J’ai rencontré, dans la salle d’attente, alors que Matthieu était avec sa psychomotricienne, une maman d’un jeune garçon, qui m’a posé beaucoup de questions sur mon fils. Quand elle a su qu’il n’allait pas encore à l’école, elle m’a demandé pourquoi, et je lui ai répondu que c’est parce qu’il n’a pas d’AVS et la conversation a dévié sur le fait qu’il est autiste.
La réaction de cette dame a été de me dire, tout de suite: « J’y crois pas! » Selon elle, il avait juste un peu de retard, il allait le rattraper, et elle le trouvait très en avance parce qu’il avait dit l’alphabet. En creusant un petit peu, elle m’a avoué que des spécialistes avaient diagnostiqué son fils autiste, lui aussi, et qu’elle avait refusé ce diagnostic et l’avait stimulé avec l’aide de toute sa famille, à fond, pour qu’il progresse.
Elle jugeait mon fils capable, apte à vivre parmi les autres, sur les deux minutes qu’elle l’avait vu, et en se basant certainement sur l’espoir qu’elle avait que son fils soit normal, qu’on lui ait fait un mauvais diagnostic. En discutant avec les orthophonistes, un peu plus tard, j’ai appris qu’elle ne leur avait rien dit du diagnostic d’autisme.
Je suis d’accord à 100% sur le fait de rester optimiste, mais il n’y a apparemment qu’un pas entre l’optimisme et les oeillières. En lui posant des questions, j’ai pu noter que son fils avait effectivement quelques signes potentiels d’autisme – mais je me garderai bien de donner un avis sur un enfant que je n’ai vu que cinq minutes.
Selon moi, il y a plusieurs problèmes à sa manière d’agir, et je vais tenter de les expliquer ici.
Ne pas écouter le diagnostic
Je conçois le fait qu’un diagnostic, surtout chez un enfant si jeune, puisse se retrouver erronné le temps passant. Et j’étais la première à espérer que Matthieu ne soit pas autiste et que ça soit une erreur, et qu’on repartirait à vivre comme avant, sans souci, avec un petit garçon qui rattraperait vite son retard. Mais j’ai tout de même écouté. J’ai entendu ce qu’on me disait, j’ai accepté que ce que je croyais être des comportements « coquins » étaient des comportements stéréotypés, que mon enfant n’était pas juste turbulent.
Ne pas commencer de prise en charge
L’enfant que j’ai vu a environ deux ans. Sa mère m’a avoué avoir vu sa différence à 14 mois déjà. J’admire les gens capables de se rendre compte aussi tôt, vu qu’avec Matthieu je n’y ai pas cru pendant très longtemps, et ses comportements me semblaient tout à fait normaux.
Du coup, à part une prise en charge orthophonique vu qu’il ne parle pas, il n’a pas de prise en charge pluridisciplinaire. Pas de psychomotricité, pas de pédopsychiatre pour guider les parents sur les actions à faire. La maman et la famille s’improvisent professionnels de la santé, et pensent, « grâce à l’aide de Dieu », arriver à aider leur enfant au mieux. Sincèrement, je le leur souhaite, et je n’ai rien contre les gens qui ont des croyances, mais je suis convaincue que les professionnels de la santé n’ont pas passé plusieurs années à étudier si leur travail pouvait être aussi facilement improvisé par n’importe qui, ou si on pouvait compter sur des miracles.
Cacher les informations aux intervenants et à l’école
Comment peut-on aider un enfant autiste à progresser si on ne dit pas aux différents intervenants que son enfant a un TED? Autant, à deux ans, les problèmes et les retards peuvent être expliqués par la jeunesse, autant dans deux ou trois ans, la différence de son enfant sera peut-être plus visible, même si je ne le lui souhaite pas.
L’enfant, du coup, n’a pas la prise en charge qu’il faudrait, l’école ne bénéficie pas d’une AVS pour le gérer… Bref, personnellement, je trouve ça plutôt irresponsable de la part de la famille.
Dire aux autres personnes que le handicap de leur enfant n’est pas réel
C’est déjà assez difficile d’accepter le handicap son enfant. J’estime qu’on n’a pas besoin d’avoir, en plus, des personnes qui ne connaissent rien à votre enfant ni à l’autisme qui portent des jugements sur leur état – et qui insinuent à demi-mot qu’on ne stimule peut-être pas assez son enfant, s’il ne fait pas autant de progrès que les autres (oui, je me suis un peu énervée sur ce coup-là, j’avoue).
