J’entends souvent dire que les autistes manquent d’empathie. Et sous un certain angle, c’est vrai: ils manquent parfois d’empathie cognitive.

Qu’est-ce que l’empathie cognitive? C’est la possibilité de prédire les pensées et les intentions des autres. Là-dedans, on trouve entre autres l’impossibilité de (ou la grande difficulté à) lire « entre les lignes ».

Mais les autistes sont plein d’empathie en dehors de ça. Ils ont l’empathie affective, qui leur permet de partager les sentiments d’une autre personne. Ils ont l’empathie compatissante, qui leur donne envie d’aider les autres. Ils en ont parfois même trop—ce qui peut parfois être accablant.

Et oui, certains autistes arrivent parfois à utiliser l’empathie cognitive qui leur font défaut le reste du temps. Une fois de temps en temps, ils trouvent un moyen, le chemin se fait dans le cerveau, et ils peuvent comprendre les pensées et intentions d’autrui. Cela dépend des personnes, certains y arrivent mieux que d’autres, et certains n’y arrivent qu’occasionnellement.

Cela m’amène à un autre point important. Le fait qu’une personne autiste soit capable de réagir une fois ou plusieurs fois comme *vous* pensez qu’il devrait faire tout le temps ne vous donne pas le droit de soutenir qu’ils peuvent le faire tout le temps. Le fait de le faire parfois n’indique pas que c’est une action qu’ils peuvent maintenir. Cela n’indique pas une habileté, une capacité ou un potentiel. Si une personne autiste ne peut pas reproduire le comportement que vous attendez, ça ne signifie pas qu’ils choisissent de ne pas le faire, qu’ils sont en train de vous défier ou de vous prendre la tête.

C’est assez basique, comme concept, il est temps de l’appréhender.

(Photo: Empathy in a carton—Geoff Jones)