Mon amie Cécile me dit souvent qu’elle m’admire parce que je continue à traiter mon fils Matthieu et à avoir les mêmes exigeances de lui que s’il n’avait pas de handicap. Elle me dit aussi qu’à ma place elle n’aurait pas la force de lui dire non, elle aurait plutôt tendence à dire d’accord à tout et à le traiter de manière plus permissive et douce que les autres enfants.

En fait, elle n’a pas tout à fait raison: je suis même beaucoup plus stricte qu’avant, beaucoup plus exigeante, notamment à propos des stéréotypies ou autres comportements qui vont finir par devenir gênants.
Quels sont vos opinions à ce propos? Êtes-vous plus cool qu’avant avec votre enfant, lui passant plein de choses parce qu’il est autiste, ou au contraire êtes-vous comme moi encore plus exigeant et regardant que pour un enfant sans handicap?
Je pense que nous traitons Pearl tout comme nous avions traité son grand frère avant elle, avec peut-être une petite différence, la patience… Nous avons certainement plus de patience avec Pearl car nous essayons de comprendre ce qui la pousse à faire telle ou telle chose et surtout avec ses stéréotypies. La question ne s’est pas posée pour son frère aîné mais ça a été tout un nouvel apprentissage avec Pearl. Dylan était assez colérique quand il avait l’âge de sa soeur et faisait déjà beaucoup de bêtises. Nous n’avons pas été TRES sévère avec lui, mais juste la bonne dose je pense puisqu’à ce jour c’est un garçon qui s’est bien épanoui, qui est plutôt obéissant mais surtout avec qui nous pouvons dialoguer car il est extrêmement intelligent. Ce n’est pas tout à fait le même cas avec Pearl car il nous est difficile, pour l’instant, de juger ce qu’elle comprend et ce qu’elle ne comprend pas, vu qu’il n’y a pas forcément de « retour » d’elle. D’ailleurs elle n’est pas colérique et ne fait pas vraiment de bêtises non plus… Par contre, pour ce qui est de ses stéréotypies, nous essayons d’être stricts, d’abord nous essayons de divertir son attention et si ça ne fonctionne pas, nous lui prenons les objets qu’elle tape. Elle se fâche 10 secondes et passe à autre chose. Pour l’hyperactivité de Pearl le soir nous nous sommes aperçus qu’être patient ne portait pas forcément ses fruits, mais que lui crier dessus non plus, donc nous pateaugeons encore un peu. Le problème dans la fratrie c’est que parfois, nous devons punir Pearl comme nous avons puni son frère (en la mettant dans son lit si elle pique une colère – et ça semble fonctionner) car sinon son frère nous demande « pourquoi lorsque Pearl n’est pas gentille vous ne la punissez pas? ». Je pense que c’est peut-être un peu plus délicat à gérer avec une fratrie. les punitions qui fonctionnaient pour Dylan ne fonctionnent pas forcément pour Pearl, et vice-versa… Je pense qu’avec l’âge et lorsque nous saurons un peu plus sur son niveau de compréhension nous pourrons « adapter » notre style de « parenting »…
Dans l’ensemble, mis à part les stéréotypies, nous la traitons comme son frère
Je suis très intéressée par tous vos témoignages et ai hâte de vous lire.
Nous ne sommes pas du tout permissifs. Nous essayons d’être:
- Systématiques : M^me comportement, m^me réponse, et aucun comportement problématique en cours de « travail » ne passe. Par exemple, nous travaillons sur l’obéissance en ce moment. Si nous demandons à Stan de faire quelque chose , çà doit être fait, systématiquement. Donc nous ne demandons que lorsque nous savons que nous iros jusqu’au bout, colère incluse, Aucune demande de notre part ne doit être désobéie.
- Adaptés: Nous appliquons les techniques ABA , donc renforcements, guidances, retraits d’attention etc selon le cas , et selon l’étape . Clairement nous n’avons pas les m^mes solutions éducatives qu’avec un enfant neurotypique. La grande tradition de la mise au coin, sans minutage, qui avait grandement porté ses fruits avec Adrien, nous l’avons abandonnée pour Stan.
- Nous ne laissons pas de place au » il a bien le droit de le faire pour une fois…. » , ou « il peut bien ne pas avoir envie de faire ci ou çà… ». Si l’on a décidé qu’il doit passer au lit « de grand » , Stan peut afficher son refus en dormant sur son tapis deux nuits de suite, nous ne changeons pas de direction.Idem avec le biberon du soir, idem avec l’obligation de saluer lorsqu’on entre quelque part, ou que l’on quitte un lieu.
