Les dysfonctionnements (dys) que peut avoir votre enfant autiste

Les dys sont des troubles de la communication, de l’apprentissage et de la planification des gestes volontaires. Ils sont rééduqués, quand c’est possible, par des orthophonistes et des psychomotriciens. En voici un aperçu:

  • la dysphasie, qui touche le développement du langage,
  • la dysphonie, qui est une difficulté à parler et à émettre des sons,
  • la dyslexie, qui empêche l’apprentissage de la lecture,
  • la dysorthographie, qui provoque des difficultés à utiliser proprement l’orthographe,
  • la dyscalculie, qui est un trouble qui empêche le raisonnement d’être structuré, et l’utilisation des outils logiques et mathématiques,
  • la dyspraxie, un trouble du développement moteur et de la coordination motrice,
  • la dysgraphie, une difficulté de faire les gestes graphiques, notamment autour de l’écriture.

Évidemment, le mieux est encore de faire un repérage précoce, et de mettre en place rapidement une approche pédagogique pour aider l’enfant à progresser.

Votre enfant a-t-il des dys? De quelle manière cela l’handicape-t-il? À quel point une prise en charge a-t-elle pu l’aider à progresser? Partagez dans les commentaires.

This entry was posted in Problèmes dûs à l'autisme and tagged , , , , , , , . Bookmark the permalink.

29 Responses to Les dysfonctionnements (dys) que peut avoir votre enfant autiste

  1. Florence says:

    Ma fille, 9 ans, est dyscalculique.

    Au quotidien cela se ressent :

    - au niveau du langage : mélange des temps, de la grammaire… des expressions entendues qui ressortent soient mélangées soient de façon inadéquates. Exemple : pour dire qu’elle voit bien la nuit c’est : « j’ai de la lumière dans les yeux »; ou je suis tombée devient : » je me suis fait tomber ».

    - au niveau de sa construction personnelle : elle n’est pas rassemblée. Quand elle parle d’elle c’est avant tout une partie de son corps. Lorsqu’elle est en colère : « j’ai des griboullis dans la tête », elle n’arrive pas à dormir : « mon cerveau refuse de dormir ».

    -au niveau des mathématiques : elle sait compter additionner et multiplier mais n’a pas de raisonnement mathématique. Exemple 40+3 : « 43 » mais de 40 et 43 quel est le plus grand : ne sait pas répondre.

    Elle est suivie, depuis le CE1, par une ortophoniste spécialisée en dyscalculie. Elle fait des progrès même si il reste du chemin à parcourir. Surtout, elle ne panique plus devant des exercices de grammaire ou de mathématique.

    En bref, elle donne l’impression d’avoir la bonne boîte à outils mais ne sait pas comment s’en servir.

  2. Isabelle says:

    Teo a des soucis de Dysphagie, des troubles de la déglutition que j’essaie de bosser avec lui et son orthophoniste.

    Quand je lis ta liste des Dys. je crois que Teo en a pas mal !! :-( ((((

  3. Je voudrais faire des articles sur chaque dys, comme pour ceux des hypo/hypersensibilités, mais je vais faire ça doucement, parce que j’y connais pas grand chose et je veux éviter de dire des bêtises. Si quelqu’un a des connaissances sur ces sujets, je suis preneuse d’un peu d’aide!

  4. Maya says:

    Bonjour,

    Dans la liste des dys (mais sans graphie « dys- »), il y a aussi le TDA/H, à savoir le trouble Déficit d’attention avec ou sans hyperactivité.
    Pour plus d’infos : http://www.tdah-france.fr (site de l’association de référence HyperSupers TDAH-France)

    Pour plus d’infos sur la dyspraxie : http://www.dyspraxie.info et son site tandem : dyspraxie.org (site de l’association de référence DMF – Dyspraxique mais fantastique)

    Bon anniversaire à ce blog, très agréable et d’un ton très juste.

