Hypersensibilité auditive

Les troubles du développement sensori-moteur (perturbations sensorielles)

Cet article fait partie d’une série sur les troubles du développement sensori-moteur (perturbations sensorielles).

La plupart des informations contenues dans ces articles sont tirées du livre La Personne autiste et le syndrome d’Asperger écrit par Jean-Charles Juhel et Guy Héraut.

Un enfant avec une hypersensibilité auditive peut avoir un ou plusieurs de ces comportements:

  • se bouche les oreilles
  • a peur de certains bruits (par exemple: la foule, le trafic, le bruit de la mer, le vent, le cris de certains animaux)
  • est sensible au bruit continu et aigu (par exemple: ventilateur, séchoir à cheveux, climatiseur)
  • est sensible au faible bruit (par exemple: néon, bruits de l’horloge électrique)
  • n’aime pas qu’on lui parle fort

En cas d’hyperacousie

Si l’enfant a une hyperacousie, il faut tenter de rééduquer progressivement son système auditif, et éviter le silence. Il faut éviter de laisser les enfants s’isoler, ou leur permettre de porter des boules quiès si possible.  Mêmes si cela les soulage temporairement, au final cela va amplifier la perception des sons et donc augmenter l’hyperacousie.

Selon moi, il faut essayer de réhabituer les oreilles aux bruits de la vie courante, très progressivement, et ce même si ce sont des bruits qui sont perçus comme inconfortables ou douloureux. Les rééducations doivent être très courtes, car le danger d’un bruit ne vient pas seulement de sa force mais aussi de temps auquel on y est exposé.

Il faut profiter, si votre enfant est encore très jeune, de sa grande plasticité cérébrale pour le stimuler et entraîner une normalisation des centres auditifs.

Votre enfant a-t’il une hypersensibilité auditive? Quels en sont les causes, et quelles en sont les conséquences? Comment le vivez-vous au jour le jour, et comme aidez-vous votre enfant à surmonter ou à s’adapter à ce handicap?

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18 Responses to Hypersensibilité auditive

  1. Clarinette says:

    Comme beaucoup d’enfants autistes, Matteo réagit de façon spectaculaire à certains bruits dans la rue :

    - un coup de klaxon, même à l’autre bout de la rue, lui arrache systématiquement un cri de surprise et il sursaute. Si le bruit est tout près de nous et se déclenche soudainement, il crie et sursaute si fort qu’il lui est arrivé de tomber ! Là, en général, il se met à pleurer, on a vraiment l’impression qu’il souffre, il peut même être inconsolable si le bruit s’est produit dans son dos, par exemple.
    - il est capable de percevoir, dans le brouhaha ambiant, le bruit d’un avion pourtant haut dans le ciel. Mon mari et moi mettons parfois plusieurs secondes à trouver de quel bruit il s’agit, alors que lui l’entend très bien !
    - les ambiances trop bruyantes l’angoissent : nous avons dû quitter une fête de village en catastrophe, parce que Matteo ne supportait pas la musique et le bruit de la foule…
    Sur ce point cependant, l’école avec les cris des enfants dans la cour, la sonnerie stridente, l’a bien aidé.
    Aujourd’hui, même s’il réagit toujours au bruit de la sonnerie en émettant un « oh ! » de surprise, il ne fond plus en larmes. Il supporte mieux les bruits de la rue, la sonnerie du téléphone, le coup de sonnette d’un voisin…
    Seuls les bruits nouveaux le perturbent encore, mais il suffit de mettre des mots dessus, de lui expliquer d’où vient le bruit, pour qu’il se calme aussitôt.
    Comme si avec l’âge, son oreille se faisait aux bruits du monde…

  2. Estelle says:

    Notre puce est sensible à certains bruits, surtout quand ils sont nouveaux, elle a des oreilles supersoniques !! On a commencé The Listening Program pour la rééduquer, il s’agit d’écouter des CDs de musique classique qui comprennent des fréquences bien précises plusieurs minute par jour. Il est trop tôt pour dire si ça marche car on a tout juste commencé la thérapie.