Bref nous ne sommes pas permissifs du tout, le cadre est très strict, un peu vieille France pour tout dire, un peu à l’ancienne. Ce qui n’empêche pas de laisser des plages de liberté , lorsque Stan est dans son territoire, et lorsque nous l’avons décidé et formellement permis.
Avant le diagnostic, et avant de mettre en place l’ABA, nous étions terriblement patients et compéhensifs, ne brusquant pas Stan pour contourner ses colères , ses peurs, etc moyennant quoi il s’enfonçait de plus en plus. Depuis que nous avons changé de cap, les progrès sont extraordinaires , m^me si il nous teste bien sûr régulièrement, et qu’il faut sans cesse être vigileant.
En tous cas, c’est ce qui lui permet d’avir commencé à parler (parce qu’il doit formuler pour obtenir , alors qu’avant un boborygme suivi d’un pointage suffisait), à interragir(parce qu’il y a beaucoup de renforçateurs quand on joue ), à intégrer quelques codes sociaux (parce que pour avoir le plaisir de jouer avec les trains électriques de grand papa, il faut avoir dit bonjour avant (c’est la moindre de schoses) etc..
J’ai oublié de préciser , et çà me semble important… que Stan a l’air heureux dans ce cadre strict, je veux dire, que son comportement change positivement, et qu’il semble plus épanoui qu’auparavant (moins d’hyperactivité , plus de constance, plus posé,moins de colères, plus d’interractions, moins d’autostimulations et de stéréotypies, énormes progrès dans la prise de conscience de son corps et en motricité globale).
Et last but not least, l’athmosphère familiale est détendue, Adrien parvient maintenant à trouver sa place de grand frère et ce matin, j’ai essuyé ma petite larme en voyant Stan prendre la main de son grand frère pour partir à l’école.
Donc, çà a été dur au départ, parce que j’ai été élevée très durement , et j’ai eu du mal à comprendre/accepter la différence entre autorité et cadre et maltraitance, mais maintenant je trouve que c’est formidable d’avoir un véritable rôle d’éducateur, de parent, on ses ent solide, tuteur de nos enfants. C’est très épanouissant en tant que parent, çà permet des relations tout à fait extraordinaires avec Stan. Peut-être se sent-il davantage en sécurité ?
Béatrice, ceci est vraiment très intéressant, nous ne pratiquons pas ABA mais il y a vraiment des points très positifs dans ce que tu décris, nous ne manquerons pas d’en prendre de la graine!!!
J’ai été mise en garde maintes fois par les puéricultrices, qui sans doute me trouvaient trop douce (permissive ?) avec Solène … Il faut qu’elle apprenne les LIMITES ! C’est facile, la théorie.
J’étais confrontée à un enfant qui ne se sentait pas concernée lorsque je l’appelais, qui ne semblait pas comprendre le « non ». Quelle punition appliquer ? Elle s’est longtemps montrée indifférente.
Avant d’instaurer une quelconque forme d’autorité, la priorité était d’établir une communication, d’obtenir des réactions. Il fallait qu’elle comprenne le sens des mots : bien, pas bien, content, fâché, bêtise, sage, …, le sens des gestes : donner, recevoir, …
Je l’ai laissé sortir de sa coquille, j’ai attisé sa curiosité en permettant qu’elle ouvre les armoires, … J’étais contente de la voir grimper dans le fauteuil ! Elle osait enfin prendre des initiatives, des « risques » très calculés. Elle a aussi appris à dire non, elle-même.
L’interdit a néanmoins toujours existé par rapport aux comportements dangereux.
Solène (4 ans) manifeste maintenant ses goûts (vêtements, jeux, dessins animés, …) : on peut plus facilement récompenser et … punir ! Elle doit être réceptive (et je l’aide si nécessaire) pour répondre correctement aux demandes. Malgré un certain « laxisme » au départ, Solène sait maintenant ce qui est permis et ce qui ne l’est pas. Elle s’identifie beaucoup aux petits héros des livres pour enfants : Tchoupi, Zoé et Théo, …
En dehors de la structure qui participe au « cadre », à introduire de manière systématique dans la vie de nos enfants, y a-t-il d’autres règles ou recommandations dans ce domaine ? Les parents s’adaptent à la personnalité et aux possibilités de leurs enfants. Ma fille est active, parfois turbulente, sensible, jamais agressive, rarement colérique, j’essaye d’en tenir compte.
