La semaine dernière, je vous ai demandé quels sont les thèmes que vous aimeriez que l’on aborde sur Autisme Infantile.

À la demande de Sonia, je vais aujourd’hui essayer de traiter le sujet des enfants qui se tapent, se mordent ou se griffent.

Je vous propose donc une série d’articles sur le thème Gérer la violence envers autrui et soi-même:

  1. La structuration de l’espace et du temps
  2. Éducation, apprentissages et communication
  3. Comprendre les divers facteurs (organiques, psychologiques, sensoriels)
  4. Travail sur les facteurs déclenchants

N’hésitez pas à partagez vos trucs et astuces, et à compléter ma réflexion dans les commentaires.

Dans le livre Les troubles du comportement associés à l’autisme et aux autres handicaps mentaux, écrit par Gloria Laxer et Paul Tréhin, que je vous recommande chaudement, il est écrit que la plupart des troubles du comportement peuvent être expliqués ainsi: un manque de compréhension de l’environnement, un manque de capacités de communication, des facteurs organiques, des facteurs psychologiques ou des facteurs indépendants spécifiques.

On peut réduire les troubles du comportement (cris, coups, violence envers autrui ou soi-même) en intervenant sur ces difficultés. En agissant ainsi le plus tôt possible, on peut peut-être leur éviter de devoir aller dans une structure d’accueil plus tard, et faciliter leur insertion dans la société.

Facteurs organiques

Un enfant autiste qui a mal peut avoir des troubles du comportement. Comme il ne peut pas dire qu’il souffre, ni où il souffre, cela peut être très difficile de déterminer la raison de son mal-être.

Si c’est possible, il faut lui apprendre à désigner l’endroit où il a mal. Pour Matthieu, par exemple, il sait se frotter là où il a mal (si par exemple il s’est cogné), ou bien il me met la main sur l’endroit où il souffre. Une fois, il s’est aussi allongé sur moi, pâle, car il avait très mal au ventre.

C’est sûr que le fait que je sois sa maman et que je le connaisse sur le bout des doigts m’aide énormément pour repérer les petits signes qu’il n’est pas bien. Il est toutefois important que d’autres personnes aussi puisse être mis au courant par Matthieu lui-même, en cas d’une absence de ma part. C’est pourquoi il est utile de lui apprendre à communiquer ce genre d’informations.

Idées

  • Lui apprendre à indiquer sur une image de corps humain l’endroit où il souffre. À chaque fois qu’on repère une douleur (ongle incarné, coupure au genou, etc.), il faut sortir l’image et pointer l’endroit où il a mal ainsi que l’endroit correspondant sur l’image, en disant « j’ai mal », et en lui demandant de répéter et de pointer à son tour.
  • Lui apprendre à désigner l’endroit où il souffre sur lui-même en disant « j’ai mal ». Il faut en profiter pour lui apprendre le mot correspondant à la partie du corps où il souffre: « j’ai mal au ventre », « j’ai mal à la tête », « j’ai mal au bras », etc.

Facteurs psychologiques

Ce n’est pas parce qu’ils ne savent pas exprimer leurs émotions et leur tristesse que les enfants autistes ne ressentent pas de la peine dans certaines situations. Parfois, c’est juste un problème de compréhension, qui peut être expliqué, ou un problème de structuration, qui provoquent ce mal-être.

Il faut parfois apprendre un comportement approprié en lieu du trouble du comportement. L’enfant autiste ne sait pas forcément d’instinct, comme les enfants neurotypiques, comment réagir, et peut s’automutiler au lieu de tout simplement… pleurer.

Que ce soit un départ, une déception, un déplaisir, il faut expliquer la situation à l’enfant avec des mots simples et adaptés à son niveau, et lui donner la manière correcte d’exprimer ses sentiments et ses émotions.

Facteurs sensoriels

On en a déjà parlé, nos enfants ont des hypersensibilités et des hyposensibilités qui peuvent les gêner dans leur vie de tous les jours. Un enfant gêné par un stimulus, que nous ne connaissons pas ou sur lequel nous n’avons aucun pouvoir (par exemple, le bruit d’une moto qui passe dans la rue, un reflet dans une vitre de l’immeuble d’en face, etc.), peut avoir un comportement problématique et se frapper ou frapper les autres.

Dans le cas où nous pouvons agir sur l’élément gênant, il est possible de l’éliminer ou le remplacer par quelque chose qui ne dérange pas notre enfant. Il est aussi possible d’essayer de le désensibiliser progressivement, en l’exposant au stimulus qui le dérange par petites doses, en le prévenant à l’avance (car l’imprévisibilité des facteurs sensoriels pénibles pour nos enfants les rendent encore plus difficile à supporter).

Enfin, il faut lui apprendre, là aussi, un comportement différent du comportement problématique.

Exemples

  • Quand un bruit le dérange, il ne doit pas se taper, mais il peut mettre ses mains sur les oreilles et/ou venir nous montrer ce qui ne va pas (en profiter pour travailler la communication et lui donner un modèle qu’il pourra reproduire: « trop fort! »).
  • Quand le fait qu’une autre personne le touche le gêne, il ne doit pas la frapper ni se jeter à terre. Il peut dire qu’il ne veut pas, ou bien simplement repousser légèrement de la main.

Avez-vous remarqué quels facteurs rentrent en compte dans les troubles du comportement de votre enfant? Avez-vous réussi à les empêcher d’utiliser la violence dans ces cas-là, et si oui, comment? Partagez dans les commentaires.

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