Archives AI (4)J’ai longtemps été une maman sans aucune souplesse. J’avais une vision bien précise de ce qu’il fallait faire pour que mes enfants soient élevés de la manière que je voulais, qu’ils travaillent leur intelligence, leur créativité, et qu’ils deviennent les meilleurs des meilleurs plus tard.

Je crois que c’est quelque chose que veulent toutes les primipares: être parfaites, avoir des enfants parfaits, un mari parfait, une maison parfaite et immaculée, et que tout soit sous contrôle.

J’ai peu souvent mis mes enfants devant la télévision, en espérant qu’ainsi ils travailleraient leur imagination et trouveraient des moyens à eux de s’occuper. Les rares fois où je mettais des vidéos, c’était en anglais—parce qu’il fallait absolument que chaque activité ludique soit é-du-ca-ti-ve!

J’ai longtemps oublié que mes enfants sont des enfants. C’est seulement lorsque le handicap de Matthieu a été connu de nous que j’ai compris qu’il fallait aussi lâcher du lest. Les activités ludo-éducatives l’ont sans aucun doute aidé à progresser jusqu’à présent, mais il fallait aussi l’aider sur les points les plus difficiles pour lui: l’imagination, la compréhension des histoires, et les relations sociales.

Depuis le début des vacances, j’ai régulièrement mis mes enfants devant des vidéos, en français désormais. Et j’ai trouvé de nombreux bienfaits à la télévision.

Rester assis et faire la même activité pendant une heure trente

Matthieu n’avait jamais été capable de rester concentré sur une activité aussi longtemps. Ce n’est que depuis que son frère réclame la télévision régulièrement qu’il apprend à s’intéresser à ce qu’il s’y passe.

Comprendre l’histoire

Avec un visionnage régulier des mêmes vidéos (mes deux fils aiment regarder encore et toujours les mêmes dessins animés, ce qui ne m’inquiète pas puisque les enfants de nos amis, qui n’ont pas de handicap, le font aussi), Matthieu comprend de mieux en mieux les histoires qu’il visionne.

Comprendre les relations entre les personnages

Matthieu travaille petit à petit les émotions et les expressions des personnages. Les autistes ayant du mal à comprendre les expressions du visage, les expressions parfois exagérées des personnages peuvent l’aider, et nous pouvons ensuite faire des parrallèles entre nos expressions et émotions et celles des gens dans les dessins animés.

Par exemple, je suis sûre que Matthieu s’identifie beaucoup à deux personnages de dessins-animés: Quasimodo dans le Bossu de Notre-Dame, à cause de sa tristesse et de sa solitude, et la Bête dans la Belle et la Bête, à cause de sa différence. Je suis persuadée qu’il voit le fait qu’ils sont différents, et fait le parallèle avec sa situation. Quasimodo et la Bête ne veulent qu’une chose: être aimés et acceptés. Matthieu le désire aussi, c’est évident, et c’est pour cela qu’il s’identifie et regarde ces dessins-animés plus volontiers que d’autres.

L’apprentissage de nouveaux mots

C’est bien beau de savoir le nom des animaux et de savoir répondre à ses jeux vidéos en anglais, mais ça n’a que peu d’utilité pour Matthieu, qui a déjà du mal à s’exprimer et communiquer en français. Petit à petit, en regardant les dessins animés de Disney, il apprend de nouveaux mots, et il les réutilise.

Apprécier la musique et les chansons

Mes enfants sont très amateurs de musique et de chansons. Pendant les vacances, je les ai régulièrement mis devant des films musicaux comme Hairspray (leur favori—qui parle d’accepter les différences), et ils adorent les passages musicaux. Nous surprenons souvent Matthieu fredonner ou chanter des passages de films.

La télévision a beaucoup de bienfaits

Il faut savoir doser, évidemment, et maintenant que les vacances sont terminées nous allons réduire la diffusion de leurs films préférés, mais pas l’arrêter complètement. Après presque un mois « tranquille » où j’ai laissé les petits apprécier la télévision selon leurs envies, j’ai noté que Matthieu a beaucoup appris grâce à ces dessins animés.

À quel fréquence laissez-vous votre enfant autiste regarder la télévision? Est-ce que vous avez noté des progrès, ou au contraire est-ce que cela empêche votre enfant d’en faire? Dites-moi tout dans les commentaires de l’article.