Combattre la déprime

Tears are tasteless (photo: Megyarsh)

Ces temps-ci, j’entends de plus en plus de mamans qui parlent de déprime, de fatigue, de difficultés à avancer. Cela a certainement à voir avec l’autisme de leur enfant, mais je suppose que la saison, avec ses jours courts, gris et froids, et la situation économique du pays ont un rôle dans tout ça.

C’est très difficile de combattre la déprime. La plupart du temps, tout ce qu’on voudrait c’est se mettre sous les couvertures et ne plus sortir la tête d’en-dessous pour les deux semaines à venir. On voudrait être chouchoutées, encouragées, et au final on se retrouve à devoir tout gérer, à être « des adultes », à renoncer à sa vie pour les autres.

Vous m’excuserez, messieurs. Je comprends que ce n’est pas facile pour vous non plus, mais vous êtes moins vocaux par ici, et j’entends surtout des mamans au bout du rouleau.

Où va notre vie? Comment faire pour que tout ne se casse pas la figure sous nos yeux? Comment reprendre goût à la vie, alors que celle-ci va être un chemin de difficultés, avec un avenir plus qu’incertain?

Ça arrive à tout le monde

Je partage avec vous trois textes de femmes exceptionnelles, qui se battent comme des lionnes pour leurs enfants, et qui se sont permis, pour une fois, de nous laisser entrevoir l’état dans lequel on peut se retrouver:

  • Sur pause, par Annie, qui s’interroge sur son futur professionnel, alors qu’elle a trois enfants avec TED à la maison (deux diagnostiqués, seulement, tu me corrigeras Annie si je dis une bêtise)
  • Je fais une pause…, par Alicia, qui n’en peut plus entre les recherches d’appartement, les recherches pour aider sa fille Pearl, et l’autisme qui s’incruste dans tous les aspects de sa vie
  • Comment revenir à la surface pour reprendre sa respiration?, par Béatrice, mais vous l’avez déjà lu, certainement. Béatrice, l’image même de l’énergie et de la combativité… elle aussi finit par n’en plus pouvoir.

Combattre la déprime

Plus facile à dire qu’à faire, c’est sûr, vu qu’une fois qu’on est embourbées c’est difficile d’avancer. Mais voici quelques petites choses qui, je l’ai remarqué, aident à combattre un peu la déprime.

En parler au médecin

Pourquoi au médecin? Parce que parfois, on peut ne pas réussir à s’en sortir seul. Parfois, il faut une aide, qu’elle soit psychologique ou médicamenteuse. Tout le monde s’attend à ce qu’on excelle, tout le monde « sait » qu’on va tout faire pour l’enfant, tout le monde se préoccupe des progrès, mais personne ne s’inquiète de savoir si nous, on va bien. On est « grandes », on peut s’en sortir, se débrouiller… se sacrifier.

Quand j’ai une baisse de régime, je suis chanceuse car j’ai mon médecin de famille, et tous les intervenants de Matthieu qui savent me remonter le moral tout simplement en sachant que c’est pas facile pour moi. Rien que ça, ça me réconforte: que quelqu’un réalise.

C’est rare qu’on me demande comment je vais. Ou si on me le demande, c’est juste pour savoir si je n’ai pas chopé un rhume: les gens ne veulent pas savoir si ça va ou pas à l’intérieur de ma tête. Cela dit, j’ai heureusement un couple d’ami qui s’en préoccupent, et ça m’aide énormément de pouvoir parler librement de mon moral.

Se réserver du temps de loisir

Il y a deux temps de loisir à considérer:

  • Du temps de loisir où on fait des activités qui nous font plaisir: aller au cinéma pour le cinéphile, aller faire une balade en forêt pour le randonneur, aller à un club de danse, de poterie, n’importe quoi du moment que ça alimente une de vos passions.
  • Du temps de loisir où on a le droit de végéter: rester au chaud sous la couette avec un bon livre et une tasse de thé, regarder une série idiote à la télévision, écouter son album favori en trempant dans un bon bain chaud… C’est des moments où le cerveau se repose, et tout le monde en a besoin.

Entreprendre un projet personnel qui n’a pas de rapport avec l’autisme

« Qui a le temps pour ça? », me demanderez-vous. Je ne vous parle pas d’achever votre projet en deux semaines, évidemment. Mais avoir quelque chose vers lequel tendre, qui soit un projet personnel qui vous fasse du bien, à l’ego, au moral, et qui vous laisse rêveur par rapport à l’avenir. Rêver, c’est important, quoi qu’en disent certains, et ça aide à tenir le coup durant la journée.

