La semaine dernière, je vous ai demandé quels sont les thèmes que vous aimeriez que l’on aborde sur Autisme Infantile.

À la demande de Sonia, je vais aujourd’hui essayer de traiter le sujet des enfants qui se tapent, se mordent ou se griffent.

Je vous propose donc une série d’articles sur le thème Gérer la violence envers autrui et soi-même:

  1. La structuration de l’espace et du temps
  2. Éducation, apprentissages et communication
  3. Comprendre les divers facteurs (organiques, psychologiques, sensoriels)
  4. Travail sur les facteurs déclenchants

N’hésitez pas à partagez vos trucs et astuces, et à compléter ma réflexion dans les commentaires.

Dans le livre Les troubles du comportement associés à l’autisme et aux autres handicaps mentaux, écrit par Gloria Laxer et Paul Tréhin, que je vous recommande chaudement, il est écrit que la plupart des troubles du comportement peuvent être expliqués ainsi: un manque de compréhension de l’environnement, un manque de capacités de communication, des facteurs organiques, des facteurs psychologiques ou des facteurs indépendants spécifiques.

On peut réduire les troubles du comportement (cris, coups, violence envers autrui ou soi-même) en intervenant sur ces difficultés. En agissant ainsi le plus tôt possible, on peut peut-être leur éviter de devoir aller dans une structure d’accueil plus tard, et faciliter leur insertion dans la société.

Structuration de l’espace et du temps

Ce n’est pas toujours possible (ou souhaitable), mais on peut adapter l’environnement pour le bien-être de la personne autiste. Lorsqu’il y a un manque de prévisibilité, cela peut être excessivement gênant pour certains enfants autistes, qui ne comprennent pas ce qui se passe ou se qui leur arrive, et se trouvent désorientés.

De plus, la plupart des personnes autistes font des associations qui ne nous paraissent pas évidentes au départ, et qui demandent un sens aiguisé de l’observation pour les comprendre.

Exemples

  • Si votre enfant devient brutal ou crie quand vous voulez l’installer sur la table de la salle à manger pour dessiner, c’est peut-être qu’il a associé ce meuble avec le repas, et qu’il n’a pas faim (et ne sait pas vous le dire).
  • Si votre enfant s’est fait mal avec un objet bleu la dernière fois, il est possible qu’il associe cette couleur (ou autre chose, comme la forme, le bruit, etc.) à cette douleur, et qu’il refuse de s’en approcher à nouveau.
  • Si votre enfant a l’habitude de prendre son bain tous les soirs à 18 heures, et que pour une fois vous ne pouvez pas le lui donner, il va être gêné dans ses habitudes, et faire une crise pour obtenir ce qui, dans sa tête, lui est dû (et/ou fait partie de sa routine, et donc est nécessaire à son bien-être personnel, car les enfants autistes aiment beaucoup que les choses restent immuables). Il ne comprend pas forcément les problèmes de logistique.
  • Si votre enfant a l’habitude que ce soit l’heure de se mettre à table quand il entend le portail s’ouvrir, il peut faire une crise parce que vous avez une visite au lieu que ce soit son papa qui rentre le soir à la maison à l’heure du dîner.

Le cerveau de nos enfants autistes ne marche pas forcément comme le nôtre, et ce qui nous paraît évident ne l’est pas toujours pour eux, et vice versa.

La structuration n’est pas un but en soi, il faut toujours avoir à l’esprit que ce n’est qu’une méthode pour amener petit à petit à une généralisation et une meilleure compréhension, et qu’il faut estomper cette structuration dès que cela est possible pour votre enfant. C’est sans doute une étape nécessaire pour les enfants les plus atteints par l’autisme, et qui ne pourra pas être facilement estompée.

Idées

  • Faire un planning (avec des images, si votre enfant ne sait pas lire) qui explique en détail ce qui va se passer. L’enfant autiste accepte mieux un changement quand il est prévu à l’avance. Si, en début de journée, vous lui expliquez qu’il n’y aura pas telle ou telle activité qu’il fait habituellement, ou qu’il y aura tel gros changement dans ses habitudes (une visite, un déplacement, etc.), il s’y adaptera plus facilement.
  • Installer une table de travail pour les exercices que vous faites avec lui à la maison, et où il sait ce qui l’y attend (il doit se concentrer, travailler, et il sera récompensé quand il aura fini sa liste d’activités).
  • Avoir à disposition des pictogrammes pour dire non, par exemple, un enfant qui mange à table avec une croix rouge dessus indique que ce n’est pas l’heure du repas. Ensuite, lui montrer dans le planning quel est le moment présent de la journée, et à quel moment il pourra se mettre à table.
  • Poser des règlements à certains endroits-clef de la maison: interdit de taper, interdit de crier, interdit de faire telle ou telle action. Les enfants autistes sont généralement très sensibles aux règles, il faut en profiter.

Ce travail, qui était nécessaire avec Matthieu quand il était tout petit, je l’ai très vite estompé, et maintenant mon fils ne fait quasiment plus de crises quand il y a un changement soudain dans son quotidien. Les indications visuelles sont maintenant des indications auditives, et il se base sur mes paroles pour savoir ce qui l’attend dans les prochaines minutes.

Il faut garder à l’esprit que le but est de ne plus avoir besoin de cette structuration à terme, et il faut travailler un maximum la flexibilité en introduisant des éléments qui interfèrent et changent les habitudes, afin que les routines ne s’installent pas.

Avez-vous structuré l’espace et le temps pour votre enfant autiste? À cause de quels comportements? Quelles en étaient les causes? Partagez dans les commentaires.

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