Dès qu’il a pu atteindre les poignées, et avant cela sur les portes des placards à sa hauteur, Matthieu a toujours été obnubilé par les portes, et surtout leur ouverture et leur fermeture de manière répétitive.

Pendant de longs mois (si ce n’est dire de longues années), il a fallu que je me batte pour qu’il abandonne cette obsession. Dès que je m’absentais deux minutes, en revenant je le retrouvais en train de se hisser sur ses talons pour atteindre la poignée de la porte de sa chambre, ou en train d’ouvrir et fermer la porte du meuble télé.

J’ai de suite compris que ce n’était pas un comportement acceptable, malgré le fait que je n’ai pas su à cette époque que mon fils est autiste et qu’il fallait éviter les rituels et obsessions à tout prix.

L’ouverture et la fermeture des portes semble être une stéréotypie relativement fréquente chez les autistes. Je lisais récemment dans le livre de Judy et Sean Barron, Moi, l’enfant autiste, l’explication de Sean, autiste, sur son obsession avec les portes.

Dans la pièce, il y avait plusieurs portes identiques. Il fallait que je sache où elles conduisaient. Est-ce qu’elles s’arrêtaient là ou bien menaient-elles quelque part? Dès que j’avais vu ces portes, je m’étais senti mieux. Ma routine avait été interrompue par cette visite et j’en avais éprouvé un malaise.
Dès que j’avais commencé à ouvrir et fermer les portes, tout était rentré dans l’ordre. Mais il ne fallait pas que j’arrête, car même après avoir vu sur quoi une porte donnait, je craignais un changement, et j’étais donc obligé de la rouvrir encore et encore pour vérifier. J’étais forcé de les essayer toutes, sinon je n’aurais pas pu savoir.
— Sean Barron, Moi, l’enfant autiste

Lorsque je cherchais à attirer l’attention de Matthieu sur une autre activité, il retournait directement, dès que je le lachais, ouvrir et fermer la porte. Même lorsque je le portais dans mes bras, à la sortie du bain par exemple, il se jetait dans le vide pour s’accrocher à la poignée et ouvrir ou fermer à ma place. Je me suis d’ailleurs plus d’une fois fait mal aux reins, puisque je ne m’attendais pas à ce genre de comportement.

Mon amie me disait que ses enfants aussi parfois s’amusaient à ouvrir et fermer les portes, mais lorsque j’allais chez eux je voyais bien que le seul à être obsédé par le placard coulissant et à l’ouvrir et le fermer durant des heures, c’était mon fils.

Attention: ce comportement n’est pas un des signes de l’autisme, mais peut être une obsession courante chez les personnes autistes, ainsi qu’allumer et éteindre les lumières. Consultez les signes de l’autisme si vous avez une quelconque inquiétude à propos de votre enfant, et n’hésitez pas à demander l’avis d’un professionnel de la santé qui vous proposera un dépistage s’il l’estime nécessaire.