Écrire son mal-être

Un stylo et du papier, un clavier d’ordinateur, ou même une caméra et un compte YouTube pour les plus technologiques d’entre nous, et c’est parti!  En écrivant, en expliquant chaque détail comme si c’était pour quelqu’un d’autre qu’on expliquait ce qui ne va pas, permet au cerveau d’analyser, de compartimenter, et parfois de trouver une solution ou de nous faire nous sentir mieux. Essayez, c’est remarquable!

Partager des activités avec l’être aimé

Avec mes projets personnels de travail en tant qu’auto-entrepreneur, ce Noël, j’ai acheté une Wii comme cadeau pour la famille. Ça permet à tout le monde de se divertir, de faire des activités en famille, ça permet à Matthieu de travailler la compréhension, la psychomotricité, et ça me laisse deux choix par rapport aux activités avec mon mari:

  • on peut jouer à deux, rigoler en se battant au ping-pong avec Wii Ressort, ou en faisant des matchs de boxe quand on veut se défouler,
  • il peut avancer sur des jeux qui me plaisent moins lorsque j’ai envie de faire autre chose et de passer un peu de temps à me concentrer sur l’ordinateur.

Pas évident pour ceux qui se retrouvent seuls, en particulier après l’annonce du diagnostic de leur enfant. Dans ce cas-là, ce temps de partage peut être fait avec des amis proches, qui comprennent et acceptent le handicap de votre enfant.

Êtes-vous déprimé? Comment vivez-vous la déprime? Comment réussissez-vous à vous en sortir? Partagez vos sentiments, opinions, trucs et astuces dans les commentaires. Et surtout, courage!

9 thoughts on “Combattre la déprime

  1. - Un sac poubelle sous mes fesses et je déferle comme une foule toutes les pentes enneigées à côté de chez moi !

    OU

    - un Mars est ça répare !

    Bon un peu de sérieux, je prends, en cas de petite déprime, un tout petit comprimé d’Anxiolytique sous la langue et Ouf la pression baisse et je me sens d’attaque de nouveau. Enfin bon il m’en faut beaucoup pour être abattue ! lol

  2. merci
    j’ai transmis à mes connaissances.

    Allez, courage.

    Quand je n’allais pas bien, Beatrice m’a dit « laisse paser la vague », et _ça m’a soutenu un peu.

  3. Oups * je voulais dire comme une folle* lol et pas « foule » ! quel lapsus ! :-) )

  4. C’est drôle (si je puis dire) que tu en parles aujourd’hui de la déprime car ce matin, je suis allée chez le médecin pour la 3e fois. Elle m’a mis sous cortisone et en même temps j’ai vidé mon sac, j’ai pleuré, pleuré, ouh lala. Contrairement à vous, moi il m’en faut peu pour être abattue ; donc c’est une recherche sans cesse pour être mieux. En effet, en dehors de l’autisme de Nicolas, je suis angoisée, phobique, maniaque, hypocondriaque, je toc beaucoup aussi. Enfin le doc m’a donné aussi un médoc à mettre sous la langue, un nom de psy.
    Je suis désolée de ne pas pouvoir vous aider; en fait je compte sur vous pour vos astuces.

  5. Pingback: Ailleurs (février 2010) | Nathalie Hamidi

  6. Après un gros burn out en novembre 2009 : ce jour-là, en revenant du boulot, je me suis retrouvée dans un embouteillage au dessus d’un pont avec mon fils à l’arrière qui hurlait… je me souviens avoir regardé cette barrière et me dire, je fonce , on tombe, tout sera fini, mon mari aura toujours ma fille, ils auront plus facile sans nous… ce fut un électrochoc pour moi qui d’habitude est plutot positive de nature. Je n’en pouvais plus : j’avais l’autisme de mon fils et de gros soucis de santé qui me donnaient de grosses douleurs.
    Je suis rentrée en pleurs chez moi dès que mon mari est rentré, j’ai filé chez le médecin. Depuis, j’ai arrêté le travail (je suis institutrice maternelle, classe de 27 élèves en principe). De plus, j’ai subi en mai 2010 une grave opération au niveau de la moelle épinière et une autre en juin. Ensuite, j’ai du réapprendre à marcher (ma jambe droite ne bougeait plus). Résultat : 7 semaines d’hospitalisation et encore je devais rester plus longtemps mais j’ai demandé à sortir car ils ne s’en sortaient plus à la maison. Enfin bref, le fait de devoir faire cette rééducation me permet, pour le moment, de rester à la maison pour suivre mieux mon fils que quand je travaillais. Je reprends le travail en septembre 2011 en prinicipe. Entre temps, on met en place le PECS, mon mari et moi suivons des formations, on met en place différents outils…

    Qu’est ce qui m’aide à tenir en ce moment ?

