Les stéréotypies verbales

Nous souffrons beaucoup ces derniers temps des stéréotypies verbales de Matthieu. Il avait commencé par crier « I T! » à chaque fois qu’il voyait un 1 ou un 7 sur l’horloge du salon: étrangement, le I représente un 1 dans sa tête, et le T un 7.

Depuis environ un mois, il s’est mis à hurler « MAHI » à chaque fois qu’il va regarder par la fenêtre de la salle à manger, ce qui est relativement souvent dans la journée. Je crois que nous avons tout essayé: de comprendre, de faire diversion, d’interdire, d’expliquer… Nous arrivons dans une impasse.

Les stéréotypies verbales

Je lis en ce moment dans le livre de Gloria Laxer et Paul Tréhin, Les troubles du comportement associés à l’autisme et autres handicaps mentaux, dont je ne manquerai pas de vous parler quand je l’aurai fini et que je l’aurai analysé, que ces troubles tiennent de « l’accident de parcours de la communication ».

« Si les troubles du comportement ont du sens dans le contexte de l’autisme, ils ne constituent pas, comme on pourrait le croire, un moyen de communication constitué en tant que tel dès l’origine, et destiné à délivrer intentionnellement un message à autrui. Ils représentent plus un accident de parcours de la communication. »
— Préface par Bernadette Rogé pour le livre Les troubles du comportement associés à l’autisme et aux autres handicaps mentaux

Je vous tiendrai au courant des méthodes que je vais mettre en place en suivant les conseils de ce livre, et je vous dirai les succès et échecs. En attendant, avez-vous eu vous aussi à traiter avec les stéréotypies verbales de votre enfant? Avez-vous pu les réduire, et si oui, comment?

15 thoughts on “Les stéréotypies verbales

  1. Nous çà a commencé hier soir avec un « tiens, tiens, tiens », prononcé sur le même ton que le « c’est celà oui », du père noel est une ordure. J’aii super mal réagi avec la grand mère de Stan: on a explosé de rire ;-) alors Stan a recommencé, mais on est revenue sur les rails de l’ABA: on ignore les comportements problématiques et on renforce le retour dans les clous, il a recommencé deux fois, puis est passé à autre chose ;-)
    Ce que j’ai compris hier avec VR c’est qu’il faut en fait constamment être vigilant. Pour les stérétypies verbales , comme pour tout le reste.(stopper, détourner, constamment , inlassablement , systématiquement , tout en « ment »:-) et renforcer à mort le comportement positif vers lequel on détourne l’enfant , avec une renforçateur puissant -chez nous c les framboises -il faut d’ailleurs que çà change avant que la saison soit terminée !)
    Il ne faut RIEN laisser passer, car la rigidité d’un autiste est telle , que le moindre comportement problématique s’incruste, s’enracine, et devient ensuite très difficilement délogeable.
    Donc, comme on a la chance d’être au prémice du langage pour Stan , je vais vraiment essayer çà.
    Mais je vois trop le lien entre tiens tiens tiens , et la lettre T qui a été (est un peu moins) une obsession majeure de Stan (Le « T » est son meilleur ami, et contrairement à mathieu il ne le relie pas au 7 mais au 4…. Va comprendre Charles ;-) )))
    Donc je fais ultra gaffe.

  2. Une anecdote sur ce thème :
    Un soir, j’ai eu la bonne idée ;-) de lui dire, après le bain « je vais te manger ! » associé à un bisou sur le bidou … Je pense qu’elle a compris le second degré mais elle m’a répété cette petite blague en rigolant à longueur de journée pendant au moins une semaine. J’ai fini par lui dire systématiquement : « stop, on ne peut plus faire cette blague-là ! » avec un air un peu fâché et ça a bien marché.

  3. Adam a régulièrement des stéréotypies verbales puisqu’il répète souvent des slogans publicitaires ou des phrases entières de dessins animés, en dehors de tout contexte approprié.
    Maintenant, cela ne me gène pas plus que cela car je profite de ces stéréotypies pour lui faire répéter avec une prononciation correcte ce qu’il dit. Je les vois donc plus comme un exercice d’orthophonie qu’autre chose.