    Maya

  5. bobo says:

    J’ai un enfant de 4 ans avec des troubles autistiques dans ma classe. Dans l’attente d’un bilan-diagnostic, j’aimerais avoir des pistes de travail pour éviter de mal agir ou de façon inappropriée avec lui. C’est très compliqué, car il est intelligent, parle mais ne communique pas, il a une bonne mémoire, mais il lui est impossible de rentrer dans les apprentissages scolaires et ses comportements sociaux sont de plus en plus dérangeants et perturbants pour la classe. En outre, il est manipulateur et se met parfois en danger. Je fais tout ce que je peux pour lui sans savoir si j’agis dans le bon sens ou non. Sa souffrance face aux attentes de l’école me paraît évidente, malgré les encouragements et la présence bienveillante de l’adulte. Bien sûr, le déni des parents face à la situation de leur enfant n’arrange pas les choses, et même si je comprends leur attitude, en attendant, on n’avance pas dans l’intérêt de cet enfant. Pouvez-vous m’aider concrètement ?

  6. Pas de souci, contactez-moi sur mon mail nathalie@autismeinfantile.com en me disant exactement les soucis et je ferai de mon mieux pour vous aider!

    Amicalement,
    Nathalie Hamidi

  7. bobo says:

    Dois-je être particulièrement coercitive avec lui, instaurer des règles absolues (en plus de celles qui s’appliquent à tous les enfants car je ne suis pas laxiste) ? Cet enfant crie beaucoup, ses parents me demandent de le lui interdire, j’ai mis en place des pictos dans la classe, il les connait parfaitement, puisqu’il vient montrer sur le picto ce qu’il a fait d’interdit. J’ai réussi à supprimer le fait qu’il courre partout dans la classe, mais les cris et le rire continu ont énormément pris d’importance. Il parle beaucoup plus depuis un mois, mais on reste dans la stéréotypie (phrases rituelles) et il y a très peu de vraies réponses à une question posée. Il apprécie le contact physique avec moi ou sa nourrice, et je pense qu’il a confiance en nous. Concernant le travail scolaire, je lui présente les tâches comme aux autres mais en insistant lourdement sur le visuel et le toucher des images. Ensuite, je le laisse travailler : c’est un échec, mais je ne commente jamais son travail devant ses pairs ; quand il a fini, il range son travail et il va faire un dessin, un puzzle ou regarder un livre. Il demande à venir à l’école et semble s’y plaire. Loin de moi l’idée de vouloir orienter ou faire orienter cet enfant ailleurs, je suis persuadée qu’il doit rester dans le système ordinaire pour progresser, mais avec une AVS. En revanche, l’an prochain en GS, il change de classe, de maîtresse et d’ATSEM. J’ai déjà eu un remplaçant et cela a été une catastrophe. Les parents imaginent déjà leur enfant au cycle 3, ils n’ont absolument pas pris la mesure des difficultés rencontrées par leur enfant, ni la dépense d’énergie assez impressionnante des adultes de l’école à son bénéfice exclusif. En outre, ils sont intimement persuadés que c’est la faute de l’école, et surtout la mienne bien sûr, si leur enfant ne progresse pas. J’avoue en avoir assez d’être considérée comme une moins que rien par ces gens, même si je comprends leur souffrance et que je fais preuve à leur égard de beaucoup de patience… Entendons-nous bien : pour les parents, leur enfant va bien, c’est l’école qui ne sait pas « y faire »( et c’est sûr qu’on n’est pas formés pour le handicap du tout). Ce que je mets en place dans la classe, je le fais par considération pour cet enfant et sans rien dire des recherches que j’entreprends pour essayer de comprendre son mode de fonctionnement et, accessoirement le rendre plus tolérable aux autres enfants de la classe. J’ai vraiment besoin d’aide car je suis un peu découragée en ce moment.