Marie-France, je retrouve aussi un peu de Pearl dans votre description de Solene, car Pearl non plus n’est pas agressive ni violente (pour le moment du moins) – Mon mari et moi sommes assez permissifs mais nous ne savons pas trop si nous le sommes trop ou pas… je crois que vous avez souligne un point important qui est de savoir s’adapter au caractere de l’enfant avant tout. Meme chez les neurotypiques, ce qui fonctionne pour l’un ne fonctionne pas forcement pour l’autre, donc avec un neurotypique et une autiste, c’est vraiment difficile de faire la part des choses. Nous sommes plutot tolerants avec notre fils (sans etre trop permissif) et il est tres epanoui et un gentil garcon, donc nous pensons que cela fonctionnera aussi avec notre fille… Et puis si cela ne fonctionne pas, il sera toujours temps d’apprendre et de reajuster…
Maëlys est plutôt « obéissante ». Elle comprend le non et ne réitère pas quand on lui dit non. Enfin elle ne réitère pas le même jour, mais le lendemain, elle réessaie!
Maëlys est mon premier enfant donc je n’ai pas de comparaison, mais à coté de ses troubles, elle fait des caprices comme les autres enfants, et des bêtises. Et ça, je ne laisse pas passer. Donc Maëlys connait le coin… Du reste elle est terriblement vexée quand elle y est.
Mais dans l’ensemble même si je vois qu’elle cherche des limites par moment, elle est plutôt « soft ».
Je ne pense pas être permissive, ni trop sricte, mais peut être je me trompe. Je ne me rend pas compte.
Nous sommes dans le même cas que toi Julie car notre fille est encore bien petite et même si nous avons un autre enfant (son aîné), ça n’aide pas forcément à trouver le bon niveau de permissivité car leurs caractères et besoins sont bien différents l’un de l’autre (il était facile de rassurer Dylan avec des câlins par example, mais pas Pearl du coup…). Dans l’ensemble Pearl est aussi plutôt « facile » (pour l’instant en tout cas, nous sommes conscients que ça peut et va sûrement changer) et je pense que le coin fonctionne aussi plutôt bien pour elle…
Clairement, je pense être donc la moins permissive
))
)
)En m^me temps, c’est aussi chouette de le voir passer par une étape « normale » . Il avait zappé évidemment l’étape de la peur de l’étranger, l’étape du non, il est en train de tout nous faire en accéléré.
, la plus méchante comme dirait mon fils ainé
Je pense aussi que c’ets très lié à la méthode éducative que l’on a choisi, que ce soit TEACHH ou ABA pour ne parler que de ces deux là, elles reposent sur une philosophie quand m^me assez opposées, dans un cas, on adapte l’environnement à l’enfant, dans l’autre on est plus intrusif et l’on entraine l’enfant vers une plus grande adaptabilité quel que soit l’environnement, çà a forcément une influence sur la gestion des limites et la permissivité, et bien sûr , il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises métodes, il y a une méthode que l’on choisit pour son enfant parce que l’on pense que c’est celle qui conviendra le mieux.
Et puis les enfants changent et nous aussi. Stan était un loulou super facile de l’avis général jusqu’à ce que l’on commence à le faire sortir de son monde, à grandir , à quitter son état de bébé. Et aujourd’hui qu’il semble vraiment prendre conscience de son existence, disons, qu’il est un peu moins facile
Salut Béatrice, pour avoir discuté avec toi je sais que nous pouvons nous attendre à ce que le comportement de Pearl change, d’ailleurs j’ai même remarqué hier qu’elle s’essayait sur de nouvelles « vocalises » donc je ne sais pas si elle va se lancer dans la chansonnette ou bien si elle va se mettre à crier comme le font parfois d’autres autistes. Nous y allons bien sûr à tâtons et pour l’instant, nous faisons confiance à ses thérapeutes car il est clair qu’ils sont tous très compétents dans le domaine des TEDs et qu’il est encore tôt pour nous pour constater des améliorations vu qu’elle n’a commencé ses thérapies il y a seulement une semaine… Nous savons qu’il faudra adapter notre « système » éducatif au vue de ses progrès (ou non-progrès d’ailleurs) et que plus elle va grandir plus elle aura besoin de structure.
