La génération d’avant celle de nos enfants, avec leurs autistes enfermés dans des hôpitaux psychiatriques, les parents (et surtout les mamans) coupables, honteux, devant se cacher, cette génération a été sacrifiée à l’autel de la psychanalyse, plus de trente ans après les découvertes scientifiques qui ont rapidement conquis tous les autres pays autour du nôtre, et qui ont permis de produire des adultes autistes qui sont, maintenant, capables de faire leur propre plaidoyer, de se faire entendre des foules et de militer eux-mêmes pour un meilleur traitement de leurs frères et soeurs handicapés.

La génération de nos enfants, c’est une génération qui n’est que semi-sacrifiée. Les progrès de la science tentent de faire leur apparition en France, alors que les hordes psychanalytiques cherchent à les bouter hors du pays, et d’étouffer toute flamme qui pourrait aider à apporter un avenir plus radieux à nos enfants.

Grâce à Internet, les parents ne sont plus dans l’obscurantisme total, piégés dans la toile d’araignée tendue par les personnes même qui devraient être au service de nos enfants et faire leur possible pour aller dans leur intérêt. La psychanalyse est, dans ce cas, aussi coupable qu’une secte, où on ne veut pas revenir sur ses principes de base, aussi mauvais et stupides soient-ils, où on cherche à couper les personnes sous son joug du reste du monde, au cas où ils pourraient avoir l’occasion de réfléchir par eux-même au lieu de donner leur confiance pleine, entière et aveugle aux gourous qui gèrent les hôpitaux, et qui savent mieux que nous, pauvres parents débiles, ce qui est bon pour nos enfants.

Cette génération semi-sacrifiée verra des enfants qui seront aidés comme il faut—ceux dont les parents sont les plus nantis, les plus courageux, les plus débrouillards ou les plus instruits. Les prises en charge adaptées ne sont pas à la portée de tous, de par leur rareté et le prix demandé.

À côté de cela, les gourous se remplissent les poches, demandant parfois plus de quatre fois le montant nécessaire par mois pour mal s’occuper de nos enfants, alors qu’une fraction de ce montant serait suffisant pour mettre en place une bonne prise en charge pour nos enfants autistes. Bien entendu, l’État décide de rembourser les prises en charge inadaptées, car les gourous sont bien placés, et sussurent des âneries aux personnes qui dirigent les fonds—quand ce ne sont pas eux-même qui tiennent les cordons de la bourse.

La plupart de ces enfants sera sacrifiée. Prises en charge merdiques, enfermements dans des établissements psychiatriques à l’âge adulte, parce qu’on ne leur aura pas permis d’apprendre à lire ou écrire, ou à parler, ou tout simplement à être propre sur eux! Alors que, selon eux, les prises en charge psychanalytiques sont sensées respecter l’être humain, comment concevoir qu’on laisse un être humain sans éducation, la plus basique qu’elle soit? Comment justifier ce manque de travail? Depuis quand doit-on laisser un enfant ou un adulte, dont le handicap ne lui permet pas d’apprendre seul comme les autres personnes, dans sa merde du matin jusqu’au soir, laissé au bon vouloir des personnes qui sont là pour s’en occuper? Où est la dignité là-dedans?

Quelques uns de ces enfants, de part la gravité moindre de leur handicap, ou parce qu’ils auront eu des parents combattants qui n’auront rien lâché, pourront aspirer à une vie plus ou moins normale, ou au minimum à être différents parmi la normalité, et acceptés.

Pour les autres, entre deux, dont les parents ne se seront pas laissés appeller par le chant des sirènes psychanalysantes, mais n’auront pas eu la possibilité (financière, ou d’opportunité par manque d’intervenants) de mettre en place une prise en charge complète, ça sera au petit bonheur la chance.

Quand j’entends que l’avenir de mon fils est « entre ses mains », et que c’est à lui maintenant de faire l’effort à l’école pour accepter de travailler comme les autres, ça me met hors de moi. Depuis QUAND est-ce que l’avenir des enfants, leur éducation, se trouve entre leurs mains? Je vais vous le dire: depuis qu’on laisse, par peur de contrarier le sujet et de ne pas le respecter, les enfants faire ce que bon leur semble, au lieu de les éduquer, de leur apprendre qu’il n’est pas acceptable de faire une crise lorsqu’ils ne veulent pas faire x ou y.

Il faut que tout le monde travaille de concert pour que l’éducation de nos enfants ne se retrouve pas bancale, et que leur avenir ne soit plus « entre leurs mains ». Pour qu’ils ne soient plus la génération sacrifiée, ou la génération semi-sacrifiée. Pour qu’ils puissent se dire un jour, « je fais partie de la nouvelle génération, où tous les enfants autistes peuvent être éduqués ». Pour ma part, je préfère dire « sauvés ».