Il a fallu que je lui explique qu’il y a divers niveau d’autisme, que certains enfants ont un autisme de haut niveau, et d’autres sont autistes profonds, et qu’on ne peut pas savoir si plus tard ils seront propres, s’ils parleront, ou si ils s’en sortiront à l’école ou travailleront un jour. Et surtout, qu’on ne pouvait pas comparer son fils avec le mien. Mais en plus d’avoir des oeillères, apparemment cette dame avait des boules quiès aussi, et elle n’a rien voulu entendre.
J’espère que cette maman saura aider son enfant à elle seule, ou avec l’aide de sa famille, ou de Dieu, je le lui souhaite réellement. Mais j’espère surtout que la maman réfléchira à tout ce que je lui ai dit, et qu’elle lui trouvera une prise en charge pluridisciplinaire efficace.

C’est effarant! Elle n’aide pas son fils de cette manière! Mais elle aussi a besoin d’aide! Je me dis que peut-être les professionnels qui ont posé le diagnostic auraient pu faire quelque chose. Quoique… il n’est pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre!
J’avais lu sur un formu américain une maman qui était persuadée que prier était le partie la plus importante de la thérapie de sa fille. Mais heureusement , elle faisait aussi de l’ABA, je crois.
Mais peut-être que pour cette maman la vérité est trop dure à accepter et qu’il lui faut du temps.
Il ne faut pas croire mais il y en a pleins des mamans comme elle. Il m’arrive d’en rencontrer encore d’ailleurs.
Moi je les laisse dans leur idée, leur jugement, leur façon de faire et c’est toujours la même chose, la stimulation par la famille.
D’ailleurs, je me demande aussi si ce n’est pas le cas d’avoir honte aussi de son enfant car si j’étais encore avec le père de Teo (refusant et honte de son fils) on en saurait aussi à la stimulation avec la famille ! Pfff
Heureusement que je n’ai pas laissé faire ça et mis en place tout ce qu’il fallait pour Teo mais j’entends encore dire que je ne fais pas bien que Teo a juste besoin de stimulation pour récupérer son petit retard, et surtout la prière de dieu qui arrangera tout. Pfff c’est là que j’installe des oeillières ! lol
Il faut avoir les pieds sur terre quand son enfant est autiste.
À priori je pense que la foi peut aider dans ces cas-là, peut-être pour le réconfort, mais il n’empêche qu’il faut tout de même rester logique et savoir qu’il faut mettre des efforts dans ce qu’on fait, et que ça n’est pas en se mentant à soi-même qu’on arrange les choses. Peut-être cette maman devrait-elle prier d’avoir la force d’accepter le handicap de son fils, et de l’aider de son mieux.
Hélàs, des mamans (ou des papas) qui réagissent comme cela, j’en ai rencontré un certain nombre.
Je ne pense pas que ce soit aider les enfants que de réagir comme cela, au contraire. Comme tu le dis, avec le temps, la différence ve se creuser et le choc avec l’entrée à l’école va être rude… Et que de temps aura été perdu en attendant.
Moi j’ai entendu qu’il fallait croire dans les capacités de résilience des enfants … ouaich…..
C’est ce que m’a dit une copine , dont le petit dernier de l’âge de Stan a tout pour avoir sa carte de membre du club, lorsque je lui demandais si çà ne l’inquiétais pas de constater que son fils qui a 6 mois de plus que Stan ne soit pas propre, balance ses jouets avec délectation au lieu de jouer, fasse des écholalies , ait nettement un retard de langage, soit terriblement agressif, tournoie sur lui m^me , soit hyperagité, ait de grossses difficultés de sommeil , de nourriture etc…bref tout comme Stan.
Que ce soit Dieu, ou Boris Cyrulnik, chacun se protège comme il peut hein
De toute façon, on ne peut pas aider une personne contre sa volonté. Comme le dit Cécile, le choc va être dur à l’entrée à l’école.
Vous avez celle aussi dans les salles d’attente qui se prend pour un médecin et que sous prétexte qu’elle fait partie d’une association, elle peut diagnostiquer un enfant en 2 mm. C’est ce qui m’est arrivé. Alors que lui demandais rien et que j’attendais l’orthophoniste, une femme m’a dit de but en blanc que mon fils est autiste. Ok elle avait raison mais j’avais pris ça pour une agression et après j’ai su qu’elle faisait partie d’une association et qu’elle était très militante, trop sans doute.