Nous sommes ouverts à vraiment tous les conseils que nous prodiguent d’autres parents et personnellement je me documente un max sur toutes les méthodes qui existent (merci la commute banlieue-Paris-banlieue). C’est important de lire toutes les différences entre les « méthodes » d’éducation de chaque parent, et de voir qu’être permissif fonctionne avec certains enfants et non-permissifs avec d’autres. En tout cas je te rejoins sur le fait que lorsque j’essaye de « forcer » Pearl à quitter son état de bébé elle aussi semble manifester de l’agacement et je pense qu’il va falloir que nous soyons assez fermes là-dessus….
bonne question,
moi j’essaie d’être ni trop ni pas assez cool telle je le serais avec lui s’il ‘était pas diff!!!!!car pour moi diff veut pas dire devoir trop le couvé et tt lui céder!!!!ça ne serait pas l’aider non plus!!!!!donc rester au juste milieu cool à 50°/°
Je suis moi dans la problèmatique ou Lilia comprends le non mais même si je le dit tout au long de la journée elle y retourne systématiquement plusieurs fois par jours …..pour le reste n’ayant pas de dialogue avec elle puisque non verbale je ne peu lui faire comprendre la nature du non si quelqu’un à la solution à mon problème merciiiiii
je suis plus strict avec Pépite NT, avec Teddy j’essaye de contourner les problèmes. Je suis plus câline avec aussi. Mais je n’ai pas fait de différence pour le rangement des affaires, de la politesse etc.
Mettre des limites à tous les enfants c’est leur donner un cadre rassurant pour se développer.J’ai toujours dit vaut mieux serrer la vise dès le départ et desserrer quand on peut c’est plus facile de remettre les limites après. Pas de bol je l’ai pas été suffisamment avec Teddy
Ici, je nous pense trop permissifs. J’aurai tendance à être plus stricte, mais je ne sais pas faire fermeté sans dureté, et cela fait du mal à notre fils.
Nous ne cédons cependant pas beaucoup, nous lui passons certaines choses qui ne nous semblent pas importantes simplement.
le résultat est un petit garçon qui se tient bien sans toucher à tout lorsque nous allons quelque part, qui écoute ce qu’on lui dit et qui tient compte de nos directives
Je dirai qu’il n’y a pas de règle et qu’il appartient à chaque parent de savoir ce qui est le meiux pour son enfant.
Bonjour Béatrice,
je suis la maman d’un petit Philippe de bientôt 3 ans, diagnostiqué TED. Nous habitons Compiègne (Oise) et sommes en recherche d’un Psy ABA et puis on a compris que dans l’Oise ça ne court pas les rues. Nous avons démarré les séances de psychomotricité. Pas d’orthophonie car au Camps on est suivi par un psychologue qui travaille en binome avec une orthophoniste, et puis ils n’arrêtent pas de nous dire, que c’est trop tot de commencer l’orthophonie. ça me fait bien rigoler, car je ne pense pas que mon fils va y échapper… Ceci dit, pourriez-vous partager votre experience en mise en place de suivi ABA. Merci d’avance!
@Olga
))
Vous pouvez suivre partout dansle site mon expérience de la mise en place de l’ABA, puisque je suis ici la passionaria ayatolesque en chef de l’ABA
(auteur BéatriceBolling)
Sinon jesuis auss la présidente de pas à pas oise (antenne de Pas à Pas Nordl’association fondée par le Dteur V.Rivière à Lille)
VOus pouvez me joindre par mail beatrice@autismeinfantile.com
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Moi, il est encore petit (3 ans) et non verbal (quoiqu’il commence a y avoir un son qui ressemble à NON quand il râle).
Je ne sais pas ce qu’il comprend quand je lui explique quelque chose, mais je sais qu’il comprend le non. Quand il fait une bêtise, je lui dis non assez fermement et il retire aussitôt sa main, pour retenter 1 à 2 secondes plus tard. Je redis non une ou 2 autre fois, puis je « punis »: pour lui, c’est être soulevé et reposé quelques pas plus loin en le grondant de la voix, toujours avec les mêmes termes « Non, je ne suis pas d’accord ! Va t’en ! »
Souvent à ce moment-là, il râle, c’est-à-dire qu’il crie un coup pour dire qu’il n’est pas content, puis il va jouer ailleurs et ne retourne normalement pas à la bêtise, sinon je recommence et je n’ai jamais eu à le faire plus de 2 fois. Pour l’instant cela semble fonctionner.
Mais ce n’est efficace que parce qu’en ce moment il recherche le contact constant avec nous.
Il y a 2 ans, une pédiatre m’avait dit de l’écarter quand il faisait une bêtise, mais ça n’avait alors aucun sens pour lui, il était même content qu’on le laisse tranquille.