Difficile de savoir quand on en fait trop et quand on n’en fait pas assez dans la prise en charge d’un enfant autiste. Il n’y a pas de véritable réponse universelle, car chaque cas est à prendre en compte. Moi, de mon côté, je m’efforce de trouver le juste milieu entre trop et pas assez, ce qui veut dire constamment réviser mon jugement sur les activités à faire avec Matthieu.

Matthieu bénéficie d’une bonne prise en charge lors de l’année scolaire:

  • de l’orthophonie, deux fois par semaine
  • de la psychomotricité, deux fois par semaine aussi
  • un rendez-vous hebdomadaire chez un pédopsychiatre qui nous aide à pousser la réflexion plus loin, sait nous recadrer si nous oublions quelque chose, ou donner des idées pour aider Matthieu à progresser
  • des professionnels de la santé compétents qui travaillent avec mon enfant et obtiennent de bons résultats lors des exercices qu’ils lui font faire
  • un bon accueil à l’école où Matthieu apprend en priorité à vivre avec les autres et à accepter les règles de l’école (côté apprentissages, on le soupçonne de lire beaucoup de mots mais on n’a pas la possibilité de le vérifier).

À la maison, j’essaie donc de minimiser les apprentissages scolaires, qu’il aborde en séances et à l’école, et de me concentrer plutôt sur l’autonomie, le respect des règles et, récemment, sur le fait de ne pas crier à la moindre contrariété.

J’essaie d’utiliser ses intérêts du moment pour construire avec lui une relation de jeu, des capacités d’écoute de consignes, travailler la logique et la patience, comme par exemple avec les puzzles, qu’il commence tout juste à assembler (les enfants autistes voient généralement plus les formes que les images, et donc sont très forts pour les encastrements et plutôt pas doués pour les puzzles car ils ne voient pas l’image à reconstituer comme critère de manipulation).

Je veux qu’il ait aussi du temps pour s’amuser sans grosse supervision, et même pour s’ennuyer, car ça permet de faire marcher le cerveau… vous rappellez-vous quand vous étiez petits, les longues après-midi d’ennui où vous réinventiez le monde? Un enfant a aussi besoin de moments plus calmes, où il n’est pas dirigé dans un exercice, même ludique.

Quelle est la ligne, pour vous, entre trop et pas assez?