  4. Matteo est déroutant : il continue à produire ses sons parasites « aaaaaaaah… » ou « bababa ».
    Mais parfois un mot qu’il n’avait encore jamais prononcé peut soudain surgir, toujours lié à une émotion forte (il peut aussi s’agir d’une courte phrase). A chaque fois, le mot ou la mini-phrase est approprié au contexte vécu.

    Mais le gros problème est qu’il ne dira ce mot ou cette phrase qu’une seule fois, sans plus jamais le (la) répéter.

    Mis à part « non », qu’il s’amuse à dire sur tous les tons et en réponse à tout, et « maman » ou « papa », quand il a vraiment un besoin urgent de notre aide, il ne dit rien.

    Mais qu’est-ce-qu’il fait comme bruit ! Ca n’arrête jamais, et en société ça devient vite gênant, ce fond sonore quasi-permanent. Nous avons noté que plus il y a de bruit autour de lui, plus Matteo monte le volume de ses sons parasites : à table, en famille, quand la discussion s’anime, Matteo adapte ses sons au niveau sonore de la conversation, et assez vite on ne s’entend plus !

    Nous lui demandons de cesser son bruit, nous lui disons que nous préférons les mots, et il parvient à s’arrêter un moment.

    Hier, il a dit le mot « Barbapapa » (pourtant compliqué !) : ravis, nous l’avons chaudement félicité et nous lui avons exceptionnellement permis de regarder « les aventures des Barbapapas », son dessin animé préféré en ce moment, avant le dîner. Il avait l’air fier et heureux. Mais il n’a pas répété ce mot pour autant…

    Mercredi prochain, il a son 1er rendez-vous avec une orthophoniste spécialisée : enfin !! J’en aurais pleuré.

    Nous sommes intimement convaincus que si elle parvient à trouver comment faire parler notre petit garçon, beaucoup de portes s’ouvriront devant lui, et qu’il progressera mieux et plus vite.

  5. je suis dans le même cas mon fils issa a un mot qu’il répète au moins 2 ou3 fois dans la journée minimum voir plus dans ces mauvais jour le problème c’est que c’est un gros mot que ma fille sofia lui a appris sans faire exprès . issa cris beaucoup et un jour ou elle en pouvez plus elle lui a dit « la ferme « depuis il le répète mais toujours dans un contexte d’opposition ou pour qu’on fasse moi de bruit et c’est très souvent adresser a sofia se qui la blesse on a tout essayer de l’ignorance a l’explication et les gros yeux mais rien y fait il dit toujours » la ferme » avec un ton dur en plus

  6. Pour nous, notre fils répète des phrases de dessins animés, des extraits courts. Nous pensions que c’était hors contexte, mais en cherchant bien, il y a souvent des associations de situation. Je n’interdis pas, j’essaie de raccrocher les wagons. Il s’en sert souvent dans les temps où il s’oppose, là par contre , j’ignore. A certains moments pourtant , si je veux raccrocher son attention, (je fais p ê une erreur, et même sûrement pour les aba)et bien je lance une phrase fétiche, il complète, on s’amuse, il me regarde et cela nous permet de passer à autre chose. Bref, finalement je m’en sers quelque fois comme d’un moyen de communication , ou j’ignore. Ce qui me gêne le plus, ce sont les bruits ( comme s’il geignait) qu’il fait, là je demande le silence qu’on a travaillé, pas assez, ou mal sans doute? « Arrête ce bruit » mais ça repart de plus belle: je ne sais plus quoi faire à ce propos= retravailler le silence à la table. Comment faire , quand on fait du vélo par exemple???

