Autisme et autonomie à la maison: La propretéJe ne peux clairement pas me poser en experte de la propreté: sur deux enfants, aucun n’est encore propre, et je n’ai participé à rendre propre personne (même si j’ai convaincu ma nièce de passer du pot aux toilettes).

J’ai toutefois recueilli beaucoup d’idées et de conseils sur le net, et j’ai décidé d’en faire un résumé pour ceux d’entre vous qui vont y passer après moi. Sinon, vous pouvez suivre les bilans de l’opération pipi/caca pour voir comment je me débrouille au jour le jour avec un enfant autiste de 4 ans et un autre neurotypique de 2 ans.

Quand est-ce qu’un enfant est en âge de devenir propre?

On dit qu’un enfant est en âge de devenir propre quand il sait enfiler les marches d’un escalier sans s’arrêter à chaque fois. Il parait que c’est une manière de savoir si les sphyncters sont assez matures pour que l’enfant puisse se retenir.

Il parait qu’on peut rendre propre un enfant à partir de la naissance. Cela dit, mon avis personnel est que c’est les parents qui le rendent propre, mais il n’est pas propre. Un enfant, selon moi, peut être propre du moment où il arrive, soit à exprimer le besoin d’aller sur le pot, soit savoir s’y installer. Si c’est à la maman ou au papa à devoir penser à l’y poser régulièrement pendant un ou deux ans, je n’appelle pas ça être propre, j’appelle ça de l’esclavage!

C’est difficile de dire quand un enfant est prêt à devenir propre. Je pense que chaque enfant arrive à cette évolution en son temps, et selon ses motivations. Il faut qu’il comprenne l’utilité du pot ou des toilettes, et qu’il accepte de s’y plier. Certains peuvent avoir la maturité physique mais pas mentale. Il faut donc essayer régulièrement, jusqu’au jour où vous le sentirez prêt.

Conseils pratiques pour la maman

Voici quelques idées pour vous faciliter la tâche:

  1. Essayez de limiter les déplacements de l’enfant en l’attirant dans un endroit facile à nettoyer (vous n’aurez pas à changer les draps et faire nettoyer les canapés plein de caca).
  2. Ramener de quoi éliminer les saletés rapidement: papier toilette, lingettes, coton, gant, produits pour nettoyer les fesses, slips propres, alèses, poches plastique, etc.
  3. Laissez l’enfant cul nu au début, car s’il est comme le mien, il va confondre la couche et le slip au départ, et vous risquez de devoir le changer très souvent. Et puis, s’il souhaite aller sur le pot et qu’il faut lui enlever tous ses vêtements, il risque de ne pas arriver à se retenir assez longtemps.
  4. Essayez de commencer par le réducteur de toilettes pour avoir moins à nettoyer, parfois les enfants l’acceptent dès le début. Cela dit, s’il a tendance à oublier d’y aller, laissez un pot en vue. De plus, les enfants autistes ne font pas forcément le rapport entre le pot et les toilettes, tout risque d’être à recommencer s’il ne veut faire que sur le pot.

Il ne faut pas hésiter à faire tout ce qui peut vous faciliter la tâchen!. Ce n’est déjà pas amusant de ramasser les besoins de ses enfants sur le tapis, on va pas en plus se compliquer la vie! Trouvez un moment qui vous convienne, et tenez bon!

Relativisons!

Ce n’est pas gravissime si votre enfant est le dernier du quartier à acquérir la propreté. Dans le cas d’un enfant autiste, vous avez encore moins de raisons de stresser. Il faut prendre le temps pour que votre enfant comprenne la pratique des toilettes, qu’il se les approprie, qu’il acquière l’autonomie pour y aller, etc. Stop au stress!

Conseils pour aider la propreté à s’installer

Voici quelques conseils que j’ai lu, et que je vous livre « tel quel ». Ce ne sont pas forcément ce que je fais moi (cf les bilans), mais cela fonctionne pour d’autres personnes, alors si vous vous sentez de les essayer, ne vous gênez pas!

  • Laisser la porte ouverte quand vous allez aux toilettes. Mon mari et moi ne sommes pas très fans de cette méthode, mais pour des parents moins « constipés » que nous, cela peut être une méthode viable.
  • Faire l’apprentissage de la propreté en groupe. C’est ce que je fais avec mes fils; de voir que son petit frère arrive bien à aller sur le pot encourage Matthieu à faire de son mieux. La compétition entre frères peut être utile, parfois.
  • Éviter la nourriture qui constipe. C’est toujours plus facile de leur proposer de faire leurs besoins dans les toilettes s’ils n’ont pas de problèmes intestinaux.
  • Proposer des jeux pendant le temps où il reste sur le pot. Un enfant qui s’ennuie n’aura pas envie de rester sur le pot. J’ai passé de nombreuses heures avec Matthieu à jouer avec lui (il a même appris à dire ses premiers mots sur les toilettes). Julien est facile à contenter: une vidéo à la télévision le tient tranquille le temps qu’il faut.
  • Établir une routine. D’abord, se déshabiller, ensuite le pipi/caca, après on s’essuie, on remet le slip, on tire la chasse, on colle la gommette, on prend le bonbon. Ce n’est qu’un exemple. Si besoin est, aidez-le avec des repères visuels en collant aux toilettes des pictogrammes avec la série d’action à faire, et repassez-la avec lui à chaque fois jusqu’à ce que ça devienne automatique.
  • Utiliser des renforçateurs alimentaires. Quand l’enfant fait ses besoins dans le pot, proposer à boire et à manger. Non seulement c’est généralement une bonne récompense, mais en plus ça permet de faire marcher « la machine », et de les mettre sur les toilettes encore plus souvent. Practice makes perfect.
  • Insister pour qu’il aille sur le pot dans les vingt minutes après un repas. Apparemment, c’est le moment où le besoin de faire caca se fait sentir. Dès aujourd’hui, j’y colle Julien, qui a tendance à faire ses besoins, effectivement, dès que je le colle à la sieste.
  • En cas d’accident, demander à son enfant de participer au nettoyage. Ça va le responsabiliser, et en même temps il essayera d’éviter par la suite de salir, pour ne pas avoir à nettoyer, parce que ça lui « coûte ».
  • Installer un système de récompense. Pas besoin d’y passer une fortune: de simples gommettes à coller à chaque fois qu’il a réussi à aller aux toilettes, et ça suffira. Ou un tampon à apposer, vous voyez le style.
  • À chaque fois qu’il réussit, penser à le féliciter chaleureusement. N’hésitez pas à en faire tout un plat et à le raconter à tout le monde. Les enfants entendent quand on parle d’eux, et sont fiers quand on dit qu’ils ont bien fait. Appellez papy et mamie au téléphone chaque jour pour leur dire les progrès de votre enfant.
  • Mettez un timer à sonner régulièrement dans la journée. Au départ il sonnait toutes les dix minutes, maintenant il sonne moins souvent (genre toutes les demie-heures). Ça me rappelle de leur proposer les toilettes régulièrement, si je suis absorbée dans une autre tâche.

Il y a beaucoup d’autres techniques pour aider son enfant à devenir propre. Avez-vous d’autres conseils à donner? Qu’est-ce qui a bien marché pour vos enfants? Partagez vos idées et vos expériences dans les commentaires pour que tout le monde puisse en profiter.