  3. Béatrice Bolling says:

    Bonjour Estelle, Pourriez vous m’indiquer ce qu’est le listening program, si on peut le faire à la masion etc ?
    Merci !

  4. Esteban a eu très longtemps peur de l’aspirateur de la maison. Il hurlait terrorisé qd on le branchait. Petit à petit, ça va mieux. Mais il ne supporte pas le bruit de son aspirateur-jouet et pleure, ni celui de la voiture télécommandée (en plus elle avance toute seule, donc il panique), ni les bruits censés imiter les cris des animaux. Ils le font pleurer et partir en courant.

    En balade à pied, il sursaute et se tend pour un klaxon, une voiture qui démarre vite, une moto qui passe en faisant du bruit.

    Comme pour Mattéo, il a peur des bruits nouveaux, mais maintenant il ne hurle plus, il demande ce que c’est, surtout si ce bruit provient de chez le voisin et qu’il ne peut pas l’identifier visuellement. Dès qu’il a un mot dessus ça va mieux, même s’il peut me poser la question plusieurs fois ou me répéter qu’il a eu peur.

    Il aime beaucoup la musique, depuis tout petit. Il fredonnait la mélodie de chansons enfantines dès 14-15 mois, et juste. Maintenant il connaît je ne sais combien de chansons. Il adore le concert du 1er janvier.

  5. Béatrice Bolling says:

    Une étude intéressante qui vient de sortir, très en liend’ailleurs avec ce que l’on connait de la perception visuelle des autistes.

    À son entrée dans un restaurant bondé, un jeune garçon autiste couvre rapidement ses oreilles avec ses mains. À la maison, ce matin-là, il a été attiré vers le son du piano, mais ne semblait pas porter attention quand on l’a interpellé. Se pourrait-il que ces réactions s’expliquent par le caractère spécifique du «cerveau auditif» des autistes?

    Une étude d’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle suggère que les régions du cerveau traitant les sons complexes sont moins sensibles chez les autistes, tandis que les régions analysant les sons simples sont plus sollicitées.

    Les particularités perceptives, notamment quant aux stimuli auditifs, ont été rapportées dès la première description de l’autisme en 1943. On définit l’autisme comme un trouble envahissant du développement caractérisé par des difficultés à interagir et à communiquer ainsi que par des comportements répétitifs et des intérêts restreints. Au Canada, une personne sur 150 présente un tel trouble, dans un ratio de quatre garçons pour une fille. L’hypothèse d’une origine génétique est la plus prometteuse, l’implication des vaccins ou encore d’une relation peu stimulante entre la mère et l’enfant étant réfutée par la communauté scientifique.

    L’analyse cérébrale du son

    Les sons sont constitués d’ondes provenant de la vibration des molécules d’air. Ils sont caractérisés par la fréquence, soit la hauteur (aigu/grave), et l’amplitude, soit l’intensité (fort/faible). Il existe plusieurs types de sons, et ils sont décodés par des régions différentes du cerveau. Au niveau le plus simple, on retrouve le son pur constitué d’une seule onde sonore. Ces sons sont très rares dans notre environnement; le son de la flûte à bec étant celui qui s’en rapproche le plus. L’écoute de sons simples implique une région du cerveau appelée aire auditive primaire.

    Lorsque la complexité augmente, soit par l’ajout d’ondes sonores (complexité spectrale) ou encore par une variation de la fréquence ou de l’amplitude du son (complexité temporelle), il y a recrutement d’une zone cérébrale supplémentaire, l’aire auditive secondaire. Les sons spectralement complexes sont communs en musique, par exemple, un accord contenant plusieurs notes. Les phonèmes, unités à la base de la parole, contiennent des variations de fréquence et d’amplitude; il s’agit donc de sons temporellement complexes.

    Et chez les autistes?

    Le traitement des sons complexes chez les autistes semble s’effectuer différemment. En fait, à l’écoute des sons spectralement et temporellement complexes, on rapporte une augmentation de l’activité des aires auditives primaires et, spécifiquement pour les sons temporellement complexes, on trouve un niveau d’activité inférieur des aires secondaires. Ces différences cérébrales reflètent les particularités auditives des autistes, c’est-à-dire un traitement supérieur des sons simples, analysés par l’aire primaire, mais inférieur des sons complexes qui nécessitent l’implication de l’aire secondaire.

