Lorsque les renforçateurs sont sélectionnés, il faut établir un programme, une ligne de conduite, que l’on se fixe pour se donner des objectifs, afin que chacun dans l’entourage de l’enfant puisse se référer à un document dans lequel il trouvera toutes les « règles » de la mise aux toilettes et de l’attribution ou non du renforçateur.

La première étape est de rester assis sur les toilettes, la procédure se déroule de la manière suivante:

  1. On demande à l’enfant d’aller aux toilettes. « On va aux toilettes ».
  2. Si l’enfant émet la réponse seul dans les trois secondes, nous renforçons le comportement avec des renforçateurs sociaux (félicitations) et tangibles (lire une histoire qui sera exclusivement  utilisée pour les toilettes, par exemple) tant qu’il reste assis sur les toilettes.
  3. Si l’enfant n’émet pas la réponse dans les trois secondes, une guidance (physique, gestuelle ou visuelle: à voir en fonction de son comportement) lui est apportée (l’aider à s’asseoir sur le rehausseur, par exemple).
  4. En début d’apprentissage, nous donnons une guidance physique immédiate que nous estompons aussi vite que possible, et nous renforçons le comportement avec des renforçateurs sociaux et tangibles lorsqu’il est assis sur les toilettes.

Inutile de préciser que dans notre monde imparfait, nous avons essuyé, comment dirais-je… une sorte d’hostilité de la part de Stan.

Les premières sessions ont été plus de l’ordre du catch à trois (parce qu’à deux ce n’était pas suffisant pour exercer une guidance physique—il était impossible de prendre Stan dans les bras pour le mettre aux toilettes), ou de la lutte gréco-romaine (car Stan a des talents de contorsionnistes qui étaient jusqu’alors restés bien cachés). L’important est de résister et de tenir la ligne de conduite.

Pour observer l’évolution du comportement et savoir quand les objectifs du programme sont atteints, on établi une grille par jour (session), sur laquelle on reporte:

  • quand on a demandé à l’enfant d’aller aux toilettes (heure)
  • ce qu’il était en train de faire
  • s’il a accepté (oui ou non)
  • s’il y a eu renforcement ou non
  • dans notre cas, comme nous avons deux toilettes (au rez-de-chaussée et à l’étage), nous mentionnions aussi le lieu de mise aux toilettes, pour s’attacher à ne pas créer de rituel dans lequel Stan n’irait aux toilettes qu’en bas, par exemple.

Lorsque l’enfant a accepté dans 80% des cas au cours des trois derniers jours, c’est gagné! Il n’y a plus qu’à généraliser à l’école, chez papi et mamie, avec la baby sitter, etc.

Je ne vous cache pas que dans notre cas, la compliance pour la mise aux toilettes a été l’étape la plus délicate. Nous avons essuyé un burst monumental. Nous avons bien failli baisser les bras. Nous étions abasourdis, sonnés par la déferlante de violence et d’opposition de la part de Stan.

Je me souviens encore avoir passé un coup de fil désespéré à notre psychologue ABA, en fin d’après-midi un samedi. Mon mari et moi nous sommes relayés, pour ne pas perdre notre calme et rester sereins. Stanislas a vite compris qu’il n’avait pas d’autre issue que d’accepter de quitter les couches et d’aller sur les toilettes, régulièrement.

En deux semaines, un beau jour, Stan a été compliant et a trouvé beaucoup de plaisir à retrouver les histoires des toilettes. Bien sûr, il nous a fallu adapter un peu notre programme. Nous avons ainsi appris à renforcer le moment de transition entre la demande et la mise aux toilettes proprement dite, car c’est vraiment ce qui posait le plus problème à Stan, en lui permettant d’emporter un « bout » de l’activité en cours (une voiture, un playmobil, une bille), renforcement que nous avons rapidement estompé et qui n’est aujourd’hui plus du tout nécessaire.

Et maintenant qu’il reste assis sur les toilettes, on peut passer à la phase suivante: le pipi dans les toilettes!