Dans la continuité de mon précédent article La poudre aux yeux des activités en structures, je voudrais faire un point sur l’utilité des salles Snoezelen.

Les salles Snoezelen permettent de stimuler les sens des personnes handicapées. Je ne parlerai dans cet article que des personnes autistes, puisque je ne connais pas les différents handicaps qui pourraient l’utiliser, ni les bénéfices ou problèmes que ces salles leur apportent.

Nous avons utilisé, non pas une salle Snoezelen puisqu’il n’y en avait pas à disposition, mais les techniques de stimulation des salles Snoezelen avec Matthieu et sa psychomotricienne alors qu’il était tout petit, avec de l’initier aux odeurs, au touchers différents, etc. Cela lui avait été bénéfique. Mais, très rapidement, nous avions continué avec de l’éducatif et du rééducatif.

Voici les réflexions concernant les salles Snoezelen, et comment elles doivent être utilisées avec les personnes autistes.

Quand?

Selon moi, les salles Snoezelen sont utiles majoritairement:

  • quand l’enfant est très jeune (entre 18 mois et 3 ans),
  • quand l’enfant, l’adolescent ou l’adulte a de grosses déficiences sur le plan sensoriel.

Pour les enfants, adolescents ou adultes qui ont dépassé ce stade-là et qui ont entamé avec succès une prise en charge éducative, l’intérêt des salles Snoezelen est très limité, et je dirais même dommageable si ils y sont laissés à leurs stéréotypies.

Comment?

La salle Snoezelen ne doit pas être un lieu où la personne autiste s’enferme dans son isolement et ses stéréotypies. Elle doit être limitée strictement dans le cadre d’un échange entre le patient et le thérapeute, qui doit lui faire découvrir ses sens et l’encourager à partager ses émotions.

Par exemple, dans le cas d’un enfant verbal, lui demander de décrire la différence entre une plume (c’est doux) et un morceau de papier de verre (c’est râpeux)—ou tout autre exercice dans ce style, en adaptant évidemment la difficulté aux capacités de l’enfant.

Cela ne doit pas être un lieu d’observation (de l’enfant par le thérapeute), mais un lieu d’échange et d’apprentissages. Au moindre soupçon d’enfermement dans ses stéréotypies, l’enfant doit être retiré de là.

Sur un autre note, pour un enfant épuisé et qui a bien travaillé, cela peut servir de renforçateur occasionnel, tout en restant vigilant que l’endroit ait un effet apaisant sur lui (lumières, musique douce, coussins), et pas un effet excitant.