Cela me rappelle une psychiatre qui affirmait que mettre une ‘étiquette’ ne servait à rien.
Cela ne l’empêchait pas de parler de psychose infantile.
Quand on a eu le diagnostic, le médecin sur Centre Référent est allez la voir pour l’informer… son discours a ensuite changé.
Moi je crois en ca « aide-toi, le ciel t’aidera » et que oui, la foi et l’espoir sont tres importants car ils permettent de tenir en attendant la veritable aide… Ici je pense que le « miracle » a ete de trouver les bonnes personnes pour notre fille… Mais on travaile tous tres dur !
A Veronique : en anglais on dit « you can bring a horse to the water but you can’t make him drink » (on peut amener un cheval a l’eau mais on ne peut pas le forcer a boire).
Bonjour,
Est-ce que cette maman sait que vous parlez d’elle dans un blog avec des termes plutôt critiques ? Ne jugeons pas les autres parents, surtout quand ils sont dans la peine. Nous avons tous été plus ou moins victimes de jugements trop hâtifs, alors, ne faites pas la même chose ! Cet article me laisse un goût amer…
Brigitte: je pense qu’il y a des choses qui doivent être dites. Vous remarquerez que je ne l’ai ni nommée, ni décrite, et je n’ai pas donné non plus quoi que ce soit qui la distingue en aucune manière. Est-ce que parce que je ne suis pas d’accord avec elle, je dois me taire?
Ce n’est pas moi qui ai imposé ma manière de voir à cette dame, c’est elle qui s’est permise de sous-entendre à plusieurs reprises que mon fils n’est pas autiste, que je ne le stimule sans doute pas assez, et qu’il faut avoir la foi. J’ai pensé qu’on pouvait en tirer une leçon, et surtout que ça pouvait prévenir les autres parents d’une difficulté que, franchement, je ne pensais pas rencontrer un jour.
Si je vous ai peinée, j’en suis désolée, mais au final cet article me permet de changer un mauvais moment en une expérience pour tous, et je pense qu’il a son utilité.
Ce qui me dérange, c’est votre façon d’étaler la souffrance de cette maman et que derrière, des personnes continuent à lui taper sur le dos ! Mais je ne veux pas rentrer dans une polémique pour si peu. Après tout, c’est votre blog et vous y écrivez ce que vous voulez… Je ne suis pas peinée : comme vous, j’ai juste écrit mon point de vue.
Rien que le titre me dérange !
Je souhaite ajouter quelque chose : Nathalie n’a rien dit qui peut faire reperer cette maman, qui elle s’est permis, d’assener à une maman qui ne lui demandait rien (nathalie en l’occurrence) que son fils n’est pas autiste (bravo les diagnostics de ce genre( mais que en plus Nathalie est une mauvaise mère car si elle stimulant son fils, il n’aurait aucun pb
Et le « j’y crois pas » pour moi c’est plutôt l’autre maman qui dit cela à Nathalie
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Croire en Dieu, croire aux miracles, croire en l’âmmmmmmooooooouuuuur
C’est quand m^me moins fatigant et beaucoup plus sexy que croire en Skinner, non ?
))
Je suis toujours hallucinnée par les jugements préconçus des gens à tous sujets. Mais pas étonnée pour autant hélas. Ceci dit, il est évident qu’en se voilant la face ainsi on aide pas son enfant. C’est comme soigner une jambe cassée avec des tisanes…J’exagère à peine.
Moi dernièrement j’ai eu un peu la même mésaventure avec une femme qui a deux enfants sourds. Elle est un peu plus jeune que moi, ses enfants on le même âge que mon ptit gars, ils n’ont pas le même handicap mais elle s’est cru obligée de me dire : »c’est pas plutôt une psychose infantile parce que MOI blablabla… ». En quoi elle serait en mesure d’avoir un jugement plus fiable que le CRA, CAMPS et tout le toutim ? Je l’ignore mais elle était très sure d’elle en me déballant un tissu de con.. Bêtises. Le plus beau c’est que cette femme n’a JAMAIS vu mon fils ! Et qu’elle ne « fréquente » aucun enfant autiste ou TED !
