure le soir, ou bien trois ou quatre heures un week-end. Faites-en un rendez-vous, marquez les sur le calendrier, et quoi qu’il arrive, ne les annulez pas.
  • laissez-lui des « devoirs » à faire: il faut bien entendu adapter ça à son âge et à ses capacités, mais demandez-lui de faire quelque chose de spécifique pour vous le montrer le soir (un dessin, une construction en Lego, écrire une histoire, ranger sa chambre, etc.) et demandez à la personne qui s’occupe de lui pendant la journée de lui rappeller de le faire. Ainsi, vous partagez même lorsque vous n’êtes pas présent.
  • créez une boîte à souhaits: mettez-y avec lui des petits papiers avec des activités qu’il aimerait faire. Une fois par semaine, ou une fois toutes les deux semaines, faites-lui sortir un des papiers au hasard et planifiez l’activité (n’oubliez pas de la noter en gros sur le calendrier). Ça peut aller d’une visite au zoo à une location de DVD, à une lecture d’histoire ou une promenade au parc. L’important est que vous soyez tous les deux et que vous passiez un bon moment.

L’important, parfois, ce n’est pas forcément de passer beaucoup de temps avec un enfant, mais de passer du temps de qualité. Ce n’est pas obligé de passer du temps devant un crayon et du papier pour apprendre des choses à un enfant autiste, aussi profitez de chaque sortie et de chaque moment de détente avec lui pour rebondir sur l’activité et l’aider à progresser.

Je passe tout mon temps avec mon enfant autiste et je n’ai pas autant de temps à consacrer à ses frères et soeurs

Lorsqu’on a un enfant autiste, il est forcé que l’on doive passer plus de temps avec lui qu’avec ses frères et soeurs. Il y a tous les rendez-vous où il faut l’amener, ainsi que l’attention de tous les instants qu’il faut lui porter. Les frères et soeurs passent souvent au second plan, mais je crois qu’on ne peut pas faire autrement.

Mais en même temps, c’est l’occasion pour les frères et soeurs de:

  • passer plus de temps avec leurs grands-parents: vous pouvez leur demander de les amener faire des sorties, seul à seul ou en groupes, de les recevoir à dormir (avec séance DVD + popcorn, par exemple), ou d’aller faire des courses avec eux. Ils seront contents de ces sorties, et ça peut leur permettre de se lier plus fortement avec d’autres membres de la famille.
  • devenir indépendents et autonomes plus vite: peut-être pouvez-vous être plus souple sur l’âge de plusieurs activités. Selon l’âge, vous pouvez leur proposer d’inviter un ou deux amis à dormir à la maison, ou les laisser aller au cinéma avec leurs amis et leurs parents sans culpabiliser. Parlez-en aux parents des amis, et demandez-leur si ils peuvent inclure vos enfants plus souvent dans les activités de sorties de leurs enfants.

De temps en temps, pendant que vous laissez votre enfant autiste à votre moitié, passez du temps avec vos autres enfants sans culpabiliser. Faites-en un rendez-vous hebdomadaire: allez voir un film au cinéma, amenez-les manger une glace dehors, ou bien un tour de manège, etc. Ainsi, vous passerez aussi du temps de qualité avec vos autres enfants, ce qui compensera pour la quantité.

Mes amis me fuient, j’ennuie tout le monde avec mes problèmes

Les amis ne veulent pas toujours savoir tous les détails de nos problèmes. C’est blessant, mais compréhensible. Rappellez-vous comment vous avez évité de parler de la mort d’untel, ou du chômage de l’autre! On n’ose pas ouvrir le sujet par peur de blesser l’autre, ou d’ouvrir les vannes intarrissables des soucis d’autrui.

Voici comment réagir:

  • donnez des nouvelles, oui, mais raisonnablement: dites-leur les progrès, parlez du dernier problème, donnez l’état de santé général, mais n’insistez pas sur les détails, à moins que l’on vous questionne, et surtout restez brève et ne semblez pas en attente d’une solution de leur part.
  • trouvez une communauté passant par les mêmes problèmes: et là, vous êtes à la bonne place! Les personnes qui se retrouvent sur des sites comme celui-ci cherchent à partager leur expérience, à trouver une oreille compatissante, et à trouver des solutions. Elles sont là pour échanger, et réciproqueront si vous les écoutez.

Les amis qui souhaitent avoir des détails, vous les repèrerez vite: ils vous les demanderont même si vous ne les donnez pas. Les personnes qui passent par les mêmes problèmes que vous peuvent devenir des amis aussi, au fil du temps et des échanges.

Pour trouver des personnes avec qui échanger, dirigez vous vers notre page Facebook!

Photo: stressed and worried (photo: BHernandez) (by BHernandez)