Apprendre à écouter

Matthieu a été non-verbal pendant longtemps. Beaucoup de cris ont peuplé nos journées pendant de longs mois, jusqu’à ce qu’il commence à dire des syllabes quelques temps après son deuxième anniversaire. Depuis, il apprend petit à petit à s’exprimer, mais c’est encore long et fastidieux.

Matthieu a une mamie qui veut bien faire mais essaie de dire à sa place la fin de ses phrases quand il n’y arrive pas. Ça part d’un bon sentiment mais au final Matthieu avait du mal à parler en sa présence justement parce que dès qu’il essayait de dire quelque chose, il n’était pas forcément écouté, et surtout il était interrompu. Depuis quelques temps, sa grand-mère travaille donc à le laisser parler, à écouter patiemment sa phrase même si ses mots sont du baragouin, puis à rebondir en essayant de lui répondre.

Savoir écouter

Savoir se taire

Sacrilège? Non. Il faut apprendre à se taire quand l’enfant parle. Même si c’est incompréhensible, même s’il parle pendant de longues minutes sans que vous ne puissiez placer un mot: taisez-vous!

Savoir écouter

Profitez de ces instants pour sourire, faire des mimiques comme quoi vous cherchez à comprendre, ayez le visage ouvert, et si vous reconnaissez des mots, empressez-vous de lui passer l’objet dont il parle.

Cherchez à reconnaitre des mots spécifiques qui reviennent, parfois ce sont des mots existants – juste mal prononcés. Les petits font de l’à peu près, et il est parfois difficile de reconnaitre un mot, mais dans un contexte bien spécifique, un mot qui revient souvent a sans doute un sens.

Savoir quand parler

Dès que l’enfant fait une pause, à vous de rebondir! Si vous avez compris de quoi il parle, répondez et parlez de la même chose. Si vous n’avez rien compris, embrayez tout de même dans la conversation comme si de rien était, et attirez son attention sur un objet ou une situation, en essayant de répéter souvent les mêmes paroles, pour qu’il les intègre.

Savoir comment parler

Avec les enfants autistes, il ne faut pas faire des phrases complexes. De mon expérience avec Matthieu, j’ai appris une chose: il se base beaucoup sur l’intonation et les gestes pour la compréhension. Ainsi, si j’y mets la bonne intonation et que je fais le bon geste, je peux aussi bien lui dire « tu veux un bonbon? » que « tu veux des épinards? », et il aura la même réaction d’aller au tiroir à bonbons.

Il vaut mieux se concentrer sur des phrases courtes, en éditant tous les mots inutiles au fur et à mesure, pour ne garder que l’essentiel du message. C’est aussi en apprenant à manier les mots simples que l’enfant autiste apprendra au fur et à mesure à comprendre des phrases plus complexes.

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9 Responses to Apprendre à écouter

  1. Chris says:

    C’est vrai, en laissant parler nos enfants, même si ce n’est pas clair tout de suite, on réalise qu’il cherche à nous communiquer des informations. Notre petit killyan a l’habitude d’introduire de courtes phrases compréhensibles au milieu de son baragouinage: « brijtjhkkksddf-il est caché le toutou-gfuurozpdj ». A nous de tendre l’oreille!

  2. Estelle says:

    J’ai emprunté un excellent livre à la bibliothèque, It Takes Two to Talk. C’est un ouvrage destiné à aider les parents d’enfants avec retard de langage. Je n’ai pas tout lu mais j’ai retenu ça :

    Observe
    Wait
    Listen

    (OWL, chouette en anglais) et j’essaie d’appliquer cela avec ma fille. Maintenant que je fais attention, je me rends compte que, même si elle ne dit pas encore de mots, elle prononce pas mal de sons et j’essaie de l’encourager à les produire. Un truc que j’ai appris avec notre orthophoniste c’est aussi de parler « un niveau » plus haut que ce que l’enfant comprend. Par exemple si l’enfant comprend le mot « balle », je dis « petite balle ».

  3. BEATRICE says:

    J’ajouterais àla liste:
    -savoir regarder: j’ai remarqué -parce que çà fait aussi partie du travail que l’on fait avec Stan- qu’il prêtait une plus grande attention à la qualité de sa production verbale lorsque l’on se regarde dans les yeux.
    - Savoir répéter sans se lasser: Je répète systématiquement ce que me dit Stan , pour qu’il entende ce qu’il dit de manière correcte, je ne lui demande pas de répéter mais, comme il a tendance à écholaliser , je suis sure qu’il « entend » ainsi la bonne prononciation, et la bonne structure de phrase.
    - Savoir jouer: L’apprentissage de la prononciation passe par tout un tas de petits jeux de répétition de syllabes,de rythmes (tambour xylo) de travail sur le souffle (sifflet, trompette, harmonica, bulles), sur l’inspiration par la bouche et le nez (paille)etc etc
    - Savoir chanter :Stan , hypersensible à la musique , a beaucoup appris la parole à travers les chansons
    - Savoir ruser: Stan est obsédé par les lignes et les lettres , il n’a bizarrement aucun problème de prononciation pour lire des lettres, ou pour lire des syllabes écrites. (çà peu^t passer par une association son/ couleur , son/forme ou que sais-je pour un autre enfant), donc je m’appuie beaucoup sur l’écrit pour lui faire travailler la prononciation.