    Autrement dit, les autistes sont meilleurs pour traiter les sons purs, mais cette capacité ne les empêche pas d’avoir de la difficulté à traiter les sons plus complexes comme la voix; ceux-ci étant souvent soupçonnés de surdité à cause du peu de réaction lorsqu’on leur adresse la parole.

    On trouve fréquemment de l’hypersensibilité auditive, par exemple une tolérance réduite pour les sons d’intensité modérée, chez les autistes. La perception de certains sons, comme le bruit de l’aspirateur, peut entraîner des réactions négatives comme de se couvrir les oreilles avec les mains ou le déclenchement de crises de colère. Certains croient que ces réactions proviennent d’une «surcharge sensorielle», d’un trop-plein d’informations à traiter. Comme le traitement auditif s’effectue différemment chez les autistes, ces réactions de «protection» pourraient provenir d’une difficulté à analyser certains sons complexes.

    Adapter l’environnement

    Si le traitement de l’information est différent chez les autistes, leurs moyens d’apprentissage le sont sûrement aussi. En comprenant mieux la manière dont l’information est traitée, il devient possible d’élaborer des méthodes de présentation de l’information permettant d’en maximiser l’assimilation. Il devient aussi possible d’adapter l’environnement en éliminant les sons provoquant une surcharge sensorielle et des réactions de protection. Enfin, considérant les capacités auditives particulières des autistes, il serait intéressant de miser sur ces forces pour les stimuler. Par exemple, en décomposant la voix en sons plus simples pour leur faciliter l’accès à la parole.

  6. bastide nadia says:

    Bonjour,
    j’ai suivi deux séjours de 10 jours pour mon fils qui pleurait, criait et mettait ses mains sur ses oreilles aux moindres bruits.
    maintenant cela est très rare.
    prenez contact avec Claudia de ma part elle vous réservera un bon accueil, c’est dans son naturel !
    après ou avant les séances d’écoute auditive il y a un travail sensoriel (massages) adapté en fonction des besoins spécifiques de l’enfant.
    elle vous les apprend afin que vous puissiez continuer chez vous après le séjour.

    http://www.auricula.org/

  7. Khaled says:

    Mon enfant est Asperger et il est aussi sensible au bruit. Il a maintenant 10 et il exprime mieux ses difficultés. Vu que c’est difficile pour nous d’estimer si la situation est agressive pour lui ou non, je lui ai fait apprendre d’exprimer sa gène sur une échelle allant de 0 à 10. En se baladant en ville on peut ainsi repérer les zones les plus agressives. Le fait de l’aider à exprimer sa difficulté réduit aussi les colères qui nous semble à première vue sans raison. Autre technique plus rustique pour les grandes manifestations très bruyante : le casque de bricolage. C’est très efficace pour les feux d’artifices. Avec le casque il pouvait ainsi assister à la fête et se régaler du spectacle visuel. Ce qui est intéressant aussi c’est que je remarque qu’il a tendance à l’enlever au milieu du spectacle signe que lorsque l’habituation est faite il peuvent tolérer le bruit. A mon avis ça doit exister un système plus discret. Enfin à l’école, nous avons décider de le mettre au fond de la classe car il ne supportait pas le bruit des enfants lorsque ça vient de l’arrière. A mon avis le fait qu’il ne puisse pas identifier qui fait le bruit et anticiper le bruit rend le bruit plus insupportable. Les cours d’anglais sont à ce sujet les plus difficile. Les enfants répètent collectivement le mots prononcés par le prof et ça pour lui c’est insupportable. La meilleure solution était de travailler l’anglais séparément à la bibliothèque par exemple. Voilà . Bien à vous

  8. Cécile says:

    En fait, je ne me suis aperçue que très récemment qu’Adam souffrait d’une hypersensibilité au bruit. Mais cela ne le gêne que pour des bruits précis (soit très près des oreilles, comme la tondeuse du coiffeur), soit très forts (feu d’artifice, concerts …).
    Pour sa dernière coupe de cheveux, j’ai utilisé des boules quiès et cela s’est mieux passé. Je tenterai cette expérience pour le feu d’artifice du nouvel an.

