Cet article fait partie de la série d’articles Gérer les crises.

Nos enfants autistes sont souvent très sensibles aux sons, et notamment aux bruits forts—mais pas que. Parfois, un bruit que nous, adultes, ne remarquons pas, peut aussi les déranger.

La difficulté à supporter les sons est l’une de celles les plus souvent rapportées par les personnes autistes. Certains bruits peuvent être irritants, effrayants ou tout simplement insupportables pour nos enfants.

De plus, ce ne sont pas forcément les bruits qui provoqueraient ce genre de réaction chez les neurotypiques, comme les sons très aigus ou très forts. Cela peut être le bruit que fait le ventilateur ou la chaudière quand elle s’enclenche. Cela peut être un mot en particulier qui les dérange.

Lorsqu’on a un enfant autiste qui ne communique pas, cela peut être très difficile de deviner quel est le son qui provoque tant de larmes.

Certains parents proposent des casques réducteurs de son à leurs enfants, ou bien réduisent certaines activités familiales qui amèneraient à une surcharge de son pouvant donner du mal à leur enfant autiste. Mais évidemment cela n’est pas toujours possible. Les casques sur les tout-petits ne restent pas toujours en place, surtout lorsqu’ils ont une forte agitation, et certains sons ne peuvent pas être évités (une moto qui passe, le bruit de l’aspirateur, le vrombissement d’un avion, etc.).

D’où ça vient, ce problème?

Des études ont démontré que les enfants autistes n’ont pas un sens auditif différent de celui des autres personnes. Ils peuvent aussi, parfois, ne pas faire de crise lorsque le son dérangeant est produit dans un autre contexte de celui habituel.

Alors, c’est quoi le problème? Les scientifiques en sont venus à la conclusion que ces crises sont peut-être provoquées plus par une peur ou une gène que par une réelle souffrance physique. Ce qui disparait généralement rapidement chez nos enfants neurotypiques serait persistant chez nos enfants autistes.

C’est bien beau, tout ça, mais on fait quoi maintenant?

Il faut déjà séparer les enfants qui ont un réel problème avec les sons forts de ceux qui n’en ont pas. Cela peut être évalué par un audiologiste—à part qu’apparemment on n’a pas d’audiologiste en France, ce n’est pas un métier reconnu (!). On peut éventuellement demander à son médecin généraliste de bien vouloir nous adresser à un ORL ou bien demander à son orthophoniste s’il est capable de faire une évaluation.

Si ce n’est pas le cas de votre enfant, et que les sons qui le dérangent ne sont pas de l’ordre de la souffrance physique, il y a quelques tactiques à mettre en place pour améliorer la situation:

  • Faire cesser l’usage de matériel réduisant les sons, de manière progressive. Cela inclut les mains sur (ou les doigts dans) les oreilles.
  • Introduire ce son pendant des activités agréables pour votre enfant. Toujours de manière progressive. Ainsi, il va commencer à l’associer à quelques chose d’agréable, et l’accepter plus facilement dans son quotidien.
  • Si possible, anticiper le bruit. Si, par exemple, c’est quand une moto passe dans votre rue que votre enfant fait une crise, cela peut être bien de le prévenir au moment où il risque d’y en avoir plus régulièrement (le matin et le soir aux heures de retour du bureau?).
  • Si le bruit peut être contrôllé, faites-le participer. Mon fils Matthieu, lorsqu’il était bébé, ne supportait pas le bruit du mixer, et faisait une crise chaque jour à l’heure de préparer sa purée. Cela s’est rapidement estompé quand je lui ai proposé de l’activer lui-même. Il était ravi de pouvoir toucher à cet objet dont il n’avait pas accès d’habitude, et il a pu gérer le dosage du son en durée. Dans la même semaine, le mixer ne lui faisait plus faire de crise.
  • Exposez-le de plus en plus, graduellement. De plus en plus près du son. Le son de plus en plus fort jusqu’à ce qu’il le tolère.
  • Encouragez-le et rassurez-le. Utilisez des mots simples pour lui dire qu’il ne craint rien et qu’il n’y a pas de danger. Vous pouvez même faire un pictogramme « OK » si vous pensez que votre enfant ne vous comprend pas, à utiliser dans ces cas-là.
  • Utilisez des renforçateurs. Faites un tableau et notez ses progrès par rapport à la gestion de sa crise face aux sons. Renforcez régulièrement, encouragez-le, félicitez-le, donnez lui un renforçateur alimentaire au début s’il n’y a que ça qui fonctionne. Peu à peu, il en aura de moins en moins besoin car cela sera devenu plus simple pour lui.

Votre enfant a-t-il des difficultés à supporter certains sons? Avez-vous réussi à l’aider à surmonter ces crises, ou avez-vous encore des problèmes? Partagez dans les commentaires.