  8. C’est vrai que c’est difficile – déjà nous parents qui passons notre temps avec eux avons des grosses difficultés à leur faire faire des progrès, ou tout simplement les empêcher de faire des bêtises… Avez-vous contacté le Centre Ressource Autisme (CRA) de votre région? Pour l’école de mon fils, un psychologue spécialisé en autisme s’est déplacé plusieurs fois pour les aider à comprendre l’autisme et à instaurer des règles, idées, activités, etc.

    Je pense qu’il est essentiel d’ouvrir au maximum la communication avec les parents et l’équipe thérapeutique qui suit cet enfant, mais cela reste à la discrétion des parents évidemment. De mon côté, j’ai toujours cherché à être le plus transparente possible et ai mis en contact toutes les personnes qui interviennent auprès de Matthieu, parce que c’est important qu’on agisse tous en équipe et qu’on cherche à faire progresser les mêmes choses en même temps au lieu de s’éparpiller.

    Je pense qu’il est important de rester inflexible sur les interdits. Par exemple, Matthieu n’allume et n’éteint plus les lumières chez nous, mais il le fait à l’école et chez les intervenants quand il est nerveux ou veut provoquer. Nous nous sommes tous mis d’accord sur le fait qu’il ne faut pas encourager ça, et même le décourager le plus possible, et le fait que nous bloquions Matthieu tous ensemble en rappellant les interdits fait qu’il le fait beaucoup moins souvent.

    Là où je vous rejoins tout à fait, c’est quand vous parlez de la dépense d’énergie fantastique pour arriver à le contrôler un minimum. C’est pour ça qu’il faut sans doute, les premiers temps, canaliser cette énergie sur les choses essentielles: respecter les règles, rappeller les règles, enforcer les règles. Par exemple, Matthieu cherchait souvent à s’échapper par la baie vitrée quand nous avons déménagé, pour partir en courant dans le jardin. Alors que nous aurions dû travailler sur beaucoup d’autres choses, j’ai passé de nombreuses journées épuisantes à surveiller ses faits et gestes pour l’en empêcher et rappeller l’interdit. Mais au final ça paie, parce qu’il ne le fait plus du tout maintenant. Au fur et à mesure, il faut monter les fondations (les règles) pour pouvoir ensuite monter les murs (le faire travailler).

    S’il apprécie le contact, avez-vous pensé à l’aider en dirigeant sa main pendant les exercices, le temps qu’il comprenne ce qu’il doit faire? Avec Matthieu, quand il apprend quelque chose de nouveau, je remarque qu’il faut parfois de la guidance physique pour comprendre un nouveau concept ou une nouvelle demande. Puis, à force d’y associer des mots, on peut ensuite passer à la guidance verbale (répéter les consignes connues le nombre de fois nécessaire à leur réalisation) et puis juste à demander que l’exercice soit fait. À cogiter et voir si ça peut s’adapter au travail de classe.

    Enfin, les cris incessants sont très difficiles pour tout le monde. Cela peut exprimer un mal-être de l’enfant, mais il faut lui demander de trouver un autre moyen de l’exprimer (exemple: tu ne cries pas quand tu ne veux pas faire l’exercice, tu dis « non » ou tu donnes un pictogramme « non »). Ça ne va pas se faire en deux coups de cuillère à pot, mais petit à petit même un enfant non-verbal comme mon fils y vient. Les rires sont parfois irritants, mais généralement incontrôlables. J’ai écrit un article à ce sujet, je vous y renvoie en espérant que ça vous aide:

    Autisme et rires
    http://autismeinfantile.com/observation/problemes-dus-a-lautisme/autisme-et-rires/

    Courage, n’hésitez pas à me contacter si besoin.