  9. bastide nadia says:

    Bonjour,
    Pour aller au cinéma ou voir un spectacle bruyant, mon fils porte un casque anti-bruit.
    En plus du confort auditif il apprécie la pression sur sa tête.
    http://www.audilo.com/Peltor-KIDS.html
    voici l’adresse où je l’ai trouvé.

  10. Fave Anne says:

    Bonsoir

    Killian est lui aussi très sensible au bruit et comme Mattéo entend les avions bien avant nous;les jeux nouveaux lui font très peur et il met beaucoup de temps à les accepter ou alors pas du tout.Nous essayons tous les jours de faire fonctionner un jeu qui lui fait peur afin qu’il aprenne à surmonter sa peur;si vous avez d’autre suggestions je suis toute ouie.
    Il a surtout peur des jeux dont les piles commencent à s’user car du coup cela ne fait plus le même son.
    Je me rapellerai toujours ce moment où il jouait tranquillement quand le jeu a fait un son strident et continu:les piles étaient usées et le bouton marche arrêt ne voulait plus fonctionner.J’ai du aller chercher untournevis pour tout enlever.
    Du coup il était tellement paniqué que j’ai du le sortir du salon et le monter dans sa chambre:il ne se calme que quand il ne voit plus ou n’entend plus l’objet qui lui a fait peur;j’ai mis plus de 2 h pour le calmer!!!!

  11. Fave Anne says:

    Cécile

    Demande à ton coiffeur de ne lui couper les cheveux que avec les ciseaux;moi aussi Killian a peur mais comme cela je n’ai plus aucun problème,ça l’amuse même de voir ses cheveux tomber.

  12. Corinne says:

    Bonjour!
    Dans ma classe, certains élèves aiment particulièrement utiliser les lotos sonores. Il en existe avec cd audio et cartes-images ( Nathan, Hop Toys), et en version CD Rom. M., une des jeunes autistes que j’accueille, me demande à aller sur l’ordinateur dès qu’elle a un temps libre: elle met le casque audio, et réecoute inlassablement les différents bruits, et surtout celui de l’aspirateur…Apparemment, cela l’aide beaucoup et j’ai vraiment l’impression qu’elle supporte mieux le bruit en général…Par exemple, à la cantine, je remarque qu’elle se bouche beaucoup moins les oreilles…

  13. valerie says:

    Mon fils ne supporte pas bien quand le son de la télé ou la musique sont trop forts.
    Il semble être terrorisé par l’aspirateur : lorsque je le passe, je m’arrange pour qu’il joue dehors, car la dernière fois, je l’ai trouvé au fond de son lit, sous sa couette, en pleurant silencieusement (il avait trois ans et demi…)

  14. Corinne says:

    Bonjour Valérie
    Ce problème d’hypersensibilité auditive est malheureusement fréquent et très envahissant au quotidien. A l’IME où je travaille, nous avons acheté un casque anti-bruit ( magasin de bricolage); cela semble efficace car l’enfant auquel je pense le met souvent spontanément sur ses oreilles…

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  17. célestin says:

    il faut le rassurer, lui expliquer le bruit, le lui faire supporter ne serait-ce que quelques secondes, par exemple, mon petit fils adore la musique, mais celle, en gros, qu’il choisit : devant un concert de yannick noah, il chante et joue de la guitare, à la limite de se mettre en transe, de plaisir ; il adore le cirque et la peche aux poissons dans les fêtees foraines ; pour le cirque, impossible, il est mêlé de joie au début, puis de « peur » dès que la musique commence et effectivement, il est maintenant capable de le dire et de joindre les gestes à la parole, en se tenant les oreilles, ils dit, ya trop de bruit ;
    mais il en parle car il aime le cirque, c’est l’ambiguité de ces situations qui est difficile à gérer ; comme toujours, patience et longueur de temps……..

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