J’espère n’avoir choqué personne avec mon titre inspiré d’Intouchable. Je n’ai pas pu résister. Désolée.

Bon, vous aurez tous compris, si vous m’avez lue ici quelques fois, que je suis une fervente praticienne de l’ABA. J’aime son inspiration toujours positive, toujours dans la recherche de la motivation et dans la célébration des progrès. J’aime observer les comportements, et c’est devenu pour moi un jeu d’y répondre au mieux. C’est un traitement qui correspond parfaitement à ma personnalité de control freak, qui a besoin d’objectif précis, que je comprends, de procédures, et de résultats tangibles et mesurables.

Je parle beaucoup de moi. Je sais. C’est volontaire. Le choix d’une prise en charge, c’est un choix familial, de couple, de parents, de papa et de maman, avec leurs personnalités, et leur style éducatif. Placez-moi dans un contexte de prise en charge psykk, et je craque au bout de quelques semaines. Je ne supporte pas de ne pas être active.

Vous l’aurez compris aussi, mon fiston est le Speedy Gonzales de l’ABA. C’est—et c’est une chance—une prise en charge de son autisme qui lui convient parfaitement. Main de fer dans gant de velours, renfos enthousiastes, jeux, échanges, possibilité de choper un Smarties par-ci et un oeuf Kinder par là, entre deux parties de chasse au papillon (un renfo très très secret dont on ne vous racontera pas la recette).

L’essentiel de ses difficultés tenait, en fait, à des barrières—absence de compliance, hétéro-agressivité, absence de regard, relations sociales mal ajustées, stéréotypies, difficultés habituelles d’autonomie (propreté, alimentation, et actes communs de la vie courante), difficulté de discrimination—que l’ABA résout assez généralement, particulièrement lorsqu’il n’y a pas de maladie neurologique surajoutée, ou de déficience mentale associée qui viennent tout complexifier.

Le choix de l’ABA, c’est donc aussi un choix porté par l’autisme personnel de mon enfant. Son autisme à lui qu’il a, comme chaque autiste a le sien.

Mais il aurait pu avoir besoin de bien davantage de structuration, et on aurait alors choisi TEACCH. J’aurais pu être une maman plus relax et flower power, et j’aurais alors détesté la rigueur du comportementalisme. J’aurais pu avoir un enfant beaucoup plus envahi dans son handicap, et nous aurions alors peut-être choisi ce qui nous aurait paru une approche plus soft, même si l’efficacité scientifique n’avait pas été au rendez-vous. Et, très sincèrement, j’aurais sans doute cédé aux sirènes du régime SGSC, me connaissant, moi la femme du mec qui pousse des cris de bête si une nourriture non bio franchit la porte de notre cuisine (qui n’a pas de porte d’ailleurs, parlons donc plutôt du seuil).

Ce que je veux dire, c’est qu’il ne faut pas croire qu’il n’y a pas de voie possible en dehors de l’ABA. Je dirais même que, si vous n’avez pas la certitude d’avoir la supervision et l’intervention d’excellents professionnels certifiés, et si vous ne vous sentez pas l’âme ou l’envie de le faire, il ne vaut mieux pas vous lancer. Il vaut mieux une autre approche, qui vous convienne, à vous et votre enfant, votre famille, la fratrie qui entoure votre petit, qu’un ABA de bric et de broc, mal digéré, qui ne convient ni à votre famille ni à votre bout de chou.

Faisons bref: si vous choisissez Floortime, TEACCH, le modèle de Denver, par exemple, c’est bien aussi. Si, en plus, vous pouvez maintenir votre enfant à l’école, avec un bon accompagnement, c’est super chouette.

Je suis ultra réservée, par contre:

  • sur les 3i, dont je ne comprends pas très bien ni les fondements théoriques, ni le but poursuivi,
  • sur tout ce qui finit en -thérapie mais qui est en fait un loisir formidable (musico-, équi-, delphino-, balneo-, etc.),
  • et sur tout ce qui peut influer sur la santé physique des enfants (chélation).

Enfin, pour conclure, c’est surtout toutes les prises en charges d’inspiration psykk (passage en revue des parents, de leur sexualité, leur vie leur œuvre sur 15 générations, contes, pataugeoires, packing et autres joyeusetés) que je prive de chocolat: psykk, pas de chocolat! Voilà!