J’ai changé de sujet et me suis aperçu qu’elle savait tout de toutes façons. Pas seulement sur l’autisme mais aussi sur les bagnoles, les vacances, et tous les boulots du monde. Au final, ça m’a fait sourire, elle doit être tellement bien dans sa vie en ayant réponse à tout comme ça.
Bonjour tout le monde! bonjour Nathalie!
je comprends tout a fait cette article. Votre colere du « J y crois pas » de la part de cette dame. Son jugement sur votre façon d élever Matthieu. C est bien connu que beaucoup savent mieux que nous ce que l ont doit faire avec nos enfants^^ J en ai rencontrer plusieurs aussi. je rentrais souvent chez moi en colére parce que « oui » j aimerai qu en faisant un peu + de si ou de ça mon Nathan ne serais plus autiste. Mais NON c est pas comme ça que ça marche. Et ça me faisais mal a chaque fois. Maintenant j en parle plus et je fais les choses comme il faut pour mon fils sans me justifier et sans dire que mon fils est autiste. Y a pas si longtemps , quand j ai dit que mon fils etait Autiste une dame me dit gentiment « Ha Bon ?? Il a des problemes aux Oreilles!!! » . Fatiguée de mon quotidien et d expliquer encore et toujours l autisme Hé bien je fais une pause..Puisque ça ne se voit pas et que c est sois disant qu un retard,que c est pas possible qu il soit autiste..(sachant qu il a été diagnostiqué par des spécialiste au CRA). Meme le CMPP n y croit pas . Hé oui C est grave !! et épuisant et y a de quoi sauter au plafond mais c est comme ça!
et j espere que cette dame sera aidé pour mieux comprendre et mieux aider son enfant!! ^^
bonne continuation a vous et bonne journée !
Oui, témoignage édifiant, et je l’admets, parfois, on fait l’autruche.
Mais attention, attention aussi, vraiment, à la « surmédication » pratiquée par certains praticiens de l’âme, qui ressemble à s’y méprendre à celle de ces allopathes qui vous noircissent les carnets de santé à grand coup d’Augmentin et autres Célestène au moindre virus…
Et attention aussi aux jugements à l’emporte-pièce, induits par des « modes au diagnostic »…
C’est ainsi que je me suis entendu, moi aussi, dire par un pédopsy réputé que mon fils de 6 ans était « schizophrène » -ben voyons!-, parce qu’il avait quelques tocs et inventait des histoires. Si je l’avais écouté, nous partions pour un circuit en hôpital de jour…Un peu plus tôt, comme il avait des difficultés « à se repérer dans l’espace », au CP, un instit m’avait dit qu’il « n’apprendrait jamais à écrire », et en a profité pour l’exclure d’une préselection au Conservatoire de musique, car « il ne serait jamais autonome ». Dans la même école, au CE2, l’instit m’a carrément abordée dans la rue, un soir, après l’école, m’assénant un « Madame, votre fils est autiste! »
Oui, il harangait ses camarades à la cantine, pour leur demander de ne pas manger de cadavres d’animaux -on m’a aussi accusée d’être dans une secte, moi qui adore le canard et le saucisson!!!-, et il avait toujours ces petits jeux avec ses mains, et puis il inventait encore ces histoires avec ses quelques copains, y incluant les arbres de la cour…
Heureusement, j’ai déménagé, mis mon fils dans le privé, moi, la laïcarde, et il a fait quelques scéances de psychomot’ -je vous épargne les kyrielles de psys, que son cher père, depuis l’étranger, harcelait jusqu’à ce qu’ils renoncent à recevoir bambin, parce que cette histoire de divorce n’a rien à voir avec la choucroute.
Fiston a aujourd’hui 13 ans, est en 4°, en tête de classe dans la plupart des matières. Il a une superbe écriture, est extrêmement organisé-comme quoi, le côté maniaque, ça peut aider…- et de nombreuses passions. Il chante à la chorale de l’école et dans une autre, fait du théâtre, joue pas mal aux échecs, a plusieurs bons copains, même en 3°, est apprécié des profs avec qui il parle beaucoup, est délégué, a déjà eu le coeur qui bat, et, même s’il n’a appris à nager que l’an passé et a encore du mal avec ses lacets, ou s’il ne sera jamais un crack en rugby et s’il préfère passer des heures à lire ou à papoter sur des forums qu’il a créés, et si son niveau en arts plastiques avoisine le niveau de la mer, non, non, et non, il n’est pas autiste. Il est gai, prolixe, super drôle, créatif et tendre.