    Amicalement,
    Nathalie Hamidi

  9. bobo says:

    Merci pour vos conseils. Voici une série de questions en espérant que vous pourrez m’aider. Je propose énormément de jeux maths et de société dans ma classe de MS, dois-je continuer à exiger qu’il s’installe avec nous alors qu’il refuse de jouer et montre une très forte opposition (corps tordu en S, cris, rires, « Non, non » ou phrases échappatoires) ? Pour les fiches scolaires, lesquelles viennent toujours après une série de manipulations concrètes, dois-je avoir des exigences en dehors de l’instauration des rituels « travail » et « groupe de travail » qui sont acquis ? Punir comment ? Isoler, interdire une activité qui plaît à l’enfant me paraît complètement hors de propos et même dangereux, or l’école n’a pas d’autres moyens de coercition. Donc, quoi faire quand l’enfant transgresse les règles communes ? On m’a demandé d’instaurer un tutorat avec un de ses camarades : échec complet pour le moment. L’enfant me « teste » très souvent en cherchant mon regard et tente une bêtise. Evidemment, je le stoppe immédiatement en lui disant et en lui montrant le picto »non ! c’est interdit », mais c’est une surveillance de tous les instants car il se met parfois en danger ou peut blesser les autres en jetant des objets par exemple. Plus ça va, et plus je trouve qu’il adopte des comportements inadaptés en société. Nous travaillons en équipe avec les collègues mais franchement nous sommes un peu dépassés.

  10. Merci de vos questions, je vais essayer de vous proposer des suggestions (parmi lesquelles, des choses qui ont fonctionné avec mon fils Matthieu, en espérant que ça marche aussi pour cet enfant, mais on ne peut jamais prédire ce qui marchera ou pas – à vous d’adapter librement si vous voyez qu’une approche marche mieux qu’une autre). Notez bien que je ne suis pas une professionnelle de la santé, juste une maman. ^^

    Je propose énormément de jeux maths et de société dans ma classe de MS, dois-je continuer à exiger qu’il s’installe avec nous alors qu’il refuse de jouer et montre une très forte opposition (corps tordu en S, cris, rires, « Non, non » ou phrases échappatoires) ?

    Ce qui fonctionne bien à l’école où va Matthieu:

    • Matthieu s’est trouvé zone de calme (dans le dortoir) qu’il s’est appropriée, et où il se réfugie cinq minutes quand il est en surchauffe par rapport à l’activité de la classe. L’AVS l’y suit et l’encourage rapidement à rejoindre les autres, ou lui propose une activité si elle voit qu’il n’en peut plus.
    • il faut toujours, selon moi, reproposer l’activité, fréquemment, en l’encourageant et en le félicitant quand il essaie, même si c’est râté. Petit à petit, il devrait moins craindre de rejoindre le groupe.
    • une très bonne idée de la part du psychologue du RASED qui suit Matthieu: faire un roulement parmi les enfants pour faire un tout petit groupe autour de Matthieu. Chaque matinée d’école, deux ou trois enfants sont choisis pour l’entourer et le rejoindre dans ses activités, pour encourager la socialisation. Matthieu supporte mieux les tout petits groupes et accepte donc qu’ils le joignent pendant l’activité.
    • Voyant que Matthieu a des difficultés à rejoindre un groupe, ils attendent parfois qu’il ait commencé une activité pour demander aux enfants de le rejoindre calmement.

    Pour les fiches scolaires, lesquelles viennent toujours après une série de manipulations concrètes, dois-je avoir des exigences en dehors de l’instauration des rituels « travail » et « groupe de travail » qui sont acquis ?

    Il serait chouette que vous puissiez avoir un contact avec l’équipe thérapeutique (orthophoniste, psychomotricienne) pour savoir si ils travaillent certaines choses en particulier avec lui, pour pouvoir les enforcer aussi pendant les séances de travail. De même, ils pourraient aider en travaillant certains points qui vous posent problème. Par exemple, avant de rentrer à l’école, Matthieu ne tenait pas en place et courait toujours partout même si j’instaurais une activité. Avec sa psychomotricienne et son orthophoniste, nous avons décidé de l’obliger à rester à la table de travail pendant d’abord une minute, puis deux, puis cinq, et maintenant il peut rester sur la même activité jusqu’à 20 minutes. Nous l’avons fait en prévision de l’école où c’est quelque chose qui est essentiel. Je ne sais pas si je réponds bien à votre question, n’hésitez pas à me donner des exemples ou des précisions.

