
Dès lors que le dépistage a été fait et que le diagnostic a été posé, il est temps de choisir son équipe éducative/rééducative/thérapeutique. Selon l’âge de votre enfant et la gravité de son état, il y aura plus ou moins de choses à travailler avec lui. Il est crucial de bien choisir son équipe.
Pourquoi j’ai changé d’orthophoniste?
L’orthophoniste qui a fait les premières séances avec mon fils m’a écartée dès le début de la prise en charge. Elle ne voulait pas que j’intervienne, ne voulait pas que je sache ce qui se passait durant les séances, n’écoutait pas mon avis et mes recommandations, et lors de mes « forcings » en séance (je tenais absolument à voir ce que mon fils travaillait, au moins une fois de temps en temps) j’avais remarqué qu’elle faisait les activités à côté de lui sans l’inciter à participer, espérant sans doute que l’envie lui prenne. Or, avec les enfants autistes, ça ne marche pas comme ça.
Lorsque j’ai exprimé mon avis sur la chose, cette dame m’a soutenu que c’était ainsi qu’il fallait procéder. Je suis sûre qu’elle voulait bien faire, et je suis persuadée que pour des enfants « normaux » ça marche très bien comme ça. Mais pour mon fils, selon moi, elle avait tout faux. Mon enfant n’avait pas besoin qu’on lui explique la logique des choses: il savait déjà trier par couleur, forme, taille. Il savait déjà les causes et les effets. Son problème était qu’il n’arrivait pas à parler. C’est ainsi que j’ai changé d’orthophoniste.
Est-ce que j’ai eu raison de changer d’orthophoniste?
Je vous le dis tout de suite: oui. Une semaine plus tard, il faisait déjà d’énorme progrès avec son nouvel orthophoniste, qui réussissait à lui faire sortir quelques mots.
Lorsque j’ai discuté avec les intervenants de la prise en charge de mon enfant (la psychomotricienne, l’orthophoniste et le pédopsychiatre), nous avons tout de suite été sur la même longueur d’onde:
- il est important d’entraîner l’enfant à participer: si on le laisse à lui-même, il va errer dans la pièce en laissant libre cours à ses stéréotypies, et n’écoutera pas un mot de ce qu’on essaie de lui apprendre
- les parents savent ce qui est bon pour leur enfant: il faut les écouter, c’est eux qui connaissent le mieux leur enfant, et ils ont l’expérience de ce qui marche et ce qui ne marche pas avec lui.
- les parents doivent être acteurs de la thérapie: il faut les mettre dans la boucle, car la thérapie continue à la maison pour les enfants autistes. Le travail des parents est crucial dans la rééducation de l’enfant, puisque ce sont eux qui passent le plus de temps avec lui.
- il faut être flexible: savoir profiter de l’intérêt de l’enfant pour une activité, même si ce n’est pas celle qui était prévue au départ, et en faire une opportunité d’apprendre. Accepter de nouvelles idées d’activités.
Avec l’équipe qui s’occupe de mon fils, nous nous sommes mis d’accord de suite: je ne suis pas diplômée de quoi que ce soit, mais je suis celle qui connait le mieux mon enfant. J’apporte des idées, et ils les mettent à leur sauce, en y introduisant les exercices qu’ils souhaitent lui faire faire. C’est ainsi qu’ils ont pu plusieurs fois rebondir sur une nouvelle activité que nous avons fait à la maison, en y adaptant leurs exercices.
Il est crucial de bien choisir son équipe
C’est une relation de qualité que j’entretiens avec l’orthophoniste, la psychomotricienne et le pédopsychiatre qui s’occupent de mon fils. Je sers généralement de passerelle entre eux, même s’ils savent prendre le téléphone pour communiquer lorsqu’il y a des questionnements plus particuliers. J’en suis vraiment très contente. Et en plus, les énormes progrès de mon enfant témoignent sans équivoque du bien-fondé de cette entente.












11 commentaires
Ju la maman de Maëlys says:
mai 27, 2009
Oui c’est évident que nous inclure dans la prise en charge est indispensable. Pour l’orthophoniste, je pense que c’est une prise en charge aussi importante que les autres. C’est bien pour ça que je voudrais que Maëlys en fasse… Je pense qu’à la rentrée si le CAMSP n’a rien fait, je me lance seule. J’espère juste que je tomberais sur la bonne orthophoniste. Car dans ma petite ville, il n’y en a aucune spécialisée en TED.
Nathalie Hamidi says:
mai 28, 2009
Mon orthophoniste non plus n’est pas spécialisé en TED. Ceci dit, le cas de mon fils est très intéressant pour lui, parce qu’il faut travailler énormément de choses – pas juste une dyslexie ou un défaut de prononciation ou que sais-je.
Je pense qu’il n’y a pas de mode d’emploi pour faire parler un enfant autiste ou TED. Il faut traiter au cas par cas, expérimenter, rebondir sur ce qui donne des résultats, et continuer à partir de là. L’important est de ne pas passer des mois à s’entêter lorsque ça ne marche pas, mais passer à autre chose pour y revenir quand l’enfant est mieux disposé.
