Je sais que ça paraît horrible de premier abord, de ne pas vouloir que Matthieu soit trop souvent en présence d’autres enfants autistes—et Julien aussi, par la même occasion. Mais ce n’est pas de la discrimination, et je vais expliquer mon point de vue à ce propos.

Cela se résume très facilement à une seule et même problèmatique: j’ai peur que Matthieu et Julien soient renforcés dans leurs perceptions erronnées de ce qui est « normal ».

Comment espérer que mes enfants comprennent quels comportements sont acceptables, et quels comportements ne le sont pas? Comment leur demander de travailler à ne pas agir d’une certaine façon, si un autre enfant qu’ils côtoient régulièrement agit toujours de la sorte?

Matthieu a déjà une ribambelle de comportements que j’essaie de diminuer. Julien a tendance à vouloir imiter tout ce que fait son frère, et il est à un âge où il est encore trop jeune pour que je puisse lui expliquer pourquoi il ne faut pas faire pareil, du coup j’aimerais autant qu’il ne voit pas ce comportement aussi chez les autres enfants qu’il rencontre.

Je pense qu’il est important qu’ils voient « le bon exemple » pour éviter, l’un comme l’autre, de voir des comportements inadaptés, de penser qu’ils sont normaux, ou pire: commencer à imiter des comportements problématiques qu’ils n’avaient pas avant.

C’est pour ça que j’ai insisté pour que Matthieu n’aille pas en hôpital de jour, qu’il ne fasse pas de séances de groupe, et qu’il soit vu en libéral avec une équipe dynamique.

Je ne porte pas un jugement de valeur sur les séances de groupes, et j’imagine qu’elles peuvent avoir un intérêt. Je préfère juste que mon fils aîné n’y participe pas pour l’instant—c’est un choix personnel. Et vous, qu’en pensez-vous? Est-ce que j’exagère dans mon approche, ou est-ce que vous êtes d’accord avec moi sur le fond?