    Punir comment ? Isoler, interdire une activité qui plaît à l’enfant me paraît complètement hors de propos et même dangereux, or l’école n’a pas d’autres moyens de coercition. Donc, quoi faire quand l’enfant transgresse les règles communes ?

    Difficile de punir, en effet, sachant qu’en plus en lui refusant une activité il risque de ne plus vouloir rien faire. De toute manière, il vaut toujours mieux renforcer positivement – par exemple, quand il est calme pendant cinq minutes, félicitez-le spontanément pour le renforcer dans son comportement approprié. Ce n’est pas forcément évident car il faut y penser et être attentif, et l’esprit a tendance à vouloir retrouver sa liberté quand il y a enfin une accalmie dans les troubles du comportement! ;)

    Pour les grosses transgressions, je propose « le coin » pendant cinq minutes. Vous posez une chaise sur laquelle il doit s’assoir, ou le conduisez dans une partie de la salle plus calme mais proche de là où vous êtes, orienté vers le mur, et vous lui expliquez pourquoi il est puni et combien de temps il doit rester là. Au besoin, mettez un timer de cuisine pour compter cinq minutes. Au début, il essaiera sans doute de partir, mais à force de voir qu’il ne gagne pas et qu’il est ramené toujours à l’endroit de la punition, il va commencer à l’accepter et y rester. Puis, au fur et à mesure, juste la « menace » d’être puni au coin sera suffisante pour le calmer, je pense. En tout cas, ça fonctionne bien chez nous – je ne sais pas si c’est adaptable à l’école, mais il me semble essentiel d’avoir un lieu de « time-out » si les choses partent en suçette.

    Le tutorat avec un camarade peut être très utile, ne l’abandonnez pas tout de suite, et faites peut-être un roulement pour que ce ne soit pas toujours le même, afin d’éviter que l’élève ne se lasse. En classe, la maîtresse de Matthieu a lu des livres pour enfants sur l’autisme, a expliqué qu’il ne faut pas avoir peur de certains comportements (les cris peuvent effrayer les petits, mais en dédramatisant et « riant » quand Matthieu hurle, maintenant les petits disent en riant « ah c’est Matthieu! »). Ils encouragent les enfants à aller chercher Matthieu par petits groupes et à l’attirer là où se font les activités (ça marche particulièrement bien pour la socialisation dans la cour de récréation, où Matthieu joue maintenant volontiers avec ses camarades à chat).

    Vous risquez d’avoir à faire avec plusieurs périodes de régression, où il vous semblera que tout empire, avant de voir les progrès.

    Ce qui a tout changé cette année avec Matthieu, et j’en suis sûre, c’est que la maîtresse et l’AVS s’intéressent à lui, ont envie de le voir progresser, sont prêtes à expérimenter et sont « attachées » à lui. Je vois les étoiles dans leurs yeux quand elles m’en parlent, je suis sûre que ça joue beaucoup.

    Le fait que vous veniez ici chercher des idées, conseils, encouragement, montre combien vous avez envie que tout ça fonctionne, et je souhaite de tout coeur que vous puissiez être « cette maîtresse » qui arrivera à intégrer cet enfant et lui ouvrira plein de portes pour son avenir. Courage et n’abandonnez pas! Je suis là pour vous soutenir et trouver des idées si vous en avez besoin, au meilleur de mes capacités.

    Amicalement,
    Nathalie Hamidi

  11. J’ai oublié de vous proposer, mais je peux peut-être demander à la maîtresse et à l’AVS de Matthieu de se mettre en relation avec vous pour partager leurs idées et conseils. Dites-moi si ça vous intéresse, je peux toujours demander!

