Archives AI (4)Matthieu a été non-verbal pendant longtemps. Beaucoup de cris ont peuplé nos journées pendant de longs mois, jusqu’à ce qu’il commence à dire des syllabes quelques temps après son deuxième anniversaire. Depuis, il apprend petit à petit à s’exprimer, mais c’est encore long et fastidieux.

Matthieu a une mamie qui veut bien faire mais essaie de dire à sa place la fin de ses phrases quand il n’y arrive pas. Ça part d’un bon sentiment mais au final Matthieu avait du mal à parler en sa présence justement parce que dès qu’il essayait de dire quelque chose, il n’était pas forcément écouté, et surtout il était interrompu. Depuis quelques temps, sa grand-mère travaille donc à le laisser parler, à écouter patiemment sa phrase même si ses mots sont du baragouin, puis à rebondir en essayant de lui répondre.

Savoir se taire

Sacrilège? Non. Il faut apprendre à se taire quand l’enfant parle. Même si c’est incompréhensible, même s’il parle pendant de longues minutes sans que vous ne puissiez placer un mot: taisez-vous!

Savoir écouter

Profitez de ces instants pour sourire, faire des mimiques comme quoi vous cherchez à comprendre, ayez le visage ouvert, et si vous reconnaissez des mots, empressez-vous de lui passer l’objet dont il parle.

Cherchez à reconnaitre des mots spécifiques qui reviennent, parfois ce sont des mots existants—juste mal prononcés. Les petits font de l’à peu près, et il est parfois difficile de reconnaitre un mot, mais dans un contexte bien spécifique, un mot qui revient souvent a sans doute un sens.

Savoir quand parler

Dès que l’enfant fait une pause, à vous de rebondir! Si vous avez compris de quoi il parle, répondez et parlez de la même chose. Si vous n’avez rien compris, embrayez tout de même dans la conversation comme si de rien était, et attirez son attention sur un objet ou une situation, en essayant de répéter souvent les mêmes paroles, pour qu’il les intègre.

Savoir comment parler

Avec les enfants autistes, il ne faut pas faire des phrases complexes. De mon expérience avec Matthieu, j’ai appris une chose: il se base beaucoup sur l’intonation et les gestes pour la compréhension. Ainsi, si j’y mets la bonne intonation et que je fais le bon geste, je peux aussi bien lui dire « tu veux un bonbon? » que « tu veux des épinards? », et il aura la même réaction d’aller au tiroir à bonbons.

Il vaut mieux se concentrer sur des phrases courtes, en éditant tous les mots inutiles au fur et à mesure, pour ne garder que l’essentiel du message. C’est aussi en apprenant à manier les mots simples que l’enfant autiste apprendra au fur et à mesure à comprendre des phrases plus complexes.