Oui, juste un peu différend, bien sûr, on peut employer le « précoce dysharmonique », qu’autrefois on appelait simplement « maladroit », tout comme mes élèves qui bénéficient d’un « tiers temps »-vaste fumisterie à mon sens- pour « dyscalculie », autrefois, on les disait simplement « nuls en maths »-hello, j’en faisais partie, 1 de moyenne du CP à la terminale, et regardez, les gens, je vais bien!!!!!!!!!!!!!!!!!
And so what????
Je pense que c’est génial, oui, pour les enfants qui ont REELLEMENT des difficultés, tous ces moyens merveilleux mis en place, et le meilleur ami de mon fiston, lui, justement, bénéficie avec bonheur de certains prises en charge et progresse infiniment.
Mais il ne faut pas non plus exagérer et verser dans le commercialisme…Je suis certaine que les dérives dépassent, et de loin, tout ce que vous pouvez imaginer, et que les charlatans sont légion dans ces milieux pseudo paramédicaux, lorsque j’entends parler de divers « Gestionnaires de la mémoire » à 35 euros la séance, et autres « Colloques de dys’ », où, sous prétexte de béquilles devenues in-dys-pensables, on va vous fourguer du psy et du dérivé de psychomot’ à tout bout de champ…Il faut savoir raison garder et ne pas surmultiplier les diagnostics et les intervenants, et cesser de se voiler la face en mettant la maladie mentale à toutes les sauces: reconnaissons que certains enfants sont simplement moins rapides, moins à l’aise dans leur corps, ou, à l’inverse, plus imaginatifs, avant de taxer le moindre rêveur de psychotique ou le moindre nerveux d’ »aspi »…
Mon fils n’est pas autiste, n’en déplaise à ceux qui m’ont « pourri » la vie des années durant, et il est bien triste que seule l’école privée et son regard attentif ait su voir en lui un enfant éveillé et sensible, qui, suite à d’autres traumatismes, se réfugiait, certes, dans des tocs légers et dans l’imaginaire, mais qui s’est avéré se développer hors « dys » comme un élève « lambda », et qui, à l’instar d’autres enfants « précoces », -il a parlé à 9 mois, avec tous les subjonctifs à un an et demi, etc. Oui, testé, bien sûr-, deviendra peut-être un jour ce qu’il est déjà, une belle personne, ouverte au monde et aux autres, et capable de les transformer.
Je suis consciente que je jette, avec ce post, un pavé dans la mare des bonnes intentions, et, encore une fois, loin de moi l’idée de critiquer les merveilleuses démarches des parents et intervenants qui font progresser les jeunes patients. De même, je soutiens activement les mises en place d’AVS et autres PAI, et me bats aux côtés d’amis pour que l’école change.
Mais…halte aux diagnostics fantaisistes et à la sumédication mentale!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Sabine Aussenac.
J’ai été un peu dans ce cas-là, mais parce que ma fille présente un trouble envahissant du développement non spécifié et que je pensais qu’elle souffrait juste d’une importante dysphasie et dyspraxie, comme son frère mais de manière plus profonde.
Pourquoi? Parce que ma fille sourit, joue, regarde les gens de son entourage dans les yeux (défie même), est propre, se débrouille parfaitement seule (elle tenait déjà son biberon seule à 4 mois, par exemple), n’a pas de stéréotypies, est capable de lire et de compter (mais ne le montre qu’aux personnes en qui elle a confiance et, donc, avec qui elle accepte de communiquer). Et que ses troubles, on les retrouve dans les dys- justement. A une époque, j’ai un peu pensé au syndrome de Gilles de la Tourette (j’ai appris récemment que certains médecins parlaient de comorbidité comprenant ces différentes pathologies d’ailleurs) parce qu’elle avait des tics verbaux et gestuels qui se sont atténués depuis qu’elle prend un traitement antiépileptique (elle présente des signes d’épilepsie durant le sommeil dans les zones qui concernent le relationnel et le langage; la communication donc). Son neuropédiatre nous parle d’épilepsie cognitive, un nouvel axe de recherche dans le cadre de l’autisme apparemment si j’ai bien compris.