    Amicalement,
    Nathalie Hamidi

  12. bobo says:

    Je suis preneur de tout ce qui peut faire avancer les choses pour cet enfant. Je travaille déjà avec lui sur un groupe fixe et immuable de 6 enfants (le classique de la maternelle) avec une table et des places attribuées, de sorte à tranquilliser l’enfant un maximum. Bien sûr, je vais garder le tutorat, au moins l’après-midi. Si je m’adresse à vous sur ce site que je trouve très accessible, c’est parce que je suis fortement liée à cet enfant depuis l’an passé. Beaucoup d’échanges ont lieu par le contact tactile quand la verbalisation de la demande est trop difficile pour lui. Malgré tout, le temps que je lui consacre se fait presque toujours au détriment de mes autres élèves, dont certains relèvent aussi de structures spécialisées mais qui ne posent pas de problèmes sociaux… C’est la limite de l’école ordinaire mais elle est de taille, et c’est vrai qu’une CLIS « autisme » serait certainement plus appropriée pour faire progresser cet enfant ; le problème, c’est qu’il n’y en a pas chez nous (cher). J’ai très peur que les parents n’enlèvent leur enfant de notre école ( pour le mettre dans une autre école ordinaire) où il est scolarisé à plein temps et où il a tous ses repères depuis 2 ans, tout simplement parce qu’ils sont inconscients de sa cécité sociale et qu’ils sont persuadés « qu’à force de bourrage de crâne », il va réussir à s’intégrer. Cette violence me fait mal rien que d’y penser ; pour moi comme pour mon ATSEM qui est très compétente, c’est limite de la maltraitance puisque ses besoins profonds ne sont pas pris en compte…

  13. Avez-vous demandé le support du RASED pour communiquer avec les parents? C’est pas sûr que dans une autre école il soit pris à plein temps. Moi ce qui m’inquiète c’est que généralement les premiers mots quand on veut intégrer un enfant à l’école sont « hôpital de jour », où il ne fera rien de bon, alors que là il a une équipe qui veut l’aider et le faire progresser, ça serait vraiment dommage qu’il loupe ça.

    Je ne sais que vous proposer. S’il est en attente de diagnostic au CRA, c’est que même sans diagnostic il y a une suspicion d’autisme, non? Si ça vous est possible, vous pouvez peut-être diriger les parents vers Autisme Infantile où je les aiderai à voir la situation plus clairement, et la chance qu’ils ont pour leur enfant.

    Courage et tenez bon!

    Amicalement,
    Nathalie Hamidi

  14. bobo says:

    Concernant la vie dans la cour de récréation, cet enfant est toujours seul, il repousse les autres qui voudraient l’intégrer à leurs jeux et comme les autres élèves sont habitués à lui, ils n’insistent pas. J’ai essayé de lui apprendre à faire du tricycle, il pédale 2-3 fois quand je pousse le tricycle, mais de lui-même, malgré tous mes encouragements, il n’y a rien à faire, il se met à crier, à secouer le guidon dans tous les sens, puis il descend et s’asseoit à côté du tricycle. Dois-je insister et comment ?

  15. En ce qui concerne pédaler, je n’ai pas encore trouvé le mode d’emploi pour mon fils, il préfère pédaler en arrière. Je ne vous serai donc pas très utile. Sinon, avez-vous repéré les jeux qu’il aime? C’est ces jeux-là qu’il faut encourager les enfants à tenter avec lui en priorité.

  16. bobo says:

    La psy du RASED est venue faire un bilan sur demande de la mère, puis elle a convoqué les parents qui se sont présentés et avec qui elle a discuté. Pour elle, bien qu’elle ne puisse pas faire de diagnostic, cet enfant présenterait tous les signes d’un autisme plutôt sévère, c’est- à -dire sans « douance » pour faciliter l’intégration et donc les apprentissages scolaires. Il n’a réussi aucun « test »( pourtant pour des enfants de 3 ans). Elle a proposé le CAMPS aux parents pour un bilan et l’intégration à des groupes « d’éveil ». Je connais bien le CAMPS de notre circo, ils sont très compétents (sur l’autisme aussi). Les parents sont d’accord pour le bilan, mais ne veulent pas faire la démarche CRA ou MDPH. Pour eux, leur enfant « n’en est pas là ». Le père refuse catégoriquement de voir l’état de son enfant, pour lui, « il n’a rien », c’est juste qu’il n’aime pas l’école et qu’il s’y ennuie… On en est là pour le moment et croyez-moi, tout ce temps perdu, quelle drame pour l’enfant !