Estelle says:
juin 10, 2009
« les parents doivent être acteurs de la thérapie: il faut les mettre dans la boucle, car la thérapie continue à la
maison pour les enfants autistes. Le travail des parents est crucial dans la rééducation de l’enfant, puisque ce sont eux qui passent le plus de temps avec lui. »
Comme je suis d’accord !!! Seuls les parents ont la possibilité de travailler chaque jour avec leur enfant, et cela est valable pour chaque enfant, autiste ou non !!! C’est la clé de la réussite.
Nathalie Hamidi says:
juin 10, 2009
C’est certain qu’un enfant autiste livré à lui-même a peu ou pas de chance de réussir à s’adapter correctement.
Nous avons la chance d’avoir un petit garçon doué et qui aime apprendre, donc nous jouons énormément là-dessus tant qu’il est encore à 100% à la maison: nous avons des séances d’orthophonie et de psychomotricité à la pelle, et il voit son pédopsychiatre une fois par semaine.
Lorsqu’il commencera l’école, forcément, nous serons obligés de réduire la cadence, mais vu les progrès qu’il a fait depuis septembre dernier, c’est clair que c’est une grande réussite!
lebrun stéphanie says:
juin 30, 2009
Comme je suis heureuse de lire une personne qui pense comme moi !! je suis très active avec mon fils et j’ai également changée d’orthophoniste ..la semaine dernière. L’ancienne avait une approche psychanalytique et ne forçait alexis a faire les exercice qu’elle voulait. Elle m’a dit alexis ne comprends pas sa sphere orale il ne pourra jamais souffler …or mon fils a souffler ses bougies pour ses 4 ans sans soucis!!D ‘après elle aussi , alexis ne peut pas interpeller . Or une fois de plus elle se trompe alexis m’apelle sans arrêt pour se rassurer et il interpelle aussi son frer pour jouer , son papa , et aussi son avsi et par son prénom!!!! donc oui il est crutial d’être bien entourée et de savoir dire stop , je ne suis pas d’accord avec vous . c’est de l’avenir de nos enfant qu’il s’agit à nos de veiller à ce qu’il soit le plus aidés!!
Nathalie Hamidi says:
juin 30, 2009
Oui Stéphanie, les thérapeutes ne sont pas présents là où votre enfant se trouve la plus grande partie du temps, et là où il peut être lui-même: la maison!
C’est pour ça qu’il faut une équipe qui soit à l’écoute des parents, avec qui la confiance règne, et qui soit motivée pour travailler tous vers le même but. La prise en charge ne s’arrête pas une fois rentrés à la maison – au contraire!
valérieJ says:
déc 3, 2010
Si un intervenant (pédopsychiatre, accompagnateur, orthophoniste…) n’accepte pas votre présence, considère que vous n’avez pas à intervenir, que vous ne serez d’aucune utilité à votre enfant dans le cadre de sa prise en charge, fuyez!!!
cette prise en charge s’étale sur 24h et 7j/7 alors c’est nous, parents, qui accomplissons le plus gros du travail, qui sommes là pour entrevoir les progrès, les possibilités et nous demandons à être épaulés pas rejetés comme des parents fautifs.
Notre équipe est super et c’est un vrai travail de concertation. Nous faisons confiance également à notre fils qui « sent » les gens et lorsqu’un praticien ne lui plaît pas, nous l’éliminons, c’est aussi simple…
yettou says:
mar 16, 2011
Je viens de lire vos commentaires concernant la prise en charge efficace pour les enfants TED, Autiste, et celui de valérie m’a interpellé. Je suis moi même maman d’une petite fille de 2ans et demi, diagnostiquée TED en mars 2010. Elle a été ensuite, prise en charge par le CAMSP, structure qui travaille avec l’enfant sans présence du parent. En bref, on amène notre enfant, on le met entre les mains du ou des thérapeutes, et ensuite on attend en salle d’attente puis, une fois la séance finie, on récupère le banbin, on échange quelques mots « bateaux » du style la séance s’est bien passée? oui! très bien…et, au suivant…..Que faire lorsque vous êtes dans une région ou il n’ya rien, des associations avec très peu de moyens…., et bien, vous acceptez tout simplement, à contre coeur certes, le fonctionnement déplorable de ces institutions et, vous finissez même par ne plus rien dire, car quand vous arrivez, on vous regarde de travers en penssant très fort « tiens voilà la casse pieds ».
lilou says:
sept 19, 2011
bonjour,
Justement je recherche un orthophoniste,un psychomotricien et un pedopsychiatre, autour des villes (Rungis, antony, fresnes…) Quelqu’un peut-il me donner de bonnes adresses.
Je vous remercie par avance.
lilou says:
sept 19, 2011
Dans departement 94, 92 merci
Pierre Young says:
nov 6, 2011
(professionnel de santé)
Maman Hamidi,
Vous avez raison d’agir lorsque votre orthophoniste vous exclue de la rééducation alors qu’elle devrait bien comprendre que vous êtes partie prenante motivée par les progrès de votre fils.
Mais , au delà de cette maladresse , il y a surement une incompréhension mutuelle et pas forcément une incompétence de la part de cette thérapeute du langage….