  7. Anne, avez vous tenté de renforcer vivement les moments de silence , plutôt que de demander le silence quand les bruits appraissent.
    J’ai réussi à faire stopper les bruits de bouche terribles que faisait mon fils en se concentrant sur une tache en le renforçant à chaque fois et très fréquemment qu’il ne les faisait pas. Et maintenant, honnêtement, il peut faire son puzzle sans que l’on ait l’impression d’avoir une ménagerie dans le salon ;-)

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  10. @Anne71
    Votre attitude dans la première partie du commentaire se rapproche effectivement plus de Son-Rise que d’ABA :

    - rejoindre l’enfant où il est c-a-d dans son monde de stéréotypie.
    - se mettre dans le non jugement (bien/pas bien)
    - attendre son feu vert (un regard, un rapprochement physique, un sourire) pour dériver vers autre chose.

    C’est une façon de lui dire que ce n’est pas mal d’être autiste et qu’on comprend que ces stereotypes lui font du bien.
    Sentir cette acceptation et cette compréhension peut les aider à nous rejoindre à leur tour. Bref : entrer dans SON monde pour le ramener dans NOTRE monde en confiance.

    Je ne dis pas qu’il faut procéder de la sorte avec les stéréotypes ni avec tous les stéréotypes;
    Je dis que c’est du style « Son-rise » et qu’avec notre fils, ça fonctionne bien.

    Bien à vous.

  11. mon fils Evan a pas mal de stéréotypies verbales et je ne sais vraiment pas comment faire pour les enrayer. il sait répéter inlassablement au moins 100 fois par jour : maman maman maman
    ou je t’aime bien maman, t’es en pyjama !!! va savoir pourquoi. quand il dit la dernière phrase soit je lui dit une fois oui quand je suis effectivement en pyjama et non quand je ne le suis pas et après je ne réponds plus. ou alors « embrasse-moi » à tout bout de champ, c’est usant et je me fais souvent piéger. que faire pour arrêter ces phrases plus qu’envahissantes ? merci

  12. Mon fils de bientôt 4 ans parle beaucoup, tout le temps ;) et la majorité de ses phrases sont calquées ou stéréotypées.
    Il utilise beaucoup de phrases de livres ou de dessins animés qu’il utilise dans le contexte. C’est assez surprenant. Une situation ou un mot va lui faire penser à l’une de ses phrases et cela donne des situations assez amusantes. Un repas à table va être commenté de « ça a très bon goût, ce repas est vraiment déliiiiicieux ! »
    Mais il va aussi répéter plusieurs fois dans la journée, des mots ou des phrases hors de propos qu’il a inventé ou entendu et qu’il semble aimer prononcer à cause de la sonorité. En ce moment, il répète souvent « Pas bouing, on va faire du bowling »
    Je n’en peux plus !
    Avec les conseils de la psy ABA qui nous suit voici ce que nous faisons (et ce que nous ne faisons plus !) :
    - Quand la phrase est à propos mais calqué : on lui donne d’autres exemples de ce qu’il pourrait dire, pour élargir son panel de phrases
    - Quand il répète plusieurs fois : on ignore ou on dit une fois, « c’est bon j’ai compris  » et on ignore. On a arrêté de dire « ne repète pas » ou « arrête » car il se mettait à les répéter aussi.
    - Quand il parle hors de propos : on ignore et on détourne aussitôt la conversation sur ce qu’il est en train de faire réellement, de la manière la plus positive possible. Par exemple, à table, il va dire tout d’un coup « Attention les orties ça pique les jambes » et le répéter plusieurs fois. Aussitôt, je le guide vers sa cuillère et je lui dis « allez mange, c’est ton yaourt préféré » (par exemple :)
    - Mais des fois je lui dis aussi que ça ne se fait pas et me mets un peu en colère. Par exemple, il aime dire « merci » à sa soeur pour qu’elle lui réponde « de rien », ça le fait rire. Quand c’est pour solliciter l’échange, on est toujours un peu embêté de le freiner. Mais quand il s’est mis à dire « merci » aux cailloux, je me suis fâché, je lui ai dit que ça ne se faisait pas, qu’on disait merci aux gens quand ils nous donnent quelquechose mais qu’on ne dit pas merci aux objets. Et bien, les merci aux cailloux, c’était fini !

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