  17. Les enfants autistes sont très difficilement « testables », cela ne veut pas dire qu’ils n’ont pas les compétences voulues. Par exemple, quand la psychomotricienne de Matthieu a dû le tester pour le premier bilan, les résultats étaient catastrophiques parce qu’il a refusé de faire beaucoup des tests, alors qu’il est très en avance sur beaucoup de choses pour son âge. Maintenant, en grandissant, avec tout le travail en amont, c’est moins critique comme différence, et on voit les évolutions.

    Il ne faut pas partir perdant devant une supposition d’autisme sévère même avec retard mental sévère, car les enfants sont capables de beaucoup de choses si on ne les abandonne pas à leur sort, voir le témoignage de Cécile et Adam à ce sujet.

    On ne peut hélas pas accélérer le deuil que ces parents devront faire. Nous aussi avons perdu de précieux mois lorsque la pédiatre de Matthieu nous a dit la première fois qu’elle soupçonnait un autisme, et jusqu’à ce que le dépistage soit fait. Cela ne l’a pas empêché de progresser dans la mesure de ses capacités.

  18. bobo says:

    Merci pour tout ! Je viens de faire passer les cahiers de mes MS, et pour atténuer le choc du « zéro apprentissage scolaire », j’ai joint un courrier positif sur ce que sait faire l’enfant : respecter l’organisation de la classe et des ateliers (malgré les cris et les rires), pouvoir s’installer à sa place dans son groupe de travail et y rester 20-25 mn comme les autres ; il commence à commenter ses dessins sous forme neutre, pareil pour son travail, commence aussi, et c’est énorme à mes yeux, à pouvoir opérer un choix entre 2 possibilités offertes par la maîtresse ; il y a beaucoup plus de phrases « rituelles » (je veux faire pipi, je veux boire, je veux me moucher, je veux aller jouer dehors…). Tout ce « langage » est hyper stéréotypé mais il existe, et selon qu’il est employé ou non dans un contexte approprié, j’y réagis ou je l’ignore. Il réussit des puzzles à un seul niveau jusqu’à 12 morceaux maxi, avec modèles, et même s’il y passe 3 fois plus de temps que les autres, il est capable de faire une mosaïque avec modèle desous.

  19. bobo says:

    Je voulais aussi ajouter que, le jour où les parents se rendront sur ce site, c’est qu’ils auront accepté leur enfant tel qu’il est et non pas tel qu’ils voudraient qu’il soit. On pourra alors avancer en équipe, avec un PPMS, des objectifs réalistes et une vraie prise en compte de ses besoins.

  20. bobo says:

    Enfin, parce que cela a été un rayon de soleil dans ma journée, je dois vous raconter ceci : j’étais en train de manger un morceau de gâteau d’anniversaire proposé aux maîtresses par un élève d’une autre classe, quand tout-à-coup, l’enfant me prend la main et me dit « Je veux goûter ! ». Inutile de vous dire que j’ai obtempéré sur le champ tellement j’étais contente qu’il aie utilisé le langage de la communication et je l’ai félicité en plus !

  21. Ça fait tellement plaisir quand une communication s’installe! ^^

  22. bobo says:

    La psy du RASED vient de nous faire savoir que les parents ont fait faire le bilan au CAMPS, suite à quoi le père s’est déplacé pour un entretien sur les résultats de l’enfant. Bilan des courses : le père n’est absolument pas prêt à entendre la vérité sur les troubles de son enfant, même si le spécialiste a réussi à lui glisser que c’était très sérieux. Les parents ont RV avec le pédo-psy la semaine prochaine, et d’après la psy du RASED, la pilule va être très dure à avaler, car le médecin va donner le diagnostic exact, vu qu’il trouve qu’on a assez perdu de temps comme cela… Tout le monde est bien conscient qu’il faudra avoir une AVSH l’an prochain pour l’aider dans la classe, sauf les parents ! Je n’ai pas eu de réflexions désagréables des parents au retour du cahier, vous avez raison, bâtir les fondations est prioritaire, mais pour moi, beaucoup de choses sont acquises de ce côté là, malgré les cris, les rires incontrôlés et les colères parfois violentes. J’ai une vraie complicité avec lui, et il doit apprendre simplement, que ce n’est pas par la seule provocation à l’adulte que je vais m’ en occuper. Je me fais vraiment du souci pour cet enfant, je ne voudrais pas que ses parents lui « fassent payer » ce qu’il est quand ils connaîtront le nom de sa maladie ! Je pense que la mère est prête à entendre, alors croisons les doigts !

  23. bobo says:

    Les AVSH c’est super, mais le problème, c’est que vous n’avez pas de continuité dans la prise en charge de l’enfant. Il peut changer d’AVSH tous les ans, voire tous les 6 mois suivant les types de contrats et je ne me fait pas d’illusions, même si elles s’impliquent, c’est très frustrant de ne pas être dans la durée. Je me demande franchement, s’il ne faudrait pas mieux former nos ATSEM dans les classes maternelles, on serait assuré d’un suivi d’au moins 3 ans avec l’enfant, vu que les ATSEM sont fonctionnaires titulaires… Qu’en pensez-vous ? Pour la Primaire, le tutorat serait « routiné » pour des AVSH, et il y aurait sûrement moins de problèmes d’adaptation pour l’enfant il me semble. Alors, c’est vrai, les ATSEM sont pour tous les élèves, mais je crois que quand ça se passe bien avec l’enseignant, c’est négociable, surtout si les élèves « ordinaires » coopérent pour le rangement, l’habillage etc… Et ça on peut l’obtenir si on explique que tout se passera mieux dans la classe si tout le monde s’y met !

  24. bobo says:

    J’ai relâché pas mal au niveau de mon enfant « autre », vu que les choses n’évoluent guère pour le moment. J’ai laissé tomber toute exigence scolaire proprement dite pour me concentrer uniquement sur l’adaptation , l’interaction sociale, bien que je lui donne son travail à faire comme aux autres de façon à entretenir un « habitus’ table = travail. La fin de l’année approche, donc les bilans scolaires aussi, et j’ai décidé d’envoyer mon élève en GS, advienne que pourra ! Ma collègue va se retrouver avec un gros effectif sur 2 niveaux, mais on en a parlé ensemble, et comme elle a une ATSEM à temps complet, AVSH ou non, elle devrait pouvoir gérer la situation au moins pour l’année scolaire à venir, et peut-être la suivante, si l’enfant est maintenu en GS, bien qu’à mon avis un maintien dans ce cas précis ne serve strictement à rien et que ma collègue partage mon opinion…

  25. bobo says:

    Je suis ravie, mon élève commence à rentrer dans les jeux d’imitation à l’école : faire rouler une petite voiture en faisant le bruit, se servir de la scie en faisant le bruit et miracle enfin, dans la cour il commence à participer à des jeux avec un camarade (pousser le tricycle sur lequel est assis le copain par exemple)… J’ai moins de mal à le faire participer en classe à tous nos jeux de société, même s’il est souvent remuant ! Je suis optimiste sur ses chances d’intégration future et sur ses progrès, pour peu qu’on l’encourage et qu’on le soutienne dans ses efforts.

  26. Pingback: Mon enfant est-il autiste? | Autisme Infantile

  27. Pingback: La dysphasie | Autisme Infantile

  28. Pingback: Un 10 janvier sur Autisme Infantile | Autisme Infantile

  29. catplume says:

    Quel plaisir de lire ce témoignage ! Et aujourd’hui a-t-on des nouvelles de cet enfant ? Ce serait sympa !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>