    - Je vais une fois par semaine chez une psychothérapeute depuis juillet 2009, çà m’aide beaucoup et je pense que c’est grâce à cela que je ne suis pas passée à l’acte au dessus de ce pont. Cela m’a appris aussi à voir où était mes limites… à pouvoir dire à mon entourage NON JE NE SUIS PAS UN ROC COMME VOUS LE CROYEZ !!!! Moi aussi j’ai besoin d’aide.
    Malheureusement ce n’est pas remboursé et étant en invalidité maladie pour le moment, mon « salaire » a diminué de 30% et donc çà devient difficile. Surtout qu’on vient d’apprendre que la logo de Sacha : 200€ par mois ne serait probablement pas remboursé, on attend encore les conclusions… Si je laisse tomber la psy, je récupère déjà 125€, plus que 75€ à trouver… le calcul est vite fait. Mais je pense avoir changer dans ma tête depuis juillet 2009 et avoir les « armes » pour m’en sortir. Affaire à suivre une fois qu’on sera quoi pour les remboursements…

    - Mon mari et moi, nous nous accordons des soirées mais séparées : je sors 1 à 2 fois par mois et lui même chose, chacun de notre côté avec des amis ou parfois on ne sort pas mais on va se planquer dans une pièce et interdiction de déranger… dans ces cas-là, je lis, je prends un bain chaud ou je dors ! On n’arrive pas encore à en faire autant en commun mais une fois par mois, j’essaye de caser les enfants chez ma maman afin de souffler…

    - J’ai fait le tri des nuisibles qui me polluaient la vie ! Par exemple ma belle-soeur, marraine de mon fils qui prétent que l’handicap de mon fils, n’est pas réel, que tout est de ma faute et patati et patata… hop du vent, çà fait des années que je ne l’ai plus vu et je ne m’en porte pas plus mal. Maintenant ceux qui sont à mes côtés, sont ceux qui ont décidé de s’investir, qui s’intéresse à mon fils, ….

    - Ma psy m’avait dit aussi de prendre un RDV avec mon mari… donc on bloque tous les deux une journée (il prend congé) où on balance un faux prétexte à la famille (genre je dois aller dans tel magasin mais je ne veux pas y emmener mon fils car trop de bruits,…) pour qu »il nous garde les enfants et hop on a la journée rien qu’à nous. Oui je sais pas bien de mentir mais si je leur dis que c’est pour souffler une journée avec mon mari et bien çà passe moins bien (et oui car nous sommes des rocs hein ) ! Ce qui est dommage car la famille devrait pouvoir comprendre qu’on ait besoin de souffler. Mais bon tant que ma maman me garde les petits, la fin justifie les moyens lol

    - Cette « pause » travail me permet de faire un tri dans les infos sur l’autisme, de lire,… ce que je n’avais pas le temps de faire quand je bossais et donc là j’ai pu définir ce que je voulais pour mon fils et par où y arriver, les méthodes à employer (PECS, TEACCH…). On avance…

    - Je m’accorde aussi du temps avec notre fille. Cà par contre ma famille a compris et donc il nous garde Sacha et on va au cinéma à trois,…

    Voilà, comme je l’ai lu je ne sais plus où, le tout c’est de ne pas s’oublier… et que lorsqu’on prend du temps pour soi, ne pas CULPABILISER ! Ma psy m’a dit un jour : quand on prend du temps pour soi, on recharge ses batteries et on est donc plus disponible pour la suite :o ) du coup, je ne culpabilise plus…

    Courage à toutes !

  7. Moi je suis déprimée chronique (je n’oserais pas dire dépressive, quoique…) J’ai essayé la psychothérapie, les médicaments… Comme j’ai vu qu’on ne pouvait rien pour moi car rien ne me convient (les médicaments me dérèglent, la psychothérapie m’enfonce), je reste comme ça.
    Pour éviter les idées noires, j’essaie de me changer les idées en faisant des activités bénévoles pendant que les enfants sont à l’école. Et ça marche d’ailleurs super bien.

  8. Pingback: Un 1er février sur Autisme Infantile | Autisme Infantile

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