  4. djamel says:

    Ma rencontre avec l’autisme.

    J’ai apprécié « RAIN MAN »avec HOFFMAN et CRUISE mais j’étais a des années lumière de pensé que cela m’arriverai un jour, avoir l’autisme a la maison au lieu de la télé, je vous promets que c’est difficile a apprécier.

    Après coup, beaucoup ‘eau a couler sous les ponts, et après quelques psy on se retrouve devant de nouveau choix de vie, car l’autisme est autoritaire.

    Je dois dire qu’avoir deux frères ainés a beaucoup aidé YASSER, beaucoup de bons conseils aussi, en décembre il aura cinq ans, il y a quelque mois il s’est mis a parler et a nous regarder, si vous êtes affecté par l’autisme vous comprendrez, et si non je dois vous expliquer que j’ai passé de longues nuits à prier pour que mon enfant un jour pose ces yeux sur moi.

    Dans une crèche depuis deux ans, (crèche normale pour enfants normaux) cette année nous somme tenté par la scolarisation en milieu ordinaire mais nous l’avons quand même inscrit à sa crèche dans la classe des grands (sait-on jamais).

    Crèche normale, enfants normaux, milieu ordinaire, j’ai sciemment usé de ces mots pour répondre a la directrice de sa première crèche qui après moins d’un moins a fait fondre en larmes mon épouse en l’invitant à faire suivre son enfant en milieu psychiatrique en lui assurant tous le bien que les éducateurs spécialisés en enfants ayant des besoins spécifiques pouvait lui offrir.

    Aujourd’hui madame je vous dit que vous êtes une honte pour votre profession, et je dis aux parents d’enfants admirablement autiste comme YASSER votre enfant est le plus normal enfant du monde ne le mettez pas a l’hosto c’est un buvard il prendra tous les tics qu’il rencontrera, aimez le, touchez le, parler lui normalement, fait y votre thèse de doctorat, soyez attentive, votre enfant communique c’est a vous de découvrir son langage et de l’entrainer vers le votre, donnez lui de la peinture, de la musique et surtout votre compagnie débordante d’amour et d’attention.

  5. Bonjour Djamel, je ne comprends pas à qui vous vous adressez?

  6. djamel says:

    savoir ecouter pour mieux lui parler, mon fils s’est mis a parler il repete souvent ce qu’on lui dit mais formule parfois ces propre phrases, je pense qu’on ne gueri pas completement de l’autisme mais a juger de l’etat de yasser je dirai qu’il a progresser beaucoup depuis l’année derniere et qu’il est en bonne voie « pourvu que sa dure ».

    nous avons fait des efforts pour etre disponible et etre a son ecoute, la directrice de la creche est venue a mon esprit au moment de l’ecriture (1h du matin) et je pense qu’elle represente les gens qui ne savent rien de l’autisme et qui se permette d’opiner.

    mon message en plus claire s’adresse au parents d’autiste, considerer votre enfant comme un enfant normal qui a ces particularités c’est peut etre un genie, et c’est a vous de trouver de la disponibilité pour l’accompagner car l’amour apporte beaucoup de bien.

    en parlant d’amour, il ne sagit pas de parole mais de tres gros calins de millions de bisoux, des caresses a lui polir la peau, et une presence physique méme sil faut changé les emplois du temps des uns et des autres.

  7. Pingback: Un 17 septembre sur Autisme Infantile | Autisme Infantile

  8. Bonjour,

    Ce chouette article me rappelle un post de mon blog que vous pouvez découvrir avec ce lien :

    http://arthur3iaventure.blogspot.com/2010/10/le-com.html#links

    Méli-mélo de textes traduits du mieux que je peux. Pris ici

    Communication non verbale

    Utilisez la communication non verbale.
    Secouez la tête pour dire oui ou non;
    Pouce en l’air pour féliciter;
    Haussez les épaules pour dire « je ne sais pas »;
    Ouvrez grand la bouche pour exprimer la surprise ou l’étonnement.
    Exagérez les expressions faciales ou les postures du corps.
    Bon, pas TOUT LE TEMPS mais en parsemer les séances.
    C’est une façon d’attirer l’attention, de donner de l’intensité à l’action,
    un goût en plus aux sentiments.

    Partager le langage

    Essayez de viser 80% de langage partagé pour 20% de langager dirigé.
    Le langage dirigé comprend toute sorte d’échanges verbaux qui demandent une réponse.
    Voici quelques exemples :

  9. kathy says:

    Tu as raison je disais justement a mon conjoint cette semaine qu’il ne comprend pas vraiment ce qu’on lui dit mais il comprend l’intonation
    quand je lui dit (tu veut du jus, tu veut aller dehors,tu veut un bonbon c’est toujours la même intonation et il c’est que je veut lui donner quelques chose qu’il aime sans vraiment savoir quoi et même chose pour la réprimande le ton de la voix y est pour beaucoup

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