Bref, dans mon cas, c’est difficile de se faire une idée claire et savoir vers quoi se diriger pour qu’elle puisse évoluer. Même les spécialistes du CRAL ne savent pas trop quoi penser de son « cas ». Donc on lui fait des tas d’examens neuro et une recherche d’autoimmunité (elle présente des anticorps anti-récepteurs aux folates, ce qui pourrait perturber le développement du cerveau).
Donc, plutôt que de se limiter au « mon enfant est autiste », aller au-delà et en chercher les causes profondes et les traiter. Parce que parfois, il n’y a pas de raison mais parfois si (épilepsie entre autre) donc les traitements type ABA, TEACCH, PECS…je suis totalement pour puisque c’est justifié et ne fait de mal à personne. Mais aussi essayer de savoir pourquoi et traiter la cause lorsqu’il y en a une.
Je crois que je me suis un peu égarée, là, mais soit. Je crois que plutôt que de se dire « oui, mon enfant est autiste », on devrait se dire « mon enfant présente un autisme, avec tel type de troubles donc axons notre travail sur ça, ça et ça ». Les programmes adaptés, à la carte, et parfois un traitement médicamenteux lorsque cela est vraiment nécessaire. Parce que certains enfants autistes ont aussi une autre pathologie, souffre parfois d’épilepsie, parfois du syndrome de Gilles de la Tourette et que cela, l’ABA, TEACCH et le PECS ne peuvent rien y faire, hélas.
Quant à d’autres parents, je crois que certains font cela pour protéger leur enfant, que ce soit de l’autre parent, de la famille, de l’école, etc.
Ceci dit, que j’y repense, j’ai eu droit aussi à ma petite phrase concernant le retard de développement de ma fille; c’était à cause des couches lavables.
J’ai rencontré dans un magasin une femme qui m’a fait beaucoup de peine. Il s’agissait de la vendeuse elle-même. Nous cherchions un canapé et mon fils était avec nous. Elle a essayé de lui parler mais comme il est non-verbal, je lui ai dit qu’il avait des TEDS.
Elle s’est assise avec nous et a commencé a nous parler de son petit garçon de 5 ans qui ne disaient que quelques mots et qui avait des comportements qui lui faisaient faire beaucoup de soucis.
Elle ne croyait pas du tout en la psychanalise et nous a conseillé vivement d’aller voir un ostéopathe et une espèce de guérisseuse qui parlait aux anges (si!si!) et qui faisait énormément de bien à son enfant…….
A ce moment là, je lui ai demandé si elle voyait une orthophoniste…..etc. Enfin, j’ai essayé de lui faire comprendre que ce n’était peut-être pas assez, en voulant pas trop la brusquer……
Elle s’est levée et m’a donné le numéro de la guérisseuse en me disant qu’elle y croyait trés fort, qu’elle avait de vrais pouvoirs. J’avais l’impression d’être dans la 4ème dimension….
j’ai pris le numéro pour ne pas la vexer et j’ai quand même insisté pour qu’elle fasse voir son enfant dans le but simplement d’un diagnostic en lui donnant certains noms de pédopsy et d’orthophonistes…..elle avait les larmes aux yeux, mais que pouvais-je faire de plus ?
Je pense que derrière ce déni il y a surtout beaucoup de souffrance, on ne veut pas voir, on ne veut pas y croire, on est mal informé sur l’autisme, moi même quand on m’a annoncé le diagnostic j’ai douté pendant plusieurs mois, parce que pour moi un autiste c’était un enfant qui ne regardait pas dans les yeux, qui se balançait qui poussait des cris bizarres et ne souriait pas !
Son petit garçon n’a que 2 ans, je pense qu’elle réalisera à l’entrée à l’école car elle ne pourra pas faire autrement que voir l’écart entre son fils et les autres enfants…
J’ai moi même dans ma famille une personne qui refuse catégoriquement de reconnaître que mon fils est autiste, et c’est difficile de devoir rabacher sans arrêt que « oui, le diagnostic est bon » et que « oui ! effectivement Evan progresse MAIS il EST et RESTERA autiste toute sa vie » « Oui il est intelligent mais on a jamais dit que les autistes étaient des imbéciles ! »…
Ce comportement, à mon avis, révèle simplement une souffrance, on ne veut pas voir pour ne pas souffrir ou par honte…
J’espère juste sincèrement que cette maman (et sa famille) arriveront un jour à accepter le handicap de cet enfant, pour l’aider au mieux et au plus vite…